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Vendredi 28 septembre 2007

(Bon, en hommage au Rugby qui me fait vibrer, voilà :)



Ceci est l'histoire du jeune homme transparent. Ou bien plutôt l'histoire de celui que l'on ne voyait pas. Ou bien encore de celui qui ne se voyait pas dans le regard des autres. Il ne s'agit pas de trois choses différentes. D'abord les histoires et les choses, aucun rapport, on est d'accord. D'un côté la fiction, de l'autre le réel. D'un côté des histoires inventées, de l'autre des objets gisant sur le sol, des personnes sans vie pleines de sang, des choses souvent impossible à décrire. Des états, si l'on veut. Ce jeune homme était dans un drôle d'état. Il ne se voyait pas dans le regard des autres. Non pas qu'il fût tout petit petit. Non. Non pas. Bien au contraire, son corps démesuré le portait à surplomber le corps des autres. Même en visant les sourcils, il ne regardait jamais les autres de front. Ainsi font les chamanes, paraît-il. Tous fuyaient. Tout fuyait. Semblait-il. Même avant. Même avant les essais de transformation. Même avant les efforts sur soi. Comment devenir intéressant. Un livre qu’il a commandé. Comment devenir intéressant en vingt leçons. Reçu par la Poste. Même pas un mois pour y parvenir. Même pas trente jours pour se retrouver dans le regard des autres. Valait le coup d'essayer. De franchir les vingt jours le séparant des autres. Comme Lamazou l'essai de la victoire. Mêlée après mêlée, à force de mordre dans le vide, d'agripper le vide, de n'être pas sélectionné, on se pose des questions. Pas toujours les bonnes. Ne pas se prendre la tête. En troisième mi-temps, tous à table, les conversations portaient sur les jeux, les postures, la souplesse, la vitesse. Ce soir-là, le jeune homme remarqua qu'on l'avait éventuellement remarqué pour un remarquable marquage à gauche du numéro dix, un adversaire pourtant… remarquable. Pendant la troisième, le capitaine évitait de le regarder dans les yeux. Ou plutôt le jeune homme n'osait pas renvoyer au capitaine son regard. On évoquait éventuellement son nom à lui, lui, le jeune homme qui ne se voyait pas dans le regard des autres, du moins en était-il pratiquement certain maintenant, mais le jeune homme faisait comme si on ne parlait pas de lui. Il était à la fois contrarié par cette quasi indifférence et envieux des autres, de ses co-équipiers qui semblaient toujours au centre des conversations de cette troisième qui n'en finissait plus. Son voisin, avec son cou de taurillon l'inquiétait plus que de coutume. Son voisin lui donnait sans faire exprès semble-t-il de grands ramponneaux dans les côtes avec ses énormes coudes noueux, de grands coups de genoux pour prendre le sel, le pichet ou le plat d'agneau. Personne, semblait-il, ne lui proposait quoi que ce soit, par exemple l’eau, le vin ou la viande. Il devenait transparent. Peu à peu. Et puis soudain, effectivement, pendant la troisième. Ce soir-là, et les jours suivants. Il est transparent. Non pas qu'il manquât de calories, ça non. Mais il lui semblait que les autres grossissait à vue d'oeil. Il lui semblait que les autres remplissaient tout l'espace donné, ce cône de visibilité compris entre la ligne supérieure et la ligne inférieure qui permet d'appréhender le corps de la personne qui vous fait face. Ce cône chez lui s'obscurcissait. Enfin, croyait-il. Son ophtalmo lui disait que tout allait bien Z - U - O, allez-y, non 10 sur 10... Non, pas de trouble. Vous êtes en pleine forme. Et cette fracture ? Oubliée ? Et ma cicatrice ? crut-il bon d'ajouter. De quoi me parlez-vous ? Ah, cette marque, là, au dessus de votre arcade droite ? Elle était pas à gauche avant ? Drôle de coup. Sa petite amie lui avait fait la même remarque. Enfin petite, oui, rapport à sa taille à lui. Elle le regardait d'en bas, la clope dans une main, la fumée s'échappant nerveusement d'une narine, la gauche, enfin, on ne sait plus, toujours était-il que ce soir-là au Cosmos, elle s’était trompée, la gourde, enfin non, mais elle est blessante dès fois, lui semblait-il, surtout quand au cours de cette troisième mi-temps, ses yeux... Enfin, quoi, il lui semblait bien qu'elle matait uniquement Bruno, le taurillon, celui qui lui fichait des coups dans les côtes. Quand il décida de démissionner du club, il prit un mois pour se retrouver. Pareil, quant au téléphone il ne répondit plus à sa petite copine. Le répondeur répondait à sa place. Elle insista, pas trop, puis, apparemment se lassa. Il aurait aimé qu'elle insiste un peu plus. Mais bon, au bout du troisième jour, le livre ouvert à la page vingt-deux... Il désirait de toute façon de la solitude pour expérimenter cette méthode Comment devenir intéressant. Son déodorant Axis Furor était allongé sur la tablette en faïence ébréchée. Sa barbe de trois jours... Sa poubelle sentait mauvais… Ses sous-vêtements aussi... Le téléphone ne sonnait plus. La solitude lui tombait dessus enfin pour de vrai. Il le voulait ainsi. Pourtant, Bruno appela un soir. Il ne décrocha pas. Il avait reconnu la sonnerie. Un système sélectif. Quand c'était Bruno, ça sonnait dans les aiguës. Au contraire, quand c’était sa meufe, la sonnerie était stridente. Ses parents n'appelaient que rarement. Le moisi envahissait l'évier et l'office. L'été arrivait. La fin d’une saison. Bruno disait de sa voix nasillarde sur le répondeur : "On se retrouve avec les poteaux au Cosmos, t'as intérêt à donner de tes nouvelles car la sélec..." Il coupa net la bande et sélectionna la touche "Effacer". Mais, en se regardant simultanément dans la glace crasse du placard de la salle de bain... il ne vit pas sa gueule. Non, à bien y regarder, il lui sembla distinguer un jeune homme fatigué, avec une vieille barbe bleue, des cernes violacés, des cheveux gras. Pas de sourire, surtout ne pas sourire. La méthode Comment devenir intéressant lui recommandait au onzième jour seulement de recommencer à sourire. Et encore, le livre n'appelait sourire qu'une sorte d'articulation zygomatique asynchrone. Un rictus en fait. Mais le jeune homme ne connaissait pas trop le sens de ces mots. Les mots d'ailleurs depuis quelques temps lui paraissaient tous obscurs. Le dico usagé de son grand frère gisait éclaté au sommet de l'étagère de la cuisine entre la farine et les conserves que sa mère... Il aurait bien appelée sa mère. Mais elle serait encore au champ, dans son jardin, ou avec la mère Pareau, en train de délirer... La sonnette de l'interphone. Qui était-ce ? Personne jamais ne venait. Sauf sa meufe quand il lui donnait rendez-vous pour le faire. Ils le faisaient, rapidosse et puis zou. L'entraîneur n'était pas très chaud qu'ils le fassent la veille des compètes tout en sachant bien que c'était l'une des méthodes les plus sûres pour « dé-stresser les petits gars ». Mais là, on était en fin d’une saison. Bruno, lui, le faisait tout le temps, du moins, c'est ce qu'il braillait aux autres. Les autres le répétaient. Lui, le jeune homme que personne ne remarquait, se taisait. Il regardait son sexe lourd pendouiller et se taisait. Comment devenir intéressant interdisait tout contact humain de quelque ordre avant le seizième jour. Il se tue quand, décrochant le combiné de l'interphone, il crut reconnaître la voix. Mais, il s'agissait en fait d'un ouvrier qui ne possédait pas le passe de l’entrée de l’immeuble. Pour aller réparer la tuyauterie de la voisine. Un gag, ce truc ! Il hésitait à pousser le déclencheur du verrou. Il parlerait sans doute mais la méthode Comment devenir intéressant lui interdisait avant le treizième jour. Faute de quoi tout serait à recommencer. Le plombier braillait dans le micro. Le jeune homme appuyait maintenant convulsivement. Il pouvait entendre OK, OK, merciiiiiii, OK, OK. Et tout en appuyant convulsivement, interminablement, il se demandait quelle réaction le plombier manifesterait, s'il le découvrait ainsi, hirsute et nu, la gueule crispée... ne pas rire... ne pas parler... l'oreille collée à l'interphone à présent mort... un souffle électronique... une sorte de voix de fin silence... Midi approchait. Plus rien à bouffer. La gargouille, intense, se transformait en douleur dans tout le corps. Pourtant il avait grossi, sa meufe le lui avait dit l'autre soir, le dernier, juste avant le Cosmos, juste avant la troisième mi-temps. Elle pinça les poignées d'amour, s'y agrippa tandis qu'il lui donnait une série de rentre-dedans. A présent, son hâle avait disparu. Jouer dans le midi, au soleil, au pays, y'avait que ça de vrai. Mais là, plus au nord, avec cette pluie de fin mai, ce temps qui ne changeait pas. Le crachin sur son visage tiens, un vrai truc réel. Le dégoulis sur sa tronche. Il vomissait maintenant. Il éructait des mots sans suite. Le quinzième jour arrivait. Le studio puait vraiment. Les étagères regorgeaient d'objets lui semblait-il totalement inutiles. Les cadeaux de sa meufe lui paraissaient dérisoires, et il les jeta. Il jeta également les livres que son père lui avait donné après le bac, les photos de famille dans leurs cadres Ikeas, les mêmes que Bruno. Il jeta les vieux sacs de sport qui contenaient les maillots échangés lors de matchs précédents puis se ravisa. Alors, il crut bon de mettre aux ordures tous les souvenirs de vacances, les Tour Eiffel, boîtes à musique, coquillages, réveil Mickey et Minnie, pantoufles Pikachu, masques thaïlandais, grill pain italien orange, débouche évier et des dizaines de bidons de poudre chocolatée protéïnée, ainsi que la serpillière pourrie et le sac de couchage dans lequel il traînait, faute de dormir directement dans son lit. Il fit le ménage. En deux heures, il était rasé, propret, avec un peu d'Axis et d'Harpic, tout était redevenu clean. Comme avant. Comme avant, il mit son costume à rayures Eden Park par-dessus sa chemisette bleue. Il partit pour le Cosmos. Six heures du soir. L'apéro, le pastis, un coup de soleil dans la tronche, un sourire de femme en passant. Fit glisser sa main droite dans ses cheveux. Il pensa à la jeune coiffeuse. Ralentit le pas en passant devant. Le salon était lumineux. Il vit les petites fesses serrées dans le pantalon noir. Il banda. Il pensa à Bruno. Il ne banda plus. Il monta dans le bus orange. Cédant sa place à un viocque, il vit que tout le monde, tous les passagers le mataient fixement. Puis des sourires s'esquissèrent. Puis les conversations reprirent. On parla du match. Alors c'est la belle demain soir, hein ? Oui, répondit-il au monsieur debout à ses côtés qu'il dominait de trente bons centimètres et qu'il essaya de fixer aux sourcils tout en souriant. Un portable sonna. Une voix féminine s'éleva dans le fond du bus orange. Sa meufe ! sa meufe ne l'avait pas vu monter. Le portable collé à l'oreille gauche, elle répondit avec ce même ton faussement enjoué qu'il lui connaissait si bien. Le ton qu'elle prit, en fait, il l’admit immédiatement, était le même que sur le répondeur, les centaines d'autres fois. Elle jouait sa petite comédie de fille fatalement bonne qu'à ça. Réservée aux mecs dans son genre. Chargée régulièrement de les faire décharger. Obéissant aux règlements, aux cycles, aux principes implicites approuvés entre le capitaine et elle. Le jeune homme soudain abattu. C’est Bruno qui est en train d'appeler la meufe sur son portable. Alors il descend un arrêt avant le Cosmos. En arrivant, les autres lentement se lèvent. Tu étais où ? demande Bruno. Le grand jeune homme lui met une droite puis une gauche puis un coup au foie. Le grand jeune homme le bloque de sa main droite à la gorge, la main comme une serre, un étau, bloquant la trachée, décollant la thyroïde. Les autres se précipitent. Le patron les jette dehors. Pas de ça chez nous les petits gars. Bruno se cramponne aux autres. Retenez-moi articule-t-il. Dégage vite disent les autres. Sa meufe, devenue son ex, pleure tout en le regardant, le rimmel dégueulasse, le fond de teint comme un flambi. Tout en le voyant reculer, les autres lui signifient avec les mains de dégager vers l'arrière. Le grand jeune homme recule vers l'arrière tout en fixant le visage ensanglanté de Bruno qui ne fait jamais la comédie. On a pas le temps. Il ne se sent plus hors jeu. Les autres, tout les autres, les potes et les passants, le regardent maintenant droit dans les yeux. Semble-t-il.


 

(c) Philippe Di Folco / Editions Denoël

par Di Folco publié dans : Quelques inédits
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Mercredi 26 septembre 2007
Il y a des matins comme ça : on ressent l'automne.
Un mail plein de ressenti y concourre.
Un malentendu ?
Quelqu'un qui se dit blessé, qui imagine que je fais allusion à des choses dont j'ignore tout.
Quel grand naïf je fais. Je suis transparent. Je n'ai pas d'ennemis.
Que des amis remplis d'âmes seules.
Entourés de singes hurleurs.
Un homme seul : il a tant de problème à régler avec le pouvoir.
Sa mission. Ses moulins. Sa triste figure si belle.
Et comme je l'aime au fond : sans rien en attendre. S'il savait que ces livres sont couverts de mes petites notes, de remarques idiotes... s'il savait que certains passent du temps penchés sur "ses pensées pas si bêtes" (JFB).
Mais il ne veut pas le savoir.
Il a peur d'aimer.
Il est entouré de taux d'intérêt portant des masques humanoïdes.
Il souffre.
Il paranoïde.
Il se trompe sur la définition du mot "ami".
Il n'a pas bien lu Ramon Llulle le catalan.
Et son ami Di Folco.
par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Mardi 25 septembre 2007
Dans la série, "Balzac revient, ils filment un mauvais plan" (très private joke !! ah ah !), l'autre jour, je tentais un point sur des productions cinéma dénudant au fil du temps, et progressivement, le corps humain, quand je suis tombé sur All women are bad, une bande annonce d'un film de Larry Crane (1969). Rhétorique du commentaire en apparence réac-puritaine à mort mais en réalité révélant une nouvelle forme de transgression, "une trame bien habile portée par la sexploitation. Ce mouvement cinématographique, né vers 1960-63, comprend des films softcore destinés à être joués dans les Grindhouse Theatres, aujourd'hui remis au goût du jour par Tarantino. Des réalisateurs comme Russ Meyer ou Andy Milligan en sont les dignes représentants" signale un pseudocaster ("Le missionnaire" !!) sur Daily. Le jeune, toujours trop rapide, oublie de rappeler Jack Hill et sa cohorte de "femmes en cage" qui participe aussi de la blaxploitation (dont The Big Bird Cage, 1972, chez Bach Film, avec Pam Grier et Anitra Ford !!!), produits dès 1963 par Roger Corman avec quelques sous de Coppola et Nicholson, tous potes de lycée. Ce site-là est plein d'exemples sexploitation, les résumés sont savoureux, surtout ici.

"Sur fond de constatations sexistes et très morales, All women are bad est donc surtout le moyen, pour les scénaristes, de saupoudrer de scènes de cul et de nu un film somme toute très chaste" ajoute Missionary Man.

Je suis moi-même en scène dans ce film : on me reconnaît perruqué et barbu, à genoux, agitant des plumes d'autruches... Pardon, regardons :






par Honoré de Folco publié dans : Photos & Vidéos
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Dimanche 23 septembre 2007
Pour une fois je parle d'une émission télévisée vue en différée, celle du 19 septembre 2007, du "Ce soir ou jamais" spécial Che.

Voilà. Après avoir avalé comme une soupe tiède les lénifiantes paroles du ministre de la Culture (oui, bon, elle est charmante, etc., mais attendons, attendons), on déplacera le curseur vers la minute 40' : brouhaha, phrases apprises par coeur, accents germaniques ici, espagnol là, gaucho de gôôôche enfin, oui ou hélas : à savoir, Hans Joachim Klein l'ancien terroriste spécialiste des catachrèses bavaroises, l'insupportable Clémentine ("j'ai la robe accordée à la couleur de mes yeux et c'est pas des lentilles empoisonnantes") Autain adjointe du Grand Vélib, Jacobo ("le Che invitait des écrivains étrangers à voir des exécutions d'opposants tout en fumant son cigare mais peu ont osé en parler") Machover réfugié cubain, Philippe ("je ne crois pas que mai 1968 ai réussi à changer le capitalisme") Raynaud philosophe vieux oui et alors, Xavier ("l'écoterrorisme c'est les multinationales qui nous font avaler des OGM  qui nous filent le cancer") Renou activiste maigre, Serge Quadruppani écrivain et traducteur et homme de gôôôche ami de l'éditrice ami de Mimitte - enfin, dans un coin, ou plutôt au coin, le jeune de service, Camille de Toledo, un écrivain, encore un et avec des cheveux plein de mèches.

Il faut donc écouter très vite (un "sample"), les logorrhées, les récitatifs, les concepts cul-de-sac, les confusions capitalisme/néolibéralisme (et Renou aurait fait Siences Po ?) incessantes, mais si ce n'était que ça...

Comme le relève si bien Berlol, soudain Camille de Toledo, vers la minute 50, je ne sais plus, dit d'une petite voix : "Vous êtes fatigants, mais ce que vous pouvez être fatigants..."

Il tend la perche au couple Renou-Autin qui balance un "mondain ! ", un "Versailles !", un "poésie !"... et c'est le mot de trop !

Toledo est beau quand il rétorque, en substance, que de lire, de s'intéresser aux livres, ça c'est sans doute révolutionnaire... mais, croit-il utile de préciser, pour lui, pour sa personne, voilà ce qu'il dit : en gros, il rappelle que c'est d'abord sur soi qu'il faut tenter la révolte.

En même temps, je suis très triste pour Camille : il le sait qu'on ne peut rien attendre d'un show télé, même situé au-dessus de la merdasse cathodique en cours, show qui rappelle parfois feu "Droit de réponses" (mais alors version clubbing avec un Polack transfiguré en Vlad Dracul, vif, crochettant, comme éternellement jeune), il le sait, il a lu tous les livres, même tardivement, on va pas lui ressortir son Debord... mais il se lance, Camille, et frappe fort tout de même : quand il en appelle à la discrétion, aux effets de marge, aux petits bonds. "Eh ! bien justement la poésie !" Et Albanel, blanche colombe violée à Cannes, de dire quelques minutes plus tôt dans son tête à tête super cool avec FT : "Eh ! bien la subversion se serait justement de faire aujourd'hui une comédie à la Frank Capra..."

Je me souviens bien des Frank Capra : je les regardais au "Cinéma de Minuit" présenté par Patrick Brion qui avait un peu la voix en plus fluette de Camille de T., quelque chose de l'ordre de la discrétion (il semblait que son introduction qui commençait invariablement par "dans ce fiiillmeuh" et se terminait pas un point de suspension suivi d'un point de suspension suivi d'un générique annonce sublime de la 20 Century), je les regardais dis-je et je pleurais souvent à la fin. Pourquoi je pleurais à la fin, des larmes sans doute faciles de jeune con, oui, peut-être, mais en réalité, il s'agissait combiné à la fatigue, à la masturbation, au fait que j'étais à deux mètres du petit écran, d'un progressif et émergeant sentiment de désenchantement : dans la Vie est belle, on se souvient de Stewart qui courre partout, grand et élastique, il est "heureux d'être au monde" à nouveau, il est réconcilié, voilà, c'est 1945, super, la guerre est finie, un truc comme ça. On va tout reconstruire, y compris la grammaire des sentiments et en finir avec la haine de soi et des autres. Baruch Baruch quand tu nous tiens pas la queue...

Camille de T. n'avait rien d'un utopiste ce soir du 19 septembre. Il est bien trop lucide pour ça. Je suis certain qu'on ne le reverra pas de si tôt dans le petit écran. Dernier essai ? La prochaine fois, on ne sait jamais, il pourrait se mettre à lever une insurrection : en appeler à lire Pierre Michon par exemple ou Marcel Cohen ou encore Jean Paulhan. Un truc de fou : où il faut maintenant s'excuser d'être "avec les livres", de n'être bon qu'à ça. C'est pas rien.

Le titre du 3e livre de Camille de Toledo  : Vie et mort d'un terroriste américain, chez Verticales (merci à cet éditeur-là de continuer à ne pas m'envoyer de SP, ni de bombes).

par Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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Mardi 18 septembre 2007
Ahhhhhhhhhhhhhhhhh ! Wikipedia terminato, finita la comedia, tabula rasa, et basta ! Je viens de passer trois heures à créer ex nihilo une notice pour mon cher François Di Dio, mon père dans l'édition (totalement oublié sur ce site qui préfère consacré dix pages à un personnage de jeu vidéo !), et voilà que je tombe dans une sous-branche, un cul de basse fosse, intitulé "Bistrot" où se pratique la délation, oui, la délation façon Brazil revu par des gueules d'anges à la Hotel California ("You can never leave !"). Tout ça pour avoir créé ici et là des liens en rapport avec mes bouquins : tu sais lire, eh, ducon ? Non mais je rêve ! Et c'était signé : Rémy Mathis. Tu cliques sur ce Rémy malsain des Chevreuses (ou de plus loin, vu le blaze) et tu découvres un véritable autopanégyrique où il parle de lui à la 3e personne, étale ses diplômes des Chartes, se qualifie de "gentil"... après avoir écrit dans le Bistrot en question, un rade de tarés assurément où l'on ne boit pas que de l'eau, "Bof, c'est généralement des livres en rapport avec le sujet. Tout n'est peut-être pas utile en biblio mais ça ne vaut pas des reverts systématiques : il est bon de voir au cas par cas si on vire ou pas. Et puis, ça montre l'influence actuelle de WP, si un auteur se croit obligé de se faire de la pub en rajoutant des bouquins partout sur le site . Ce qui m'inquiète plus, c'est qu'on puisse publier à la fois sur Tunis, sur les piercing, sur les canulars littéraires, etc., etc. : soit cet homme sait tout, soit il ne doit pas aller très en profondeur dans ses recherches... R M 4 mai 2007 à 11:45

Eh ! Rémy, le prochain s'appelle FIGHT, lutte et boxe. Dans ta sale gueule virtuelle tu vas le prendre ! En tous cas, fini les dons en termes de temps-services passés à corriger leurs conneries, leurs oublis. "Mais on est passé derrière toi..." répliquera DocteurCosmos avec son éternel smiley. Les wikipétasses et les wikifachos ont de l'avenir : prochaine étape, on supprime ma notice perso ? On se croirait dans Hypérion (pas d'Hölderlin, l'autre). C'était écrit. Moi je préfère rester Citizen Data et je vous emmerde. Na !

Je suis sûr que tu seras d'accord avec moi, Calvus Nikita ? Un peu ? Fais pas le traître...
par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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