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Jeudi 20 avril 2006

Le vieillard de 40 ans et les DVD

 

 

La chaise jaune du café mouffe branle sous ses fesses

Elle l’appelle bitenberne (See Line Woman)

Ou bien tamalou – elle, c’est Nina

Il tente de ne plus regarder les arrières

De ne plus éprouver la douleur sucrée des tubes

Souvenir de l’enfance (Mother I Hate U)

Il croise ce qu’il aurait pu être du être était ne sera plus

La mode expliquée aux incultes

Elle lui rappelle sa bite roide

Chaque soir chaque matin

Abraham engendre milles monstres

Il tente de prétexter des maux (encore, le Verbe !)

Les feintes sonnent creux au fond du ventre mou

Elle est parfois (re) belle – le désir le suspend !

Il sent le vieux chien (sous ses bras)

Ses poils blancs envahissent des terres lasses

Ses dents foutent le camp (son pouls s’emballe)

Il boite parfois sa bite sous le crâne (boum boum)

Certaines places érigent des colonnes il se sent agressé

Chauve sourit au printemps rouge (tâche de sperme)

Les filles n’ont jamais… insolentes raies des culs énormes !

Les mectons si cons (rien à foutre)

Elle le spell on you (See Line Woman)

Il la maudit aussi

Assurer reste sa mission dernière Guy L’Eclair

Défaillir l’interdit majeur

Ne plus pleurer ne plus devoir s’émouvoir

Sans passer pour un minable dans la rue bleue

Soon take to the Water (Closet)

Souvent tout paraît plus simple

Les objets revendus en masse

Il reste seul alors au milieu d’une pièce vide

Saisi le silence se fait mais Paris rétrécit

Poker menteur

Bandant pour rien il s’exécute

Danse au milieu des morts mnésiques

Loth engendre des Anges

Aux rythmes des années 80

Soft Cell Triangle isocèle

Electro choc

Il se réveille plus tôt pour l’IRM

Se gratte les couilles toujours plus basses

Ne lui dit pas je t’aime

Courir nager suer ?

Elle ronfle à ses côtés endoloris

Le lit défoncé un moustique l’été

Ils s’éprenaient s’éperonnaient jouissaient criaient

Une dernière fois ?

Demain elle exigera sinon la pension la passion mettra la pression

Lui brandira la démission la débandade

Les cafés l’accueillent de plus en plus souriant

Amer le fond de tasse le fixe

Saul de Tarse engendre la Verge et le Vagin

Tourne indexe les minutes restantes

La caresse d’un bras une cuisse nue la commissure

Tout recommence

Redevenir une légende

Avant la dernière seconde

La chaise jaune du café mouffe branle sous ses fesses

Dégage tu te dégoûtes !

Vite !

 

21/04/06

par Phillipe Di Folco publié dans : Quelques inédits
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Jeudi 13 avril 2006

"Vous n'avez pas fait d'enquête sur un problème, et on est trop brutal ? Non, pas du tout. Du moment que vous ignorez le fond du problème, faute de vous être enquis de son état actuel et de son historique, vous n'en sauriez dire que des sottises."
Mao Ze-Toung, in Contre le culte du livre, mai 1930


Livre 1
LQR : La propagande du quotidien
Eric Hazan dirige une petite maison d'édition militante appelée La Fabrique, il était l'héritier de Fernand Hazan mais un jour, on l'a mis à la porte. Il a donc édité L'Edition sans éditeur, puis Le Contrôle de la parole d'André Schiffrin (2005), un auteur éditeur qui a subi aux Etats-Unis le même sort qu'Hazan. Ce n'est pas un hasard si Raison d'Agir, la maison d'édition créée par Pierre Bourdieu (1930-2002) qui publia Serge Halimi (Les Nouveaux chiens de garde) permet à Hazan de développer une étude non seulement sur la concentration en quelques mains de tout l'appareil médiatique français mais aussi de forger une thèse originale : la LQR. C'est quoi ? La Lingua quintae respublicae est un jargon qui nous bassine l'esprit depuis en gros la fin des années 1960. Elle est constituée d'euphémismes, de dénégations, c'est-à-dire de modérateurs, de faux-amis, de mots globalisants, soporiphiques qui ne disent pas le réel mais impriment des masques sur l'ensemble des vrais problèmes socio-économiques afin de mieux  "contrôler le quotidien" et ses dérives possibles (les manifs anti CPE mais aussi les révoltes de 1995, de 1987,etc.). En réalité, on risque tous l'uniformisation de l'économie de nos désirs, la pérénité des inégalités, une sorte d'apartheid rampant entre riches toujours plus riches et moins nombreux et pauvres innombrables. Ouvrage salutaire, non jargonant, très documenté, implacable. Et ça se passe en France !

Eric Hazan, LQR, La propagande du quotidien, Raisons d'Agir, février 2006, 6 euros


Livre 2
Au-delà de Blade runner Une note dit : "Mike Davis s’était fait connaître il y a quelques année avec la publication d’une étude stupéfiante (City of quartz, La Découverte, 2000), où l’auteur analysait le devenir sécuritaire et la ségrégation sociale et raciale à l’oeuvre dans le déploiement sans fin de la métropole de Los Angeles. Ici, voici un texte court et incisif (en réalité un long chapitre tiré d’une vaste étude sur « l’écologie de la peur » - Ecology of fear, Metropolitan Books, 1998)" intitulé Au-delà de Blade Runner Los angeles et l'imagination du désastre qui constitue le pendant dillusoire de l'expo en cours au Centre Pompidou. Davis revient sur les émeutes de 1995 (pré et post Rodney King) et bien sûr démonte le délire sécuritaire des habitants nantis des zones périphériques. Les visionnaires de l'urbanité future tels Wells, ou Dick étaient largement en deça de la réalité à venir ! L.A. sera sans doute le modèle urbain de toutes les grandes mégapoles futures. Ce livre constitue donc à l'heure où le héros de Terminator 3 gouverne la Californie, une bénédiction.

Mike Davis, Au-delà de Blade Runner Los angeles et l'imagination du désastre, Allia, 2006, 6.10 euros


Livre 3
Très court poème en prose de PPP écrit à New York en 1966, marqué par les expériences textuelles de la Beat Generation et intitulé en italien "Poeta delle ceneri" : Poète des cendres. Un texte inédit retrouvé dans les archives du poète-cinéaste, traduit et annoté par Jean-Pierre Milelli (remarquable boulôt). On y découvre des phrases bouleversantes : "A Rome, de 1950 à aujourd'hui, août 1966, je n'ai fait que souffrir et travailler voracement." PPP va partir pour l'Inde, il vient de terminer le fameux Comice d'amore, premier documentaire réaliste sur la sexualité italienne... Ce texte restera inachevé.

PPP, Qui je suis, Arléa, 2006, 4 euros

Livre 4

Visuel Pascin monovolume On parle beaucoup de Joann Sfar, alors je vais surtout dire un mot sur Pascin (Julius Pinkas dit, 1885-1930, se dit "Paskine"). Un regret d'abord : de ne pas avoir écouté mon ami Stéphan Lévy-Kuentz qui souhaitait consacrer à ce peintre une notice dans le Dictionnaire de la pornographie. Je lis les aventures "imaginaires" de Pascin par Sfar (obsédé sexuel comme moi, et alors ?), on est un peu comme chez Pajak lorsqu'il illustre les rencontres Joyce, Nietzsche, Pavese... Pascin ne pensait qu'à baiser et à dessiner ou plutôt quant il dessinait des femmes nues, il devait immédiatement les prendre. On se rappelera la série de gravures de Picasso illustrant Raphaël et son modèle, pour mémoire, pour savoir que ce désir là n'est pas nouveau. Pascin fut élevé dans une maison de passe. Dégoûté, il a commencé à baiser avec des hommes mais ensuite les femmes l'ont entièrement reconquis (quoi que). Ce livre de Sfar est la compilation de tous ses dessins sur le sujet. A signaler aussi La Java bleue (L'Association, 2005), où Sfar pastiche le style de Pascin. C'est beau !!!!!

J. Sfar, Pascin, L'Association, déc 2005, 23 euros



Resto

Le Marsa n'a rien d'un restaurant tunisien : son nom provient de "Marseille" c'est donc un resto à poissons ouvert il y a 5 mois dans le 5e à Paris. Dans un décor kitsch et très original, la cuisine servie là mérite le détour. Menu à 23 euros pour des entrées et des plats inventifs, pas trop salés. Mon choix : Timballe de rizzoto, dos de cabilleau, crème brûlée à la noix de coco. Sinon, ne manquez pas le mille feuille minute, c'est à mourir ! On sert tard il suffit d'appeler. Mieux vaut réserver le WE. Accueil exceptionnel par un ancien du Ritz et du Crillon, c'est dire ! A la cuisine, Laurent, un chef qui sait y faire.

Le Marsa, 47 rue Gay Lussac, 75005 Paris. Tél : 01 46 33 11 85


par Phillipe Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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