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Samedi 27 décembre 2008
Par Di Folco - Publié dans : De la contrainte - Communauté : images du monde
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Samedi 15 décembre 2007
Encore un rêve décidément [Changement d'alimentation ? A ce propos, existe-t-il un lien entre aérophagie, flatulence et production onirique ? En clair : l'air que j'expulse à longueur de temps (cf. la canzone Ich bin un Grosse Petoman... du baron Zeppelin) se fait plus rare, on me le dit d'ailleurs, ici et là, donc cet air doit bien passer quelque part : pneuma et rêve, ça me rappelle les séminaires d'Hersant)]

On est à la campagne. Je ne sais qui est qui, si je suis l'élève ou bien le maître, ou les deux à la fois, toujours est-il que tout ça s'ouvre sur l'une de ces magnifiques leçons de choses, une leçon comme on a toujours voulu, comme si Tout l'Univers devenait clair, précis, un mélange d'abécédaire avec pochoirs, petites poèmes en prose vous expliquant pourquoi telle ou telle chose s'appelle ainsi, est de telle forme, etc.

Il y a le bol. Il demande pourquoi le bol est un bol.

Alors les vieilles mains forment un bol en se rejoignant.

Elle approchent d'une fontaine.

Elles recueillent un peu d'eau.

Elles font boire l'enfant.

Mais l'enfant insiste : pourquoi les bols en plastique et en terre, pourquoi ça.

"Un jour, quelqu'un s'est rendu compte que son récipient en bois, en coquillage, c'était certes plus pratique que les mains, mais bien moins résistant que le terre cuite, voilà."

Alors l'enfant boit directement à la source.

"Un jour quelqu'un, une maman a voulu porter de l'eau à son bébé. D'abord elle l'a fait avec sa bouche. Et aussi avec ses mains. C'est plus propre avec la bouche, tu sais... Et puis elle a cherché un récipient. Les autres créatures sont peu nombreuses à se servir d'ustensiles. On connaît le cas de la loutre, qui tend à disparaître de nos rivières. C'est bien dommage, si tu voyais les yeux de la loutre... La mère en fin de compte a cherché un moyen plus pratique, avec l'usage : l'important ici ce n'est pas la signification du bol, c'est l'usage. Au bord de la mer, elle utilisera des coquilles, des carapaces. Dans un endroit humide, des bois creusés, mais qui ont l'inconvénient de pourrir vite. Ce qui est intéressant vois-tu c'est de réfléchir à cet instant où ses mains ont commencé à pétrir l'argile pour former un bol. On a retrouvé des millions de bols  plus ou moins cassés sous la terre.  Le bol c'est fondamental."
Par Di Folco - Publié dans : De la contrainte
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Vendredi 14 décembre 2007
(sans alcool, au réveil)

Le 15 octobre 1634, René Descartes fit un enfant à Helena Jans (Verbeek T. et al. Institut Néerlandais, 1996) la bonne de son propriétaire. Francine naquit le 19 juillet 1635 mais l'enfant mourut le 7 septembre 1640, laissant Descartes très affecté au point qu'on raconte qu'il surnomma "Francine" une machine qu'il aurait imaginée : fable ?

A part Denis Diderot, je ne connais pas d'autre cas de philosophe (ou créateur) qui montre autant  d'intérêt pour l'enfant surtout si c'est une fille : ça revient dans leurs écrits, avec constance (parlons-nous des filles de Wolfgang ? non.). NB : que deviennent les enfants de philosophes ?

Hier au soir, en regardant les doigts d'I. ("i" majuscule) se promener sur la harpe, remontait en moi la légende de Sainte Cécile.

Depuis quelques mois, s'imposait pour un récit de feu et d'eau la métaphore de "l'ange  harpiste aux doigts lactescents" que l'on aperçoit sur une frise, côté gauche de Notre Dame, en partant du porche. Hasard objectif (une photo en se promenant avec toi chère I., déclencha le process) ?

En rentrant, le soir, après le concert d'I., j'ai réécouté Odes for St Cecilia's Day d'Henry Purcell (Taverner Consort, Choir & Players - Adrew Parrott, dir., Virgin, 1999). Dans celle de 1692, composée à partir d'un texte de Nicolas Brady, le huitième mouvement m'a toujours paru mystérieux et en même temps, si lumineux pour notre temps.

Il y aurait beaucoup à dire. Trop sans doute donc mal.

Cette profusion de connexions nuirait à l'étincelante Cécile.

Juste s'étonner encore que dans ce 8e mouvement qui dure ici 6'06, l'on commence par un prélude à l'orgue intitulé Volontary, en ré mineur. J'aime le ré mineur (D-moll), écoutons-le chez Mozart et Schubert, bien sûr, chez les "anges de passage"...

Plus étrange (car je me perd là en suppositions), à l'écoute, cette intro "volontaire", qui n'évoque rien de religieux, qui n'appelle pas le recueillement comme d'un air d'église, semble subsumer la Joie même. "Il faut déterminer que l'on est joyeux". C'est déjà du Bach mais sous un roi catho. Mélangeons-nous donc pour l'allégresse et fi de l'informe "global culture" vide de sens, affection négative comme l'est toute news, mortifère car immédiate.

Que cet air particulier qui se transforme a 3'45 en une voix de basse qui entonne un "Wonderous Machine", voilà qui ne cesse de me réjouir.

Wonder Woman, super jeune fille...

Entre mars et juin 1630, on présume que Descartes se trouve en Angleterre.

Les pensées mettent quelques temps à se féconder les unes les autres. Quand je lis la vie de Descartes, je lis en même temps des bribes de Spinoza commentées par Deleuze parce qu'un ami m'a écrit un essai sur les Anges et que je découvre par hasard un essai de Jean-Claude Dumoncel, Le Pendule du Docteur Deleuze (1999) où je lis :

"Tout ce qui est joyeux est créateur
Tout ce qui est désir est joyeux
Donc tout ce qui est désir est créateur."

L'intérêt des syllogismes, fussent-ils deleuziens, consiste en un appel à la glose.

Dumoncel j'en avais entendu parlé par Lecourt à cause de Wittgenstein et aussi de Diderot, des encyclopédistes, etc., etc. Parfois nos modes de pensées sont comme une composition musicale mais il y manque le coda, les mesures, les clefs. On y trouve les accords en différents modes mais rien d'autre.

Que ces gloses, nous les imaginions possible par delà les époques, intermédiants nos propres pensées à celles des fantômes ;

qu'un petit morceau de musique affleure à dire tout cela ;

que les petites doigts agiles durant quelques minutes donnent raison au désir, à l'éphémère, à l'amour en ré mineur.

(ici, virage)

ENFIN, tout ça pour dire que en quelques tavernes des Pays-Bas espagnols au XVIIe s. on aimait sans doute les guitares et donc le flamenco. M'est avis que les Anglais adopte sous Elisabeth ce genre d'instrument à corde et le style (on a ça chez John Dowland, loué par K. Dick), subsume la guitare pour s'approprier les forces de l'ennemi catholique n°1, l'Espagne.

Avec Purcell, on est dans la fusion des arts italiens, français (l'Ennemi catho n°2 devenu n°1 après l'Armada éventée) et ce quelque chose de profondément anglais.

Cet esprit anglais quand I. écoute du rock, et qu'elle s'en délecte, qu'elle est dans la Joie et pour la Joie, je ne saurai dire s'il est né quelque part dans le Grand Siècle à Londres, mais oui, la tentation est là. Et j'y cède plus volontiers encore quand je réécoute Volontary, un chant de machine qui met en marche toutes les machines musicales à venir, un chant de machine pour le cerveau-machine des Francines fluides, habiles et pulvérulentes, soft, douces et oui, lactescentes. This is the Way, step inside.

Cependant, Dumoncel me prévient dans son essai
page 17 que : "Et comme le dit un proverbe borgésien, l'Inde est plus grande que le monde [sic]. L'émergence d'une philosophie de l'histoire a imposé à la philosophie un registre monographique où tous les noms propres du monde veulent sonner à tour de rôle pour faire entendre chacun le son de cloche qui est propre. C'est ce que Deleuze appelle "la mer des noms propres" (Anti-O., p. 371)"

et aussi p. 31 cette "wondorous" pensée-rapt : "J'appellerai focalisation ostensive la série formée par une Grande Machinerie et une Moyenne Machine montrées en raison d'une "petite machine" de l'horreur ou de l'extase qui demeure en retrait (et qui est aussi ce que Deleuze désigne comme le "trop grand"). Ce qui demeure en retrait, c'est l'outlandish. Ce n'est pas qu'on puisse le montrer aussi et en parler, mais il y a toutes les chances que ce soit en vain, à moins que la manière y soit mise. Et la procédure de la manière, c'est l'outlandish."
Par Di Folco - Publié dans : De la contrainte
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Lundi 1 octobre 2007
quand on vit avec un
fantôme

on peut difficilement manquer
d'esprit
Par Di Folco - Publié dans : De la contrainte
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Jeudi 13 septembre 2007
En « bonne » société, difficile de parler de ces « films non porno où la chose se fait vraiment" ? Banal le truc. Mais qu'est-ce qu'on entend comme bêtises et cuistreries... ("c'est sâle, c'est caca, ça sert à rien"). Donc on tentera ici de faire le point, à la lumière de quelques productions cinématographiques récentes (Odoul, Cameron Mitchell, Winterbottum…) sur les so called « Fictional Movie with Explicit Sex Act Inside ». Ou si l’on préfère : ça veut dire quoi quand dans un film non classé X, et donc non exclu du réseau des salles standards (UGC, Gaumont, etc.), le regard croise des scènes non simulées de sexe ?

« Tu fais la queue pour voir ce genre de film, toi ? » On en est plus là, non ? Il me souvient que la salle Gaumont Parnasse où était projeté Shortbus, contenait à 14:25 une majorité de couples de retraités, qui, à 16:32, sortaient en riant – entre Prozac et Viagra donc. Effectivement et trivialement parlant, la salle c'est parfois mieux qu'une pignole devant son  PC.  C'est peut-être ça le débat de fond (de salle ) ?

On peut voir des exemples de ces films sur le site marchand Allocine, qui ouvre à des débats sur son forum, sans doute hypermodéré. Le site en question à créer dans sa base de données une sous-classe intitulée : « Films contenant des scènes sexuelles explicites » et marquée en rouge. On en trouve 38 à ce jour. En France, c'est Breillat qui ouvre le bal avec Une vraie jeune fille (1976), invisible pendant près de 30 ans.

D’où ça vient ?


Le chercheur Laurent Garreau rappelle dans Le Dictionnaire de la pornographie, [article « Soft »] que « l’arrivée du cinéma hard sur les écrans français remonte à l’année 1975. Le souvenir de ce choc culturel sera entretenu par l’installation de la pornographie hard-core dans les quelques salles d’alors qui s’étaient spécialisées dans le film X. Les scènes les plus « osées » d’Emmanuelle (1974) semblaient très loin de ces nouvelles images pornographiques venues d’Outre-Atlantique (effet Deep throat). Mais, à la faveur d’un succès qui l’avait maintenu à l’affiche plusieurs années de suite, le film de Just Jaeckin (né en 1940) occupait une place de premier choix dans l’imaginaire visuel du français et allait profiter de la fin de l’obstacle qu’était la procréation non contrôlée pour pleinement entrer dans l’histoire. Il procédait d’un engouement et d’une libération… »

 

Et de rappeler l’avènement, après le déluge des années 1974-76 (Histoire d'O, L'Empire des sens, Flesh Gordon) non pas de la pornographie soft en tant que genre, mais de la représentation de la sexualité sans tabou au cinéma :

 

Le bain qu’Edwige Feuillère prend sans soutien-gorge dans Lucrèce Borgia (1935) d’Abel Gance (1889-1981), le plongeon de Jean-Louis Barrault sans slip de bain dans Drôle de drame (1937) de Marcel Carné (1906-1996), le bout de sein d’Arletty dans son tub dans Le jour se lève (1939), également de Marcel Carné. Ça fait drôle, hein ?

 

Je citerai aussi deux films : Les Dieux du stade (L. Riefenstahl, 1936), et Obssessione (L. Visconti, 1941). Le premier étant l’apogée du film naturaliste (plus d’un demi-siècle après, on détourne le titre à des fins voyeuristes et/ou masturbatoires, cf. Rugby), le second, l’archétype du genre néo-réaliste (couple de travailleurs amoureux en sueur, nus, transis, sur un lit).

 

Donc, avant les années 1950, montrer le corps nu désirant, ça se passe partout sauf aux Etats-Unis.

 

Garreau poursuit : « Entre les années vingt et soixante, le code Hays, meilleure illustration du puritanisme dont les Etats-Unis ont pu faire preuve dans leur histoire, excluait toute nudité dans leur cinéma. En 1935, le film d’origine tchécoslovaque Extase de Gustav Machaty (1901-1963) y est interdit et son unique copie sur le territoire étasunien détruit à cause de la nudité de son actrice principale dans une scène d’anthologie. »

 

La relâche des années 1950

 

Le signal vient de From Here to Eternity (Tant qu’il y aura des hommes, 1953) de Fred Zinneman (1907-1997) mais également des films d’origine étrangère autorisés en salle « art et essai » tels que Elle n’a dansé qu’un seul été (1951) d’Arne Mattsson (1919-1995) ou Monika (1952) de Ingmar Bergman (1918-2007). « Les spectateurs d’alors ont pu apprécier un voluptueux baiser dans le premier film, une sensuelle baignade dans le deuxième et le sex appeal de Harriet Anderson dans le troisième » précise Garreau.

 

Les Gaulois aiment-ils l'underground  ?

 

Caroline chérie (1951) consacre le thème de la prostitution et de la brigade mondaine, achève de consacrer le soft comme genre de film pornographique en formation. De Gaulle, Guy Mocquet s’inclinent devant BB dans Et Dieu créa la Femme (1956). Ensuite c’est la nuit d’amour entre Jeanne Moreau et Jean-Marc Bory, dans Les amants (1958) de Louis Malle (1932-1995) qui poursuit le travail accompli par Roger Vadim (1928-2000). Immense film, Vivre sa vie (Godard, 1962) subira la censure : pour la première fois, Godard aborde de plein front le thème de la prostitution et des lieux de plaisirs (Anna Karina et son fameux striptease magique dans un club de Pigalle), thème, entre autres, qu’il déclinera jusqu’à Sauf qui peut (1980) et Prénom Carmen (1983) avec « les scènes que l’on sait ».

 

Pop Sex

 

On va pas faire le point sur les Wahrol, Waters, etc. On connaît la chanson. Ces films sont projetés dans deux trois salles à l'époque. On est entre entre restricted et destricted. De l'art, de la provo, du gore, du trash, tout ça apparaît au début des années 1960 à New York et Los Angeles.

 

La forêt italienne

 

Antonioni (1912-2007) met en scène une partouze à Milan dans Désert rouge (1964), puis une autre à Londres dans Blow up (1966) puis une autre encore filmée en plan large (Zabriskie Point, 1970). Pasolini avec Porcherie (1968) puis la « trilogie de la vie », Visconti (1906-1976) avec Les Damnés (1969), Bertolucci avec Le dernier tango à Paris (1972), Cavani avec Portier de nuit (1973), Ferreri avec La Grande bouffe (1973) constitue le socle politico-esthétique d’un film comme Salo (Pasolini, 1975) et… d’un Caligula (Tinto Brass, 1979).

 

Caligula

 

Ce film n’est pas une daube, ni un vulgaire péplum parodique prétexte à du X. Scénario de Gore Vidal (lire ses mémoires de jeunesse !) bien vite en conflit avec Tinto Brass (plus obsédé par le sexe que Ferreri), il entremêle pour la première fois scènes de fictions calibrées grand public et actes sexuels non-simulés (fellations et éjaculations en gros plans) avec des reconstitutions du monde romain des années 30-41. Bob Guccione, son producteur, propriétaire de Penthouse, dans un making off fameux, semble très à l’aise : il a pu placer là ses meilleures top modèles et défendre le double rôle politique et moral du film : « à travers la figure anarchiste ambiguë de l’héritier de Tibère, ce film démontre d’une part que le pouvoir politique suprême conduit à perdre son âme » (clin d’œil à l’Office catholique) et « permet de parler franchement, sans détour, de la vie quotidienne de la cour romaine ». Le problème, ce sont les sources : on connaît la pornomania d’un Brass, on oublie la perversité d’un Gore Vidal, héritier d’un grande famille américaine, homosexuel longtemps planqué et qui fait dire à Malcolm McDowell : « On sait peu de choses sur Caligula : Suétone était l’ennemi de la famille impérial, il aura sans doute exagéré… ». La presse, sous pression puisque interdite durant le tournage, éreintera le film. Non classé X, il est interdit au moins de 18 ans en Europe mais sortira dans le réseau grand public (en 1980, si tu avais 15 ans comme moi, tu avais intérêt à être grand et disposer de moustaches postiches !).

 

Les questions que je me pose (assez mal)

 

L’histoire de Richard O. (Damien Odoul, 2007) en salle le 20 septembre courant, montre, selon les dires de son réalisateur (cf. Le Souffle, 2001) sur France Culture (L. Adler, L’Avventura, 06.09.07) l’acteur principal (M. Amalric) dans une chambre avec une actrice (Ludmilla Ruoso). Odoul dit que c’est pour de vrai. Nous on veut bien le croire. So what ? Qu’est-ce que ça peut changer pour cet art du divertissement, de la simulation, de la foire ? On se souvient en effet de l’imaginaire des foires : derrière les rideaux et les calicots promettant freaks, danse du voile et Sandoz, on a encore des masques, des barrières, des zones interdites d’accès. Du perceptif, du contrat-ceptif, du déceptif. Parce qu’au-delà de l’écran, dans le cadre, on se heurte au différé, au « report », au montage : la mise en scène promet beaucoup, elle est bien un jeu (comme on dit d’une mise au casino) où rien ne va plus. Le suspense. L’ambiguïté. Ombres et lumières. On est pas là dans du X.

 

Faire des films pour un public standard, emprunter pour quelques scènes les codes du X fait-il de ce film un film X ? Un film interdit au moins de 16 ans ? Au moins de 12 ans alors ? Un film avec du porno dedans ? Qui contaminerait l’ensemble du déroulé ? ça fait peur ou ça attire ? ça fait plus vrai, réaliste ou carrément c’est trop facile ? Pour quel âge on choisit de montrer/d’aller voir ça ? (une question d’ordre privé donc, comme les questions religieuses, la foi, Dieu ?)

 

Si c’est pour dire : « Voyez, je mets du réel là-dedans, je m’implique, j’implique mes acteurs-actrices, mais attention c’est de l’art hein ? », n’est-ce pas trop demander aux acteurs et actrices ? La performance des acteurs : je rappelle pour mémoire que Maria Schneider (Le Dernier tango à Paris, 1972), Juliette Binoche (Rendez-vous, 1984) ne sortiront pas indemnes de leurs expériences de plateau. Frapper par l’opprobre pour la première (Pompidou, époque « comprenne qui pourra ») et une entrée en religion pour le deuxième (investie, Sœur Binoche est aujourd’hui possédée par la Vocation).


Qualifier ces scènes d’inutiles ? Car les discours sur ces scènes, totalement invérifiables ? Winterbottum utilise une caméra DV dans 9Songs, réinvente le plan séquence qui était déjà l’intérêt politique de la vidéo au début, vers 1972-75, pour être en prise direct avec l’acte sexuel. On va pas demander de refaire la scène 30 fois : en revanche, on la prépare, on conforte les actrices et acteurs.


Certains utilisent des plans de coupe : La Vie de Jésus (1997) montre une scène de pénétration dans un champ, mais ce n’est pas du fait des acteurs, Bruno Dumont emploiera ici des professionnels du X, tout comme Bertrand Bonello pour le Pornographe (2001) qui lui, tente d’élever des pro du X (Ovidie, Titoff) au rang d’un Jean-Pierre Léaud.


Au bout du compte, pourquoi assisterait-t-on à une sensible augmentation du nombre de films avec du X dedans ? En utilisant des icônes du X, en détournant les codes hyperréalistes du X et de la performance orgiastique inspirée des actionnistes germaniques (Lars von Triers), en demandant aux actrices et acteurs «classiques » une implication hors norme (fellation, pénétration sans des doublures, cf. la parodie dans Love Actually), en répercutant en salle ce qui se passe sur le net (banalisation ou plutôt multiplication des scènes explicites facilement accessible au regard), où va-t-on ?

 

Ça intéresse des gens ce débat ? On se repasse Blanche Neige, pour une lecture queer ?

Par Di Folco - Publié dans : De la contrainte
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