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Mardi 26 février 2008

undefinedLe Lac d’or

 Jacques-Pierre Amette
(Éditions Albin Michel)
 

« Le soir, pour décompresser, Ferragus et moi nous avions l’habitude de dîner au Lac d’or, un modeste restaurant chinois (…). Sous les lumières tamisées et dans les chuchotis des rares couples d’habitués, on commentait nos enquêtes. » Ainsi parle Barbey, commissaire en charge des affaires criminelles du 13e arrdt. de Paris, un flic qui totalise pas mal de casseroles à son tableau de chasse : ex-amoureux contrarié de la belle Chloé (une prostituée en appartement), obsédé par une hypothétique filière de terroristes Birmans, et enfin, une propension à aimer les cafés et à trop parler au « peuple ». D’ailleurs, précise-t-il lui-même au début de cette histoire qu’il nous raconte, alors qu’il vient de passer une nuit en observation, planquée dans sa vieille Volvo : le temps des Maigret est révolu depuis longtemps. Voici donc un faux-vrai polar à la Simenon ou plutôt une véritable introspection dans les soubassements d’un Chinatown très terrain, voire terroir, loin des clichés et des bonnes petites remarques politiquement correctes. Très mal aimé, solitaire, replié sur lui-même, Barbey, cinquantenaire fatigué, débordé par les nouvelles méthodes d’investigation qui, à coup d’ADN et d’analyse biométriques, condamnent à court terme ses propres méthodes (grâce auxquelles l’instinct, l’intuition, l’audace et la ruse confinent parfois à la vérité), se voit rattrapé par son amour estival, la surprenante et insaisissable Chloë, retrouvée morte sur les rails d’Austerlitz. L’immeuble où logeait la fille, délabré, remplis de locataires, véritable source d’énigmes croisées, donne lieu à de cocasses interrogatoires et à des face-à-face avec un couple d’Helvètes sentant le vieux fromage. Barbey sera-t-il bientôt mis au placard, ringardisé ou trahi par Ferragus lui-même ? Ferragus, voilà un drôle de nom, n’est-ce pas chez Balzac, dans l’Histoire des Treize, qu’il est question de ce fourbe et rusé personnage ? Et ce Lac d’or, s’il existe réellement un restaurant à ce nom, avenue des Gobelins, pourquoi celui-ci provoque-t-il en Barbey quiétude, calme et paix de l’âme ? On pourrait s’amuser à revenir sur tous les lieux, les rues, les échoppes mentionnés dans ce roman, antiguide inspiré du 13e, révélateur assurément d’une magie contemporaine souvent à peine esquissée par les nouveaux auteurs de polar, comme le rappelait Franck Evrard (Le Treizième au noir, E/dito, 2005). Tout au long de son texte, Amette, qui semble définitivement « remis » du syndrome Goncourt (2003), prête à Barbey de merveilleuses saillies dont celle-ci, qui boucle l’épopée d’un flic ordinaire malade de son époque : « Je quittai le bureau, je quittai le commissariat en laissant les clés de la voiture, mes affaires en pensant que je ne reviendrais jamais dans cet endroit. Je pensais aux rues qui mènent à la mer, aux aérodromes, aux femmes si nombreuses et si belles qui sont partout, à tous ces espaces désolés, aux avenues désertes, à tous ces endroits où on ne juge personne, aux murailles de Rome, roses, aux voitures qui vont et viennent jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pétrole, un jour. Je pensais aux chemins pleins d’insectes, en Italie ou en Grèce, et je me laissai gagner par la fatigue dans un bar-tabac de la rue Monge. » Si Barbey n’as rien d’un décadent ou d’un réac, il possède l’élégance d’une époque qui n’est plus, une époque où l’on savait tirer sa révérence, s’en aller à pas menus, redevenir piéton de Paris pour en extirper la poésie première.

par Di Folco publié dans : Rapports de lectures
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Jeudi 7 février 2008
Oui, on avait presque perdu ça : qu'il est bon de rire, Teddy Baer nous restitue ça, non sans une gravité assumée (enfin !), sans oublier sa formidable troupe de comédiens, multidoués, et on a encore jusqu'au 14 février HELAS !!! On se demande pourquoi pas une prolongation, car mercredi soir c'était plein à craquer !

3 mots : merci ! merci ! merci !

Looking for Mr. Castang, La Cigalle,  M° Pigalle, Paris. (Oh, he ! doucement, on va pas se battre non plus !)




par Di Folco publié dans : Le goût du goût
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Mercredi 6 février 2008
L'année du rat commence. Je sors de l'essai  du philosophe Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom (Nouvelles éditions Lignes, oct. 2007). Pas envie de m'éterniser.  On trouve :

- page 36, 3e parag. : A peine a-t-il été élu, l'agité de Neuilly, que nous voyons des rats  "de gauche", ou présumés tels, qui courent partout. Les navires du vieux monde sont abandonnés de tous côtés, des  consultations très étranges se déroulent dans la coulisse. Nombre de caciques de l'opinion trouvent désormais de grandes vertus à Sarko. Voilà de quoi nous désorienter plus encore. Mais ce n'est que le signe avant-coureur de mouvements plus profonds. Les rats signalent les prémisses d'un tremblement de terre.

- page 40, fin du 2e parag. : Mais supposez que, dans un autre contexte, dans une autre époque (je prends cette comparaison parce qu'elle est bouffonne et usée), une énorme quantité de gens ait voté, mettons, pour Hitler - c'est d'ailleurs arrivé - ; que les électeurs se soient déplacés en masse pour aller faire ça ; aurait-il fallu parler d'une écrasante victoire de la démocratie ?

Pour mémoire (toutes ces données sont inscrites dans nos livres d'Histoire) :
- Octobre 1932 : le NSDAP totalise 33,1 % des voix au parlement ;
- 30 janvier 1933 : H. est nommé chancelier par le président Hindenbourg
- 5 mars 1933 : élections au parlement, NSDAP : 43,9%
- 23 mars 1933 : pleins pouvoirs accordés à H. par le parlement

Il me semble qu'il n'est nullement besoin de s'intituler philosophe pour éviter de puiser dans les expériences démocratiques passées, aussi bien lourdes de conséquences, pour étayer sa démonstration. Le "c'est d'ailleurs arrivé" mérite bien des commentaires (combien de livres écrits sur ces derniers jours de Weimar...). Le mot "rat" cité plus haut aussi.

Franchement, je n'ai rien contre le rat, c'est un animal qui a traversé les siècles, avec l'humain pour symbiote. Nous sommes les invités des rats, comme nous sommes aussi les invités de la vie. Les rats sont discrets, ne claquent pas les portes, et disent même merci.

Quant à la Ve République et ce qu'elle devient, je préfère encore vivre en sarkosysme pour 4 ans, ne pas tout gober, rester vigilant, qu'être Italien et subir le possible retour d'un Berlusconi, véritable épée de Damoclès, de l'autre côté des Alpes (ou le système de nomination, lui, s'apparente à celui de Weimar 32).

Comment Badiou repenserait-il nos institutions ? Voilà une question a lui poser, à condition qu'il veuille bien se prêter au jeu d'une réponse claire, constructive, efficace. Sans doute, l'esquisse-t-il en d'autres essais ?

Voir d'ailleurs ici son interview par F. Taddeï.
par Di Folco publié dans : Rapports de lectures
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Dimanche 3 février 2008
Live Harlem's Festival 1969 : I've Got no... I've Got Life




Live New York Ronnie Scott's 17 11 1985 : If You Knew

par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos
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