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Jeudi 1 juin 2006
31 mai 2006
Ce soir dans la salle des fêtes de la Mairie du Ve, la belle harpiste I. a interprété Sad Song, une ballade anglaise de haute tenue. Au programme également : Britten, John Williams (oui oui, Star Wars !) et le Boléro, "cerveau-coeur rythmant la désintégration du XXe s.". Nous manquons d'oxygène, de grands espaces, de sourires, de tendresse, d'allant, de soleil. Jouer et faire semblant. Petite musique accompagnatrice, dissipatrice d'ennui, chasse mots névrotiques...

27 mai 2006
Allez lire dans "Biographie" mon article sur les histoires du nom "Di Folco", c'est amusant, mais très sérieux aussi...

26 mai 2006
Ce matin avec Richard : "Mes disques se vendent dix fois plus à l'étranger, que ce soit aux Etats-Unis, au Canada, ou au Japon... C'est mieux comme ça..." De mon côté, même constat : Le Dictionnaire de la pornographie sortira donc sous peu chez de très bons éditeurs en roumain, grec, italien, américain, espagnol, pour l'instant, et ce n'est pas fini. En même temps, fin des Sciences humaines format livre, fin d'une époque. Tant pis, passons à d'autres formats, d'autres modes.

25 mai 2006
"L'artiste est celui qui a été, enfant, blessé par un artiste : toute sa vie il cherchera à panser sa plaie mais sans y parvenir. De même, il ne saura identifier l'auteur de cette blessure." Propos entendu dans un café ce matin, 9h10. Hier, en un autre café : "Alors comme ça, tu écris des romans, eh bein moi, j'ai envie depuis longtemps de raconter mon parcours professionnel, tu ne peux pas savoir les trucs que j'ai vécu..." En vérité : peu de romans parlent sensiblement du salariat, des 8/10 h par jour que s'avalent des millions d'individus et ce, pendant plusieurs années, très longues années mêmes. Tout le monde ne peut pas inventer un "Bartleby" ou un "Patrick Bateman", étonnant cependant de constater combien l'Entreprise n'éveille pas plus de "caractères" fictionnels dignes d'un Vautrin, Rastignac ou d'un Salavin (Ah, Duhamel !, mais qui lit encore ce type ?).

20 mai 2006
Et si vous alliez faire un tour sur ce site :  Lilathen Films ?

19 mai 2006
Le cher Poincard m'envoie cette photo du "Di Mitterrando" retravaillée avec le fond adéquat (cf. 15 mai). Jusqu'où irons-nous ? A l'Elysée ? Ce matin, au Verre à pieds (Paris 5e), il semblait évident que le prochain patron de France SA (RL ?) devra désintégrer le mamouth éducationnel, à commencer par l'ENA, Sciences Po, HEC et compagnie, privatiser une partie des universités, permettre des enseignements courts (ouverts à ceux que les études rebutent), pour que nous n'ayons plus à rougir devant les Anglo-saxons. C'est comme ça, il fallait l'écrire.


16 mai 2006
La revue Talkie-Walkie d'Arras (Hortense et Juliette) m'a invité parmi d'autres créateurs à lire un texte samedi 20 mai, Galerie EOF, 15 rue Saint Fiacre (Paris, M°Grands Boulevards). C'est à 16 h ! Plus de détails dans l'onglet "Agenda".

15 mai 2006
Une épouvantable photo de moi en François Mitterrand prise par Pierre-Michel sur le stand Gallimard du salon de Genève (cf. infra) !!!

Poincard voulait collationner toutes les mimiques de Feu François en un film gonzo que l'on aurait intitulé "Les Mitterrandes", seulement plus le temps passe, moins les gens se souviennent de lui, ou plutôt, on n'en garde que des clichés, des postures idiotes.


8 mai 2006
Samedi soir vers 22h15, une jeune fille de 28 ans s'est défenestrée rue Rochechouart (Paris 9e), son corps est tombé devant moi, dans la rue, en un claquement effroyable. Cette chute de corps ne cesse de repasser dans ma tête depuis. Ces choses là n'arrivent pas souvent. On peut se prendre un corps sur la tête. Un corps pèse 60 kilos en moyenne, non ? Il subit une accélération depuis l'étage d'où il tombe. Ici du 6e, soit treize mètres environ. On peut estimer à 220 kg la masse finale à l'aterrissage. Elle n'est pas morte sur le coup. Ses yeux papillonaient. Elle a hurlé sa douleur. Les pompiers sont arrivés à 22h30. Elle est décédée vers 23h30 je crois. Le médecin de la brigade a suspendu la respiration artificielle. Sa famille a défilé pour lui dire "au revoir". Le corps est parti pour le quai de la Rapée. J'ai du témoigner. De quoi ? De la chute du corps d'une jeune fille. L'officier de la PJ me dit : "Il y a rarement du sang dans les défenestrations, de la cervelle parfois... Le corps se brise en mille morceaux à l'intérieur, le coeur éclate, on en réchappe rarement ; d'ailleurs, ajoute-t-elle, c'est tant mieux en un sens... Au fait, avez-vous besoin d'un soutien psychologique, après ce que vous avez vu ?".
Chute en forme de petite moralimiseria : "From The Cure to SelfCare" i.e. il eût mieux FALLu pour la Jeune Fille se retrouver au Club rue Saint-Denis et danser sur du batcave & Gothic Rythms ("10:15 on A Saturday Night "/ Wisperssss... Murmours... / "Suicide..." in Tree Imaginary Boys - trois témoins porteurs du dernier cri).


1er mai 2006
"Ici, je fis réflexion que le peuple suisse, à qui je m'étais adressé, ressemblait probablement aux autres peuples qui n'écoutent pas la radio. Cette idée me fit grand bien. Hélas, je n'en avais pas fini avec moi." Jean Paulhan,
Guide d'un petit voyage en Suisse (1947)

Genève. TGV, je lis l'inédit "journal de Genève à Vaduz" de Valery Larbaud. Arrivée sous le signe solaire des pâtes al dente. Quelques rares français présents sur le salon du livre évoque la mort de Vincent de Swarte (Requiem pour un sauvage, Elle est moi). Générosité, tolérance, placidité et naïveté des genevois. Prix élévés. Ambiance onusienne et oèngienne ("Tu gagnes 20 000 FS par mois ?"). Cuisine assez moyenne mais vins rouges locaux surprenants. Cigares cubains bon marché (TVA 7.5 %) et cigarettes du Che (les Sobranies ont disparues). Des filles pré-ados dans le bus 5 (Palexpo) hurlent des insanités, balancent des papiers usagés sous les regards amusés des vieilles. Soleil pendant trois jours. En bas de la rue du Mont-Blanc, le Rhône et l'île Rousseau (y imaginer JJR délivrant aux passants les billets écrits de sa main : "Je ne suis pas méchant"...)  ; derrière sa statue par Pradier (1834), un homme de cinquante ans se pique. En face l'île du Temps, entourée de buildings surmontés de publicités pour les mont(s)res. Je pense à Besançon (Doub, Hugo, les automates... Frankenstein au Lac ?), plus calme, est aussi la ville du temps : tous deux nés en 1964, De Swarte et moi nous y étions invités au salon du livre, il y a deux ans déjà, souvenirs émus de son sourire, sa sensibilité, ses projets (nombreux) de vies. Sur le stand Gallimard, Baptiste, Dominique, Olivier, Pierre Michel totalement d'accord pour organiser des cabarets littéraires en 2007 (Karl Valentin joué à Genève en mai). Ah, Genève qui aime rire ! Rires de Schifano, Pancrazi, Mabanckou, Lambert, Benoziglio, Friedmann...  Horreur ! "Journal atrabilaire" est un titre de Jean Clair (ça fait aussi référence à Guy Debord !) : on change le caliquot illico (Aragon, from Lucas Violin le Sublime).

par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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