L'autre soir au Polit j'étais parti en vrille, improvisant un petit cours d'Histoire sur les descendants des capétiens et des orléans. On se disait : "Et si un roi ou une reine revenait ?" Ah, par la sainte Lambick ! Par la dantesque Gueuze !
Est-ce que nous sommes prêts à dire "Présidente Royal" ? Ce hiatus risque de peser sur le choix des votants, puis sur les Français(es) en général, qui préfèreront utiliser "Ségolaine", sans tambour ni trompette, un prénom qui sent bon la continette, la fabulette et la châtelaine, créant ainsi un lien de convivialité inédit entre le Haut et les autres, les contribuables nés en France inscrits et/ou sur les listes électorales (soyons précis). Disait-on "Louis" du temps des rois ? "Notre bon roi", peut-être, et encore... On observe ce particularisme nominatif chez nos voisins anglo-saxons, on entend ou lit dans certains médias "Tony said", quand eux-mêmes se plaisent lors d'un discours officiel à fustiger ou indexer leurs interlocuteurs de même niveau hiérarchique, d'un "Saddam should know..." et autre "Jacques, welcome back...". "Miss Royal" ça passe en anglais. Mais pas chez certains francophones. Pas "chez nous", comme ils disent, même si la République peut se targuer de dater de 1875 (une seule interruption entre 1941 et 1944, le maréchal Pétain ayant même fait frapper un "écu" à son effigie).
Ce hiatus deviendrait aussi une astuce, que ça ne m’étonnerait guère. Président Sarkozy ça sonne pas français mais ça en devient un argument aussi, discriminatoirement positif, belle ironie, un fait tout aussi probant que le sexe du candidat, voilà, on est comme ça, quand on enquille les noms de présidents depuis 130 ans, on voit défiler les terroirs, les pays, les petits coins entre vallons et vallées comme dans La Colline inspirée de Maurice Barrès, le livre préféré de feu "Mitt'rand" (ou "Mimite", comme disait mon père né en 1941), mais surtout que des grands pères, mort ici en épectase, là descendant d'un train en pyjama, ou encore inaugurant les chrysantèmes. Et "De Gaulle", ça en jettait non ? Ce grand gars de Lille, qui porte sa destinée dans les entrailles de son nom !
Au finale, c’est encore "Président Bayrou" qui passe le mieux. Avec son physique de rugbyman mangeur de cassoulet, rassembleur, et au dessus de la mêlée.
Un nom n’est pas un simple nom. Pour jouer en première ligne, va falloir assurer. Et trop tard pour en changer.
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Vendredi soir, l’avant-dernière de la reprise
Hier soir je suis allé écouter à 21 h., un extrait du