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Lundi 28 mai 2007

Le quotidien Le Parisien dans son supplément « Argent » du lundi 28 janvier 2007 propose un dossier sur Second Life. Deux pages pour (plutôt bien) résumer l’essentiel : une plate-forme web en 3D, un territoire virtuel possédant ses règles où l’on a droit de « vie » après avoir acheter un bout de terrain. Le droit de visite y est encore libre. Créé par un Californien à la fin des années 1990, ce nouveau terrain de jeu économique peut aujourd’hui étonner par ses dérives mercantilistes (les multinationales s’y ruent semble-t-il). Point s’en faut. Le côté épicier était inscrit dans les fondements mêmes de cette culture que l’on appelait de tous ses vœux à la fin des années 1980, à travers la charte des communautés virtuelles émergentes, qu’elles soient issues de la Silicon Valley ou du Minitel (souvenons-nous des 36-15, etc.). En 1993, Howard Reingold publiait The Virtual Community – Homesteading on the Electronic Frontier, remarquable essai (Addison-Wesley) dans lequel il réinscrivait les notions de jeux de rôles et de masques, de café du commerce électronique, de boutiques virtuelles et autres sites de rencontres dans la lignée du Whole Earth Catalog. Publié à la fin des années 1960, ce catalogue, énorme pavé, réservoir de produits « contre culturels », a depuis été mille fois copié entre autres par Habitat, Trois Suisses, Colette, etc. Le WEC était déjà un business. Une autre façon de faire de l’argent avec des produits différents. Un style de consommation pour des gens qui s’estimaient mal à l’aise face aux modes de vie standardisés. Et puis il y a eut les Sims. Un jeu. J’aime bien les ouvrages que l’auteure française Chloë Delaume produit autour des Sims. A part elle, peu d’auteurs s’approprient ici ou là cette question. Là encore, pas de pause néobaba, peace & love ou altermondialiste hypocrite. Second Life ne peut survivre que parce qu’il y est question partout d’échanges monétaires, les Sims en réseau, idem. La question n’est pas de proposer du savoir mais du pouvoir : ce que refuse de voir nos politicards et nos théoriciens franchouillards, la belle question du pouvoir : où en est-on ?  Vous voulez une audience, un titre de propriété, une vitrine, vous voulez vous vendre vous ou vos productions, allez sur Second Life. Plus besoin de louer une boutique à Manhattan ou rue du Faubourg Saint-Honoré. Les stocks ? Chez vous. Les frais de personnel ? Oubliez. Les impôts et autres taxes ? Vous dépendez des lois fédérales américaines et des règlements californiens, très cools, forcément, très cools. Après les vagues de délocalisations, on assistera sans doute à des tentatives de virtualisation des espaces d’échanges commerciaux. Les écrivains y ont leur place. Ils peuvent s’y rendre, louer ou acheter un espace, proposer leurs textes publiés ou non,  pousser une gueulante ou lire un extrait de leurs travaux, rencontrer d’autres avatars, se faire passer pour Umberto Eco ou Jonathan Little. Je me demande si à la longue Wall Mart, première entreprise mondiale, n°1 de la distribution tous produits confondus, n’aurait pas intérêt soit à racheter Second Life soit à créer un Second Wall Mart. On y trouverait quelque part, entre deux rangées de pixels de tomates, le Whole Earth Catalog en 3D bien sûr. C’est génial : je veux un truc, j’ai qu’à appuyer sur les boutons adéquats. Un jeu d’enfant. Second Life permettra bientôt à tous de se réapproprier son enfance perdue. J’espère qu’ils ont prévu des outils de contrôle très puissant afin d’éviter les actes terroristes, les sabotages, les virus. Quant à savoir si tel ou tel produit existe de l’autre côté, tout au bout de la chaîne, tout ça n’a plus aucune importance.

par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Dimanche 27 mai 2007
Depuis que D. nous a confectionné un des ces (bons) dîners où pas un gramme de prothéine animale n'y baignait, que certaines voix affirment non sans preuve statistique à l'appui, "les dangers encourus par la planète du fait que l'élevage pomperait 70% des ressources en eau, souillant les nappes, et accaparant en énergie dix fois plus de calories qu'un simple champ de poireaux pour un bénéfice alimentaire égal sinon inférieur, et surtout, depuis que l'on m'explique qu'il y a encore trente ans, on mangeait en France de la viande en moyenne trois fois par semaine (contre une consommation quotidienne en 2007), depuis donc, je tente de me persuader à manger moins de viande. Mais c'est pour mieux me jeter sur un steak saignant dans la foulée, un peu comme ce fumeur qui dit alentour, "j'arrête, mais oui j'arrête, j'ai réduit ma conso à 10 tiges...", et qui, le soir même, se grille un paquet entier, juste après un confit de canard et une salade aux lardons. En parlant de litière et de salade... Répugnant ce cadre moyen, là, juste à côté de moi, à midi trente, qui enfourne dans son gosier des pelletés de chicorée (vendue en sachet confort préalablement irradié afin d'en prolonger la fraîcheur). Il la mâche sa salade (des litières de verdures où s'égarent des pousses de maïs). Un bovin, un broutard, une machine à caguer de la bouse. Il est un peu gras du bide. Son costume noir (Zara, 60 euros) ne parvient pas à allonger sa ligne ; on gardera de cet animal social, obéissant, ponctuel, appliqué, attentif ensemble, soumis, régulier, l'image terrible de son profil carnassier ouvrant sur un opercule rouge qu'une purée verte le temps d'une goulée de chlore, obstrue. Rien ne l'étouffe. Il en avalerait sa serviette en papier. Il me donne envie de manger des abats. De postillonner. D'éructer. D'être une bonne grosse bête. Oui, mais alors pas un mouton. Parfois, je ne trouve rien de plus obscène qu'une bouche qui mange en public. De fait, de moins en moins de monde dans Paris le soir. Désertification. Replis dans son chez soi. Derrière ses persiennes on peut (encore ?) être persan.
par Di Folco publié dans : Le goût du goût
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Lundi 21 mai 2007
Un peu de Taxi Girl : Paris (1984) et  Aussi belle qu'une balle (1986)
et enfin,
Daniel Darc avec Je suis déjà parti (2006).








par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos
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Lundi 21 mai 2007
Dans la série "conseils des morts aux vivants", Mazarin s'adresserait à Sarkozy en quels termes ? Le réponse se trouve peut-être dans la réédition du Bréviaire des politiciens (Arléa, 2007), un mémoire écrit en latin par le cardinal de Mazarin (Giulio Mazarino, 1602-1661), et  tout particulièrement avec les préceptes suivants qui me semblent coller aux futures fonctions de notre "jeune" président :


1/ Simule.

2/ Dissimule.
3/ Ne te fie à personne.
4/ Dis du bien de tout le monde.
5/ Prévois avant d'agir.

Qu'il "aie donc toujours présents à l'esprit ces cinq préceptes" !

Mazarin développe finement le 5e item :

Et aussi de parler. Car il y a peu de chances qu'on déforme en bien ce que tuas dit ou fait, sois convaincu en revanche qu'on le déformera en mal. Attention : en ce moment même, quelqu'un - que tu ne vois pas ! - est peut-être en train de t'observer, ou de t'écouter.

A sa mort, Mazarin a laissé une fortune estimée à plus de 30 millions de livres de l'époque (10 milliards d'euros selon son biographe Claude Dulong), ce qui le plaçait parmi les 10 hommes les plus riches d'Europe.
par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Dimanche 20 mai 2007
Le site E-dito propose depuis quelques jours aux internautes de publier leurs "Je me souviens". Vous pouvez découvrir ceux de Thomas et Gilles Schlesser, Antje Kramer, et les miens. Voir la page ici.

G. Perec (1936-1982) raconte qu'il a emprunté cette technique énumérative, à laquelle je souscris benoîtement, au poète américain Joe Brainard (1942-1994).

La mémoire assaisonnée de petites piqûres brèves revient alors nous ensorceler, nous reprendre, en une sarrabande délicieuse et parfois cruelle.

Quelque chose a fuit. A jamais. Nous restent les ritournelles.
par Di Folco publié dans : Trier - penser - classer
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