Accès direct à...


> ACCUEIL  de ce blog
> Les écrits publiés (par genre)
> Les livres en LIBRAIRIES
> Signatures / agenda
 
MES NOUVEAUX LIVRES !!

undefined


Un problème de manuscrit ?
Cliquez ici :Logo-Web-Ateliers.JPG




W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Samedi 21 juillet 2007

Elisabeth Quin a sans doute écrit son chef d’œuvre avec Bel de nuit, Gerald Nanty (Grasset, mai 2007). J’avais acheté ce livre au Relay d’Orly, un essai, une sorte de biographie, sur les conseils de J. avec qui j’étais allé deux fois au Mathi’s. Ce bar de nuit situé rue de Ponthieu était, quand je l’ai connu la première fois, une bonbonnière rouge et noir. Le restaurant n’existait pas encore il me semble. Edouard Baer, souvent cité par Quin, m’y avait conduit après une émission sur Canal+, et un détour par Castel. Ce devait être en 1997. Amusé, j’y suis retourné une dizaine de fois mais pour observer et prendre notes. Hélas, n’est pas Balzac qui veut.

 

Après lecture, il me reste pas mal de choses : des dizaines de noms de personnages de la nuit parisienne de 1944 à 1985, tous extravagants. Après cette date, « chacun était avec son clan, sa classe d’âge, sa niche […]. Autour des clubs, un invisible filet de protection empêchait le mélange, transformant la nuit parisienne en Polynésie où, d’île en île, la consanguinité accomplit son œuvre dégénérative » (p. 288).

 

Il y a cette histoire du peintre anglais Francis Bacon (1909-1992) qui venait au Trap, un bar de la rue Jacob (aujourd’hui redevenu L’Échelle de Jacob, un resto chic) qui pour draguer le barman (une idiote comme on en voit mille et cents) lui offrait des portraits au crayon. La gymqueen se dépêchait de les jeter aux ordures, trouvant le bonhomme collant, répugnant, vieux en somme. Les années 1980 commençaient. D’un autre côté, plutôt que de se demander se qu’il reste d’un Rembrandt déchiré en morceaux, Quin trouve évident de maintenir Bernard Buffet en « grand peintre ». Au Mathi’s, on voit un Buffet sur le mur. Mais pas de Bacon. Ni de Schnabel. Ni de Keith Harring ou de Basquiat. Étonnant la façon dont ces rescapés de la nuit n’ont pas vu (ou voulu voir) les années 1980.

 

Il y aurait beaucoup à dire de ce livre, trop de bonnes choses peut-être. Le style de Quin réserve de sublimes épigrammes, des visions qui croquent en quelques mots incisifs l’air d’une époque. Françoise Sagan revit sous sa plume mais aussi des inconnus, des frappes, des folles, des artistes maudits, des suicidaires, des drogués, des généreux, des gentils et des méchants (Roger Peyrefitte : où le classer ?), des trahisons, des amours sublimes ou déçus.

 

C’est souvent très drôle. On s’y croirait. Quin a su évité le côté documentaire Arte, Paris Première ou Paris Match. Elle a prêté ses deux oreilles et sa plume heureuse à Gerald Nanty. Un tombeau ouvert en quelque sorte. Une élégie pour quelques-uns. Mais n’y voyant là que des morts, on se méprendrait. La nuit, comme le rappelle Quin, est la mère absente. Elle accueille tous les orphelins, celles et ceux qui feraient n’importe quoi pour un peu de tendresse. Et rebâtir une maison.

par Di Folco publié dans : Rapports de lectures
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

ALBUMS PHOTOS

Partenaire !

Cliquez ici pour recommander ce blog

undefined
blog journal intime sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus