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Dimanche 1 janvier 2006

BHL

Des entretiens en version intégrale restituée :

L'image « http://tovima.dolnet.gr/data/D2005/D0410/v2neb46b.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.  Bernard-Henri Lévy 

Voyages au bout des possibles

A vingt ans, il a rêvé changer l’implacable monde à l’aune de son engagement, de sa fougue, de son amour des lettres et des arts. Trente ans plus tard, revenu du Pakistan, hanté par la question du Mal, il semble toujours fidèle à lui-même. Epris de justice, partisan du dialogue, comme rescapé du siècle des Lumières, héros de roman, voici Bernard-Henri Lévy qui nous convie à un voyage spirituel doublé d’une réflexion sur l’histoire, le temps et l’avenir de la dignité humaine.

*

PDF : Vous voyagez beaucoup : dans Impressions d’Asie (1995), vous écrivez « Le voyageur de l’avenir sera kantien ou ne sera pas ». Que vouliez-vous dire ?

BHL : Je voulais dire que l’on ne voyage jamais sans idée préconçue. On a toujours un savoir préalable dans la tête et que c’est mieux ainsi. Je me méfie de ceux qui croit que l’on voyage mieux quand on voyage avec un regard vierge. On voyage mieux avec un regard formé, instruit, riche d’une connaissance préalable. Je formulais à cette époque ma réserve à l’égard du mythe du voyageur innocent. Un art du voyage est à réinventer. Mes certitudes sont ébranlées durant mes voyages. Je crois au dépaysement.

« Voyager le même tout en étant un autre » écrit Romain Gary. Et vous, en Angola, au Burundi, en Bosnie, en Colombie, au Pakistan : qui devenez-vous à travers toutes ces étapes ?

Je deviens un autre : c’est l’effet du voyage. On sent tourner autrement le moteur physiologique et psychologique. On accède à une identité plus complexe que l’identité ordinaire. Chez les grands voyageurs, il y a une fatigue d’être soi et un désir d’être un autre. Quand Gary a été fatigué d’être lui-même, il a inventé Ajar, son double en écriture, et puis il a voyagé, il allait n’importe où, partant d’Orly ou du Bourget à l’époque.

Il n'y a plus vraiment d’endroits où aller, non ?

Il y a un art du voyage à réinventer. Je crois que l’Histoire n’est pas finie contrairement à ce que dit un Francis Fukuyama, conseiller de Bush, je crois que la planète n’est pas unifiée, il y a encore ici et là de l’hétérogène, de la diversité, de l’altérité. Je ne voyage pas tranquille : l’Angola, la Colombie, le Sri Lanka, certes, sont des endroits durs, mais quoi qu’il arrive je laisse vaciller mon identité. Un bon voyageur c’est quelqu’un qui est sûr de lui-même, de son assiette, qui ne part jamais la tête vide, ou alors on voyage mal. Un bon voyageur c’est quelqu’un qui accepte que ses certitudes, son savoir soient ébranlés. Aujourd’hui quand je voyage, je passe ma vie à ça. Je passe ma vie à voyager. Je n’ai jamais eu le sentiment de ce retour éternel du même, contrairement à ce que disait des écrivains comme Raymond Roussel, Joë Bousquet, ou Nietzsche : les voyages continuent de me dépayser. Je ne rentre pas le même de la lecture d’un grand livre tout comme d’un voyage.

Aimeriez-vous inventer un hétéronyme, d’autres vous-mêmes, comme Fernando Pessoa ou Romain Gary ?

Non, mais je rêve plutôt d’une œuvre diverse et hétéronyme sous un pavillon commun. C’est l’étape au dessus dans cette espèce de vertige des possibles et des identités masquées. Le masque absolu c’est resté soi tout en étant un autre.

On vous dit « égocentrique », mais vous dites ainsi rarement « je » dans vos livres…

Parce que le « je » est le produit du livre, il n’est pas ce qui lui préexiste. Il n’est pas la condition, il est le résultat. Sartre proposait un « je » fictif, induit, produit par les œuvres.

A part la littérature, vous êtes ému par quoi ? Un parfum ? La musique ?

Un parfum, oui, le musc. Depuis quelques années. La musique ? J’ai joué pendant vingt ans du piano. Ça a beaucoup compté pour moi et puis plus maintenant. J’ai arrêté. J’ai commencé à écrire. Et tout se passe comme si la littérature avait remplacé la musique dans mon rythme intérieur.

Et à part André Malraux, ou Albert Cohen ?

J’ai découvert un jeune écrivain allemand, qui s’appelle Hans-Christoph Buch et dont je suis en train de préfacer un livre de reportages dont on va entendre parler, croyez-moi.

Votre œuvre, votre parcours sont hantés par la figure de Malraux : pour vous faire entendre vous accepteriez un poste ministériel comme Luc Ferry ?

Non. Je ne saurai pas faire ça. Pas la patience de me plier à ces règles, cette discipline… je suis un maniaque de la liberté pour moi-même. J’ai été parfois conseiller auprès d’hommes politiques. Je ne l’ai pas regretté. Pour être entendu. Pas de coquetterie ou de fausse modestie : pourquoi pas une telle position ! Je me suis retrouvé à Sarajevo confronté à un personnage magnifique, le président bosniaque Hitzen Begowich, j’ai essayé de le convaincre un temps mais je ne me serai pas vu vitam aeternam « conseiller des princes ». Je me souviens aussi d’une conversation avec le commandant afghan Massoud sur le peuple juif : chez ce grand musulman modéré je suis convaincu de l’avoir fait réfléchir sur des sujets où certains l’enfermaient dans quelques préjugés. Quand les princes ont l’allure de Massoud ou du Général de Gaulle, ça vaut la peine de passer une saison de sa vie auprès d’eux. Tout dépend de l’homme et de la circonstance. Je trouve en tous cas pathétique le destin des intellectuels qui cherchent leur « homme à cheval ». En 1971, le président du Bengladesh Rahman Mujibur, m’a permis d’être son conseiller pendant quelques mois, suite à un appel de Malraux. A ce vieux musulman, héroïque, qui sortait d’une guerre de libération victorieuse, j’ai apporté tout le savoir d’un jeune normalien disciple d’Althusser. C’était bien mais il fallait retourner à la littérature, à la philosophie et à la poésie.

Vous jetez une sorte de regard philosophique pessimiste sur le monde…


Depuis trente ans je regarde spontanément l’horreur en face. Quelque chose en moi ne se résout pas à cette horreur. J’ai une philosophie pessimiste, une vision du monde pessimiste, et néanmoins j’ai conservé l’esprit de résistance, à vouloir autre chose : résister au mal tout en sachant qu’il est inévitable, c’est peut-être absurde mais c’est la seule manière qui paraisse digne.

Derrière vous, cette photo de votre père… Que pensait-il de votre prise de risque face au monde ?

Tous les journalistes et les écrivains engagés le prennent. Je prends le risque mais je veux témoigner. Je suis prêt à aller au devant d’un certain danger, je le fais avec prudence et mesure. Mon père m’a formé à ça. Je suis le fils d’un homme qui a été combattant en Espagne, puis engagé contre les Nazis puis dans la Résistance : voilà, je suis fabriqué par cette idée là, de « mettre sa vie en jeu ». Il me semble que c’est l’amour filial qui rend le monde respirable.

Ces jours prochains, vous relancez votre revue La Règle du jeu

En octobre [2003] on découvrira la nouvelle formule. Ce qui a changé par rapport à la première qui eut 21 numéros entre 1990 et 1996, puis un ultime numéro en 1998 dédié au rôle des intellectuels dans le monde, est née après l’effondrement du monde communiste et du Mur, elle prétendait intervenir dans le débat qui suivit ces événements. La nouvelle série interviendra après trois événements que je résumerai ainsi : mort de Massoud, World Trade Center et mort de Daniel Pearl. Elle sera dans le droit fil de la première version mais avec des soucis, des défis et une problématique nouveaux.

 © Philippe Di Folco

 

A lire 

- de Bernard-Henri Lévy :

Qui a tué Daniel Pearl ?, Grasset, 2003
Réflexions sur la question du mal
, Grasset, réédition, 2003

- Revue La Règle du jeu, avec Gilles Herzog (rédacteur en chef), nouvelle série, n°1, octobre 2003

- Marc Villemain, Monsieur Lévy, éditions Plon, sept 2003 : pour la première fois, un récit, mi-roman, mi-essai, s’inspire de la vie de Bernard-Henri Lévy (voir "Liens" sur mon site)

- Hans Christoph Buch

(Article paru dans Air France Magazine, octobre 2003)

Par Phillipe Di Folco
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Jeudi 20 avril 2006

Le vieillard de 40 ans et les DVD

 

 

La chaise jaune du café mouffe branle sous ses fesses

Elle l’appelle bitenberne (See Line Woman)

Ou bien tamalou – elle, c’est Nina

Il tente de ne plus regarder les arrières

De ne plus éprouver la douleur sucrée des tubes

Souvenir de l’enfance (Mother I Hate U)

Il croise ce qu’il aurait pu être du être était ne sera plus

La mode expliquée aux incultes

Elle lui rappelle sa bite roide

Chaque soir chaque matin

Abraham engendre milles monstres

Il tente de prétexter des maux (encore, le Verbe !)

Les feintes sonnent creux au fond du ventre mou

Elle est parfois (re) belle – le désir le suspend !

Il sent le vieux chien (sous ses bras)

Ses poils blancs envahissent des terres lasses

Ses dents foutent le camp (son pouls s’emballe)

Il boite parfois sa bite sous le crâne (boum boum)

Certaines places érigent des colonnes il se sent agressé

Chauve sourit au printemps rouge (tâche de sperme)

Les filles n’ont jamais… insolentes raies des culs énormes !

Les mectons si cons (rien à foutre)

Elle le spell on you (See Line Woman)

Il la maudit aussi

Assurer reste sa mission dernière Guy L’Eclair

Défaillir l’interdit majeur

Ne plus pleurer ne plus devoir s’émouvoir

Sans passer pour un minable dans la rue bleue

Soon take to the Water (Closet)

Souvent tout paraît plus simple

Les objets revendus en masse

Il reste seul alors au milieu d’une pièce vide

Saisi le silence se fait mais Paris rétrécit

Poker menteur

Bandant pour rien il s’exécute

Danse au milieu des morts mnésiques

Loth engendre des Anges

Aux rythmes des années 80

Soft Cell Triangle isocèle

Electro choc

Il se réveille plus tôt pour l’IRM

Se gratte les couilles toujours plus basses

Ne lui dit pas je t’aime

Courir nager suer ?

Elle ronfle à ses côtés endoloris

Le lit défoncé un moustique l’été

Ils s’éprenaient s’éperonnaient jouissaient criaient

Une dernière fois ?

Demain elle exigera sinon la pension la passion mettra la pression

Lui brandira la démission la débandade

Les cafés l’accueillent de plus en plus souriant

Amer le fond de tasse le fixe

Saul de Tarse engendre la Verge et le Vagin

Tourne indexe les minutes restantes

La caresse d’un bras une cuisse nue la commissure

Tout recommence

Redevenir une légende

Avant la dernière seconde

La chaise jaune du café mouffe branle sous ses fesses

Dégage tu te dégoûtes !

Vite !

 

21/04/06

Par Phillipe Di Folco
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Vendredi 2 juin 2006

Di Folco - Histoires d’un nom

IL Y A PEU de temps je me suis posé la question : « D’où vient mon nom ? ». Qu’a-t-il signifié, si jamais, en Italie – ici ou ailleurs ? Qu’est-ce que « ça  dit », son nom ? On se pose tous ce genre de questions.

Lorsque l’on se lance pour de bon dans la fiction, on en vient à travailler (beaucoup, pour pas grand-chose, laissez tomber, jouez plutôt en bourse si vous le pouvez), à réfléchir les noms propres. Je pense à la musique des noms chez celle qui portait un pseudonyme, Marguerite Duras, des noms hantants (en temps ?). On trouve des fusées analytiques sublimes chez Beckett, Derrida, et bien sûr chez Lacan (on donne tous dans le lacanien, vous avez remarqué ?). Ces dernières années, Marie Redonnet (Tir et Lir, Rose Mellie Rose…) insuffla à ses fictions, par ses choix de noms de personnages, cette petite musique à la fois comique, distante, énigmatique presque étrange (le nom de l’Autre, un drôle de nom ?). Bien entendu, Patrick Modiano remporte au titre des noms à puissance obsessionnelle, la palme (Dora Bruder, etc.).

Le sien de nom, donc, semble d’abord devoir passer aux oubliettes, parce qu’il n’est pas question ici de parler de soi, on va mentir quand on prend le partie de la fiction, même quand on écrit « Di Folco tua son père », on va s’oublier un peu, se réinventer, etc., mais souvent, quoi que l’on fasse ou tente, c’est son nom propre qui transparaît à travers les différents plans de lecture. Serait-il difficile, même par le truchement de la mise en scène ou du scénario, de fuir son nom ?


En la bouche de l’autre, il sonne

L’appel en classe, à l’école, je ne sais plus quand ça claque dans la tête comme une question qui serait : « Ce nom est le tien, réponds, approuve, dit-le : pourquoi hésites-tu ? ». Il y a l’index des maîtresses, du professeur, qui descend le long de la liste, le tien se trouve souvent, statistiquement « au milieu ». Médiocre, donc. Je ne me souviens pas de : « tu es un sale rital ! » ou d’un « c’est la mafia ce nom là ! »… Mais Di Folco c’est pas Beauregard, Martin ou Quinton, c’est pas France, clairement, très tôt, je le sais. Un nom étranger ça se remarque, donc je suis souvent remarqué, or je suis un être rougissant, je n’ai pas hérité de la complexion de mon père, son hâle naturel, sa peau méditerranéenne. Il faut ensuite remplir des fiches, au collège. On trouve soit « Patronyme : » soit « Nom de famille : ». Je n’aime pas « patronyme », ça sonne « patron », on pense à modèle, moule, autorité donc. Encore. D’ailleurs, il faut suivre la règle : mon nom doit s’écrire comme ça et pas autrement.

 

Peut-on parler d’étymologie pour un patronyme ?

Mon père me transmit la règle suivante énoncée sous forme de « légende familiale n°01 » : « Mon père Marco, ton grand-père donc, est arrivé en France en 1936, il a fait la guerre, il a obtenu ses papiers d’identité français, mais l’employé de la mairie de Choisy-le-Roi s’est trompé : il a écrit « Di-Folco », avec un trait d’union. Mon père a mis des années à le faire sauter… ».

Donc voilà comment mon nom doit s’écrire : d’abord « Di » puis une espace, puis « Folco ». De mon côté, j’ai du depuis plus de vingt-cinq ans, intervenir pour ne pas me retrouver sur divers papiers officiels, fiches de paye, etc. avec le nom « Di Falco ». Les gens entendent « Di Falco » quand bien même j’épelle « dé  i  plus loin effe  OOOOOOOOOOOO elle cé o ».

Avec le temps, j'ai pu conclure sur 4 points essentiels :

- "Di Folco" n’est pas un nom aristocratique, car en Italie, il n’y a pas vraiment de particule, sauf dans le cas des noms composés comme « Pozzo di Borgo » et encore, ce patronyme-là est corse (les Pozzo du village de Borgo). Exemple : Medici, Visconti, Buonaparte sont des noms de familles princières, ducales, militaires, etc. mais sans particule.

- en Italie, il existe des Difolco, des Difalco, des Di Falco, mais qui proviennent de villages différents des « Di Folco » : la région qui comptabilise le plus de Di Folco en Italie est le Lazzio (Rome). Au sud de cette région centrale, le « pays » qui foisonne de Di Folco est le Frosinone, exactement situé à mi-chemin entre Rome et Naples, avec des villes comme Arpino, Latina, etc. Sur la place d’Arpino (la ville où est né Cicéron, où est né l’Arpin de Dumas, etc.), on trouve une pizzeria Di Folco ! Plus loin, j’ai tenté d’établir une liste de personnages contemporains célèbres (enfin, répertoriés par le net) portant ce patronyme.

- ce « Di » s’explique de deux manières :

1/ soit il indique une filiation : untel est issu « de la branche Folco » ;

2/ soit il indique une provenance : untel vient du « folco », c’est-à-dire du peuple, du « volken », le patois de cette région étant marqué par des archaïsmes germaniques (on trouve cette explication chez Derrida !).

Donc, quand on m’affuble du joli sobriquet « Di Volken », on ne se trompe peut-être qu’à moitié…

- signalons enfin que si « fAlco » provient du mot latin pour dire « faucon » , "folco" en réalité semblerait plutôt à relier au « foulc », l’instrument servant à battre le blé.

En conclusion, des origines paysannes, terriennes, populaires. Banales en somme et c'est rassurant.

 

Les Di Folco dans le monde….

Sur la Terre, ils sont là, porteurs d’histoires : quand on cherche son nom de famille sur Google (d’abord pour flatter son ego, puis pour essayer de retrouver de la famille, enfin pour connaître les histoires des autres Di Folco), on tombe sur les statistiques suivantes :

- « Di Folco » : 103 000 entrées. Le problème est que Google cherche aussi bien « di Folco » que « Di Folco », la majuscule prend ici toute sa valeur, ainsi je me retrouve avec des occurrences proposant des Michel Folco, des Folco Quilicci, des écrivains certes, mais qui n’ont rien à voir avec le Frosinone, avec les émigrés des années 1920-30.

- « DiFolco » : 12 300 occurrences en collant le « di » au « folco ». On peut retrouver là toutes les personnes vivants dans les pays anglo-saxons. L’espace n’est pas respectée par les bases de données identitaires angosaxonnes : sinon, tu te retrouves classer à la lettre « F ».


Voici quelques « Di Folco » des plus spectaculaires (c’est le cas de le dire) :

 

Cette bombe s'appelle Claudia DiFolco. Son métier ? Présentatrice à la télé canadienne, la branche anglo-saxonne NBC. Elle est classée n°1 en 2005 des présentatrices les plus sexy d'Amérique du Nord ! Contactée il y a peu, elle m'a dit venir par son grand-père d'Arpino. C'est donc une cousine très éloignée.

Elle a démissionnée en août 2005 de la télé. Elle se veut actrice et réalisatrice. Elle a joué dans "Twenty Four Hours". Elle parle italien, espagnol, français et bien sûr anglais.

Très secrète sur son âge... Disons 35 ans ?





Voici maintenant Marcella Di Folco. Avant de s'appeler Marcella, elle s'appelait Marcello, né à Rome en 1943. "Il" fut dans les années 1960 très proches des milieux artistiques marginaux, tourna avec il maestro Federico Fellini (Satyricon, Amarcord...). L'opération a lieu en 1980, à Casablanca. Marcella s'occupe depuis de défendre la cause politique et sociale des transexuels en Italie. Elle a créé le Movimento italiano transessuali (MIT) en 1981. Elle finit par déposer une loi reconnaissant les droits des transexuels, loi qui fut approuvée en 1982 ! En 1990, elle est élue conseillère régionale (Bologna). En 2000, elle devient vice-présidente de l'Observatoire national de l'Identité et des Genres. Elle est aussi membre de la Harry Benjamin Identiy Gender Disphoria Association, un lobby américain très puissant, lié aux populations LGTB (Lesbian, Gay, Trans, Bi). Elle lutte pour le remboursement des frais maladies liées au HIV et contre l'homophobie et la transphobie. Elle pèse 150 kilos. La presse l'appelle "La Dame de poids". C'est élégant.


Cet adonis delonien s'appelle Marco Di Folco.

Son métier ? Danseur, musicien, chanteur-soliste mais revendique souvent qu'il est autodidacte !

A quinze ans, il est remarqué par une troupe classique et le voilà embarqué. Né en 1963, il s'est produit à l'Opéra de Rome, au San Carlo de Naples, à la Comunale de Florence et de Bologne, a joué pour Marco Bellochio (1996), dans divers ballets et comédie musicales.

Il passe souvent sur la RAI dans des émissions musicales télévisuelles.


 

 


Ce charmant accordéoniste (fisarmonica) s'appelle Gianni Di Folco, il est d'Arpino, le berceau de ma famille paternel. Il habite Rome. Depuis que son père lui a dit : "Moi j'ai fait la guerre, tu as pas besoin de faire des études, apprend plutôt l'accordéon". Il a créé en 1998 le groupe Ned Ludd, style combat folk-rock, plutôt engagé donc. Il m'a contacté plusieurs fois spontanément, et m'a envoyé ses disques. Le groupe Java chez nous ça ressemblerait un peu à son style mais Gianni est un authentique prolétaire, lui, et fier de l'être. Il revendique le "travail dans la dignité". J'adore ! Voici son site Myspace (avec samples).

 

 

D'autres portraits sont à venir...

et si vous connaissez des Di Folco famosi,

n'hésitez pas à mes les signaler !

Par Phillipe Di Folco
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Vendredi 14 juillet 2006



Femme sans 2 sous dessous

... c'est une fable

Dans l'habitacle vide
entre
la femme
entre la femme entre
sans dessus sans dessous
la femme entre

femme par le dessus tout
clé de solution le faire
faire dormir réveiller
une silhouette lasse
femme que le tout réveille
dors lasse
dors silhouette
par dessus tout lasse lasse
lattitude lasse faire

Femme sans dessus dessous
femme dans le grand désert
dune vivante par deux
par dessus les dunes sein
d'une vipère douce et
vipère bleue par le vent
habillée de sable chante

De sable chante
billes de micron quartz et
soleil plaqué au poitrail
dessert femme avec du vent
s'il vous plait avec du vent
mon sexe houe va dénude
les secrets du sel noir qui
commence toi lui dis-je

Nos bleus beaux coups du hasard
désir de temps quartz intègre
immobile d'une femme
silhouette bleue silence
femme par le dessus tout

(et je pensai celle-là
(femme dans le grand désert
(femme sans dessus dessous)
femme bleue) et je pensai
à cette femme en deux
dessus dessous femme sans
que mes cent sexes dénudent
le secret du sel noir par
mille flancs amers des dunes
roses auxquels nos flancs
s'égratignent les tranchées
O toi loutre lumineuse !)

Regardant
sa fixité
or ruse
rêve que je te rêves
tu rêves que
fracture rouge
trace terre
regard


cette âme aime
cet à même amour
sans dessus dessous



1992 - Après avoir vu Tilaï, film d'Idrissa Ouedraogo (1989)


 
Par Phillipe Di Folco
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Mardi 1 août 2006

Lost in the Stars

 

« PARCE QU’ELLES étaient nées en juin toutes les deux le même jour il y a vingt ans, le 6, à 16 h GMT, en 2011, dans les laboratoires de TransHuman™ ». C’était la seule raison valable pour ce binôme d’élire ces deux étoiles, Castor et Pollux. Sises dans la constellation des Gémeaux, bien que moins brillante et donc plus jeune que Pollux (Beta Geminorum), Castor (Alpha Geminorum) avait reçu par Johann Bayer en 1603 ce qualificatif supérieur. Ces deux étoiles de première grandeur allaient être requalifiées prochainement lors des jeux organisés par WallMart et baptisés EternityStar©. Dans l’attente des épreuves, Marilyn et Marilyn (Marilyn2) trépignaient d’impatience dans leur module, l’atmosphère conditionné semblait électrisé, les 21°C dépassés, l’alarme domotique se déclencherait sous peu, les obligeant à se soumettre au scanner urbain, au déplugger et au écosystèmistes. Les binômes, au nombre de 142 millions, vivaient tous dans des quartiers surprotégés, depuis que les grandes mégapoles côtières avaient disparues, englouties par l’élévation des masses océanes. WallMart, première transmultinationale à assumer le destin de la planète après l’effondrement des ressources carbonifères, les ravages causés par les pandémies ultravirales et l’arrivée des grandes catastrophes atmosphériques des années 20, révéla son programme HumanShift aux yeux des habitants meurtris et terrorisés via tous les canaux médiatiques possibles, affirmant par là l’éclatement du modèle citoyen lambda, proposant le binôme post-humain, le couple gémellaire incontradictible, par delà les genres, deux cerveaux au lieu d’un, deux sexes, deux à la puissance deux. WallMart décidait maintenant de tout, de la reproduction à la mort. Les binômes avaient statut de héros. 100% des ressources de leur double cerveau étaient capable de travailler en réseau ou en simultané contre 15% pour un « single », un humain récessif. Les binômes étaient côtés au WallMarket, la bourse unifiée, les paris investis portaient sur leurs capacités cognitives (résolution de calculs, prédictions, productions fantasmatiques, poétiques etc.). WallMart fournissait la sécurité, les objets, les loisirs, en gros du pain et des jeux, mais surtout reformatait les race humaine. Ce programme biogénétique se justifiait au regard des métamorphoses que connaissait la Terre depuis le milieu des années 1990.

La grande fête approchait. Les questions de premier niveau, du type « Donner les noms des trois enfants de Néfertiti et d'Akhenaton », éliminèrent tous les singles. Un seul d’entre eux, sur 17 millions de nominés possibles, réussit à passer au niveau supérieur. Auditeur financier pour le compte de WallMart (qui offrait des « occupations » à chaque unité vivante sur Terre), Jean John Berger, 32 ans, compulsait et mémorisait depuis l’âge de dix ans, tout les types de savoirs humains. L’époque des grands jeux multimédia et multiplexe avait atteint son apogée peu avant les grandes catastrophes. Les parents biologiques de John Jean furent éliminés en demi-finale de la Heroes White Victory Cup le 10 octobre 2013 à Phoenix Arizona. John Jean se souviendrait toujours du retour de ses parents, humiliés et rompus, à la maison, et du lendemain, lorsqu’il découvrit leurs deux corps inertes, deux capsules de chlorure de potassium vides à leurs pieds. Et puis, John Jean se retrouva en finale face à Marilyn2 . Les dès étaient pipés par WallMart. Il fallait donner un spectacle équilibré : post-humain contre humain. Les volumes de paris explosèrent. La cote de Marilyn2 atteignit 35 754 unités, le grand soir de l’ultime question approchait, plus personne n’osait quitter des yeux les écrans (qui couvraient littéralement toute la surface du globe). Pendant la durée du show, c'est-à-dire 13 minutes, toute l’espère humaine confondue, ne vécut que pour cet instant. La question était : « Donner la liste complète des gagnants du jeu StarAcademy diffusé sur la chaîne TF1 en France entre 1999 et 2007 ». John Jean était trop jeune à l’époque pour se souvenir de StarAc. Mais il connaissait la réponse. Marilyn2 aussi, bien entendu. Alors il se passa quelque chose d’inattendu. Marilyn qui voulait devenir Castor (Alpha Geminorum) devint livide, Marilyn qui voulait devenir Pollux (Beta Geminorum) cramoisie. Plus de six milliards de paires d’yeux constatèrent ce changement mélanomique mais un tout petit nombre comprit de quoi il retournait, et parmi ceux-ci, les Human Shift, les « Squares », peu habitués à trahir leurs émotions. Au même moment, ils surent qu’ils avaient perdu le jeu. Castor était tout bêtement tombé amoureux de John Jean, de ses faiblesses, ses poils, sa sueur, son odeur de transpiration, ses petits tics, autant de signes invisibles chez les Marilyn2  et les Squares. Postulant Pollux commença à dévider le chapelet des noms des gagnants du défunt jeu télévisuel de la nom moins défunte télévision d’un Etat depuis absorbé par WallMart, lorsque le cerveau du Postulant Castor cessa d’envoyer tout signal cognitif adéquat. Les yeux perdus dans ceux de John Jean trahissaient sa démission, la défaite. Le silence se fit. John Jean en profita pour reprendre la liste et la terminer. Une voix annonça qu’il avait tout bon. Depuis dix ans, c’était la première victoire d’un single. L’espoir d’un changement parcourut les consciences singles (rires, exultations, joies, autant de signes interdits). Le lendemain, tous les médias annoncèrent le mariage de Marilyn Castor Alpha Geminorum avec John Jean Berger. Comme il était déjà marié avec deux singles (un de sexe féminin et un transgenre), on évoqua la possibilité d’autoriser enfin les unions croisées entre triade et HumanShift. WallMart fit voter à l’unanimité un amendement au Grand Règlement des Supersurfaces qui régissait les allées et venues de tout types d’objets et de matériaux vivants sur la Terre.

Quant à continuer à débaptiser les étoiles visibles depuis le globe, chacun désormais avait le temps, infiniment de temps, derrière la couche visible, on découvrait chaque jour, une nouvelle fournée d’étoiles, toujours plus blanches, toujours plus lointaines, et pourtant si proches, si évidentes.

 

> Nouvelle parue en avril 2006 dans DeDiCate.

Merci à Cyril et Olivier.

Par Phillipe Di Folco
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