Mercredi 25 février 2009
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Dans quelques jours, ça fera trois ans. Dans la nuit du 3 au
4 mars. Je ne sais toujours pas ce qui s'est passé entre la nuit du 3 au 4 et le réveil le 7 mars, transporté à quelques mètres du siège des PUF, à Sainte-Anne en neuro. Ah ah ! Bien fait pour ce
pornophile de Di Folco : à force de regarder de trop près des vidéos de cul pour son soi-disant dico, il s'est retrouvé les quatre fers en l'air, les deux épaules démises et la langue sortie.
J'en rigole comme ça mais il se trouve que depuis ce matin un étrange sifflement se manifeste dans mon oreille gauche. Sans doute un effet vasodilatateur de la décompression subie en avion lors de
l'aterrissage hier à Orly. Parmi les nombreuses rumeurs techno-urbaines, celle-ci : se retrouver sourd après un voyage en avion un peu trop appuyé... (lamentable : je voulais dire par là que
certaines "descentes" semblent souvent trop rapides...)
Il y a aussi cette subite chute de l'apétit (de choses à manger, à mastiquer, à engloutir comme un porc), mais ici impossible de trouver des mozzarellas et du pain paysan, le genre de truc
simple que tu avales au petit matin, avec vue sur le volcan.
Il y a également une énorme envie de meurtre.
Une énorme envie de baiser la Terre entière par tous les trous.
Le printemps arrive et sa cohorte de pulsions téléguidées.
Ce blog est très chiant parce que je n'arrive pas à y placer des propos très intimes, à peine écrits que je les efface. Facebook aussi m'emmerde. En fait, tous ces jeux électroniques me fatiguent,
me détournent de lectures et d'activités plus stimulantes. Les essais sur les gnostiques, par exemple, une envie soudaine après avoir regardé les 12 épisodes de L'Apocalypse, sortis en DVD, que certains vont trouver austères, épouvantablement longuets, je les entends déjà , à la manière d'Emmanuel Chain, qui ce matin
sur Inter vers 9h30 disait : "Oui Capital, une bien belle émission ponctuée par des virgules, avec une idée à la fois, sinon on comprend pas...". Ou le dernier Frédéric Lordon (chez Raisons d'agir) qui utilise des adjectifs recherchés, du coup
sa langue confine à la poésie, ça me touche ça, parce que ça me rappelle mes cours d'économie, et cette bonne vieille Keynes, tellement queer au fond ce choix des adjectifs plein de souffle, tueurs
de clichés, tellement queer de détraquer la langue ancrée dans les certitudes du petit commerce bovin. Ou bien encore terminer le Jean-Claude Ameisen. De fait, la pile des livres en attente (que je
vole du temps pour eux ?) n'a jamais été aussi haute. 78 livres empilés au pied du canapé. C'est complètement débile. Et cette envie de revenir à Duras, à Sarraute, à Annie Leclerc.
Ce matin, ah oui, j'oubliai, ai revu pour la première fois depuis vingt ans, comme ça, de loin, Smirnoff. Il achetait de la viande à deux pas de chez moi. De fait, il habite pas loin. Je l'avais
rencontré à la fin des années 1980. Son visage s'est durci. Son corps s'est tassé. Il a pris vingt berges. Il doit en avoir plus de soixante. Un chapitre entier de Salva lui est consacré :
j'en ai fait un agent secret, une transposition intriguante puisque mon éditeur me posa plusieurs fois la question de savoir "mais qui est donc ce personnage, tu t'es inspiré de qui, hein ?". Nous
sommes voisins depuis plus de 15 ans, Smirnoff et moi, nous avons le don d'invisibilité ou tout simplement la capacité de nous éviter pendant toute une génération.
Par Di Folco
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Publié dans : De mes lectures
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