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Lundi 16 octobre 2006
Voici un poème de Sherman J. Alexie, Jr., envoyé par notre ami Nicolas Plachinsky, traducteur et musicien, entre autre (vous pouvez l'écouter au Verre à pied, rue Mouffetard, Paris 5e, le dimanche vers 17 h.).
Né en octobre 1966, Alexie est un Amérindien issu de la tribu Spokane, et a grandi à Wellpinit, Etat du Washington (E.U.). 1200 indiens vivent encore dans cette réserve. Les recueils de Sherman Alexie sont publiés par Falls Apart et restent inédits en français à ce jour.


Du sexe dans des chambres d'hôtels

 

1

 

Parce que j'ai besoin de musique

Je colle mon oreille contre le mur

 

et j'écoute les amants

dans la chambre d'à côté

 

alors qu'ils se déshabillent l'un l'autre

alors qu'ils se déshabillent l'un l'autre.

 

Le magnifique

tintement

 

d'une chemise, de deux chemises

qui résonnent sur le sol.

 

2

 

Après avoir joui

elle roula sur le côté

 

et tomba du bord

du lit jumeau.

 

3

 

Alors que je roule vers la maison

dans la réserve

 

Je passe devant l'hôtel

où une fille blanche que j'aimais

 

Au lycée

a perdu sa virginité

avec un garçon blanc

après le foutu bal de fin d'année.

 

4

 

La première nuit de notre lune de miel

nous sommes allongés sur le lit, trop épuisés pour faire l'amour

 

ou pour discuter. Au lieu de ça, nous écoutons

le bruit de la mer, vague après vague après vague.

 

5

 

Sur le canapé, X veut que Y

retire son pantalon

 

mais elle refuse

parce que sa meilleure amie, Z

 

est nue au lit

de l'autre coté

 

de la pièce

avec le meilleur ami de X, A

 

qui est éperdument

amoureux de Y.

 

6

 

O, le pays abandonné!

O, la ville abandonnée!

O, l'hôtel abandonné!

O, le lit abandonné!

O, l'homme abandonné!

 

7

 

Il y a deux lits dans la pièce. Bien sûr

nous faisons l'amour dans l'un, et nous nous endormons dans l'autre.

 

8

Écoute, dit elle, j'ai toujours voulu

voir un film pornographique

 

dans une chambre d'hôtel, alors mon petit ami

et moi en avons choisi un, payant, sur le satellite

 

mais ce n'était pas un vrai porno. Je veux dire,

ils n'ont montré aucune pénétration.

 

C'était juste une série de plans

avec des ventres en sueur et des profils,

 

vraiment gentil, aucun détails,

et ça nous a à peine excité

 

alors nous nous sommes juste embrassés

puis nous nous sommes caressés

 

enfin nous nous sommes endormis,

en portant encore la plupart de nos vêtements.

 

9

 

Dans l'obscurité, son corps sombre s'assombrit davantage

jusqu'a ce que je fasse l'amour à elle et à son ombre.

 

10

 

A Santa Monica, pendant

la durée de trois nuits

 

la femme dans la chambre d'à côté

couche avec trois hommes différents.

 

Je les regarde tous arriver

à travers le judas

 

de ma porte. L'un des hommes

est très beau, l'autre est laid

 

et le troisième est un serveur

qui vient du restaurant en bas.

 

11

 

Des scientifiques ont récemment examiné la couette d'une chambre d'hôtel

et ont découvert 412 échantillons de sperme différents.

 

12

 

D'accord, dit il, je ne suis pas l'un de ces types

qui couche avec tout ce qui bouge

 

mais la menace du sida m'a empêché

de même penser  

 

que je pourrais devenir l'un de ces types.

Le sida est un mauvais plan pour tout le monde

 

mais c'est un mauvais plan pour le sexe en général.

Après tout, nos parents ont pu niquer

 

et niquer et niquer et niquer

sans avoir à craindre la mort.

 

Je veux dire, je pense que tout le libéralisme

et le changement progressif social

 

a eu lieu pendant les années soixante

parce que tout le monde niquait

 

comme des malades. Et je pense que nous avons élu

et réélu Reagan ce trou du cul de droite

 

parce que personne ne niquait.

C'est vrai. Le sexe et la politique

 

sont liés. L'un dans l'autre.

Si c'était à moi de décider, j'ouvrirais cet hôtel

 

où il y aurait du sexe

dans chaque chambre. Du sexe et de la nourriture.

 

Je veux dire, les minibars seraient remplis

de fromage de gâteaux secs et de fruits .

 

Le service d'étage serait gratuit.

Il y aurait de bonnes machines à café.

 

Du sexe et du travail, aussi.

Je veux dire, pour participer

 

Il faudrait que vous travaillez à l'hôtel.

portier, femme de chambre, serveur, quelque chose.

 

Du sexe et de l'amour, bien sûr.

Je veux dire, si vous le vouliez, vous pourriez

 

coucher avec juste une personne.

Cela serait autorisé

 

peut être même encouragé.

Il y aurait assez de sexe pour tout le monde

 

tout le monde aurait assez à manger

et tout le monde aurait un travail.

 

13

 

A la maison avec elle

on se prépare à aller se coucher

 

se brosser les dents, se laver la figure

toutes ces petites cérémonies

 

et puis nous sommes sous

la couette

 

lors d'une nuit froide à Seattle

et je dors presque

 

lorsque elle se rapproche de moi

embrasse mon oreille et me demande

 

de faire semblant d'être dans la dernière

chambre d'hôtel libre au monde.

 

Traduction : Nicolas Plachinski

Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Dimanche 8 octobre 2006
"La civilisation boutiquière s'obstinait. On disait qu'elle craquait. Mais tout en craquant elle s'obstinait." Henri Michaux, Labyrinthes, 1944



Yaourts Mamie Nova Neue Güstativ Explosionen !
Oubliez Chantal Goya et les cacochymes pastiches réclames donnant envie de vomir...  En une véritable débauche de parfums, de saveurs et de couleurs, la vieille marque "Mamie Nova" réussit depuis presque deux ans à bousculer le marché pourtant très innovant du yaourt français. J'ai donc essayé toute la gamme "insolites", après mes mauvaises expériences au contact du pistache cru 2001 (un flan genre Francorusse immonde !), découvrant que le nouveau pot pistache contenait une crème pas trop sucrée (c'est rare), de vraies pistaches entières et surtout, il ne sentait pas le "paic citron glace à la plage année 1970" (couleur pomme verte !). Exit les pseudo-goûts Danette (on se couche), bienvenu à l'authentique bien fichu (oui c'est de l'indus, et alors ?). La chose est si rare, qu'elle devait être signalée à vos papilles affamées de VRAI, de PUR et d'ARTISANAT. Autres parfums "one shot" à rendre dingue : griottes, chocolat blanc (belgissime !), noix de coco (foire du trône), cassis (acide et doux), rhubarbe rose (du jardin !), figue (mare nostrum), litchi (meilleur que les yoplaits) et le récent violette (de la pub métro !). Ce dernier intègre les fameux bonbons violette fabriqués dans le Sud Ouest. On trouve aussi de sublimes mélanges : ananas/passion, poire/coing (morceaux de pâtes de fruit). J'arrête là. Je veux croire à Mamie Nova. Ich bin Hysterik. On attend un saveur macaron, Versailles, héliotrope, réglisse, pâte d'amande/orgeat, noisette & banane/datte, etc. Ach, ses valeurs sont bien les miennes ! Son site web est à la hauteur : allusions au XVIIIe s., Marie-Antoinette et Sade sur un plateau d'argent pour le tea-time, tellement club libertin tout ça... Qui dirige quoi là-dedans ? On croise sur les paquets la marque "Bonne Maman" (très nappe vichy BCBG). Sauf erreur c'est Andros-Novandie qui a racheté en 2004 Mamie (ex. goupe Abdennadher, milliardaire sfaxien du bâtiment et de l'agro). En Tunisie, c'est vrai, les yaourts sont sublimes. Au fait, Dannon venait de Tunis.

NB : effet retombée, après le shoot lactique, je crois deviner qu'en réalité, Mamie Nova / Andros c'est le mariage du lait normand et de la confiture, donc exit le mythe du FRAIS, du petit lapin blanc couvert de rosée...

Site des yahourts > mamie-nova <


Cigarettes Heupink & Bloemen
Déjà évoquée sur ce site (article disparu en fumée), je veux surtout dire un mot sur les cigarettes aromatisées et colorées. Ma première expérience fut écoeurante : menée avec la Royale Anis (qui contient de microbilles suspectes !), puis Pèche (disparue), au bout de 5 tiges, ça coupait le sifflet. J'aimai bien aussi les Kool Menthe (et son côté sixties), mais ça filait le mal de gorge, comme les Dunnhil Menthol (très Bizot Style). Je me souviens des Sobrani Russian Multicolores, que des rombières parfumaient d'un doigt de Shalimar dans le hall du Negresco (Nice, 1988) mais cette marque a disparu (les noires, so class). Rappel ConsoRéac : toute cigarette peut être parfumée à l'extrait de ce que vous voulez. Les Black Devil (à fumer dans les soirées gothic du Club ou du St Sabin) fabriquées par le néerlandais Heupink & Bloemen infiltre le marché "fun" et cible jeune et/ou décalé et/ou bobo & trash by night, comme Lucky Strike et ses paquets collector à la con (la mode du pack relooké démarre fort !). Parfums convoqués : chocolat, vanille, caramel (Ô cigarettes fantaisie en chocolat ou Globo, où êtes-vous ?). On a aussi les Pink Elephant roses fluo, tellement fashion au Pulp ! Ah, j'oubliai : les cigarettes au clou de girofle (à fumer après un bon pot au feu) que nos amis indonésiens exportent (kretek Djarum), très bonnes pour les poumons et les dents, antigermes (sans blague). Comment ne pas citer les MB, vendues en pharmacie, tiges de substitution, à base de foin ! Et à quand les clopes au cannabis sans THX ? Sinon, roulez du thé et de la menthe en feuille avec un peu de salvia divinorum, vertiges et gerbe garantis...

PS : Je viens de voir des cigarettes à la mangue ! Restera-t-il un jour des cigarettes composées de vrai tabac ? Si ça se trouve le tabac n'existe pas... n'a jamais existé... un coup des Amérindiens, Thanksgiving, etc.
PS 2 : Oublié les Vogue à la rose, pas bonnes du tout. Préférons la chicha ou les tabacs de pipe (scotch, vanille, fleurs, miel).

Black Devil, 5 € - Pink Elephant, 4.50 €



Par Phillipe Di Folco - Publié dans : Du petit commerce
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Dimanche 1 octobre 2006

Classement par ordre

d’importance

décroissante

des besoins

fondamentaux :


La nourriture

Le sommeil

L'affection

Le jeu

Se questionner

  • Seul le point 5 permet de me distinguer de l’animal.
  •  

    Je peux arrêter 1, 2, 3 et 4 temporairement mais jamais 5.

     

    La mort met un terme définitif à 1, 2 et 3, mais 4 et 5 deviennent en l’autre des points fondamentaux me concernant, sauf que je suis mort.

     

    - Il mangeait comme ci (six ?)
    - Il dormait ainsi (chien de fusil ?)
    Je l’aimais, je l’aime encore (Francis Cabrel ?)
    - Jouons avec ses restes (Tu sais où il a mis la clé ?)
    - Que pensait-il ? (Quel râleur !)

     

    Conséquemment :

    Je ne peux manger, dormir, aimer, à la place d’un être disparu. On meurt seul. Mais, grâce à la matérialité d'un corps mort, on peut inventer des cultes, et grace au langage, je peux me faire à sa pensée, interpréter les signes, les traces, les messages, les codes, les choses qui parlent en lieu et place de l’être vivant : questionner un mort c’est créer des fantômes, donc les fantômes existent.

     

    Le pourquoi fondamental portera donc sur le pourquoi de l’existence des choses (et non sur leur inexistence).

     

    Je peux vivre avec une main à un doigt : manger (et piquer de la nourriture), dormir (et me gratter), caresser, titiller et faire parler mon doigt restant.

     

    Manchot et cul de jatte aussi.

     

    C’est donc sans tête que tout cesse.

     

    Les organes fondamentaux sont :

     

    - La bouche
    - Le cerveau

     

    La grosse veine pour l’intraveineuse suffit pour la nourriture (et 2, 3, 4).

     

    Reste le cerveau.

     

    La question fondamentale c’est pourquoi le cerveau.

     

    Chacun cherche des réponses.

     

    Il n’y a pas de réponses, il y a des questions, infiniment de questions.

     

    La philosophie est donc le sixième besoin, le sixième doigt.

     

    Ça prend toute une vie pour voir apparaître son 6e doigt.

     

    Cette vision progressive, c’est l’éthique.

    Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De la contrainte
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    Dimanche 1 octobre 2006

    Essayiste, traducteur, anthologiste, éditeur et auteur de fiction et surtout, promoteur d'une lecture intelligente, d'une culture efficiente (et non désordonnée et médiocre ou médiocre parce qu'ératique et gangrénée par le shoping), tel est Alberto Manguel né en 1948 à Buenos Aires (Argentine). Petit portrait d'un grand intellectuel (vous savez, ces animaux en voie de disparition...).

    Manguel vit depuis 2001 en France, en région Poitou-Charentes. Là, il apprécie le saumur, le chinon et autres vins qui, jusqu'au début du XIXe s., surent dissiper la mélancolie, vaporiser les fausses croyances et donc, contribuèrent sans doute, de Rabelais à Balzac, à engendrer les pages les plus lucides de notre littérature nationale. Mais d'où vient ce joli barbu qui possèderait une bibliothèque de 30 000 volumes ?

    Issu d'un famille juive de l'Europe de l'Est (et de Russie) émigrée sur les rives du Rio de la Plata, il passe sa petite enfance en Israël où son père venait d'être nommé ambassadeur de ce nouveau pays. Puis il retourne en Argentine pour ses études et, pendant deux ans (1965-1967), il fait la lecture à Jorge Luis Borges devenu, comme on sait, complètement aveugle. Cette expérience marque profondément Alberto : il n'a pas dix-sept ans, il n'est pas bien sérieux : désormais, il s'agit de lire. Son amour des livres s'inscrit alors dans la durée, ne fera que s'amplifier avec le temps.

    Décidé à travailler très tôt, il choisit de quitter l'Argentine et décroche un job dans l'édition à Paris (lecteur pour Gallimard, Denoël et Les Lettres Nouvelles auprès de Maurice Nadeau, 1968-70). Puis, ce sera Londres (éditions Calder & Boyard, 1971), ensuite Milan (Franco Maria Ricci, qui éditait Borges, alors directeur d'une collection, "La Bibliothèque de Babel", 1973-74, rééditée par Panama en 2006) et enfin, choisit de se poser à Tahiti où il devient directeur des Éditions du Pacifique (1975-1982). En 1985, ce nouveau Peter Schlemil devient citoyen canadien. Là, il commence à travailler pour la radio, la télévision et la presse écrite. Il parle déjà plusieurs langues. Son savoir est immense. Mais il ne publiera lui-même qu'assez tard, au début des années 1980 (alors que sa renommée survient au milieu des années 1990, l'homme est patient) avec un ouvrage intitulé Guide de nulle part et d'ailleurs (publié en anglais sous le titre Dictionnary of Imaginary Places) qu'il co-écrit avec Gianni Guadalupi. Cet ouvrage, beaucoup le connaissent aujourd'hui en France sous le nom du Dictionnaire des lieux imaginaires (réédition Actes Sud, 1998).

    Ségolaine Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, "a bin d'la la chance" d'avoir comme citoyen local, cet écrivain canadien, réputé dans le monde entier pour sa culture généreuse et son énergie. Amusant : s'il réside en Poitou, c'est aussi cette région qui a donné tant d'émigrés partis jadis pour Québec.  Il dirige actuellement la collection « Le Cabinet de lecture » chez Actes Sud.

    Un amant très vétilleux, paru en 2004, rejoint sans doute, de par sa manière, entre mentir-vrai et microdétails, les meilleurs contes borgésiens.

    Son dernier ouvrage, La Bibliothèque, la nuit raconte comment il a construit un lieu pour abriter sa collection, et au fil des pages, offrent mille anecdotes délicieuses sur les bibliothèques dans l'Histoire, notre rapport intime à nos livres, ce que ça veut dire, ce que ça implique au plan de l'Ethique.

    Chacun de ses ouvrages raisonne "comme un acte de foi absolue en la littérature, une parole d'amour envers les livres et, ce faisant, une tranquille - et impitoyable - dénonciation des fausses valeurs qui encombrent les rayonnages des librairies et des bibliothèques." (Lire).

     

     

     

    Bibliographie

     (avec Gianni Guadalupi)
    — Guide de nulle part et d'ailleurs. À l'usage du voyageur intrépide en maints lieux imaginaires de la littérature universelle (The Dictionary of Imaginary Places, 1980), traduit de l'anglais par Patrick Reumaux, Michel-Claude Touchard et Olivier Touchard, préface d'André Dhôtel. [Paris], Éditions Le Fanal, 1981, 412 p., illus., épuisé — nouvelle édition sous le titre Dictionnaire des lieux imaginaires, illustrations de Graham Greenfield, cartes de James Cook : [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, 1998, 550 p., illus., 25.76 € — rééditions : [Paris], L.G.F., « Le Livre de poche » n° 15333, 2000, 664 p., illus., 8 € ; Éditions Actes Sud, « Babel » n° 471, 2001, 12 €.

     (sous son nom)

    — La Porte d'ivoire (News from a Foreign Country Came, 1991), roman, traduit de l'anglais par Charlotte Mélançon. [Montréal], Éditions Boréal, 1991, 262 p., épuisé —  réédition sous le titre Dernières nouvelles d'une terre abandonnée : [Paris], Éditions Le Seuil, 1998 ; Éditions Actes Sud, « Babel » n° 355.
    — Anthologie des sept péchés capitaux, textes réunis et présentés par Alberto Manguel. [Paris], Éditions Joëlle Losfeld, 1996.
    — Une histoire de la lecture (History of reading, 1996), essai, traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, 1998, 428 p., illus., 24.09 € — rééditions : Éditions Actes Sud, « Babel » n° 416, 2001, 8 € ; [Paris], Éditions J'ai lu « J'ai lu » n° 5625, 2001
    — L'Ordinateur de Saint-Augustin (Saint Augustine's computer), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, 1997. Essai repris dans :
    — Dans la forêt du miroir. Essai sur les mots et sur le monde (Into the Looking-glass Wood, 1998), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, 2000.
    — Petites histoires de la littérature américaine (A gossipy history of american literature), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, 1999.
    — Le Livre d'images (Reading pictures. A history of love and hate, 2000), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, « Lettres anglo-américaines », 2001.
    — La Bibliothèque de Robinson. Autoportrait d’un bouquineur (A visit to the dream bookseller. The library of Robinson Crusoé), traduit de l’anglais par Charlotte Melançon. [Monréal], Éditions Leméac, « L’Écritoire ».
    — Stevenson sous les palmiers (Stevenson under the palm trees), roman, traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, « Un endroit où aller », 2001.
    — Chez Borges (With Borges), traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, « Un endroit où aller », 2003. Kipling, une brève biographie (Kipling: A Brief Biography), traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf, Léméac / Actes Sud, 2004.
    Journal d’un lecteur (A Reading Diary, 2004), Actes Sud, 2004.
    Pinocchio et Robinson : Pour une éthique de la lecture, tr. de l’anglais par Christine Le Bœuf et Charlotte Melançon, L’escampette, 2005
    Un amant très vétilleux (The Overdisciminating Lover), Léméac / Actes Sud, « Un endroit où aller », 2005.
    Un retour (El regresso), traduit de l'espagnol (argentin) par Alexandra Carrasco, Léméac / Actes Sud, 2005.
    La Bibliothèque, la nuit (The Library at Night, 2006, éd. Knopf Canada) traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf, Actes Sud, 2006.

     

    Traducteur vers l’Anglais entre autres de :

    Javier Sierra, Amin Maalouf, Marguerite Yourcenar, Federico Andahazi, Julio Cortazar, Philippe Sollers, Marguerite Duras, Liliana Heker, Marco Denevi, Warabe Aska…


    Quelques inédits, outre de nombreux anthologies et essais, en français :

    -  Soho Square, 1993

    - Bride of Frankenstein : essai sur le mythe de Mary Shelley et sur ses avatars, 1997

    - Gates of Paradise : Anthology of Erotic Fictions, 1999


    Quelques sites :

    - Bel entretien donné au magazine Chronic'Art

    - Autre entretien donné à L'Humanité

     

     

    Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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    Dimanche 1 octobre 2006
    30 octobre 2006
    Changement de rythme dès le 1er novembre sur ce site : chaque chronique journalière sera ouverte aux commentaires éventuels (!), ouverture d'une rubrique "Trop c'est trop", plus de compte-rendu sur mes lectures et mes visites sur d'autres sites. Au bout d'un an, changement de formule : oh oui, la micro-démocratie égocentrique, c'est tellement mieux !

    29 octobre 2006
    " Bienvenu [MERINO >>] est bien réel, il est aussi cinéaste, peintre et sculpteur, et quand tu voudras boire un verre au Canon de la Bastille en sa compagnie, dis le moi, je payerai la tournée. Amicalement. Daniel Delort" Bon bon, mea culpa ! C'est le syndrome de Quérard ! Ah, ce faire offrir un verre par les gars du Matricules des Anges ! Maintenant que je ne suis plus à Nova Mag, je suis redevenu fréquentable, cool ! Qu'on me paye un verre ça m'arrange fort, j'en ai offert plein, jadis, et maintenant que je pointe à la Mairie, ça me va !

    28 octobre 2006
    Une sorte d'écrivain (?), inconnu (ou inconsistant), vient de se voir accorder une publicité obscène (pléonasme) par Farrar Straus & Giroux, énorme éditeur basé à New York, sous la forme d'un "trailer", (i.e. un "mini film" qui sert de lancement pour tout type d'objet) ici bien conçu (pastiche d'Allen ?), qui annonce donc la sortie du livre (The Mystery Guest) en oubliant de citer l'auteur ! (et pour cause, si peu prolifique, primé par la rue St Benoît, etc.). Dans divers articles de la presse américaine East-Coast (tellement plus branchée, et si rebelle !) sur ce livre (sur lequel pleuvent les adjectifs superlatifs que s'en est ridicule pour un opuscule d'à peine 100 pages), on ne signale pas qu'il fut d'abord écrit en français. Certaines fois, une photo surgit, on montre un portrait façon années 1950, à la Camus (ou à la Situ ?), clope au bec... On retient juste une bonne idée, ce trailer donc, hébergé par YouTube et que voici. A propos, pour concevoir un trailer, pas besoin d'être écrivain ou cinéaste ou même un rien connu, juste posséder un bon savoir faire "tchache  people" (pas "pop" ou "volk", mais élitaro-mondain ou faire comme si, faire croire que vous êtes l'unique "en quelque chose" sur Paris, l'héritier, l'Elu, le dernier), ce qui n'a convenons-en, aucun rapport avec la question du talent littéraire et encore moins avec l'invention d'un style.

    26 octobre 2006
    Je vois des impostures et des supercheries littéraires jaillirent de partout... Mark Crick et sa débauche de moyens (merci Flammarion et Rizzoli), Marco Polo (beau carnet de voyage en images), Corneille/Molière (reçu ce jour une fausse lettre amicale qui dit "Bravo, votre livre est plein d'éruditions mais concernant le cas Molière, vous n'écrivez que des idioties. Il est clair depuis longtemps que c'est Corneille et lui seul l'auteur des comédies.").

    23 octobre 2006
    Petite recette qui ne mange pas de pain pour se réveiller dans la joie alors qu'il pleut vente et news : 1/ musique brésilienne période Carlos Jobim et/ou Mina & Adriano Celentano à fond 2/ un'espresso 3/ saisir la tasse de la main droite 4/ chanter avec Mina, Jobim, Celentano, les Gilberto, Caetano Veloso, etc. 5/ battre la mesure avec la main gauche frénétiquement 6/ faire une pirouette sur soi-même 7/ essuyer le café répandu sur le sol de la cuisine 8/ en profiter pour décaper le sol 9/ passer l'aspirateur dans les autres coins de l'appart' 10/ jeter l'aspirateur aux ordures. LA JOURNEE PEUT COMMENCER DANS LA JOIE !

    21 octobre 2006
    Magnifique le site de la revue indépendante "Le Nouvel Attila" : "voué à l’exploration et à la réhabilitation des auteurs maudits, mineurs, pirates, oubliés ou mésestimés". Consultez la "petite anthologie portative", que des textes rares (Jean Lorrain, Maurice Raphaël, Ramon Gomez de la Serna...). Tuteurs dans l'ombre : Jean Paulhan, Alberto Manguel, Jean Ray... "Les soleils noirs" ont donc de belles aurores à venir.
     
     
     
     

    17 octobre 2006

    Ce matin, une jolie femme de 45 ans ramassait non sans délicatesse la merde de son chien, un huski, tout en fusillant d'un regard en coin le SDF assis sur le bord du trottoir et marmonant : "C'est la journée des pauvres, vous feriez mieux de me ramasser aussi...". Hier au soir, sur France Culture, début de la semaine de reportages sur Bobigny dans "Les pieds sur terre", avec Jean-Pierre Léaud en générique... Le misère du monde n'est pas de dimension humaine ?

    16 octobre 2006
    Un site que je consulte souvent, celui de Jean-Christophe Grellety, Action littéraire - oui, oui, y'en a qui ne se contente pas des apparences...

    15 octobre 2006
    Surprise du mail : ai reçu un texte de Sherman Alexie, un poète amérindien étonnant : lire ici un poème inédit...

    13 octobre 2006
    Le 3e opus de la revue Talkie-Walkie est sorti. Voir ici.

    10 octobre 2006
    Corée du Nord, 9e puissance nucléaire... Relire Le Secret de l'Espadon d'E. P. Jacobs (et le début de SOS Météores).  Lumières paradoxales de l'Est, entre Bouddha, Mahomet et Mao : Pakistan, Inde, Chine, et le petit dernier... Gros pétard virtuel pour signifier aux ploutocrates de l'Ouest : "On n'a pas dit notre dernier mot !" On en a encore pour combien d'années ou de mois à croire notre Verbe immortel, là ? Solipsisme des voyants ! Bêtises des foules ! Nostalgie de Baudelaire !

    5 octobre 2006
    "Allo, t'as vu, tu as une page dans le Figaro littéraire sur ton dernier essai !" Non, je ne connais personne au Figaro. Je suis un chat. Non, je ne couche pas avec Jean d'O. Je suis un chat. Fichez-moi la paix !

    4 octobre 2006
    Mon animal fétiche depuis cette nuit passée avec Alice et Lewis : le "Chat de Cheshire", qui peut tour à tour se décomposer, se désintégrer, devenir transparent, et toujours garder le sourire. Mais, parfois j'oublie de redevenir visible de façon opportune... En revanche, je ne cesse de me croire voyant : d'où ces chutes de tensions, ces hypothèses invraisemblables (que penser ? qu'en dire ? qu'en faire ? comment par/aître au monde ? ou juste "aître" ?) et cet épouvantable effroi qui doit, seconde après seconde, se dessiner sur mes traits : "Pourvu que personne ne devine à quoi je suis en train de penser ! Ce vide en moi est tellement abyssal !" Comment devenir alors le chat de Schrödinger, situé à l'étape suivante dans les degrés de ma métempsychose contingente ? Qui connaît les secrets, en ce monde de comiques barbares, de l'autokynésie lipofaciale ? Castor & Pollux Clarins ? Déesse Jane Fonda du panthéon L'Oréal ? Guy "Hercule" Carlier ?

    4 octobre 2006
    Quand on cherche des anecdotes un peu originales, généreuses, amusantes et décalées sur Paris, on ne pense pas assez au site de Richard Erickson, Métropole Paris, en ligne depuis 1996 (avec toutes ses archives !): Happy Birthday ! Américain vivant à Paris, Ric est un dessinateur de cartoons de talent et possède un regard et une plume sur la ville lumière à nul autre pareil. Long life à lui et à sa petite équipe ! Adhérez au Club Café !

    3 octobre 2006
    Eric Dussert, découvert jadis pour ses remarquables analyses littéraires sur d'étranges écrivains, écrit sur son blog :
    "Il reste un problème au royaume de Littérature. Franchement... les éditeurs vivraient des écrivains, leurs propres fournisseurs ? Non ? allez ? Tu déconnes ? [...] Si le système n'est pas juste, on devrait tout de même se poser une question avant de tenter de pénétrer le monde des lettres, aussi truqué et mafieux que le monde du jeu :
        * Ecrire : pourquoi ? pour quoi faire ? dans quel but ?
        * Publier : pour qui ? pour atteindre quoi ?
    Je crains que trop souvent les réponses intimement vraies soient :
    - pour devenir quelqu'un qu'on respecte
    - pour être célèbre
    - pour passer à la télé
    - pour être riche
    - pour tomber les mecs (et/ou les filles)
    - pour cesser d'être prof (ça va les gars, ça, on avait pigé).
    En somme, être écrivain pour faire son/sa faffiot(te) : notez tout de même au passage que c'est l'exacte motivation des jeunes décérébrés qui se montrent chez les producteurs minables de Star Academy."
    Et v'lan ! J'espère que cette rentrée littéraire sera toujours rouspétante au printemps (ou, quand, mais c'est peu probable, Eric Dussert sera enfin consacré par France Télévision). Pour ma part, je ne me fais plus aucune illusion. Je suis sorti du jeu. Qu'en penses-tu, Marc ?
     
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    Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes apparitions
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