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    <title><![CDATA[Passage du chantier (Des travaux en cours)]]></title>
    <link>http://www.philippedifolco.info/categorie-332799.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Des travaux en cours&quot; du blog &quot;Passage du chantier&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Thu, 04 Mar 2010 20:48:08 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 04 Mar 2010 20:48:08 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, Philippe Philippe Di Folco</copyright>            <category>Des travaux en cours</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Tante (Ô mot maudit)]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-35441501.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Emile Littré (1801-1881) est un vrai comique involontaire. Témoin cet article trouvé dans l'extraordinaire recueil
  <em>La Pathologie verbale, ou lésions de certains mots dans le cours de l'usage</em> :</span></span><br>
  <br>
  <div style="text-align: justify; padding-left: 30px;">
    <span style="font-size: 10pt;">TANTE</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Tante, avec sont <em>t</em> mis en tête du mot, est un cas de monstruosité linguistique. La forme ancienne est <em>ante</em>, dont la légitimité ne peut être
    sujette à aucun doute; car <em>ante</em> représente exactement le latin <em>amita</em>, avec l’accent sur <em>a</em>. Mais tandis que la pathologie dans les mots ne les atteint que
    postérieurement et après une existence plus ou moins longue, ici l’altération remonte fort haut. On n’a que des conjectures (qu’on peut voir dans mon dictionnaire) sur l’introduction de ce t
    parasite, qui déforme le mot. Ce fut un malin destin qui donna le triomphe au déformé sur le bien conformé; car c’est toujours un mal quand les étymologies se troublent et que des excroissances
    défigurent les linéaments réguliers d’un mot bien dérivé.</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 30 Aug 2009 14:07:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-35441501.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-35441501-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[J. G. Ballard (1930-2009)]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-1620790.html</link>        <description><![CDATA[<h1 style="color: #ff6600;">
    <span style="font-size: 12pt;">Des entretien<span style="color: #ff6600;">s en version intégrale restituée&nbsp;:</span></span>
  </h1>
  <h1 style="color: #ff6600;">
    <span style="color: #3366ff;">&nbsp;<span style="font-size: 24pt;">James Graham Ballard</span></span><span style="color: #000000;">,</span> <span style=
    "color: #000000; font-style: italic;">écrivain extralucide</span><br>
  </h1>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: italic; font-weight: bold; font-family: arial;">A</span></span><b><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-style: italic;">vec</span> Crash <span style="font-style: italic;">(1973), il devient l’un des plus grands écrivains de notre temps. Depuis quarante ans il décrit sans complaisance aucune
    notre monde à venir, des récits d’anticipation où s’entremêlent violences, catastrophes, érotisme, pouvoir et argent. Ce mois-ci sort une version inédite de son chef-d’œuvre,&nbsp;</span>La Foire
    aux atrocités<span style="font-style: italic;">, sorte de carnaval de figures grotesques de la fin du XXe siècle. Dans cet entretien accordé à</span> <em style=
    "font-style: italic;">TGV</em><span style="font-style: italic;">, Ballard se révèle à 73 ans, un homme résolument ouvert sur son temps et nous offre une belle leçon de lucidité.</span></span></b>
  </p>
  <p style="font-style: italic; text-align: center;">
    <span style="font-weight: bold;">&nbsp;<span style="font-size: 12pt;">* * *</span></span><br>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: times new roman;">Dans votre jeunesse, pourquoi avoir arrêté la médecine&nbsp;?</span></em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Au bout de deux ans, j’en ai eu marre de la physiologie, des cadavres… Je voulais pratiquer l’anatomie au sens de Balzac… Je savais que je ne pouvais continuer
    mener les deux de front. Ici comme en France les études sont très longues&nbsp;: écrire était un besoin absolu. Quant à la psychiatrie et la psychanalyse (Freud, Jung, Reich) je l’ai étudié
    seul&nbsp;: maintenant, je me concentre sur les neurosciences, les mécanismes de la pensée, les métaphores du rêves qui mènent à la nature de la réalité&nbsp;: «&nbsp;qu’est-ce que le
    réel&nbsp;?&nbsp;» reste le vrai sujet de tous mes livres&nbsp;! Tous est devenu fantasme&nbsp;: par la pub, la télé, les drogues… Les romanciers doivent composer avec cet imaginaire-là.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em style="font-family: times new roman;">La peinture est très présente dans</em> <span style="font-family: times new roman;">La Foire aux
    atrocités</span><em><span style="font-family: times new roman;">&nbsp;: Becon, Freund, les surréalistes, le Pop Art…</span></em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Quand j’ai commencé en 1966 à l’écrire, l’époque s’ouvrait aux arts visuels&nbsp;: la photo, l’explosion psychédélique, la pop music, la conquête spatiale, le Viet
    nam et la pub qui entamait son travail de domination&nbsp;: une pub devenait plus importante que le produit de consommation&nbsp;! Ces simulacres omniprésents alimentèrent mes «&nbsp;premières
    atrocités&nbsp;», mon "salon des horreurs"...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em style="font-family: times new roman;">La</em> <span style="font-family: times new roman;">Foire</span> <em><span style="font-family: times new roman;">est-elle
    un «&nbsp;work in progress&nbsp;»&nbsp;infini ?</span></em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Ce livre inachevé reflète mon monde, mon imaginaire et tant que je vivrai... Les personnages publics que je convoque, les icônes, les Kennedy, Onassis, Marilyn,
    Nixon… sont tous morts sauf Reagan. Mais, même morts, ils vivent en chacun. En un mot, ce livre c’est l’Amérique et les erreurs, les monstres qu’elle engendre. Ce pays est malade&nbsp;comme le
    fut l’Allemagne en 1932. Pourquoi&nbsp;? La perte du sens des réalités, la plongée dans le fantasme, les loisirs, la recherche de sensations de plus en plus fortes la guident. Un côté très
    enfant, le complexe de Peter Pan sans doute, irrigue ce système construit comme un <em>comic strip</em> avec ses «&nbsp;bang&nbsp;!&nbsp;» et ses «&nbsp;houps&nbsp;!&nbsp;»…</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: times new roman;">Pourquoi si peu d’icônes actuelles dans ce livre&nbsp;?</span></em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Voilà un vrai problème pour nous&nbsp;: nous n’avons plus d’icônes&nbsp;! Les Kennedy, la Taylor, James Dean offraient de nouvelles mythologies. Les icônes sont
    aujourd’hui manufacturées, préfabriquées&nbsp;! La dernière icône serait peut-être la princesse Diana… et encore&nbsp;!</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: times new roman;">L’accident de Diana est très ballardien…</span></em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Oui&nbsp;! Et on me l’a reproché&nbsp;! Comme si j’étais l’auteur de cette tragédie&nbsp;! Et le World Trade Center&nbsp;: le plus gros drame depuis Hiroshima et
    Kennedy. A présent, les USA constatent qu’ils sont menacés, périssables et se réfugient dans la religion. Mon dernier livre, <em>Millenium People</em>, comme <em>SuperCannes</em> (1999) traite de
    terrorisme urbain mais à Londres où les classes moyennes ne peuvent plus vivre, dépassés par les taxes et la pollution, ce qui provoquent des actes de violence gratuits comme chez vous l’attentat
    de Nanterre… Pourquoi de tels meurtres&nbsp;? Ma réponse&nbsp;: ces crimes n’ont pas de signification car il symbolise la liberté ultime. D’ailleurs, la folie est une sorte de poésie&nbsp;: la
    dernier refuge pour les âmes esseulées ou effrayées par le système de contrôle. La pornographie en revanche est une sorte de substitut à la folie sexuelle. Une alternative aux coutumes, pour
    tourner les règles, être «&nbsp;underground&nbsp;», contre-culturel et ça génère du fric&nbsp;: voyez internet&nbsp;!</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: times new roman;">Vos livres servent sans doute à lutter contre l’hypocrisie du système…</span></em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Je l’espère de tout cœur. Tous mes livres sont des histoires vraies. <em>Crash</em> par exemple a choqué les gens ici puis quand le film est sorti, encore une fois,
    la connexion voiture-sexe ne pouvait être admise. La voiture au contraire du train ou de l’avion, fascine car elle permet une forme de violence amusante et permise. Voilà tout.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><em><span style="font-family: times new roman;">Comment engendrez-vous vos «&nbsp;visions&nbsp;»&nbsp;?</span></em></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Pour écrire je suis whisky et soda, je n’écoute pas de musique. Je lis peu de contemporains, jamais de fiction. Burroughs fut le dernier à m’impressionner, et au
    delà, Graham Green. De bons modernes&nbsp;? Will Self, un anglais, et aussi le dernier Houellebecq finalement. <em>La vie sexuelle de Catherine M</em>. se lit comme une fiction alors qu’elle
    raconte ses vraies expériences. Imaginez une fiction de A à Z reste impossible car nous <em>vivons déjà</em> <em>dans</em> un énorme roman. L’imaginaire pour vous,&nbsp; c’est le réel ?
    L’imaginaire est aussi réel que le réel&nbsp;! Les mondes engendrés par les pensées sont des mondes réels, plus réels que Chirac, Bush ou Blair qui sont des créations publicitaires&nbsp;!</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman;">Vous voyagez&nbsp;?</span></span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">J’ai fait le tour du monde. Je vais en été seulement dans le Sud de la France&nbsp;: je fréquente Cannes et ses environs, ça ressemble à une sorte de Silicon Valley
    du côté de Nice, avec d’immenses hôtels où vous croisez des ingénieurs en neurosciences et des PDG constructeurs d’avions. De plus le temps y est merveilleux&nbsp;! La présence de certains
    extrémismes politiques basés sur l’intolérance, déjà décrits dans mon roman <em>SuperCannes</em>, est effrayante.</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman;">Que pensez-vous de l’évolution du corps au XXIe siècle&nbsp;?</span></span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">Les gens ne veulent plus ressembler à des monstres mais à des stéréotypes&nbsp;: aux Etats-Unis, toutes les filles veulent être des starlettes. Standardiser c’est
    tuer l’unicité de la beauté&nbsp;! Tout le monde ne peut pas ressembler à Catherine Deneuve&nbsp;!</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: right;">
    Propos recueillis pas Philippe Di Folco et Sylvain Fanet.
  </p>
  <div style="text-align: right;"></div>
  <p style="text-align: right;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-weight: bold;">Lire&nbsp;:</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp; <em><br>
    La Foire aux atrocités</em>, préf. de Burroughs W., édition Tristram, 2004
  </p>
  <p>
    <em>&nbsp;<br>
    Millenium People,</em> Denoël, 2005
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-weight: bold;">Site</span>&nbsp;(où l’on trouve des tas de FAQs sur JGB)
  </p>
  <p>
    <a style="color: #000000;" href="http://www.jgballard.com/">http://www.jgballard.com</a>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="color: #3366ff;">
    (Article paru dans <span style="font-style: italic;">TGV Mag,&nbsp;</span> sept. 2003)
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 29 May 2009 00:54:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-1620790.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-1620790-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Questo punto finale per una donna rossana]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-29595643.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-family: andale mono,times;"><span style="font-size: 14pt;"><em>Questo punto finale per una donna rossana<br>
  Io piango e prego una crudele e bella<br>
  La fatica m'è nemica et mentre io vivo cosi<br>
  Schemisti cruda in giochi, in risi, in pianti<br>
  La Morte crudele a tutti è infedele<br>
  La Morte crudele<br>
  Si more canatando si more sonando<br>
  E sia ch'etreno duri<br>
  L'ardor che dolce in sen trassi primiero</em></span></span>]]></description>
        <pubDate>Fri, 27 Mar 2009 22:26:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-29595643.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-29595643-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Il y a un serpent dans le bocal...]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-29249380.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Peau douce de rose de lait, ai calculé ton espérance de vie, sais-tu que le Nombre t'accordes encore rien moins
    que 3,6 années ? Capturer deux jours sur les deux milles... Ai tant de questions ! Comment, par exemple, avais-tu construite cette chambre en haut, tout en haut de l'escalier ? Espèce de louve,
    ta virginité fanait déjà avant guerre, tu chassas tôt. J'arrivai ça sentait le chat oublié mais l'on montait la vis, le chèvrefeuille, tu donnais déjà de la voix d'en haut, branchée sur
    ressorts... Les glaçons tintaient. Fission des rayons solaires. L'astrologie du grand tapissier. Les tentures rouges et vertes. Ton bureau, tes vanités. La bible napoléonienne. La salle d'eau
    rose comme ta peau. Il y a un serpent dans le bocal... Cette nuit, ai peu dormi et j'étais dans tes bras qui m'ont redonné l'espérance. Ta motorisation : le rhum des javas de ta jeunesse coule en
    moi. Quand m'as-tu offert ce crâne ? Tant de questions ! Je cherche un détail. Ce grand graphe : il réclame un décagramme, une têtière. Je me perds déjà dans la descente, je reviendrai, je
    connais l'adresse : ici, on fabrique des meubles. Je rempaille de fils invisibles la mamie des mots. Repeuplement du curieux cabinet. Notre part commune se trouvait dans un passage... à la 11e
    lettre... reprise de tension... <em>ars kardii</em> répressif ? Tu me confectionnes un lait de vipère et je m'enroule et je m'endors dans tes froufrous.</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 20 Mar 2009 10:30:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-29249380.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-29249380-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Une époque fabuleuse]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-25082811.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Ce (trop long ?) questionnement <a href="http://www.philippedifolco.info/article-24784840.html">ci-dessous</a>
    convoque sans doute encore et toujours la morale, la morale minimale. Prenons ici une fable, afin d'y voir encore moins clair, la lumière ça tue l'ambiance. Et un cynique qui énonce des concepts
    à la noix entre [ ... ].<br></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <br>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Il faut imaginer un loup. Qui bouffe un agneau qui s'était éloigné de sa mère la moutonne. Un bélier arrive. Il
    est accompagné d'un chasseur berger. Ce dernier enferme le loup dans un trou et l'y maintient quelques temps pour le punir. Il ne tue donc pas le loup ? Non, voilà. C'est ça qui devient
    singulier. [civilisations et bifurcations ?]&nbsp; Puis la moutonne refait sa vie, c'est à dire qu'elle enfante à nouveau, elle cherche à oublier l'incident en enfantant [anthropomorphisme], mais
    au fond, elle sait que le loup est là, il y est, dans le trou, etc.&nbsp; [Ritournelle : "Loup y es-tu ?"] Sa vie de moutonne c'est ça : faire des agneaux, en toute sécurité, des centaines de
    petits. Le bélier lui, assure son rôle de reproducteur. Un jour, le chasseur berger libère le loup, il en a marre de nourrir ce prédateur, autant le donner à un zoo, mais les zoos sont en
    faillite [Zoo humain = Social-krach permanent = vider et nettoyer les cages]. Le loup, penaud, affaiblit, se taille mollement mais sûrement vers les hauteurs, s'éloigne. [La fuite possible ?
    Utopie ?] La moutonne, qui voit ça, pousse une gueulante : elle flippe sa race, elle stresse, elle exige du bélier d'assurer en plus le rôle de protecteur et ce dernier va s'en plaindre au
    chasseur-berger : "Je ne peux assurer non seulement les saillies, mais la gestion du stress de ma moutonne et de ma nombreuse descendance de futures côtelettes", dit-il dans sa langue très
    limitée au chasseur berger de plus en plus agacé. [Lucidité du Sujet face à l'inéluctabilité de son devenir-boucherie] La solution ? Le temps a passé : le bélier a vieilli, il ne peut plus arquer
    [vulg. : <em>erectio</em>], de plus, il sent très mauvais [hygiène et santé publique, sénescence, perte des sens, hypothèse du suicide]. La moutonne aussi, elle a les mamelles qui pendent, le
    suint qui empeste. On peut imaginer ensuite leurs gigots sous cellophane, indifférenciés, leurs genres et sexes niés, [Queer Study : berger = zoophile violeur] puis un chasseur repu, tout de
    même, le congélo c'est bien utile [Taux d'équipement des foyers saturés]. Et le loup court toujours. Le loup ne doit rien à personne : il est libre d'être loup à nouveau [liberté ? utopie ?
    écologie ?]. Il a juste appris à se méfier des agneaux perdus, [savoir = former des sujets libres ?] des agneaux mal fichus, qui, autrefois, étaient systématiquement éliminés par les loups
    nettoyeurs. [c'était mieux avant] Loup et chasseur sont et restent des prédateurs, ils font la compète [libéralisme]. Ils apprennent l'équilibre, désormais [Sujet souverain]. La morale, entre
    eux, est née de cet apprentissage des justes proportions [géométrie]. C'est le berger qui invente le loup. Et c'est le loup qui invente le chasseur. Enfin, il faudrait imaginer qui, du loup, du
    chasseur ou du mouton, inventera la morale en parfaite connaissance des causes. [et non la morale parfaite des causes totalement identifiées : aporétique].<br></span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 23 Nov 2008 01:10:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-25082811.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-25082811-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Rétention de sûreté et rapports minoritaires : Pre-crime World ?]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-24784840.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Par un singulier hasard (?), une sollicitation à signer une pétition intitulée "Non à la <a href=
    "http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018162705&amp;dateTexte">Loi relative à la rétention de sûreté du 25 février 2008</a>"&nbsp; m'est parvenue au moment même où je
    regardais <em>Minority Report</em> (Steven Spielberg, 2002) pour la deuxième fois (ici en DVD).<br>
    <br>
    Sur le fond, et bien que je ne sois nullement juriste (mais après tout...), je trouve étrange que nous puissions encore et toujours</span></span> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">enfermer une personne sans infraction constatée et avérée, et, d'autre part, une fois la peine encourue purgée, ne pas libérer
    la personne qui a "payé sa dette à la société". Au fond, c'est très simple : la langue (des juges, des sociologues, des politiques) dit "le sujet" en parlant d'un individu, et convoque le mot
    "liberté" souvent avec grandilocquence. Cependant, les politiques oublient qu'ils héritent d'un mandat temporaire, que les lois ne sont pas immuables, que la sociologie est une science "humaine",
    et parfois résolument molle. La liberté en République françoise bande mou : voilà pour la formule, on est content.<br></span></span>
  </p>
  <p>
    <br>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Certes, des exceptions qui font aussi figure de rhétorique, existent, par exemple, dans le cadre d’une peine dite
    de "réclusion à perpétuité" avec "peine de sûreté incompressible de X années". Aux Etats-Unis, on peut cumuler les années de prison (150, 320 années, etc.) : la prison à vie n’y est pas un
    mythe.<br>
    <br>
    En France, on craint de plus en plus "la récidive", n'entend-on pas que "certains criminels seraient trop facilement libérés pour bonne conduite" (pour recréer de l'espace dans les prisons
    surpeuplées ?). On généralise sans doute vite et mal sur la question des pédophiles, il est de bon ton de se montrer inflexible sur "la" question : "pas de pitié donc pas de rachat car pas de
    guérison possible pour ces monstres". En France de nombreuses personnes croupissent en prison sans espoir d’en sortir, meurent en prison, voilà c’est pas seulement américain cette histoire de
    mouroir cellulaire : la perpète chez nous existe mais elle coûte et la triade Elu-Fisc-Juge ne cesse de nous en avertir. Humainement, matériellement, c'est coûteux, vous comprenez, c'est cher
    tout ça, vous allez devoir payer sur vos revenus de sujets libres d'entreprendre, dommage, non ? Certains procédés technologiques surgissent alors comme des miracles budgétaires : le tazer ! le
    bracelet électronique ! Vous êtes à la fois libre et surveillé, sorti d’entre quatre murs mais le poignet menotté à un outil de détection à distance qui vous trace dans vos moindres mouvements.
    Interdit de quitter le territoire avec ça : ça sonne aux portails-scanners, ça fait mauvais genre.<br>
    <br>
    Le mot "perpétuité" constitue une sorte de fiction verbale : par exemple, la "concession à perpétuité" n'existe pas vraiment, le temps fait son œuvre, qu'une tombe reste non entretenue et hop, la
    mémoire, le lieu du mort disparaît d'un cimetière, sans parler des remembrements, etc. La perpétuité est en quelque sorte une "mort lente". On entenda alors ce genre d'argument, que la
    condamnation à mort, et l'exécution d'une personne, "avait le mérite de clarifier les choses" : l'Etat se donnait le droit en France de châtier certains crimes par la mort, évitant au criminel de
    "pourrir/mourir en prison" le restant de ses jours et surtout, on évitait d’avoir à se poser ce genre de questions&nbsp; : une fois libéré, « où irait-il donc ? Et s’il recommençait ? Et que
    deviendrait-il hors les murs ? N’a-t-il pas fini par préférer la prison au dehors ? ». On suppose, on espère qu'enfermer longtemps une personne offre en échange du temps à méditer, du temps pour
    se reconsidérer, se réinventer, les assistants du Social ne disent pas autre chose. Les assistants du Social pénitentiaire parle de pénitence, de mortification, de rachat comme les Chrétiens
    coincés des temps hugoliens, comme dans <em>les Misérables</em>.<br></span></span>
  </p>
  <p>
    <br>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">Peut-on aussi&nbsp; bafouer "la valeur rachat"en lui opposant "le tort irrémédiable fait aux proches des victimes"
    : le criminel est libéré, il change de statut, il redevient un sujet libre, il a payé en restant dans 9 m2 pendant 25 ans par exemple, oui, mais tout de même, et nous, les survivants, les témoins
    du drâme ? On a pensé à nous ?On a pensé à tout ? C'est épuisant : toujours un truc qui nous échappe, toujours une exception à la régle, un contournement possible de la loi. Et ça rêve de tout
    border, de tout prévoir. Si, ça rêve de ça, ça travaille de ce côté là du Social, ça travaille, ça dépense de l'énergie à bâtir le Sujet parfaitement sujet : pris en charge de la naissance à la
    mort, selon un schéma préétabli.<br></span></span>
  </p>
  <p>
    <br>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 10pt;">On fait tort à la morale, à l'ordre, à l'imaginaire. Quand un crime "inimaginable" survient, il appelle certaines
    fois une punition que l'on voudrait exemplaire. Mais la loi, comme les statistiques, proposent des accords moyens, des regroupements, et supportent les écarts par des aménagements, des
    revirements. Toutefois, nous devrions nous reposer sur un socle, le béton de la Justice devrait en France être à l'instar des fameux amendements américains : voilà ce qu'on dit. Or, le citoyen
    français en appelle peu souvent à la Constitution, encore moins à l'habeas corpus. Les Droits de l’Homme ? Ouais, allez en discuter dans un commissariat de quartier : quelle bonne blague !<br>
    <br>
    Nous devons à <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/la_justice_sous_pressions/20080107.OBS3838/badinter_denonce_le_projet_de_loi_sur_la_retention_de_s.html">Robert Badinter</a> et
    François Mitterrand, contre l'avis de plus de 60% des Français interrogés à l'époque (avril 1981), la suppression de la peine de mort en droit français : je considère cette loi comme une victoire
    de la raison contre la masse beuglante et la dictature des statistiques. L'Etat ne peut décider du droit de vie ou de mort d'un sujet. L'Etat ne peut demander au citoyen de connaître la loi, de
    la respecter, "pour le bien de chacun et de tous", en permettant la peine de mort, fille naturelle de la maxime "œil pour œil" et sur laquelle repose encore les différentes sociétés secrètes du
    type mafia : la vendetta n'est pas autre chose, un code d'honneur qui dit : tu as tué mon frère je tuerai le tien, sinon ton père, etc., créant une chaîne tragique ridicule. Il est troublant
    d’avoir à rappeler que bon nombres de soldats à la fin de l'annnée 1914 ne savaient plus trop pourquoi ils se battaient : l'idée de venger en masse le meurtre d'un jeune aristocrate
    austro-hongrois leur semblait sans doute par trop ridicule et pourtant, l’idée de défendre la Nation ne l’est pas moins : est-ce que la foule va me prendre pour avoir écrit ça ? oui ? non ?<br>
    <br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/16/67/74/Images-articles/minority_report.01.jpg" class="GcheTexte" width="201" height="299">Dans <em>Minority Report</em>, que je considère sans aucun doute
    à la fois comme la meilleure adaptation d'un récit de Philip K. Dick et l'un des meilleurs films de son réalisateur, le concept de "pre-crime" émerge à la manière d'une fable d'anticipation
    sociale. Nous sommes en 2050 dans l'Etat de Washington D.C., le crime de sang n'existe plus depuis six ans. Pourquoi ? Leur service policier se repose sur trois humains doués de pouvoirs
    pré-cognitifs (ils voient les crimes de sang à venir), et intervient juste avant que l'accomplissement du meurtre n'ait lieu. Cette fable de la "fracture dans le continuum temporel qui nie le
    fatum" constitue bien entendu un récit de science-fiction, un tissu de constructions imaginaires porté par des solutions imaginaires que l'on jugera fantaisistes, nous sommes d'accord. Ce qui
    n'empêche pas de constater qu'avec la loi du 28 février 2008, nous entrons dans un monde qui comporte quelques analogies avec celui de <em>Minority Report</em>.<br>
    <br>
    Dans cette fiction, tout individu arrêté car s'apprêtant à commettre un crime de sang (boule rouge) ou ayant prémédité un meurtre (boule marron) est coiffé d'un casque électronique qui transforme
    le sujet en légume vivant, et ça a quelque chose d'effrayant : on les enferme dans une cuve, pour l'éternité, comme des fûts de déchets nucléaire dans les mines de sel de Lorraine, chez nous. Et
    sans doute, que, pas plus que la radioactivité, les Centres fermés proposés par la ministre (temporaire, forcément temporaire) Rachida Dati ne sont éternels. Dati, Citizen Dati, Pré-Mère Dati :
    si tu rêves d'un monde sans crime, ô matrice inconséquente, alors pourquoi fais-tu donc un enfant ?<br>
    <br>
    En permettant aujourd'hui en France à la loi d'imposer à des personnes le port du bracelet électronique de façon préventive, nous instituons un code de surveillance électronique permanent du
    sujet, sans l'ombre d'un doute : ici, il faut prévenir le crime pédophile pour calmer les angoisses dans certaines chaumières où parfois, des pères violent leurs enfants : encore un effort ! moi
    je proposerai un cockring électronique inamovible sur TOUTES les bites en vigueur sur le sol de la nation française !<br>
    <br>
    Quand le flic Tom Cruise dit dans le film : "Oh oui, tout le monde cherche à fuir", je suis également d'accord et plein d'effroi : car il se pourrait que nous ne puissions bientôt plus pouvoir
    fuir nulle part. En cela, la fin du film constitue une utopie spriritualisante qui gâche un peu la sauce : la gentille maison dans les champs avec le beau crépuscule sur un désert végétal.
    L'endroit secret. Où l'on a caché les trois Précogs ex-junkies. Ce "on" c'est l'Etat, souverain, revenu dans le droit chemin justicier. Il faudrait que ce "on" soit sans cesse remis en question
    par le "nous" social, ce « nous voulons vivre ensemble du mieux que nous pouvons », ce « nous tenterons toutes et tous le maximum d'efforts pour nous accommoder, trouver le juste équilibre, le
    degré moyen de nos inventions réciproques », même si l'on sait qu'il s'agit là moins d'un vœu pieux, d'un contrat vicié par les pulsions, les accidents, et donc d'une illusion, que d'une volonté
    générale qui souffre de nombreuses exceptions : on ne peut tout contrôler, l'imaginaire produit sans cesse de nouvelles formes, de nouvelles combinaisons pour aider le Sujet à sortir du coffre
    dans lequel il se sent enfermé. Le <em>Rapport général au monde</em> comporte des rapports minoritaires écartés des grandes conclusions au Process (le "Grand Système") : ces rapports disent par
    exemple la pédophilie, la prostitution, la culture du pavot, la fabrique d'armes létales plus ou moins massives, la pollution d'espaces par des substances hypertoxiques, etc. Variables discrètes
    mais non muettes, ces rapports minoritaires constituent le facteur risque du social : pas de société idéale sans un minimum de casse, sans une part d'inconscient et d'inconscience, pas d'avion
    sans accident, pas de couple sans divorce, pas d'enfant sans violeur d'enfant. La zone d'ombre du politique c'est la possibilité d'avoir un jour à déclarer ou faire la guerre, à mettre en taule
    sans espoir pour un individu de payer sa dette et donc d'être libre, à couvrir une multinationale énergétique quand elle entreprend de polluer les fonds océaniques de déchets nucléaires, quand
    elle fabrique des aliments carnés pour nourrir des herbivores.<br>
    <br>
    C'est ainsi qu'il nous faut travailler toujours plus à faire plus de lumière contre l'invasion des opacités, des discours bâtis sur des discours de moins en moins proches, de plus en plus
    éloignés du sens commun et RASSEMBLER LES CONDITIONS DU VRAI. Et il est sans doute indispensable d'envisager le pire sans pour autant bloquer toutes les portes de sortie, à chaque fois que nous
    en appelons aux technologies de prévention. Pour continuer à disposer de la possibilité d'avoir toujours le choix.</span></span><br>
  </p>

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        <pubDate>Sat, 15 Nov 2008 16:59:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-24784840.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-24784840-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[En revenant de ton lycée]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-23947557.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><b>L’Orientation</b> (sur un air de Barbara)<br>
  <br>
  <br>
  Le sens de la formule<br>
  Dans ta tête de mule<br>
  Pour faire des émules<br>
  Ai le courage de dire oui<br>
  <br>
  Vois, je te fais escorte<br>
  Eh oui, te suis accorte<br>
  Passage du bac, hort-<br>
  Icole, ombré, de bois vernis, oui<br>
  <br>
  Venir là sur les traces de toi<br>
  Tes 15 ans ô ma tête de mule<br>
  Hier j’étais aussi un vaurien<br>
  Zéro ? hélas ! tes tics sont les miens<br>
  <br>
  Fillotte, mes souvenirs bousculent<br>
  Devrai-je poser le point virgule<br>
  Le parcours de la formule<br>
  Du jour<br>
  <br>
  Midi… cette pluie<br>
  Cette mathématique<br>
  Ma foi<br>
  Sottise que tout cela<br>
  <br>
  Que ce bar est joli<br>
  Que ton bar est joli<br>
  Joli. Oui.<br></span></span>

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        <pubDate>Tue, 21 Oct 2008 11:53:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-23947557.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-23947557-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Intuition du sublime]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-23406982.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">A quoi bon vouloir tout expliquer&nbsp;par les mots du langage communément utilisé par
    une communauté d’humains nécessairement vague, disons, ici, les personnes qui comprennent le français et l’anglais&nbsp;? En fait, la seule question intéressante, en définitive, c’est «&nbsp;à
    quoi bon vouloir tout expliquer&nbsp;?&nbsp;», autrement dit déplier, comparer, analyser. Les «&nbsp;mots les plus communément admis&nbsp;» suffisent-ils à rendre compte d’une création&nbsp;? Une
    <em>formidable</em> intuition se constitue-t-elle à partir des mots&nbsp;? L’esprit ne peut-il se contenter de jouir de sa seule production&nbsp;? Combien de fois n’avons-nous pas été suffoqués,
    «&nbsp;sans voix&nbsp;», frôlant l’épilepsie, à l’écoute d’une mélodie, en regardant un tableau, ou une danse, pour rester dans un registre lié aux «&nbsp;arts&nbsp;»&nbsp;?</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">L’une de mes grandes obsessions reste l’énigme que constitue la genèse d’une œuvre
    comme <em>Bouvard et Pécuchet</em>, publiée en 1881, à titre posthume, par les légataires de Gustave Flaubert (1821-1880). L’on se souvient qu’il s’agit de deux hommes qui se rencontrent
    «&nbsp;par hasard&nbsp;» boulevard Bourdon à Paris, qu’ils exercent le même métier, celui de copiste, et qu’ils décident de tout planter (la fuite est-elle un art qui se perd&nbsp;?) pour aller
    vivre à Chavignolles, en Normandie, pour «&nbsp;pratiquer l’agriculture&nbsp;», et&nbsp;, dans une même frénésie, choisissent de se coltiner l’ensemble du savoir humain par
    l’expérimentation&nbsp;: le livre est une suite de désastres d’un comique certain, une mise en scène de «&nbsp;l’encyclopédie de la bêtise humaine&nbsp;» pour reprendre une expression que
    Flaubert adresse à George Sand en 1872. Surfons sur cette énigme&nbsp;: parodique ou sérieuse, l’énonciation des savoirs humains peut-elle prétendre à une forme de complétude&nbsp;? Pour parler
    de tous les savoirs humains, Flaubert doit-il <em>nécessairement</em> envisager la connaissance de tous ces savoirs&nbsp;? A l’inverse, un artefact (un roman, un tableau, une sculpture…) peut-il
    <em>composer</em> tous les savoirs du monde et proposer là <em>l’essence</em> même de la connaissance&nbsp;? J’utilise le verbe «&nbsp;composer&nbsp;» à dessein, car je me souviens très bien que
    mes premières émotions (conversions&nbsp;?) sans voix restent liées à la première audition de <em>l’Offrande musicale</em> de J. S. Bach. Le problème c’est qu’à l’époque, disons en 1982, je
    mélangeais tout&nbsp;: ma gloutonnerie me faisait passer de Cure à Mozart, de Prince à Krafwerk, enfin bref, je puisais mes transes où je pouvais, et d’ailleurs, je n’ai pas cessé de tout
    mélanger, sur ce métissage apparemment brouillon, il y aurait à dire, mais bref. L’arrivée des Dee-Jay dans mon paysage mental, vers 1987, à Londres, me conforta dans ma «&nbsp;non méthode&nbsp;»
    (qui reste une méthode)&nbsp;: on pouvait donc mixer des morceaux de musiques, à l’envi, <em>ad libitum.</em> On prend son plaisir comme on peut.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: right;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">&nbsp;</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">Pardon pour cette longue digression un peu intimiste. Je vais devoir continuer sur la
    même ligne, voilà. A part Bouvard et Pécuchet, l’autre grande obsession est pour moi <em>V.</em> de Thomas Pynchon (1962), non pas le roman en soi, mais bien quand je le replace dans la
    perspective de son roman le plus célèbre, <em>L’Arc en ciel de la gravité</em> (Gravity’s Rainbow, 1973)&nbsp;: sans prétendre vouloir tout expliquer et donc tout comprendre d’une œuvre
    éminemment polymorphe, plurielle, paranoïaque et multiréférentielle, je perçois dans ces trois romans (Flaubert / B&amp;P et les deux Pynchon) un motifs évident, tellement évident qu’il doit être
    rebattu mais passons&nbsp;: dans V., ce qui m’avait attiré la première fois que j’ai eu le livre en main c’est le logogramme de la première page de titre&nbsp;: une pyramide inversée de
    «&nbsp;V&nbsp;», le sommet totalisant 11 V et ainsi de suite sur 8 lignes : 11V, 9V, 7V, 5V, 4V, 2V, 3V, 1V et puis ce point situé à la droite du dernier V, le tout formant une figure,
    l’allégorie d’une toison pubienne. Le lien ici avec Flaubert&nbsp;?&nbsp; Le héros du livre s’appelle Stencil, le temps n’est pas si loin où un «&nbsp;stencil&nbsp;» renvoyait à une technique de
    reprographie, autrement dit de… copie. Pynchon focalise sur la lettre V et exploite par la diégèse de nombreuses possibilités (V = les jambes écartées d’une femme, ça je m’en souviens&nbsp;!, et
    traverse tous les continents, et de là, s’amuse à explorer de nombreux savoirs). Dans <em>Gravity’s Rainbow</em>, la seule chose qui m’ait marqué en définitive c’est qu’il y est question de Von
    Newman et Von Brown, deux savants dont le nom commence par V. Dans cette analyse <em>expressément</em> superficielle de trois livres, je ne cherche pas à démontrer «&nbsp;que tout est dans
    tout&nbsp;» et que rien ne sert de vouloir tout expliquer. Je m’avance à suggérer qu’il se pourrait bien que nous soyons depuis fort longtemps à la recherche moins d’une formule générale de
    l’Univers, que d’une formulation, d’une façon quasi parfaire de dire l’essentiel et que les mots ne le permettent pas. J’ai la vague intuition que cette question traverse les esprits humains
    depuis disons… Platon, puisque nous sommes résolument «&nbsp;épuisé&nbsp;» par ce philosophe que l’on nous présente comme le «&nbsp;transcripteur&nbsp;» d’un orateur, Socrate. Bien entendu j’ai
    pitié de Bouvard et Pécuchet mais plus encore de Flaubert, de la méchanceté de Flaubert, sa cruauté disons, envers lui-même, tout ça m’émeut car elle signifie que si nos deux amis manquent de
    méthode et de logique, Flaubert, le créateur, aussi. C’est précisément cette démesure dans son projet qui est émouvante, puisque pour parler de tous les savoirs humains, Flaubert doit se coltiner
    tous les savoirs humains.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">J’ai toujours été très ému par les rencontres. Je veux dire que la possibilité de
    l’amitié, sans parler de l’amour (et du sexe), me bouleverse parce que, justement, <em>c’est</em> bouleversant&nbsp;: «&nbsp;A rencontre B&nbsp;» ça produit du sens qui est ou n’est pas C, mais
    qui, de toutes les formes possibles, <em>est</em>. Ainsi, depuis une vingtaine d’année, je tente de trouver ma méthode, d’entendre ma musique&nbsp;: j’ai parfois l’intuition qu’elle se situe dans
    la rencontre de deux entités qui évoluent parallèlement (l’idéal), qui, à un moment donné, comme dans une gravure d’Escher, entrent en contact mais continuent chacune à donner l’illusion
    d’évoluer en ligne droite.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">Devenir humain constitue sans doute un processus lent et n’est en rien une ligne
    droite. On ne devient pas humain sans ces petites conversations, temps morts, bifurcations, arrêt, élan, sans échange, sans contact. La lente compréhension du feeling et du spirit, de la
    sensation et de l’invisible, de l’énoncé et de l’intraduisible, constituent selon moi une très belle raison d’être. Dans le feeling, je n’ai pas besoin des mots. Dans le spirit, toute forme
    disparaît, je ne suis que pur esprit. La synthèse des deux constitue une métalepse, un hasard heureux ou un mariage forcé, si l’on veut&nbsp;: autrement dit, à partir de là, on peut parler d’une
    vie comme d’une œuvre d’art, on peut envisager nos parcours dans un langage esthétique ou alors mathématique, peu importe, on danse, on danse mais poétiquement et muettement. C’est comme de
    dire&nbsp;: vieillir c’est reconnaître que les mots doivent un jour suffirent par leur silence, et donc aller avec le silence. Devenir pure intuition, par rétroconversion.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">Conséquemment, je trouve les récits de vie d’humains qui ne sont plus, très captivants
    (imaginons un fauve qui soudain tombe en arrêt&nbsp;: immobilité, rapt, orbites des yeux fixes). J’attache beaucoup d’importance à leurs amis&nbsp;: qui rencontra qui et surtout, qu’est-ce que ça
    produit. Aujourd’hui, sur notre présent. Quelles sont les conséquences&nbsp;? Bien entendu, c’est mon regard qui perçoit telle ou telles incidences. Je fais de la traduction et de l’amalgame de
    biographèmes. Pas besoin de citer Barthes dans cette histoire de contacts pour fabriquer quelque-chose&nbsp;: disons que l’on pourrait se risquer à parler de jouissance, ah, le mot est lâché,
    dans ces moments-là. Me revient en mémoire l’anecdote (vraie ou fausse, peu importe) de Mallarmé lisant <em>Le Coup de dés</em> à des proches, mais c’est surtout dans cette <em>histoire</em> à
    son épouse à laquelle je pense&nbsp;: je la vois penchée sur l’hermétique poète de mari, lire par-dessus son épaule… Je suis certain d’une chose&nbsp;: c’est ce regard de l’autre sur la création
    qui donne à jouir, plus tard. Quelques minutes plus tard ou dans un siècle, peu importe.</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">Je terminerai par un fait divers : mon voisin de palier est un être à la fois érudit
    et intuitif, et un jour, je voulus fermer la fenêtre qui donne sur la sienne, nous partageons en effet une cour en vis-à-vis. Je lui dis qu’il fait froid. Lui n’a pas froid. Je lui dis que j’ai
    du mal à écrire, lui me parle du match de foot de la soirée, un score de 0-0 (j’ai oublié le nom des équipes). Je lui dis : «&nbsp;qu’est-ce que l’essence d’un match de foot dans ce cas précis
    sinon qu’idéalement, il devrait être infini, non&nbsp;? Il me répond, «&nbsp;oui, le 0-0, le match nul, c’est ça qui donne le vrai plaisir, tu as raison, et surtout, qu’on puisse inventer les
    prolongations et les tirs aux buts, alors que logiquement, les 24 joueurs devraient s’affronter éternellement…&nbsp;»</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: right;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">&nbsp;</span></span></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="text-align: right;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: black;">Je laisse ma fenêtre ouverte.</span></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: right;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><br></span>
  </div>

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        <pubDate>Sat, 04 Oct 2008 14:38:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-23406982.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-23406982-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Dino Zoff]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-20486255.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;"><span style="font-size: 16pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Dino, Pépé, Papa, Pierre et
    moi</span></span></em></b>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Tu dis souvent que tu détestes le foot mais tu sais bien que ce n’est vrai seulement qu’en partie&nbsp;: la raison est simple, tu
    étais toujours le goal, ta grande taille, ton mètre quatre-vingt dix à partir de dix-sept ans expliquait cette position que toi tu prenais pour de l’ostracisme. Eh puis les ballons dans les
    couilles par moins dix sur le stade de Créteil, la vache&nbsp;! – <span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span>mais tu sautais bien, ta détente devint légendaire entre 1980 et 1983. Tous tes
    amis du lycée Saint-Exupéry se surnommèrent «&nbsp;Dino Folco&nbsp;». Chevrier, le roi du foot, t’avait dit&nbsp;: «&nbsp;Bouge moi un peu ce grand corps&nbsp;!&nbsp;» Et tu t’es exécuté. Si tu
    excellais au basket et au volley, tu jouais au foot comme gardien et comme les autres et parfois ça valait mieux que de courir comme un con après une balle. Tu fus accepté, tu fus heureux.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Mais il y a d’autres rapports absolus avec mon Dino, mon Zoff, ce nom qui sonne comme un nom de cigare. Les coïncidences abondent. Les
    voix de ton grand-père, de ton père et de ton cousin Pierre (ton préféré), raisonnent encore dans ta tête. Proust a raison&nbsp;: le passé est indestructible.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">D’abord, Dino est né en 1942 comme ton père mais dans le Friule (comme Pasolini que tu adores), et il a eu cette petite enfance
    occupée par la présence des Allemands comme ton grand-père Marco et ton père qui sont nés eux dans le Frosinone au sud de Rome. On se remet de Benito et d’Adolf en 1945, Dino reste en Italie,
    pépé Marco arrive à Choisy-le-Roi pour bosser dans la cristallerie et la faïencerie. Sa région de naissance a été totalement détruite&nbsp;: le front de Monte-Cassino…</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Marco est un bel homme, il est grand, ton père aussi. Mais Dino a eu des problèmes avec sa taille&nbsp;: petit et rablé, alors que
    toi, longiligne, mais ensuite Dino a grandi d’un coup&nbsp;: 1 mètre 82 à dix-huit ans, voilà qu’on le prend au sérieux, on le reconsidère et en 1961 il commence à Udinese en série A. Ton père
    jouait lui sur le terrain vague entre le chantier de l’aéroport d’Orly et le HLM de Choisy le Roi où tous les ritals s’étaient installés, une sorte de mini-Italie entre la Seine et la Marne, les
    Gondoles, la petite mafia, les «&nbsp;macaronis&nbsp;», etc. Ils regardaient la télé dans la cour, ça buvait du pastis, ça gueulait dans tous les patois. Tu sais que ton père courait les filles
    mais qu’il ne ratait aucun match. Le Mundial 1966 c’est plus sérieux, toi tu as deux ans, mais la famillia est super déçue&nbsp;: la Squadra Azzurra de Mantoue a des joueurs sélectionnés en
    nationale or c’est l’Angleterre qui gagne la coupe. Perfide Albion, misère de misère, <em style="mso-bidi-font-style: normal;">il miracolo italiano</em> n’a pas eu lieu&nbsp;! Le pastis coule à
    flot. Les avions d’Orly font que le niveau sonore des télés augmente. Dino n’existe pas encore&nbsp;: Marco le pépé disait à ton père, «&nbsp;c’est le meilleur, la honte de ce pays est de l’avoir
    oublié, regarde, regarde, on a perdu à cause de ça, <em style="mso-bidi-font-style: normal;">madona mia</em>&nbsp;!&nbsp;».</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Alors, le frioulin Dino, le quasi-autrichien, va disputer son quatrième match chez les «&nbsp;arabes&nbsp;»&nbsp;: il arrive à Naples,
    juste avant mai 1968. Paris est en rut, la banlieue reste chez elle à mater la coupe d’Europe. Marco et papa assistent à la finale&nbsp;: Italie-Yougoslavie. Les Soviets avaient été éliminés,
    Marco est communiste mais il est avant tout Italien, tu comprends&nbsp;? Et là, Dino saute, se déhanche, bondit, le grand brun arrête tous les ballons des fils de Tito. Tu sais que Dino ressemble
    un peu à ton père, là sur la photo, non&nbsp;? En 1970, tu as 6 ans, tu te souviens de Mexico. Marco hurlait dans la cuisine en préparant les gnocchis&nbsp;: «&nbsp;Dino n’a pas été
    sélectionné&nbsp;! Comme en 1966, la malédiction, la merda, la merda &nbsp;» en pétrissant la pâte comme des seins. Le Brésil mettra 4 buts dans le cul de l’Italie en finale.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Tu te souviens que Marco et papa travaillaient dans des usines. En 1972, Dino arrive à la Juve. Fiat finance l’équipe, Naples c’est
    bien mais c’est pauvre non&nbsp;? Et la Juve ne cessera de gagner. Les albums Panini&nbsp;: tu es dans la cour de l’école des Guiblets à Créteil et tu colles les vignettes de la Juve. Pierre le
    cousin joue au foot et te montre son maillot de la Juve. Tu es admiratif. Sans Dino, pas de coupe d’Europe en 1977, c’est évident, au collège on commence à se foutre sur la gueule avec
    ça.<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> Mais Pierre, le cousin il décide de devenir footballeur professionnel le jour de la finale du Mundial 1982, ce jour-là, tu pleurais de joie pour
    l’Italia la Grande, ce jour-là, tu as trahi ton pays, la France, pour la plus belle équipe du monde. Tu te souviens de Platini, Baratelli, des ritals français adoptés par Manufrance mais Dino, tu
    es désolé, Dino c’est lui qui est en poster dans ta chambre. Il a 41 ans. Il va arrêter. Ton père change de métier. Marco est licencié, il va travailler chez Ricard. A l’époque on ne jetait pas
    les vieux si facilement. Tu sais aujourd’hui qu’on est vieux après 33 ans comme <em style="mso-bidi-font-style: normal;">dans l’Âge de Cristal</em>, comme dans Dante. Quelle comédie que les
    années 1980&nbsp;! Manufrance a disparu.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Dino devient alors l’entraîneur de la Juve et ça marche&nbsp;pas vraiment sauf en 1990&nbsp;: coupe d’Europe (tu as suivi le match au
    café de la fac de Créteil) puis Dino par à Rome&nbsp;: il préside le Lazio. Marco quitte Ricard et part en retraite, il veut revoir le Frosinone. Il s’ennuie. Papa tu le sais s’ennuie aussi. Ils
    vont tous revoir Arpino, le Lazio, la <em style="mso-bidi-font-style: normal;">ciociaria</em>, ton cousin Pierre est parti aussi avec eux, mais toi tu es resté à Paris, tu veux bosser. Pierre
    revient, te raconte les matchs, les filles, il t’envoie des cartes postales pour te dire qu’Orléans le prend en junior. Tu es fier de lui. Mais le fric envahi les consciences. Maradona arrive à
    Naples. Le foot français se porte bien on dirait. Pierre monte dans l’équipe d’Orléans. 1998 tu es en larmes. Tu ne sais pas pourquoi. Dino n’est plus là. Il est revenu à Mantoue. L’Italie perd.
    Berlusconi vire Dino en 2000 qui revient à Rome, puis âgé de 63 ans, comme ton papa, il arrive à la Fiorentina, l’année même où toi, ta femme et ta fille visitiez la ville des Medici, la ville
    idéale et rêvée de la Renaissance. Ton père enterre son père. Il est beau ton père, il vieillit bien. Il a encore ses cheveux noirs comme Dino. Toi tu es chauvescent mais tu te dis que papa et
    Dino et Marco et Pierre sont là, dans les interstices de ta mémoire. Tu as 41 ans. Tu ne détestes pas le foot mais le fric qui tue le foot. Tu aimes l’Italie avant tout&nbsp;: de 7 à 77 ans, ils
    disent tous là bas que Dino est le plus grand. Berlusconi est un couillon. Dino est le plus grand.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 14 Jun 2008 10:05:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-20486255.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-20486255-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Hôtel de passants]]></title>
        <link>http://www.philippedifolco.info/article-19526286.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #888888; font-family: times;"><img width="264" src="http://idata.over-blog.com/0/16/67/74/Images-articles/TOUT_L_GOUT-copie-1.jpg" height="168" class=
    "GcheTexte">Les petits hôtels, et mes quelques lecteurs le savent, me donnent souvent l'occasion d'une migration poétique. Je passe devant, je m'arrête, je regarde les fenêtres, parfois l'une
    d'elle laisse deviner une silhouette ou&nbsp;une petite culotte&nbsp;qui&nbsp;transpire au vent, et là un vieux sac en plastique qui pendouille, quelques pigeons le chatouillent du bec. Ici,
    l'hôtel n'affiche même pas une étoile. Il se trouve en haut de la rue Monsieur le Prince. Qui est Stella ? Une américaine débarquée là dans les années 1950-60, issue de la génération perdue
    ?&nbsp; C'est pas très cher. Pour 38 euros on peut dormir, écrire, s'isoler, s'extraire. Bien entendu, je donne là une adresse mais je continues mon chemin. Je ne vais pas m'y arrêter. C'est au
    cas où. Se dire qu'un hôtel minable vous attend quelque part. Que la posture de l'écrivain reclus, un peu maudit, puisse perdurer ici. Ou bien je m'imagine touriste, marcheur solitaire, arpentant
    l'Europe, un bouquin de Nicolas Bouvier dans les poches, et je finis là. Le <em>Stella</em> sent bon. Tous les soirs, le gardien de nuit change. Faudrait tester le lieu. Tenter une expérience
    d'écriture. Capter les fantômes. Devenir gardien de nuit. Stella est-elle encore vivante ? Connaît-elle Sophie Salle ? C'est une question lourde de conséquences.</span>
  </p><img width="332" src="http://idata.over-blog.com/0/16/67/74/Images-articles/Hotel-Stella-04-2008-02.JPG" height="499" class="CtreTexte">]]></description>
        <pubDate>Sun, 11 May 2008 16:38:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.philippedifolco.info/article-19526286.html</guid>
                <category>Des travaux en cours</category>        <comments>http://www.philippedifolco.info/article-19526286-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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