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Mercredi 30 avril 2008 3 30 /04 /2008 15:15


J'ai depuis longtemps coutume de me rendre dans des endroits morts. Le Carrefour est de ceux-là : une dizaine de tables, toujours vides ; un sol carrelé jaune immaculé ; et toujours une personne derrière le bar, généralement une dame âgée. A la fin des années 1980, j'allais Chez Julienne, petit bar de la rue Dauphine tenu par Andrea, on y servait du bon vin et étions certains de ne pas nous faire emmerder. Le Carrefour possède quelques bons jus de raisin. Récemment rafistolée, la devanture sombre ne donne pas envie d'y rentrer. De même, ces rideaux en vieilles dentelles. Le bar est mastoc, aucun charme, si ce n'est le marbre, mais que je trouve un peu haut. Au plafond, d'horribles loupiotes crachotantes et quelques appliques sans charme finissent par conférer à l'atmosphère du lieu un je en sais quoi d'outre temps. Les cafés morts disparaissent du quartier. Rien à voir avec les cafés mornes ou les cafés maures. Il y a aussi les cafés qui mordent, pressés de "changer de service", de vous voir expédier votre express, de vous ficher le stress, le blues, la haine. Le Carrefour c'est la paix à quelques minutes de chez soi, une extension possible du temps d'écrire.

Par Di Folco - Publié dans : Des images - Communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Commentaires

"Ces disparitions me navrent : c'est tout un monde de sociabilité qui
disparaît, des morceaux d'Agora où coexistaient des individus aux
multiples ancrages, amorces de groupes "sartriens" en attente de fusion,
où on lisait un journal en papier en buvant distraitement ces boissons
"typées" (café, picon-bière, pastis, Fernet-Branca, Whisky, Viandox !) qui permettaient à Barthes de les approcher par leurs connotaions, etc.
Bref, c'est là que l'opinion s'est faite longtemps, dans une agonistique quelquefois passionnée parce que les "corps" étaient "en présence".
Maintenant, ils sont virtuels, et l'opinion ne se fait plus, elle se fabrique,
à coups d'experts en communication."

Commentaire n°1 posté par RZ le 06/05/2008 à 17h50
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