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De mes lectures

Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /2006 00:00

POEME CHEVELU

 

 L'image « http://www.austinchronicle.com/issues/dispatch/2000-05-19/music_recviews-1.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

OH ! VADOCLIFFE ASPLANE !

TU FLIRES DANS LE DWANY
 ET GLOUPANT LA SPITUME
 AU VRADOUM AMOPHERE,
TU MOUSTIFES L'ÉDIFLANQUE
DONT LE TRIVAL APIGE.
ASTAGUE... ASTAGUE ? ASTAGUE !
IBORE MATÉ DE PLIQUE
FILUTÉ DU CRAMOUSSE
TU T'ADOLES AU CURDITE
ET SCHLANVES À L'ASPHIPLUTE.
TOUJOURS DANS LES COPHRAMES,
 SIPURE DE TA ROMBLIE,
TU JOFNIRAS L'ARSINGUE,
ET DANS LA PALMANIE
 DES ROUTIFLETTES SINACONGUES,
TU FOUGIRAS L'ARLOTTE
AU ROUDOUDOU SIFLONGUE
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Grégoire Lacroix est poète et écrivain. Il est membre de l'Association des Amis d'Alphonse Allais (AAAA) et c'est loin d'être une andouille !
Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Jeudi 9 février 2006 4 09 /02 /2006 13:51
L'image « http://alertaamarelo.blogs.sapo.pt/arquivo/malraux.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.


André Malraux
n'aurait  jamais dit ou écrit : "Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas".
En revanche, il y a 50 ans, en 1956, il disait ceci et cette réflexion est sans doute "prémonitoire" (pour Mine de rien, le blog où j'ai découvert ce texte) :



"C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine.

Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles.

A l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse.

De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam...

En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Peut-être serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l’aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d’Etat.

Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis “musulmane”, je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu’en devenant une sorte de dictateur.

Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps… Actuellement, il est trop tard ! Les “misérables” ont d’ailleurs peu à perdre. Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race.

L’Afrique noire ne restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution."


André Malraux. 3 Juin 1956.
"Conversation sur l'Islam", transription par sténo faite par Elisabeth de Miribel. Texte conservé à l'Institut Charles de Gaulle. Pour la petite histoire, Elisabeth de Miribel fut la secrétaire du Général De Gaulle à Londres. C'est elle qui dactylographia l'appel du 18 Juin 1940.

Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 /03 /2006 13:02
http://kurtz.altervista.org/Immagini/Celan.gif

D.R.

Paul Celan est né le 25 novembre Paul Antschel à Czernowitz (Bucovine, Moldavie roumaine). Il arrive en France en 1938 pour des études de médecine à Tours. La guerre le ramène en Bucovine. Etudes romanes. Camp de travail en Roumanie, ses parents eux disparaissent en déportation. Il publie ses premiers poèmes en 1947 sous le nom de Celan, s'installe à Vienne, puis Paris en 1948 où il vivra jusqu'à son suicide en 1970 (saut dans la Seine, comme son comparse G. Luca en 1994). Il laisse une épouse Gisèle Celan-Lestrange dont je possède de merveilleuses gravures et un fils, Eric né en 1959. Il rencontra Martin Heidegger en 1967, nul ne sait ce que se dirent ces deux hommes. Il entreprit aussi un voyage en Israël en 1969.  François Di Dio (disparu en 2005) me parlait souvent de la famille Celan.

Voici son texte qui me bouleverse le plus, je le redonne ici en deux langues, Celan ayant "décontaminé" la langue allemande pendant près de 25 ans. Ce texte fut chanté par Üte Lemper sur une mise en musique de Michael Nyman (Songbook, 1992)


Psalm
(La rose de personne,
1963)

Niemand knetet uns wieder aus Erde und Lehm,
niemand bespricht unsern Staub.
Niemand.

Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen.

Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir blieben, blühend :
die Nichts-, die
Niemandrose.

Mit
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sangen
über, o über
dem Dorn.


Psaume
(trad. Martine Broda, 1979)


Personne ne nous repétrira de terre et de limon,
personne ne bénira notre poussière.
Personne.

Loué sois-tu, Personne.
Pour l'amour de toi nous voulons
fleurir.
Contre
toi.

Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de
personne.

Avec
le style clair d'âme,
l'étamine désert-des-cieux,
la couronne rouge
du mot de pourpre que nous chantions
au dessus, au dessus de
l'épine.

Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Vendredi 16 juin 2006 5 16 /06 /2006 14:37
A quand en France un jour férié et festif littéraire ?


"...I was a Flower of the mountain yes when I put the rose in my hair like the Andalusian girls used or shall I wear a red yes and how he kissed me under the Moorish wall and I thought well as well him as another and then I asked him with my eyes to ask again yes and then he asked me would I yes to say yes my mountain flower and first I put my arms around him yes and drew him down to me so he could feel my breasts all perfume yes and his heart was going like mad and yes I said yes I will Yes. "

Here it is ! Ces quelques jouissives lignes en anglais, un soliloque, terminent (et ouvrent aussi) une ballade de 24 heures dans Dublin, 650 pages pour parcourir les méandres de l'imaginaire de Leopold Bloom, perdu dans les yeux d'Anna Livia Plurabelle et dans la bouche, la poitrine de Molly, voyage tortueux, chaotique, comme la pensée, tel qu'en elle-même. Ce trip a lieu le 16 juin 1904.

Et tous les 16 juin, Dublin, l'Irlande, les amateurs de Guiness, de livres et les pubs idoines de la planète (découpée en 24 fuseaux éthyliques), rendent hommage à Leopold et Molly Bloom, héros du Ulysses écrit par James Joyce (1882-1941), l'un des blockbusters littéraires du XXe s. La jeune république irlandaise a proclamé le "Bloom's Day", fête nationale, envers et contre tous préjugés de type "ouais, c'est super intello ce livre..." ou encore "en fait, on en a rien à f..., nous on veut juste se bourrer la tronche !".

On ne va pas revenir sur la genèse de ce livre monstre, sur Joyce lui-même, juste regretter que la France ne soit pas plus fière de ses Hugo, Proust et autres Colette. Imaginez un peu, un jour férié Victor Hugo, tous déguisés en "homme qui rit", ou une "nuit Colette", passée à courir les chats et manger des oignons habillés de toutes les façons possibles. Misérables, madeleines et strip tease, nos fêtes reprendraient des couleurs moins nationalistes, plus épaisses, une façon de remettre la littérature à sa vraie place, au coeur de nos passions communes : émotion, désir, sensualité, échappée, liberté.

Au lieu de ça, on panthéonise, on légiondhonneurise, on enkyste et on empoussière.

Buvez de la Stella, et hop, un "salute" à nos étoiles littéraires. Time to Time and to Eternity.

Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /2006 13:34

Essayiste, traducteur, anthologiste, éditeur et auteur de fiction et surtout, promoteur d'une lecture intelligente, d'une culture efficiente (et non désordonnée et médiocre ou médiocre parce qu'ératique et gangrénée par le shoping), tel est Alberto Manguel né en 1948 à Buenos Aires (Argentine). Petit portrait d'un grand intellectuel (vous savez, ces animaux en voie de disparition...).

Manguel vit depuis 2001 en France, en région Poitou-Charentes. Là, il apprécie le saumur, le chinon et autres vins qui, jusqu'au début du XIXe s., surent dissiper la mélancolie, vaporiser les fausses croyances et donc, contribuèrent sans doute, de Rabelais à Balzac, à engendrer les pages les plus lucides de notre littérature nationale. Mais d'où vient ce joli barbu qui possèderait une bibliothèque de 30 000 volumes ?

Issu d'un famille juive de l'Europe de l'Est (et de Russie) émigrée sur les rives du Rio de la Plata, il passe sa petite enfance en Israël où son père venait d'être nommé ambassadeur de ce nouveau pays. Puis il retourne en Argentine pour ses études et, pendant deux ans (1965-1967), il fait la lecture à Jorge Luis Borges devenu, comme on sait, complètement aveugle. Cette expérience marque profondément Alberto : il n'a pas dix-sept ans, il n'est pas bien sérieux : désormais, il s'agit de lire. Son amour des livres s'inscrit alors dans la durée, ne fera que s'amplifier avec le temps.

Décidé à travailler très tôt, il choisit de quitter l'Argentine et décroche un job dans l'édition à Paris (lecteur pour Gallimard, Denoël et Les Lettres Nouvelles auprès de Maurice Nadeau, 1968-70). Puis, ce sera Londres (éditions Calder & Boyard, 1971), ensuite Milan (Franco Maria Ricci, qui éditait Borges, alors directeur d'une collection, "La Bibliothèque de Babel", 1973-74, rééditée par Panama en 2006) et enfin, choisit de se poser à Tahiti où il devient directeur des Éditions du Pacifique (1975-1982). En 1985, ce nouveau Peter Schlemil devient citoyen canadien. Là, il commence à travailler pour la radio, la télévision et la presse écrite. Il parle déjà plusieurs langues. Son savoir est immense. Mais il ne publiera lui-même qu'assez tard, au début des années 1980 (alors que sa renommée survient au milieu des années 1990, l'homme est patient) avec un ouvrage intitulé Guide de nulle part et d'ailleurs (publié en anglais sous le titre Dictionnary of Imaginary Places) qu'il co-écrit avec Gianni Guadalupi. Cet ouvrage, beaucoup le connaissent aujourd'hui en France sous le nom du Dictionnaire des lieux imaginaires (réédition Actes Sud, 1998).

Ségolaine Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, "a bin d'la la chance" d'avoir comme citoyen local, cet écrivain canadien, réputé dans le monde entier pour sa culture généreuse et son énergie. Amusant : s'il réside en Poitou, c'est aussi cette région qui a donné tant d'émigrés partis jadis pour Québec.  Il dirige actuellement la collection « Le Cabinet de lecture » chez Actes Sud.

Un amant très vétilleux, paru en 2004, rejoint sans doute, de par sa manière, entre mentir-vrai et microdétails, les meilleurs contes borgésiens.

Son dernier ouvrage, La Bibliothèque, la nuit raconte comment il a construit un lieu pour abriter sa collection, et au fil des pages, offrent mille anecdotes délicieuses sur les bibliothèques dans l'Histoire, notre rapport intime à nos livres, ce que ça veut dire, ce que ça implique au plan de l'Ethique.

Chacun de ses ouvrages raisonne "comme un acte de foi absolue en la littérature, une parole d'amour envers les livres et, ce faisant, une tranquille - et impitoyable - dénonciation des fausses valeurs qui encombrent les rayonnages des librairies et des bibliothèques." (Lire).

 

 

 

Bibliographie

 (avec Gianni Guadalupi)
— Guide de nulle part et d'ailleurs. À l'usage du voyageur intrépide en maints lieux imaginaires de la littérature universelle (The Dictionary of Imaginary Places, 1980), traduit de l'anglais par Patrick Reumaux, Michel-Claude Touchard et Olivier Touchard, préface d'André Dhôtel. [Paris], Éditions Le Fanal, 1981, 412 p., illus., épuisé — nouvelle édition sous le titre Dictionnaire des lieux imaginaires, illustrations de Graham Greenfield, cartes de James Cook : [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, 1998, 550 p., illus., 25.76 € — rééditions : [Paris], L.G.F., « Le Livre de poche » n° 15333, 2000, 664 p., illus., 8 € ; Éditions Actes Sud, « Babel » n° 471, 2001, 12 €.

 (sous son nom)

— La Porte d'ivoire (News from a Foreign Country Came, 1991), roman, traduit de l'anglais par Charlotte Mélançon. [Montréal], Éditions Boréal, 1991, 262 p., épuisé —  réédition sous le titre Dernières nouvelles d'une terre abandonnée : [Paris], Éditions Le Seuil, 1998 ; Éditions Actes Sud, « Babel » n° 355.
— Anthologie des sept péchés capitaux, textes réunis et présentés par Alberto Manguel. [Paris], Éditions Joëlle Losfeld, 1996.
— Une histoire de la lecture (History of reading, 1996), essai, traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, 1998, 428 p., illus., 24.09 € — rééditions : Éditions Actes Sud, « Babel » n° 416, 2001, 8 € ; [Paris], Éditions J'ai lu « J'ai lu » n° 5625, 2001
— L'Ordinateur de Saint-Augustin (Saint Augustine's computer), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, 1997. Essai repris dans :
— Dans la forêt du miroir. Essai sur les mots et sur le monde (Into the Looking-glass Wood, 1998), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, 2000.
— Petites histoires de la littérature américaine (A gossipy history of american literature), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, 1999.
— Le Livre d'images (Reading pictures. A history of love and hate, 2000), traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Montréal], Éditions Leméac / [Arles], Éditions Actes Sud, « Lettres anglo-américaines », 2001.
— La Bibliothèque de Robinson. Autoportrait d’un bouquineur (A visit to the dream bookseller. The library of Robinson Crusoé), traduit de l’anglais par Charlotte Melançon. [Monréal], Éditions Leméac, « L’Écritoire ».
— Stevenson sous les palmiers (Stevenson under the palm trees), roman, traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, « Un endroit où aller », 2001.
— Chez Borges (With Borges), traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf. [Arles], Éditions Actes Sud, « Un endroit où aller », 2003. Kipling, une brève biographie (Kipling: A Brief Biography), traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf, Léméac / Actes Sud, 2004.
Journal d’un lecteur (A Reading Diary, 2004), Actes Sud, 2004.
Pinocchio et Robinson : Pour une éthique de la lecture, tr. de l’anglais par Christine Le Bœuf et Charlotte Melançon, L’escampette, 2005
Un amant très vétilleux (The Overdisciminating Lover), Léméac / Actes Sud, « Un endroit où aller », 2005.
Un retour (El regresso), traduit de l'espagnol (argentin) par Alexandra Carrasco, Léméac / Actes Sud, 2005.
La Bibliothèque, la nuit (The Library at Night, 2006, éd. Knopf Canada) traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf, Actes Sud, 2006.

 

Traducteur vers l’Anglais entre autres de :

Javier Sierra, Amin Maalouf, Marguerite Yourcenar, Federico Andahazi, Julio Cortazar, Philippe Sollers, Marguerite Duras, Liliana Heker, Marco Denevi, Warabe Aska…


Quelques inédits, outre de nombreux anthologies et essais, en français :

-  Soho Square, 1993

- Bride of Frankenstein : essai sur le mythe de Mary Shelley et sur ses avatars, 1997

- Gates of Paradise : Anthology of Erotic Fictions, 1999


Quelques sites :

- Bel entretien donné au magazine Chronic'Art

- Autre entretien donné à L'Humanité

 

 

Par Phillipe Di Folco - Publié dans : De mes lectures - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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