
J’ai eu beaucoup de promesses. Le sourire d’un père en est une, son absence (son regard dans mon dos) un désastre ; la tendresse d’une mère en est une, énorme, qui commuée en violence soudaine, frise l’hécatombe. Pour sortir de la nuit oedipienne, le Savoir promet des solutions et souvent, quand il se stratifie, dans son archéologie même, il permet à l’être en devenir de s’y réfugier : les armoires profondes de la connaissance disposent de serrures intérieures. Les souterrains promettent des aurores, mais l’Arbre tarde à reverdir.
J’avais envie de prier la Terre, de ne pas lui dire adieu (pour cet « autre monde »), de lui délivrer un appel ; de composer des psaumes : mais je ne suis pas religieux – étant parfois, en moi, comme « la rose de personne », car il faut dire que certains poètes forgent des psaumes pour les naufragés et les rescapés coincés entre deux mondes inopposables, le monde d’avant, l’inframonde de la Mémoire, et celui-là, le chaosmonde, l’adversaire, et il faut dire le Poète avant qu’il ne s’enfuit définitivement de la Cité (les poètes rougissent), qu’on l’ait carbonisé, ou qu’on l’ait occulté par manque de temps pour y penser, être en lui – bien que cendres recomposées, morceaux de papiers, livre électronique, bien que père, bien que vivant et pensant, et roseau ayant horreur du vide, quantifiable et hypocrite, aussi, je suis « aussi » ça et ça, une masse de chairs à vif auquel le surcroît ne fait qu’ajouter pour ajouter. Ce grand soucis bête…
Magic Box est un titre générique pour qualifier un essai en gestation, sans lieu ni date. On verra.