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Vendredi 16 juin 2006
A quand en France un jour férié et festif littéraire ?


"...I was a Flower of the mountain yes when I put the rose in my hair like the Andalusian girls used or shall I wear a red yes and how he kissed me under the Moorish wall and I thought well as well him as another and then I asked him with my eyes to ask again yes and then he asked me would I yes to say yes my mountain flower and first I put my arms around him yes and drew him down to me so he could feel my breasts all perfume yes and his heart was going like mad and yes I said yes I will Yes. "

Here it is ! Ces quelques jouissives lignes en anglais, un soliloque, terminent (et ouvrent aussi) une ballade de 24 heures dans Dublin, 650 pages pour parcourir les méandres de l'imaginaire de Leopold Bloom, perdu dans les yeux d'Anna Livia Plurabelle et dans la bouche, la poitrine de Molly, voyage tortueux, chaotique, comme la pensée, tel qu'en elle-même. Ce trip a lieu le 16 juin 1904.

Et tous les 16 juin, Dublin, l'Irlande, les amateurs de Guiness, de livres et les pubs idoines de la planète (découpée en 24 fuseaux éthyliques), rendent hommage à Leopold et Molly Bloom, héros du Ulysses écrit par James Joyce (1882-1941), l'un des blockbusters littéraires du XXe s. La jeune république irlandaise a proclamé le "Bloom's Day", fête nationale, envers et contre tous préjugés de type "ouais, c'est super intello ce livre..." ou encore "en fait, on en a rien à f..., nous on veut juste se bourrer la tronche !".

On ne va pas revenir sur la genèse de ce livre monstre, sur Joyce lui-même, juste regretter que la France ne soit pas plus fière de ses Hugo, Proust et autres Colette. Imaginez un peu, un jour férié Victor Hugo, tous déguisés en "homme qui rit", ou une "nuit Colette", passée à courir les chats et manger des oignons habillés de toutes les façons possibles. Misérables, madeleines et strip tease, nos fêtes reprendraient des couleurs moins nationalistes, plus épaisses, une façon de remettre la littérature à sa vraie place, au coeur de nos passions communes : émotion, désir, sensualité, échappée, liberté.

Au lieu de ça, on panthéonise, on légiondhonneurise, on enkyste et on empoussière.

Buvez de la Stella, et hop, un "salute" à nos étoiles littéraires. Time to Time and to Eternity.

Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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