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Lundi 10 décembre 2007


Tout dans l'affaire Flactif me fait peur depuis le début. Et aussi la possibilité qu'un crime parfait puisse exister (les cendres, toujours le problème des restes : les traces de sang  dans la maison). Et plus encore, que ce soit le voisin avec quelques complices, un gentil voisin souriant et jeune, que tout accable, et qu'aucun mot de regret ne soit de sa bouche pendant les procès. Je ne sais pourquoi cette affaire tourne et retourne dans ma tête. Pourvu qu'Emmanuel Carrère n'écrive pas un livre là-dessus. On voudrait que les mots restent interdits face ce drame et pourtant, ça veut signifier quelque chose, ça doit signifier quelque chose non pas sur la nature humaine mais sur notre incapacité à nous débarrasser de "l'illusion du bonheur".

par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Vendredi 23 novembre 2007
... surprenante exposition galerie L. J. Beaubourg (Paris), un travail intitulé "Swoon, Chris Stain, The Polaroïd Kidd", composé de trois ébauches de cabanes en bois, aux murs décorés de frises de motifs en papier blanc découpés, de madones, poissons, fantaisies animalières, et surtout de photos d'adolescents vivants dans les rues de Baltimore ("The Greatest City in America"), là sur un train en partance, ici entouré de chiens, de bouteilles vides. Le tout forme une fresque, un parcours sombre très impressionnant.

Hier soir, nous avons parlé du "droit à la parole limité" par quelques obscurs codiciles propres aux règleMENTS internes de certains établissements publics.

Ce matin, les journalistes sur France Info faisaient tous amende honorable au sujet des mouvements de grèves en se démarquant de la une du Figaro ("qui reste un très bon  journal"), qu'ils affirmaient trouver "exagérément dure pour la CGT et les éventuels casseurs affiliées aux représentants des travailleurs".

Ce matin encore m'est revenue la nécessité de croire à une propédeutique de la Joie : irréductible, irréfragable, incomputable et innommable.


par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Lundi 22 octobre 2007
Sous les yeux, une page de publicité arrachée, extraite d'Air France Magazine (octobre 2007) : l'ancien président "Gorbatchev de retour d'une conférence", Gorbi, l'homme au front marqué par une tache de vin. Le regard vers la droite (un ailleurs inquiétant), il est assis à l'arrière d'une voiture qui semble longer un mur de béton recouvert de graphes. A ses côtés : un sac LV, et, posé dessus, un magazine russe. Le slogan imprimé juste en dessous de cette image pose une invraisemblable question, "Voyage-t-on pour découvrir le monde ou pour le changer ?", et j'en suis là quand je reviens de Tunis où dans l'après-midi du lundi, ce jour donc, mes jambes fatiguées m'ont porté jusqu'aux pourtours de la médina.

J'y ai retrouvé Ben Abdallah et son cabanon chargé d'épices, des aquariums géants en lieu et place des drageoirs d'autrefois. Je fais la queue derrière des femmes qui réclament, elles, des dragées roses et bleues.

Je venais de la place de la Monnaie où j'ai touché l'écorce des deux énormes ficus : ils n'avaient pas été taillés, leurs cris contenus invalent plusieurs siècles de patience. Sous la pluie, les vendeurs d'oeufs pochés se cachaient dans l'ombre d'une cafétéria. Je gobe une figue de barbarie épluchée et rose. Le bureau de tabac est fermé.

Maintenant, je file vers le Marché central car il ferme à 15h et il est déjà 13 h 30 passées, il faut dire que lorsque je demande une rue, mon accent, mes empressements, n'augurent pour toute réponse qu'un contrechamp, une esquive, un biais de plus. Je joue le jeu : j'accepte de me perdre pour retarder l'arrivée rue d'Espagne, pour ralentir l'efficace, pour trainer.

Les pourtours du souk, ceux situés autour de la porte de France : Tunis est là toute entière, brassée, ou comme sur des braises.

Dans l'avion, en repassant le film de ces journées, ce fou rire avec C. Mais aussitôt ce désir de me réfugier dans le sommeil. Lourd sommeil en vérité où se trémoussent Gorbi devant un parterre de présidents méprisants. Au premier rang, Nicolas en rugbyman de calendrier, un homme de petite noblesse comme ils disent tous, un minus qui n'a que ce qu'il mérite comme elles se l'écrivent toutes depuis que Cécilia a refusé de vivre "dans le mensonge" ; ensuite Wlad Dracul Poutine, qui pour contrebalancer d'éventuelles implantations de missiles, menace d'égorger une pauvre fillette surnommée "Demokratia" ; juste à côté, Hillary, déguisée en Céline Dion brandissant son arbre généalogique ;  enfin une bombe, énorme, pendue à une corde, qui telle une pythie débite ses anathèmes : "Jeroushaleïm doit mourir..., c'est écrit, vous ne savez pas lire !"

Je sais pourquoi j'ai fait ce petit voyage : pour te dire en bégayant que je pense à toi tout le temps, tout ce temps. Nos jours sont comptés, nous sommes embarqués, l'esquif prend l'eau à Tunis où il pleut et partout ailleurs la pluie est maudite - mais pas ici.

Au pays des roses de personne tu étais là présente comme en plein été. Rue des Salines, j'ai touché ta maison.

Notre royaume n'appartient qu'à nous : à l'heure des combats, s'il faut agir, tu sais que je serai là, nous partirons ensemble au milieu du troupeau vers un ailleurs dont nous savons seuls le nom. Tel est notre intranquille secret : lisse, strié, sensible, continu.

Tu es un collier de perles fines, je suis ton caillou noir, hilare pour cent sous, riant de bon coeur, mais fatigué par quelques grands argentiers du Nord aux mesquines lignes de vertus, aux populistes politesses sourdissantes de leurs yeux perçants depuis mille frontons d'immeubles aveuglés.
par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Dimanche 14 octobre 2007
Je suis arrivé en retard au Rosebud, ça commençait mal, il faut dire que mon Vélib' était crevé et qu'il fallut attendre 5 minutes pour avoir le droit d'en décrocher un autre...
Marc D. était là, assis, au fond du petit bar de Montparnasse.
On a bu deux cocktails tout en parlant du projet. Beaucoup de noms évoqués. J'avais le tournis.
Mona nous a rejoint. On venait de finir un tartare. Je n'aime plus la viande. Mais ça m'a donné un coup de fouet. Eh ! paf, je me sentais prêt à repartir, refaire l'histoire de l'art, explorer en profondeur les courants souterrains. Il faut des noms inconnus, des oubliés, on doit pas rester dans les clichetons...
Il est arrivé vers 23 h. Alexis K. J'entends à peine son nom.
Conversation sèche et rapide entre Marc et lui.
Je me sens las (levé depuis les 5 h. du matin).
Je me re-présente (en fait je me présente mieux : Bonsoir, ...). Marc dit ouvertement de me méfier de cet Alexis. Il "peut être terrible tu sais !".
En effet, il l'a été.
Détaille vos pantalons, vos traits, votre mise et les commente. Il joue à faire semblant de tout savoir, de posséder des fiches sur vous.
Il n'écoute rien.
Sors 50 noms connus pour accréditer je ne sais quoi.
Je ne le salues que de loin non sans l'avoirà la fin menacé d'en découdre dans la rue.
Je ne me souviens pas d'avoir menacé de la sorte un inconnu depuis fort longtemps.
Je dis ça en me levant.
Il est tout petit sur sa chaise.
La viande crue : plus jamais !
En arrivant chez moi, je regarde sur Goûle : 600 citations portent son prénom + nom avec des références du côté de Thierry A., des émissions de télé has been, des vieux trucs.
Il a une bonne tête. Un air de la Méditerranée. Une belle énergie. Trop sans doute.
Impression de manquer quelqu'un de manqué : je veux dire, qu'il semble en fin de compte sur la touche, pas à sa place, alors que tant de salauds émargent ici et là.
Un rentier ? Encore un... Pourquoi tant de rôgne ?
Je ne sais pas pourquoi Marc est parfois entouré de gens comme ça.
L'addition était hors de prix. Rosebud, pas vraiment l'envie d'y retourner. Marc me donnera RV dans un autre endroit, m'écrit-il. On oublie. La preuve que non.

Existe-t-il des médocs qui aident à "take it easy", oublier les détails, les parasites, les trucs laids ?
par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Jeudi 11 octobre 2007
Comme tout ça me parait loin... Salva est sorti en janvier 2006, bientôt deux ans, et voilà que sur ce site très singulier l'on en parle sous des aspects inédits (j'aime bien cette lecture d'Augustin le malin qui se concentre sur le complot Orbis... mais plutôt que Perec, les deux clefs ici étaient Borges (voir sa nouvelle dont le titre commence par Orbis...) et bien sûr, Joyce, puisque le siège d'Orbis est à Zurich et qu'Ethel est en lien avec Trieste, etc. etc. mais je ne vais pas me lancer dans le cahier des charges d'un maudit roman nécessairement raté (oui Marc, je sais, tu ne seras pas d'accord, mais reconnais que demander au lecteur de s'y reprendre à 3 fois pour espérer discerner un vague début d'intrigue...).

Mais, Tabernacle, le 4e va bientôt "couler comme un bronze au fond de la cuvette des anges". Comme on dit en Acadie. D'où les accès dépressifs.
par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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