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Vendredi 14 juillet 2006



Femme sans 2 sous dessous

... c'est une fable

Dans l'habitacle vide
entre
la femme
entre la femme entre
sans dessus sans dessous
la femme entre

femme par le dessus tout
clé de solution le faire
faire dormir réveiller
une silhouette lasse
femme que le tout réveille
dors lasse
dors silhouette
par dessus tout lasse lasse
lattitude lasse faire

Femme sans dessus dessous
femme dans le grand désert
dune vivante par deux
par dessus les dunes sein
d'une vipère douce et
vipère bleue par le vent
habillée de sable chante

De sable chante
billes de micron quartz et
soleil plaqué au poitrail
dessert femme avec du vent
s'il vous plait avec du vent
mon sexe houe va dénude
les secrets du sel noir qui
commence toi lui dis-je

Nos bleus beaux coups du hasard
désir de temps quartz intègre
immobile d'une femme
silhouette bleue silence
femme par le dessus tout

(et je pensai celle-là
(femme dans le grand désert
(femme sans dessus dessous)
femme bleue) et je pensai
à cette femme en deux
dessus dessous femme sans
que mes cent sexes dénudent
le secret du sel noir par
mille flancs amers des dunes
roses auxquels nos flancs
s'égratignent les tranchées
O toi loutre lumineuse !)

Regardant
sa fixité
or ruse
rêve que je te rêves
tu rêves que
fracture rouge
trace terre
regard


cette âme aime
cet à même amour
sans dessus dessous



1992 - Après avoir vu Tilaï, film d'Idrissa Ouedraogo (1989)


 
par Phillipe Di Folco publié dans : Quelques inédits
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Samedi 1 juillet 2006
28 juillet 2006
Viens de terminer la réécriture de mon prochain essai, intitulé pour l'instant Les grandes impostures littéraires, mais je préfèrerai Trafic de livres. Il sort le 1er octobre. Personne n'en parlera, c'est comme ça. La chaleur donne des idées et la force d'écrire, voilà que vient de m'apparaître aussi un nouveau projet de dictionnaire inédit, après une semaine de tergiversations, faut se lancer. Au moins ça qui pousse dans mon désert... Je vais devenir la Bernadette Soubiroux de nos misérables lettres gauloises, le François d'Assise du Quartier latin, le connard de service quoi...


25 juillet 2006

J'ai mis en ligne ma première nouvelle inédite de SF... Les avis sont bienvenus. Pas évident comme genre. Demain sort un film avec Al Pacino !!!!

19 juillet 2006
Encore un "peu ou prou" (car on est jamais sûr de rien avec ces figures-là !) de métalepse : A Cock & a Bull Story (M. Winterbottom, 2005), film inspiré du "roman" du révérend Lawrence Sterne, La Vie et les opinions de Tristram Shandy. Film sur le tournage d'un film qui adapte délibérément "à côté ou dans les marges" un monstre littéraire assurément inscrit dans le paratexte (page noire, éclairs, zigzags, ellipses bizarres, double voire triple sous-entendu à caractère sexuel, etc.). Il semblerait qu'aucun cinéaste n'ait jamais osé se filmer soi-même en train de tourner un film de fiction : Truffaut s'appelle Ferrand dans La Nuit américaine, Fellini est Marcello/Guido dans Otto Mezzo, Vincent Dieutre est juste "Vincent" dans Mon Voyage d'hiver... Comme si se filmer soi-même confinait juste au documentaire et non à la fiction avec des morceaux de sa vraie vie dedans. Un genre épuisé (et épuisant) en littérature, mais peu exploré au cinéma, non ? Un grand cinéaste français d'aujourd'hui comme Baffie saura y venir...

18 juillet 2006
En attendant de lire enfin Bardadrac, l'inattendu (le bonhomme a 76 ans) récit fragmenté "à caractère autobiographique et fourre-tout" (mais, sait-on jamais avec lui...) de Gérard Genette, ai englouti avec une jouissance textuelle rare (je veux dire, en quelques heures, crayon en main), Métalepse (Seuil, 2004), son dernier essai. Une métalepse est une figure narrative qui consiste à renverser les liens de causes à effets pour produire un nouveau sens : une permutation proche de la métonymie, de la mise en abyme, de l'enchâssement difficile à distinguer sans exemple. Or l'ouvrage en fourmille et des plus inattendus, empruntés au cinéma, au théâtre, bref nous voilà un peu loin du littéraire poussiéreux. Comme pour tout trope issu de l'analyse rhétorique du Texte, ça a l'air compliqué, mais avec Genette, fin limier et esprit frappeur, ça prend l'allure d'un jeu vivifiant pour nos neurones engourdis par la canicule. En fait de chien-chien, on est avec GG tour à tour lecteur-suiveur puis lecteur-acteur et enfin lecteur-actant. Je ne demande pas grand chose à un essai ou à une fiction, juste de me remuer, de m'ekciter. Pas grand chose... A ce (rare et beau) jeu là, on découvre qu'il y a donc des conduites métaleptiques, une illusion "consistant à recevoir la fiction comme une réalité, et pour contenu le franchissement illusoire de la frontière qui les sépare" (et des pensées métaleptiques ? du genre de celles qui nous traversent circulant dans Buenos Aires, se prenant tour à tour pour Borges, ou Cortazar, qui se prendrait pour un guerrier aztèque qui se prendrait pour un motard ??). On aura pensé à Woody Allen (La Rose pourpre du Caire...) mais voilà que la Sublime Inès me recommande de regarder le DVD d'Yvan Attal, Ma femme est une actrice (2001). On se souvient qu'Yvan Attal y est un Yvan journaliste sportif, et Charlotte Gainsbourg "as herself", enfin son nom propre restant caché : nous voici sans doute pas totalement mais presque dans la métalepse, le tout au service d'un film juste, fin et généreux. Donc, pendant l'été, lisez des pépés, c'est plus frais.

12 juillet 2006
Il Maestro ZZ... On aura tout dit sur le coup de tête, l'ultima gestiura, il sublimo, etc. Donc on peut être un peu chauve, retenu, voire timide, rarement emporté, suant comme dix, et être sacré champion du monde malgré tout : TANT MIEUX ! Méditons là-dessus, amoureux du calcio ou pas. Vue de Bon Air, la finale permet de relativiser l'enjeu. On y était. On en était. Sursaut, rupture. On a manqué de foi au début. L'équipe métissée, plus brésilienne que le Brésil au fond, why not. Notre image à l'étranger : ouverture, tolérance, dynamisme. Mais nos politiques qui merdassent comme partout. Et toujours El Pueplo qui parle à travers ses jeux de jambes, ses coup de têtes, ses "chuutttt" face aux cris racistes, le peuple qui manque et qui soudain devant le poste PARLE. Je ne connais rien au foot mais j'ai eu mal au ventre le 9 juillet. Il était 15 heures à Bon Air, le temps là bas aussi était suspendu au regard vert de ZZ. Au fait, ai visité le stade situé derrière la Boca, là où Maradona (ci-contre >>) a débuté... J'y suis allé à pieds, quittant el Caminito, les échoppes multicolores à touristes. En chemin, une prostituée édentée m'a demandé l'heure. Je lui ai offert une cibiche, ça coûte 5 cents ce machin-là. Sur un mur blanc, la liste d'une vingtaine de disparus, enlevés pendant la dictature. On aurait dit les noms d'une équipe de foot contemporaine : des Levy, des Battista, des Di Patria, des Sanchez, des Norstein...

11 juillet 2006
Retour d'un court voyage de 5 jours à Buenos Aires. Intraduisible sentiment (partir, respirer, revenir, trouver Paris tout petit...). En attendant, voici deux peintres argentins que j'aime, le premier est exposé au Tiendamalba (un musée d'art comtemporain privé imaginé par deux personnes âgées chacune de 25 ans) et le second est assez méconnu par ici, il me semble :

  • Xul Solar :


















De son vrai nom Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari (1887-1963), loué par J. L. Borges (l'un des rares peintres aimés par le Divin Aveugle). Rétrospective en ce moment même à Mexico. On en reparle ici plus tard. 
  • Florencio Molina Campos :

















Ici pour une publicité des calendriers Alpargatas, les espadrilles de notre sud-ouest qui donna tant à l'Argentine. Un artiste étrange (1891-1959), assez inclassable, au style pseudo naïf, possédant un univers unique, jadis courtisé par Walt Disney (un projet intitulé "Los Tres Caballeros" ?), obsédé par l'univers Gaucho et Pampa, acide, comique, recréant des ciels vertigineux.

04 juillet 2006

Une rose a fané et dans l’aéroport

quelque larmes versées sur le mauvais sort

nos corps séparés malgré tout nos efforts

nos rêves retardés par ce curieux envol

par ce curieux envol

 

où es-tu, mon amour ?

à Tunis où il pleut

que fais-tu, mon amour ?

tu promènes tes yeux

tu promènes tes yeux...

(c) Barbara Carlotti


02 juillet 2006
Il existe des solutions pour tout, même contre les bruits urbains. Paris en juillet et les touristes et la chaleur et la poussière et les fenêtres ouvertes et la télé à fond et... puis quoi encore ? La fuite ? Quelques solutions bien pesées sont offertes par Jean-Christophe Napias, mystérieux promeneur parisien, dont on dit qu'il ne se rase que tous les trois jours : c'est dire l'économie du bonhomme ! Son cadeau bartlebyen : Paris au calme (Ed. Parigramme, 12 euros seulement !). Une centaine de petits coins tranquilles révélés ici : parcs reculés, îlots de verdure, arrière-cours, ruelles désertes... Seuls hic : quand on offre au tout venant de tels diamants de silence, il faut s'attendre à les voir dérober par des cohortes de chercheurs ayant les mêmes besoins. On dit que Napias aurait garder par devers lui quelques adresses sécrètes. On a chacun son Paris désert. D'abord celui de notre enfance. Et puis en grandissant, quelques espaces miraculeusement épargnés. On n'ose même plus s'y attarder, de peur d'en bousculer les équilibres, les lois secrètes. Sémiologie et grammaire de la Capitale trouvent ici l'un de leurs meilleurs analystes. Sachons en faire bon usage.
par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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