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Mercredi 20 mai 2009

Les éditions Phébus viennent de publier l’un des livres phares du XXe siècle : Les Sept Piliers de la sagesse du gallois Thomas Edouard Lawrence (1888-1935). Il s’agit d’un véritable événement littéraire : voici, pour la première fois accessible en français, l’édition-référence, inédite depuis 1922 !

 

L’histoire « des » manuscrits de The Seven Pillars of Wisdom ne vaudrait-elle pas à seule un film ? Dans son introduction à l’édition, ici magnifiquement traduite par Eric Chedaille, le critique anglais Jeremy Wilson, auteur lui-même d’une incontournable somme biographique sur Lawrence, rappelle que, durant les pérégrinations qui suivirent la Grande guerre, l’auteur de La Matrice se fit voler son premier manuscrit en novembre 1919 en gare de Reading. Découragé, Lawrence, qui n’avait conservé qu’une copie de l’introduction et quelques brouillons, entreprit, en moins de trente jours, de rédiger « de mémoire » les 95% manquants. Chose faite le 25 mai 1920, mais soit qu’il hésita encore sur le style, soit qu’il commença à douter de sa mémoire, il ne rendit un manuscrit complet qu’en mai 1922, qu’il fit imprimer à ses frais à huit exemplaires (pour éviter l’incident de Reading), chez l’imprimeur du quotidien The Oxford Times. L’un de ces « tapuscrits » fut confié à cette époque par l’auteur à la Bodleian Library. Sur les sept autres copies, l’auteur entreprit diverses corrections. C’est donc la « version Oxford », incluant toutes les variantes, qui se présente à nous aujourd’hui. Car, entre temps, miné par la dépression, son désir de retourner dans l’Armée, son goût pour la perfection qui confinait parfois à l’impossibilité de laisser partir un texte chez l’imprimeur, le Colonel Lawrence, véritable mythe vivant, entreprit d’alléger la version d’Oxford et d’en donner une qu’il jugeait digne, chose faite en 1925, d’abord vendue par souscription puis cédée à un éditeur classique (le film de David Lean, en 1962, s’inspirera de l’édition abrégée). Au total, plus d’un tiers de l’édition parue chez Phébus est inédite, sans compter les variantes (tournures, syntaxes, références, index). « Les coupes avaient considérablement altérée la narration historique, précise Wilson, […] et dans l’ensemble cette édition s’exprime avec plus de naturel et contient toute sorte de choses intéressantes. » De quoi sans aucun doute magnifier le mythe du Colonel Lawrence, personnage d’une saisissante complexité et d’une extraordinaire lucidité.

               T. E. Lawrence, Les Sept Piliers de la sagesse, tr. de l’anglais : E. Chédaille, Phébus, 1054 p.

               Article publié dans TGV Mag, mai 2009.
Par Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Mardi 31 mars 2009
" L'adjudant Giudici, qui avait toujours des serviteurs, trouva promptement naturel de charger Simon de commissions dans les bars ténébreux de ces rues qui traversent sous des ponts de fer le boulevard de Port-Royal, et qui unissent le quartier Mouffetard au quartier Broca et au quartier de la Santé.

[...]

Rosenthal expliqua à Simon les raisons métaphysiques, le sens et le mécanisme de la Conspiration; Simon écoutait et pensait que toute cette hardiesse était excessivement vaine, et quand Bernard lui déclara qu'il lui réservait un rôle au coeur même de l'affaire et le chargeait en somme d'inaugurer la Conspiration, André sentit qu'il n'avait aucune envie d'agir seul pour une révolution qui, décrite par Rosenthal, paraissait bien mythique, et qui ne le passionnait pas. Il répondit qu'il ne voulait pas se mêler à cette aventure et Rosenthal eut alors recours à des arguments de femme qui faisaient appel à l'amitié, à la fidélité, au souvenir, et qui défiaient Simon de refuser. Simon s'entêta à se défendre et ajouta que cette histoire lui semblait enfantine et parfaitement absurde, mais au bout d'une heure, il céda quand Rosenthal eut mis le débat sur un terrain insultant :

  -- Si tu ne veux nous suivre, ni par principe, ni par amitié, c'est que tu as peur. Est-ce que tu serais lâche ?

Simon se dit qu'il ne pourrait souffrir l'idée d'être discrédité aux yeux de Bernard et se jeta à l'eau.

[...]

L'armoire était à demi pleine de dossiers dont la chemise portait, écrit en ronde, le titre confidentiel ou le titre secret. Simon n'eut aucun mal à découvrir la seule pièce importante qui était le plan de protection de la 2e zone...

[...]

Simon dit à son voisin qu'il jouait bien; le soldat qui était liant répondit qu'il s'appelait Di Maio et qu'il était soliste dans un jazz, et il sortit de son portefeuille une photo où trois jeunes hommes et une femme groupés autour d'une batterie de jazz regardaient fixement devant eux; la peau de la caisse portait cette inscription au-dessous d'une guirlande peinte : "The Select's Jazz".
 
  -- C'est mes frangins et une amie, dit Di Maio. On fait les bals dans le XIIIe. Tu connais ?

Simon regardait les smockings des musiciens et la robe perlée de la femme qui lui rappelait Gladys :

  -- Si je connais, dit-il. Avant d'entrer en taule, j'étais à Lourcine, au 23e. C'est mon quartier.

C'est ainsi que Simon avant même de rentrer parmi les hommes retomba parmi les charmes ambigus du quartier des Gobelins. "

Paul Nizan, La Conspiration (Gallimard, 1938)

Par Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Lundi 23 mars 2009



Pierre-André Boutang (1937-2008)


Par Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Mercredi 25 février 2009
Dans quelques jours, ça fera trois ans. Dans la nuit du 3 au 4 mars. Je ne sais toujours pas ce qui s'est passé entre la nuit du 3 au 4 et le réveil le 7 mars, transporté à quelques mètres du siège des PUF, à Sainte-Anne en neuro. Ah ah ! Bien fait pour ce pornophile de Di Folco : à force de regarder de trop près des vidéos de cul pour son soi-disant dico, il s'est retrouvé les quatre fers en l'air, les deux épaules démises et la langue sortie.

J'en rigole comme ça mais il se trouve que depuis ce matin un étrange sifflement se manifeste dans mon oreille gauche. Sans doute un effet vasodilatateur de la décompression subie en avion lors de l'aterrissage hier à Orly. Parmi les nombreuses rumeurs techno-urbaines, celle-ci : se retrouver sourd après un voyage en avion un peu trop appuyé... (lamentable : je voulais dire par là que certaines "descentes" semblent souvent trop rapides...)

Il y a aussi cette subite chute de l'apétit (de choses à manger, à mastiquer, à engloutir comme un porc), mais ici impossible de trouver des mozzarellas et du pain paysan,  le genre de truc simple que tu avales au petit matin, avec vue sur le volcan.

Il y a également une énorme envie de meurtre.

Une énorme envie de baiser la Terre entière par tous les trous.

Le printemps arrive et sa cohorte de pulsions téléguidées.

Ce blog est très chiant parce que je n'arrive pas à y placer des propos très intimes, à peine écrits que je les efface. Facebook aussi m'emmerde. En fait, tous ces jeux électroniques me fatiguent, me détournent de lectures et d'activités plus stimulantes. Les essais sur les gnostiques, par exemple, une envie soudaine après avoir regardé les 12 épisodes de L'Apocalypse, sortis en DVD, que certains vont trouver austères, épouvantablement longuets, je les entends déjà, à la manière d'Emmanuel Chain, qui ce matin sur Inter vers 9h30 disait : "Oui Capital, une bien belle émission ponctuée par des virgules, avec une idée à la fois, sinon on comprend pas...". Ou le dernier Frédéric Lordon (chez Raisons d'agir) qui utilise des adjectifs recherchés, du coup sa langue confine à la poésie, ça me touche ça, parce que ça me rappelle mes cours d'économie, et cette bonne vieille Keynes, tellement queer au fond ce choix des adjectifs plein de souffle, tueurs de clichés, tellement queer de détraquer la langue ancrée dans les certitudes du petit commerce bovin. Ou bien encore terminer le Jean-Claude Ameisen. De fait, la pile des livres en attente (que je vole du temps pour eux ?) n'a jamais été aussi haute. 78 livres empilés au pied du canapé. C'est complètement débile. Et cette envie de revenir à Duras, à Sarraute, à Annie Leclerc.

Ce matin, ah oui, j'oubliai, ai revu pour la première fois depuis vingt ans, comme ça, de loin, Smirnoff. Il achetait de la viande à deux pas de chez moi. De fait, il habite pas loin. Je l'avais rencontré à la fin des années 1980. Son visage s'est durci. Son corps s'est tassé. Il a pris vingt berges. Il doit en avoir plus de soixante. Un chapitre entier de Salva lui est consacré : j'en ai fait un agent secret, une transposition intriguante puisque mon éditeur me posa plusieurs fois la question de savoir "mais qui est donc ce personnage, tu t'es inspiré de qui, hein ?". Nous sommes voisins depuis plus de 15 ans, Smirnoff et moi, nous avons le don d'invisibilité ou tout simplement la capacité de nous éviter pendant toute une génération.


Par Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : Littérature
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Mardi 30 décembre 2008
OBJET : Livre
CATEGORIE : Essai
AUTEUR : Mona Chollet
TITRE DE L'OUVRAGE : Rêves de droite. Défaire l'imaginaire sarkozyste
DATE DE PUBLICATION : mars 2008
EDITEUR : Zones (La Découverte, groupe Editis)
DATE DE L'ACQUISITION : 27 décembre 2008
ORIGINE : Cadeau familial
PRIX : 12 euros
DEBUT DE LECTURE : 28 décembre 2008, 9:22 a.m.
FIN DE LECTURE : 30 décembre 2008, 11:37 a.m.
TEXTE EN LIGNE : Oui, voir Lyber Zones / Rêves de droite
NIVEAU DE SATISFACTION : Bon
JARGON : Aucun
NOTES DE BAS DE PAGE : Oui, bibliographiques
MISE EN PAGE : Typo ok, interlignage et blancs tournants ok
QUALITE PAPIER : Bonne main
PRISE DE NOTES : Oui
RECOMMANDER ? : Oui, sous forme papier
- MERCI -



Par Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : L'écriture comme antidote !!!
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