Accès direct à...


> ACCUEIL  de ce blog
> Les écrits publiés (par genre)
> Les livres en LIBRAIRIES
> Signatures / agenda
 
MES NOUVEAUX LIVRES !!

undefined


Un problème de manuscrit ?
Cliquez ici :Logo-Web-Ateliers.JPG




W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Mercredi 30 avril 2008


J'ai depuis longtemps coutume de me rendre dans des endroits morts. Le Carrefour est de ceux-là : une dizaine de tables, toujours vides ; un sol carrelé jaune immaculé ; et toujours une personne derrière le bar, généralement une dame âgée. A la fin des années 1980, j'allais Chez Julienne, petit bar de la rue Dauphine tenu par Andrea, on y servait du bon vin et étions certains de ne pas nous faire emmerder. Le Carrefour possède quelques bons jus de raisin. Récemment rafistoler, la devanture sombre ne donne pas envie d'y rentrer. De même, ces rideaux en vieilles dentelles. Le bar est mastoc, aucun charme, si ce n'est le marbre, mais que je trouve un peu haut. Au plafond, d'horribles loupiotes crachotantes et quelques appliques sans charme finissent par conférer à l'atmosphère du lieu un je en sais quoi d'outre temps. Les cafés morts disparaissent du quartier. Rien à voir avec les cafés mornes ou les cafés maures. Il y a aussi les cafés qui mordent, pressés de "changer de service", de vous voir expédier votre express, de vous ficher le stress, le blues, la haine. Le Carrefour c'est la paix à quelques minutes de chez soi, une extension possible du temps d'écrire.

par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos communauté : L'écriture comme antidote !!!
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 29 avril 2008


La sieste des pieds tous les jours aux alentours de 14:30. Elle dure une demi-heure. Rien ne peut l'interrompre, pas même une photo. Le vert du rebord du canapé, de la semelle des tongs brésiliennes et de la nappe de la table dont on aperçoit juste un bout, le vert est partout. Pas un bruit. Chaleur d'été. Aucun livre posé sur le sol, hors-champ. Bien sûr dans ces moments-là, on pense à l'odeur des pieds. L'odeur du cuir aussi. Et du caoutchouc. L'odeur du tabac froid. Et du déodorant. L'odeur de la cuisine de la voisine (ail, persil, beurre...). Etonnante ombre des tongs : comme une présence se glissant depuis sous le canapé. Sophie Salle se lave-t-elle les pieds ? Valérie Méjère a-t-elle des poils aux pattes ? Que de pensées profondes soudain... Il faut se lever, et plus tard se laver.

par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos communauté : L'écriture comme antidote !!!
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 29 avril 2008


Katarina Karneus chante "Ich bin der Welt abhanden gekommen" composé par Gustav Mahler en 1902
sur un poème (Lied) de Friedrich Rückert.

Spéciale dédicace à Hélène Mante pour son "assurance" face à l'article (de la mort, bien sûr !).

par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 18 avril 2008

 

Tribulations d’un joyeux pubeux :
si la plupart des scènes de ce livre
très drôle se déroulent en plein
cœur de Manhattan, on est ici bien
loin des clichés colportés par les séries
télé ou le cinéma. Subtil roman,
jouant sur les registres de l’invraisemblable
et du catastrophique où peu à peu émerge
l’une des vies possibles d’Augusten,
qui constitue un grand moment
d’anthropologie urbaine.

 


La "pensée magique", c'est, pour aller vite : "être persuadé que penser quelque chose c'est comme faire la chose". Autrement dit : prendre ses rêves pour des réalités (comme on le fait dans la pub où le narrateur travaille comme indépendant), et risquer de se retrouver piégé à tous moments de la journée dans des situations banales, qui, de malentendu en quiproquo, tournent à l'impasse (et parfois emprisonne l'individu dans des scénarios à double contraintes). Le moment le plus tordant de ce livre est sans doute celui intitulé « Les exigences de Debby », situé au tout début : le narrateur recrute par l’intermédiaire d’un ami, une aide ménagère, une toute petite femme, une cinquantenaire d’abord souriante et énergique, qui se révèlera vite un véritable tyran, aux mil et un sadismes : il faudra longtemps à Augusten pour dire "non" à cette mini-vampire du plumeau. A chaque fois qu’Augusten se prend les pieds dans le réel (entre autres quand les questions d'argent émergent), ce qui donne lieu à d’irrésistibles scènes burlesques, il réagit avec un certain temps de retard : mais en définitive, plus pervers que lui, tu meurs. Lors d'un chapitre qui constitue une pièce d'anthologie du genre, se pose la question du comment se débarrasser des appels téléphoniques promotionnels visant à vous refourguer ce dont vous n’avez nul besoin. La leçon ici vaut pour chacun d'entre nous le détour ! Outre de facétieuses anecdotes emballées sous étui pratique et prêt à l'emploi, ce roman composé de fragments revient parfois, non sans quelque nostalgie mais débarrassée du pathos, du "c'était mieux avant", sur le passé, sur l’enfance : Augusten voulait être mannequin, le voici lors de la scène primitive, quand déboule dans sa petite ville de la Nouvelle Angleterre, où le temps semble s’être figé, une équipe de tournage publicitaire. Le désenchantement ne sera pas là où on le croit : l'enfant qui voulut être roi finira par retenir la leçon du "spectaculaire" :  la télé convoque là encore la figure du vampire, comme aspirateur à idéaux. Entre écriture de soi et fausse autobiographie, Burroughs, dégagé des afféteries d’un Armistead Maupin (au point que la sexualité d'Augusten importe en définitive peu et ne sert pas d'étendard politiquement correct), livre ici des documents, par plan-séquences, de son passé lointain ou immédiat, en une écriture très réjouissante et parfois cruelle comme on peut l’être sur la côte Est : il est, en l'occurence, impitoyable avec ses congénères californiens qui, avouons-le, fatiguent le monde avec leur superficialité érigée en vertu. Page après page, il s’amuse à redéfinir le rôle ambigu de l’écriture quant elle permet de dire « qu’est-ce qui a bien pu arriver pour que j’en sois là ». Simultanément, l'auteur, qui joue ici sur plusieurs plateaux (roman ? autofiction ? analyse ? confessions ?), aura mener un singulier travail de "tourneur halluciné" au sens où l'objet qu'il façonne au fil des pages ne présente pas au regard du lecteur les trous taraudés dans le sens attendu : pas moyen d'y enfoncer nos certitudes et de les y visser pour solder le montage psychologique classique. Déroutant, le portrait que tente de lui-même Burroughs ne cesse d'interjeter une question sans réponse, plus sourde, presque angoissante. Schizo, Burroughs ? Pas si simple…

 

Augusten Burroughs, Pensées magiques, trad. de l’américain par P. Rouard,
Editions Héloïse d’Hormesson, 290 p.

(c) Chronique partiellement publiée dans TGV Mag avril 2008

par Di Folco publié dans : Rapports de lectures
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 17 avril 2008

En réponse aux sollicitations de milliers de mails, voici une photo de mon bureau d'écrivain. A cet endroit furent écrit les incroyables livres que l'on sait (mais l'on ne savait toujours pas "où" : voilà qui est fait). Pour décrire ce bureau, sans doute faudrait-il plusieurs heures d'observations et d'anotations. Le temps d'épuiser cette image, la scénographie évoluerait, la chose est donc impossible ; en réalité, on ne peut décrire instantanément  un bout d'espace intime sans  figer ou geler le temps et les objets. Je peux quand même dire que la tasse arlequin, que l'on voit à droite, est l'objet indispensable par excellence, car elle contient du thé, véritable carburant pour le cerveau : dès 7 h du matin, elle se remplit du précieux brevage  ; tout aussi précieux le cendrier mauresque où gisent une dizaine de mégots ; mais aussi la lampe année 1985, sans laquelle ma vue s'amenuiserait... et il me semble que le crayon, le papier sont utiles aussi, sans parler du PC (qui parfois reste allumé, tandis que je remplis de lignes  de mots des feuilles A4)... enfin bref, pour obtenir les conditions du vrai, et donc de l'écriture, voici cette image du bureau contenant tous les objets indispensables à la matérialisation des textes. Ce bureau n'a rien d'original, il ressemble à quantité de bureaux. C'est une image pauvre. Ces prochains jours, nous nous contenterons de mettre en ligne des images de plus en plus pauvres, issues de la maison. C'est passionnant d'être ennuyeux.

par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander

ALBUMS PHOTOS

Partenaire !

Cliquez ici pour recommander ce blog

undefined
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus