
J’ai fait un horrible cauchemar ce dimanche dans la nuit… Le marché de la poésie devenait le théâtre d’un drame affreux…
A un moment de la journée, il fait chaud, orageux disons, tout le monde a soif et tout le monde s’ennuie ferme. Le chaland est rare. Les livres exposés fondent un peu.
On entend des cris, au loin, de l’autre côté de la fontaine.
On aperçoit vers l’entrée, du côté de la buvette, un attroupement.
On entend des coups de feu.
Un type portant un chapeau haut de forme, armé d’un lance-roquette, surgit précipitamment près de la scène du petit théâtre où deux jeunes filles à genoux et couvertes de pansements lèchent les pieds d’une vieille dame à la bouche déformée par un énorme zona.
De jeunes types costauds cherchent à maîtriser le forcené, hésitent, reculent.
L’enragé a un visage rougeaud et sourit tout le temps. Il a des grenades fixées à son gilet bleu. Il lance une première roquette vers la scène qui se volatilise. Des sirènes de pompiers, ou de flics hurlent au loin.
La statue des quatre curés explose, les débris retombent en corolle sur les stands avoisinants. Gérard d’Allia dit « quel con, quel con, il n'a plus 25 ans ! ». On voit Christophe Manon et Motif-R contre attaquer ensemble, armés de poubelles vertes et lui jeter au passage des livres détruits comme si tout ça ne les intéressait que mollement.
En sang (de la peinture ?), Vincent Gimeno rampe vers eux et parvient à leur dire : « C’est pas le moment les gars mais merci quand même » avant d’expirer. Bart, le chien de Boisnard, cherche à dévorer le cigarillo de Vincent.
Werner Lamberzy concocte des cocktails molotofs avec du sang et de l'eau.
Un ouvrier en bleu de travail courre après une petite fille sans tête.
La fille derrière la salle de bains a sorti son rouge à lèvres électronique, ajuste l’enragé et lui décoche un jet d’onguent ultracollant spécial Morning Glow & Face Up.
Un type dit « C’est la saint Jean ! » avant de s’embraser.
Le haut-de-forme roule sous mes yeux. Mais je ne vois plus rien. « Il n’a plus de bras, oh mon Dieu » et « A l’aide, à l’aide » sont les seuls cris que je perçois.
« La poésie ne peut pas mourir » sont les seuls mots que j’entends dans ma tête.
Puis tout est jaune d’or.
Comme dans un désert.
Industrie comme une autre, l’édition ne peut être qu’économique pour en vivre. Ni philanthropique, ni caritative. Le poids de la mise en œuvre physique et commerciale ne le permettrait pas.
Beaucoup qui écrivent et ne sont pas connus ne peuvent être retenus.
Pour eux, je voudrais ouvrir un site sur lequel ils déposeraient leur prose que des lecteurs viendraient parcourir.
Certains peut-être rencontreraient un public, l’impression numérique n’exige guère de quantités…
Vous qui lisez et analysez ce que de vrais auteurs écrivent, je crois que ça m’aiderait si vous passiez faire un tour pour me dire vos idées
D’ors et déjà, sans préjuger, je vous en remercie
André
Il y a presque toujours un peu de fumier dans le passé d'un poète.
Si le poète tire son pantalon, la salle de bains l'enlève.
vlan !