Jeudi 30 mars 2006

D.R.
Paul Celan est né le 25 novembre Paul Antschel à Czernowitz (Bucovine, Moldavie roumaine). Il
arrive en France en 1938 pour des études de médecine à Tours. La guerre le ramène en Bucovine. Etudes romanes. Camp de travail en Roumanie, ses parents eux disparaissent en déportation. Il
publie ses premiers poèmes en 1947 sous le nom de Celan, s'installe à Vienne, puis Paris en 1948 où il vivra jusqu'à son suicide en 1970 (saut dans la Seine, comme son comparse G. Luca en
1994). Il laisse une épouse Gisèle Celan-Lestrange dont je possède de merveilleuses gravures et un fils, Eric né en 1959. Il rencontra Martin Heidegger en 1967, nul ne sait ce que se dirent ces deux hommes. Il entreprit aussi un voyage en Israël en
1969. François Di Dio (disparu en
2005) me parlait souvent de la famille Celan.
Voici son texte qui me bouleverse le plus, je le redonne ici en deux langues, Celan ayant "décontaminé" la langue allemande pendant près de 25 ans. Ce texte fut chanté par Üte Lemper sur une mise en musique de Michael Nyman (Songbook, 1992)
Voici son texte qui me bouleverse le plus, je le redonne ici en deux langues, Celan ayant "décontaminé" la langue allemande pendant près de 25 ans. Ce texte fut chanté par Üte Lemper sur une mise en musique de Michael Nyman (Songbook, 1992)
Psalm
(La rose de personne, 1963)
Niemand knetet uns wieder aus Erde und Lehm,
niemand bespricht unsern Staub.
Niemand.
Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen.
Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir blieben, blühend :
die Nichts-, die
Niemandrose.
Mit
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sangen
über, o über
dem Dorn.
Psaume
(trad. Martine Broda, 1979)
Personne ne nous repétrira de terre et de limon,
personne ne bénira notre poussière.
Personne.
Loué sois-tu, Personne.
Pour l'amour de toi nous voulons
fleurir.
Contre
toi.
Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de
personne.
Avec
le style clair d'âme,
l'étamine désert-des-cieux,
la couronne rouge
du mot de pourpre que nous chantions
au dessus, au dessus de
l'épine.
Par Phillipe Di Folco
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Publié dans : De mes lectures
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Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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