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Vendredi 11 janvier 2008


Cette jolie chose est une sorte de trappe à charbon bruxelloise. Ici, dans le quartier d'Etterbeck où vécut Hergé. A chaque pas de porte. On pourrait l'utiliser pour racler ses semelles, or, dans une niche, à gauche ou à droite de l'entrée, on a souvent un racloir à crottes dont parfois la lame manque. Ces objets en fonte d'acier tendent à disparaître, pour sûr. Point de "Vackermans" sur Google, c'est dire. Et point de charbon non plus, l'usage en est perdu. Les caves sont parfois aménagées, on vit même à "l'entre-sol". Quand j'ai vu ces bouches-là, j'ai pensé à la "CellarDoor" présente dans
Donnie Darko. J'ai vécu dans un immeuble collectif qui faisait 7 étages. Ma mère dans un pavillon avec une trappe à charbon ; la cave dont j'ai connu les odeurs, puissantes, entêtantes. A Londres, on trouve des milliers de maisons pour 2/3 familles avec des trappes à charbon sur le devant ; je me souviens de ces maisons où l'humidité piquait mes vêtements. Le charbon a donc conditionné ce type de logements. Quand le pétrole manquera, reviendra-t-on au charbon, à la lignite ? Il semble que ces fossiles ne demandent qu'à se laisser ramasser. On repartira à la mine. Ou plutôt des robots mais point d'homme ; il faudrait quitter nos hauts immeubles, terribles et violentes cages à lapins. J'aime bien les petites maisons basses de Bruxelles et de Londres. Va falloir loger tout ce monde qui se masse vers les villes grosses. Plus que les greniers, les caves nous murmurent des choses, quand, l'oreille tendue à l'orée des homes, nous reviennent les rythmes d'autrefois mêlés aux épices des brioches couronnées de sucre candy et aux pas lourds du père remontant son pot de genièvre, la pipe fumante, la main calleuse.

Croquis bruxellois
par Di Folco publié dans : Outre France
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Lundi 6 août 2007
"Ainsi en citant ces crédits on rejoint une forme de foi et de retrouver cette confiance en soi et en l'Autre qui manque tant à nos coeurs désirants (cette idée du peuple, du collectif, permettant l'explosion de nos individualités en autant de moments stellaires).

Beau passage, belle idée : quelque chose qui tiendrait d'un retour rousseauiste/diderotien, idéal,  à la tribu fusionnelle, à  l'absence de limite entre le tien et le mien. Je suis sûr que tu as, toujours, en toi, en tête, et au coeur aussi, le Supplément au Voyage de Bougainville. Un texte de référence absolu, total, visionnaire aussi, puisqu'il prédit notre situation, celle que tu décris bien."

Quittant à l'instant un professeur de l'Université Jules Verne en Picardie. J'aime décidément fort cette région, ce "pôle" comme ils disent : proche de Paris, je vais m'y rendre plus souvent à l'avenir. A 100 kilomètres de la méchante capitale, on y respire un air frais et singulièrement, on y pense autrement, à contre-courant, avec ce je ne sais quoi de résistance. Il faut sans doute recultiver son jardin côté nord-ouest. Le bon cap, quoi.

Je te disais, cher Jean-Philippe, citant dans l'esprit Borges, "Huxley venait de Wells et de Stevenson qui tous deux venaient de Diderot qui venait de Sterne" : et c'est ainsi que le pôvre imaginaire de Michel H. ne vient bien que de quelque part soit l'Amerthûme (mais non d'une utopie vivifiante car acceptée), que cette oblation dans une généalogie nécessaire à l'élaboration de tout projet littéraire ou fictionnel cohérent, le rend pour ainsi dire insipide, futile, dérisoire. J'abhorre (donc) chez cet écrivain contemporain l'apostasie, le renoncement et le mercantilisme hypocrite : ce "trickster" pue de la gueule, ferme.
par Di Folco publié dans : Outre France
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Mercredi 1 août 2007
(extrait d'un journal de voyages)

A dix-huit ans, j’ai voulu quitter Paris pour Buenos Aires, en cargo, me retrouvez dans la ville de Borges, de Gardel et de Maradona. Vingt ans plus tard, j’atterris enfin dans la ville la plus occidentalisée de l’Amérique du Sud, une mégapole super branchée de douze millions d’habitants. Nous sommes en juillet. Le début de l’hiver. Je passe six jours solaires, entre rêve et réalité.

 

7 juillet 2006

Aéroport Ministro Pistarini. Treize heures de vol en classe touriste, dos cassé, pas dormi. Il fait 20 degrés, mon manteau d’hiver est superflu. Tout le monde a la banane ! Je croise deux prêtres barbus en soutane noire, puis de grands types très costauds, des Radio Taxis jaunes rutilants et une dizaine de vieilles Ford rouge Mustang Felton (1970 ?). Mon chauffeur me conduit au Centro, dans le vieux quartier du Recoleta, en une maison particulière qui date de 1914, située dans un passage. On quitte les bruyantes avenues Leandro N. Alem, Del Libertador, ou 9 de Julio, large comme deux fois les Champs Elysées, pour un bloc de maisons construit par des Italiens, aujourd’hui piqué de petites tours malingres, situé à quelques mètres de la Bibliothèque nationale, sorte de champignon. L’intérieur de la maison (située dans ce passage dont parle si bien Borges dans Atlas), entre intérieur zen et colonial (un ancien conventillo ?), possède un patio rempli de sculptures modernes, et où se prépare déjà un assado (morceaux de bœufs grillés) que l’on arrosera d’un Malbec rouge sang de Mendoza après quelques empenadas de maïs. Blanca, cousine du Che, me reçoit. Grande, habillée de noir, les yeux éclatants, les cheveux couleur de jais. Tourbillonnante, elle m’explique où je suis, et en une heure, j’ai l’impression de tout savoir sur son quartier.

 


 

8 juillet

6 heures du matin. Depuis mon départ de Paris, je n’ai pas dormi, trop excité par le matè, une décoction amère d’herbes de la pampa que l’on boit le soir, jamais seul, dans une petite calebasse sertie et que l’on aspire avec une paille en argent (bombilla). Ce rituel convivial remonterait aux premiers colons jésuites du XVIIe s. On peut rester éveiller pendant 48 heures dans « Baires », ça ne ferme jamais : supermarché, bars, restaurants, discothèques abondent en centre ville, en service 24h/24. En revanche, impossible de trouver un café express sauf au Café  Tortoni (av. de Mayo 829, fondé par le français Célestin Curutchet en 1858), avec des churos en plus ! Sur l’avenue et dans le parc Jorge Newberry, des étudiants promènent chacun des dizaines de chiens en laisse appartenant aux bourgeois du coin. Autre job inédit : des ado d’origine guarani (indiens du nord) brandissent à chaque feu rouge, face aux voitures, des panneaux publicitaires (live show, boisson énergétique, etc.). Ici, on a parfois deux jobs. Sur les murs, des affiches anti et pro Kirchner, le président argentin, qui veut promouvoir sa femme comme successeur. Partout, des cadres pressés et souriants. Les prix sont dérisoires, on peut manger toute la journée sans dépenser plus de 15 euros soit 60 pesos. Rendez-vous au café La Biela (av. Quintana 596, sorte de Café de Flore en moins snob, en face du Buenos Aires Design Museum) avec le critique Ernesto Schoo, chroniqueur à La Nacion, l’un dès derniers témoins de Borges, grand spécialiste du théâtre argentin (des auteurs de 30/40 ans comme Patricia Zangaro, Alejandro Tantanian). Tout en dégustant sa collation (sorte de tapas locaux : tripes, saucisses, gigaolives), il se plaint de l’omnipotence culturelle américaine, des droits d’auteurs européens trop chers, mais reconnaît que les liens avec la France résistent (littérature, mode vestimentaire, luxe…). Pour le petit-déjeuner et le déjeuner, il conseille Clásica y Moderna (v. Callao 892), mélange de café-restaurant et librairie, avec des minishows poétiques le soir. Ce soir il ira chez Hermann (sud Palermo, au coin de l´avenue Santa Fe et la rue Armenia, en face de son parc favori, le Jardin Botanique), pour une bonne cuisine "porteña" (pâtes italiennes et tourtes sucrées fabuleuses).

 


 

9 juillet

La nuit, cris d’oiseaux tropicaux. Chiens qui aboient. Pas de vrombissements. Réveil à 7 heures, je vais courir autour du Parque Las Heras. Humidité. Chaleur anormale pour un début d’hiver. J’oubliai : tantôt, je me suis gavé de confiture de lait, dont on farcit ici de mini croissants (10 cent.). Beaucoup de jeunes arborent des maillots de foot aux couleurs soit de la France, soit de l’Italie. Je m’amuse à parier avec eux : demain c’est la Finale ! Visite du Tiendamalba (Av. Figueora Alcorta 3415), fondation privée pour l’art contemporain sud-américain, commanditée en 2002 par M. Costantini, le François Pinault local, qui en a confié l’architecture à deux jeunes gens âgés de 25 ans ! L’ensemble, une dizaine de grandes salles, très Norman Foster, abrite des œuvres argentines du XXe siècle. Découverte du fameux Xul Solar (1887-1963), entre surréalisme et Klee, des érotiques kitchissimes d’Antonio Berni (1905-1981) et des sculptures-tableaux engagées de Pablo Suarez (né en 1937). Enfin, un artiste étrange, Florencio Molina Campos (1891-1959), assez inclassable, au style pseudo naïf, possédant un univers unique, qui refusa de bosser pour Walt Disney fasciné par ses univers Gaucho et Pampa, acide, comique, recréant des ciels vertigineux. Beaucoup de jeunes photographes comme Grosman, Lleo Casanova ou Pastorino qui posent sur le “Big Buneos Aires”, un regard décalé. Le soir, on se prépare pour aller regarder danser le vrai tango à San Telmo, quartier situé entre La Boca (piège à touristes à éviter) et le Microcentro (là, on trouve encore des putes, des mafieux, des bouges). Il s’agit d’un club privé, La Independencia (av. Independancia 572) dirigé par Omar Viola. La salle de bal est grande, entourée de belles tables où s’installent des familles entières, endimanchées, buvant du champagne (du Moët & Chandon local). Un orchestre ou une sono, c’est selon les soirs. Tango classique : Gardel. La main droite de l’homme sert le côté gauche de la femme, il pose sa joue délicatement sur elle. Il doit guider celle-ci. La salle embaûme la nostalgie, la brillantine, la lutte aux couteaux, l’amour impossible – toutes les tailles, les âges et les conditions s’affrontent sur cette piste éblouie. Aucun touriste en vue.

 


10 juillet

Le matin je vais visiter le stade de la Boca, là où Maradona a débuté...  J'y suis allé à pieds, quittant el Caminito, les échoppes multicolores à touristes. Je me perds et débouche sur les docks, face au Rio della Plata, la plus large embouchure du monde. En chemin, une prostituée édentée m'a demandé l'heure. A cinq minutes des cars de touristes, voici des centaines de maisons en ruine remplies de gens malingres, de gosses éperdus. Sur un mur blanc, la liste d'une vingtaine de disparus, enlevés pendant la dictature de 1976-83. On aurait dit les noms d'une équipe de foot contemporaine : Levy, Battista, Di Patria, Sanchez, Epstein... 15 h. Tout le monde est devant son poste de télévision. Une heure plus tard, personne n’a compris. Je me promet une soirée forte pour oublier tout ça : accompagné de Bianchita, Juan, Miguel et Isabella, neveux et nièces de Blanca âgés de vingt ans, nous parcourons la ville dans des taxis (course à 2 euros) ultra-speedés. Direction : Palermo Viejo. Ici, environ deux-cent boutiques de fringues (Maria Cher, Laura Driz…), de design et autant de restaurants, bars et autres clubs. Ouverture, fermeture, ça ne cesse de changer. Le swinging Buenos Aires se trouve Plaza Cortazar (s’il savait ! mais on lui doit Blow up d’Antonioni), inaugurée en 2004, un lozange de lieux branchés ouverts en permanence. Très chic, le restaurant BoBo (Guatemala 4882) surmonté de son hôtel ultra minimal design (mais jacuzzi dans chaque chambre pour 100 dollars la nuit), avec une nouvelle cuisine argentine qui tente de dépasser le bon vieux « bife de chorizo » en offrant des mélanges sucré-salé inédits et une cave remarquable à des prix modestes (25 euros, tout compris). Puis une dizaine de verres de Vasco Viejo (le vin local populaire), de Quilmes (bière servit en grande bouteille tres-cuartos), de pisco (alcool chilien étrange), et de shooters divers, pris au Lelé de Troya (av. Costa Rica 4901) qui offre une salle « lupanar chic », tendue de rouge, avec chaise basse, lampes 1920’s et bougies baroques. Ça se câline dans tous les coins. Grande et souriante, Veronika Silva, est là avec quelques amis. Longtemps actrice (cette brune incendiaire a joué ici du Shakespeare comme personne), elle prépare un spectacle de chant et de danse inspiré de la scène Tango Nuovo avec Gotan, sa troupe (leur dernier show s’appelait Mi PiaNo RoJo). Son CD sort dans un mois (Gorda). Elle vit à Palermo Viejo et ne quitterait le coin pour rien au monde : « Ici, tout le monde se mélange, y’en a pour tous les goûts, tous les prix, c’est un peu la folie, mais ce qui domine, c’est la joie : après ce qu’on a vécu en 2002… ». Question : « On va danser, mais où ? ». Trop tôt : ici, la vie commence à 22 h ! On dîne vers minuit. On danse vers 2/3 h. Je supplie pour que ce ne soit pas du tango (trop corseté pour moi qui ne tiens pas debout après une dernière porron, petite bière). A éviter : le Fernet-Branca ou le Gancia Batido, ces liqueurs ici très prisées (anti-casquette) ressemblent à des médicaments contre la toux ! On décide pour tester des cocktails inventifs (la jeunesse de Buenos Aires peut donc boire sans fin ?) un crochet par Mundo Bizaro (av. Guatemala 4802), très loungy-cosy, sièges en cuir noir, avec une énorme sculpture suspendue au dessus du bar, des projecteurs d’images incohérentes. Un DJ passe un electrobeat mêlé de vagues tango.

 

11 juillet

Deux heures du matin. Ah, ça y est, la petite troupe se décide pour quérir un dancefloor : le jeudi c’est le Niceto Club (Club 69, Niceto Vega 5510) où mixe la sublime Romina Cohn. Il paraît qu’elle connaît intimement notre Laurent Garnier… Question à Veronika : « Quel le groupe argentin le plus tendance ? » Réponse : « Babasonicos ! » Romina comprend le message et passe un remix à sa sauce, base rock appuyé et nuages électro finement mêlés de percu latino. « Depuis plus de dix ans, ils ont su se renouveler sans cesse – tu connaissais pas ? C’est dingue, c’est la meilleure vente chez Sony Music Argentina ! » m’assène Blanchita, 20 ans, chanteuse, qui soudain explose de joie : « Voilà Pablooooo ! ». Surprise de taille : Pablo du groupe El Cholo arrive de Barcelone où il vit. Il est l’inventeur d’un nouveau son et sort un « virtual CD » (on line only !) très attendu (Madre Fucking Patrias). La boule à zéro, pur latino, il me parle de l’accueil dément qu’il reçoit en Europe : « Mon style a beaucoup de succès là-bas, mais je ne fais pas d’ ‘’électrotango’’. Je tente de fabriquer un son électro avec mon expérience acoustique personnelle qui se nourrit de tango, folk argentin, de cumbia villera (son né dans le Grand Buenos Aires, en banlieue), de rock, funk, jazz... et depuis Barcelone, le flamenco, les musiques du Maghreb… Un grand Mix absolu ! » Pablo est inquiet : vers trois heures, sur la scène très Club 54, doit démarrer un « Horror Picture Show » qui déchaînera la foule (400 personnes). On se réfugie dans le chill-out, magnifique, très « spirit ». Les conversations reprennent (à « Baires, ça talk talk talk sans fin ! ») et on aborde les « bons plans » d’El cholo : « En ce moment c’est l’hiver, il peut faire super humide, faut quand même goûter les glaces : les meilleurs du monde se trouvent à El Piave (Avellaneda) !  Pour le vin, c’est El Club del Vino (Palermo). Ses deux spots pour le tango (dont il fou, avec le jazz) sont : La Viruta (Palermo) et El Torcuato Tasso (San Telmo). Vers cinq heures, les gens rentrent se coucher. Visite vers 16 h du studio de l’artiste vidéaste expérimental Leandro Katz, né en 1938, qui revient de plusieurs années passées à New York où il s’est fait un nom dans l’underground (sur l’image du Che, des ruines précolombiennes, les amérindiens…). Soixantenaire fringuant aux yeux malicieux et aux cheveux d’argent, très classe, il a retrouvé la ville de son enfance car « ici, dit-il, nous expérimentons depuis la crise une « nouvelle renaissance », une sorte de « movida », tout bouge à vive allure et dans le bons sens. » Il me montre des photos de manifestations politiques et artistiques locales : « Tous les jours, les gens descendent dans la rue : l’expression de rue domine, Kirschner ne peut pas s’opposer à cet échange quotidien qui implique tous les porteños. » Il vient de boucler sa prochaine expo, « A los pies de la letra » [Au pieds de la lettre] et participera en octobre à « Expotranstiendas » » (une sorte de Fiac locale très courue par les collectionneurs nord-américains). Katz ne chôme pas : il termine aussi deux documentaires dans quelques semaines… En fin de journée, il m’indique la galerie de Daniel Maman (Av. del Libertador 2475), très chic, très bondée, parce que présentant le fin du fin en matière d’artistes argentins les plus novateurs : Romulo Maccio, Alicia Penalba ou encore Karina El Azem, noms qui circulent à peine à Paris. Les toiles immenses de Mario Gurfein possèdent l’aura des contes les plus étranges d’un Cortazar, Bios Casares ou Sabato : porte, arbre, fenêtres et vastes étendues vertes ou rouges. Le soir, dîner au Thymus (Lerma 525), situé au nord de l’Abasto et du Recoleta : excellente cuisine du chef Fernando Mayoral formé par un français (Michel Bras ?), inspiré par la Provence, la fraîcheur des herbes avec une Siamese Touch bien à lui.

 

12 juillet

Avant le départ, journée de rattrapage : Teatro Colòn (en travaux), Eglise ND de la Guadalupe, Casa Rosada (palais gouvernemental, en travaux !), maison natale de Borges (on visite pas), Palais des Eaux (Edificio de Aguas Argentinas) au style rococo… Déjeuner rapide sur les quais tous neufs du quartier Puerto Madero : tous les docks recyclés par les start-up informatique, finance et autres, agrémentés de galeries, de show room et de bars tendance « Costes/Garcia ».  Espérons que les promoteurs, adepte du patrimoine industriel, ne détruirons pas la salle multisports « Lunapark », construite en 1936. Tout autour, des centaines de bouquinistes. Des jongleurs. Ici un vendeur de maïs grillé. Là, un cireur de chaussure. Une file de parieurs (course de chiens). Un vent frais se lève venu de l’embouchure du Rio della Plata, depuis les darses et les tourelles de déchargement. « Buenos Aires sera toujours une ville de contrebandiers » me dit Blanca. L’hiver, qui tardait à venir depuis une semaine, vient d’arriver. Il est temps de rentrer.

(publié par DediCate)

par Di Folco publié dans : Outre France
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Lundi 16 juillet 2007

Plafond d'un bar d'hôtel
 Vers la Loire...

La grue rescapée

Anneaux Buren

Eléphant pneumo-mécanique


C'est possible...
par Di Folco publié dans : Outre France
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Dimanche 10 juin 2007
Nous étions arrivés samedi matin 2 juin chez le psychothérapeute et maître yogi Philippe Mons qui a monté depuis quelques années un lieu de création à Saint-André les Lille, appelé Zone de Confusion. Au sous-sol étaient réunis les amis de Marie-Laure Dagoit qui dirige Derrière la Salle de bains, sa maison d'édition basée à Rouen depuis douze ans.

La voici aux pieds du photographe Gilles Berquet (qui montrait quelques photos) et Mirka Lugosi (qui exposait ses dessins) :


Une série de performances, de projections de films, de lectures devaient se tenir sur deux jours, sous la houlette de David Ritzinger et Mathilde, un duo extraordinnaire, véritables fous d'art contemporain chez qui nous avons dormi.

Voici quelques photos de Jean-Louis Costes et Pascale Giaj. Il faudrait les imaginer lancer leur perf sur "Les petits oiseaux chient" pour comprendre la chose et savoir que ce caca-là n'était autre qu'un savant mélange d'épinards et d'argile. C'est la première fois que je voyais Costes de près, le rythme était endiablé, les dérapages divins, le public emporté :



Pour terminer, quelques souvenirs. Un midi solaire implacable sur la terrasse de Philippe Mons avec ici Marie-Laure, Henri et Jacques Duvall (tous deux avaient joué quelques morceaux la veille), moi et Charles Pennequin (il vient de publier La ville est un trou chez POL, il passait en ami).


Quand je regarde cette photo, je me rends bien compte que j'ai grossi. Il faut dire que nous avions mangé de très bonnes choses dans cette partie des Flandres françaises. J'avais lu un petit texte très doux, champêtre, une histoire de lièvres femmes ou de femmes lièvres, je ne sais plus, accompagné par un orfèvre du son, Motif-R dont je reparlerai ici, quelque part, une autre fois.
par Di Folco publié dans : Outre France
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