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Mercredi 26 novembre 2008

Le magazine DEdiCate ("un autre regard sur les passions modernes") vient de sortir dans les kiosques ! Et comme j'écris pour ce très beau bimestriel, je tiens à en faire la pub ! Il a pour thème cette fois : "ELECTRIC". Bon. Quand son rédacteur en chef m'a demandé si ce mot me parlait, j'ai répondu : "Oui, ça me parle, je suis dans le dernier roman de Pynchon..." (ah, super snob !) Et de lui envoyer un petit essai ma foi, pas si mal, qui tente de faire le point sur l'après-pétrole, entre mythes et réalités, réacteurs à fusion et hydrogène gratuit ad vitam. Y'a même un schéma !

Bon, allez comprendre, la fille en couverture en est devenue toute roséolée, avec mantilles et nattes façon Annie Cordy, mais je vous assures que l'intérieur vaut le détour !


Voir les autres éditions de DEdiCate :

- Numéro 17

- Numéro 14

- Numéro 12



Par Di Folco - Publié dans : De mes apparitions - Communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Vendredi 31 octobre 2008
Cher Philippe,

je ne sais plus pourquoi je veux te raconter ça. J'ai été très choqué par cette aventure nocturne. Tu sais bien que je ne sors plus trop la nuit. Que j'ai de plus en plus peur d'attraper froid, des bastons, et, du reste, Paris se ferme la nuit, s'est refermée plutôt, tous les noctambules se concentrent après 2h dans des endroits de plus en plus limités. Cette promiscuité des "suicidés de la nuit"... Bref, y'a aussi des gens qui vivent la nuit, manque de pot, ils ont besoin de services...

Alors voilà. Nous étions un couple. Rendu à un anniversaire. Vers minuit 45, l'hôte me dit : "C'est bizarre, on était soixante et nous voilà 20, qu'est-ce qui se passe ?" Je ne sais quoi répondre. Il reste du champagne ? Oui. Alors dansons. Et voilà que ça danse. DJ Deezer fait des merveilles.

1h30. On est fatigué d'avoir guinché. On se quitte. Métro Goncourt, notre couple attend le taxi salvateur car il fait froid. Pas de taxi. On repère des rusés qui tentent d'en héler un en amont, sur l'avenue Parmentier, un taxi libre, lequel passe, indifférent. Bizarre, j'ai déjà vu ça à Paris mais jamais ailleurs...

2h15, on a l'air de deux gros cons. On décide de descendre vers République. L'alcool qui coule dans nos veines nous permet de croire qu'il ne fait pas si froid que ça. En revanche, la fatigue de la semaine commence à peser. On est samedi. Et toute la semaine, ce fut dur. Les 3/8. Y'a le métier salarié, le métier de parent, le métier de lecteur. Du coup, nos nuits font six heures, maximum, et c'est devenu un métier que de bien dormir. On devient comme des vieux le week-end : on s'économise. Nos seules sorties sont les courses du dimanche matin. De vrais vieux sont là aussi. On se bouscule. On se jauge. On est tous ensemble, à faire semblant de croire à la société.

Place de la Répu, première borne en vue, côté Decathlon : une dizaine de personnes fait le pied de grue, dont deux travellos, ce qui donne un peu d'animation, cependant personne ne rigole. Car aucun taxi ne s'est présenté depuis 1 heure.

On traverse la place. A ce moment-là, un taxi se pointe devant le Decathlon. "On aura évité la curée", dis-je.

Arrivés à l'autre borne, en face du 15 de la place, on se met en ligne, çe semble moins la jungle, y'a du civisme dans l'air glacé. En numéro 1, un homme corpulant, 2 mètres de haut, moustache, la cinquantaine et qui dit : "Y'a des taxis mais ils ne s'arrêtent pas les fumiers ! Faut les signaler aux bourres !" Ah, c'est bon, on se croirait dans un dialogue d'Audiard. On est en 3e position. Devant nous un couple de quadras venus de Toulon, hébergés dans le 16e. Pas moyen de prendre un taxi en commun ? Non, pas moyen. Alors on fait tous TAXI G7, TAXI Bleu sur nos portables où nos doigts gourres parviennent à peine à composer les numéros, et puis on attend, on met le haut-parleur, la batterie faiblit, il est 2h40, la fille-automate du téléphone articule enfin : "Aucun taxi disponible dans votre secteur, merci de rappeler ultérieurement."

Il est passé trois heures. Le type corpulent nous raconte qu'il connaît la raison de cette infamie, de cette absence de taxi dans Paris, capitale, entre 1h et 4 h : "les gens veulent plus bosser". Je commence à gesticuler dans la rue, hurlant des insanités aux taxis libres qui passent comme des rats de l'autre côté, juste en face. Comble d'injustice, deux taxis s'arrêtent en amont de notre borne, en face du MacDo, et prennent des gens, comme ça, à cinquante mètres de nous, les légalistes, les gentils cons. "C'est dégueulasse !"  que je dis, commençant à sentir le ridicule de ma situation. En gros, personne ne nous oblige à rester là. Mais voilà, ma compagne ne peut plus marcher et elle a peur du vélo, ça arrive, c'est pas donné à tout le monde. Et puis je suis un peu bourré, je marche de moins en moins droit. Derrière nous, deux anglais, sidérés par notre seuil d'énervement. Le fameux flegme, leur capacité à tenir dans le froid : font chier ces rosbifs ! Voilà, ça y est, la haine arrive, elle déborde ! Il est 3h32. "Non, dit une jeune fille palichonne, il est 2h32, on change d'horaire cette nuit". Un mo(n)de de fous !

Et là, le miracle ! Notre couple de toulonnais s'exclame : "Allez, on va faire du stop !" A ce moment-là, un taxi occupé s'arrête au feu rouge, juste devant nous. A son bord, une jeune fille. On lui fait des signes. Elle descend sa vitre, tout comme le chauffeur la sienne : "On est là depuis deux heures, vous n'allez pas vers place d'Italie ? Aidez-nous !!! " Gestes d'impuissance. "Vous allez-où ?"

Nous sommes quatre à bord du taxi, conduit par un jeune gars qui exerce depuis quatre mois. On va tous dans le sud de Paris. Il nous balance l'explication définitive : "On a peur de circuler entre deux et quatre parce que les gens sont ultra violents, qu'ils dégueulent sur les sièges, et puis, faut bien le dire, c'est dur de bosser de nuit".  Le jeune fille qui a permis ce "taxi-stop" (comme durant le terrible hiver 1995), doit être à Orly dans une heure, elle doit choper un bus place d'Italie, le genre de bus bleu qui ne passe que toutes les 2 heures. Le chauffeur fait du 100 au compteur. Il arrive sur la place, la jeune fille voit son bus partir, elle a des sanglots dans la voix. Le chauffeur pile devant le bus, lui coupe la route. C'est mortel ! Le chauffeur de bus lève les bras au ciel, puis, après m'avoir filé 5 euros, la petite nana se rue à la porte du bus, la voilà dedans, elle est sauvée, on repart.

L'autre fille, celle qui a pris, à Répu, la place du mort en disant qu'elle était "diabétique et sur le point de sombrer" commence à discuter avec le chauffeur. "Vous êtes un héros !" Elle habite le 6e. Nous, on descend à Port Royal.

Je ne vais pas tirer de morale de cette lamentable parce que très banale histoire. Je t'en parle comme ça, au cas où tu aurais le même genre d'anecdote à me raconter, toi qui vit entre Londres et Bruxelles, toi qui adores le taxi.

Amicalement,
Philippe

PS : je me sens très seul à Paris ces derniers mois, si tu entends parler d'un truc chez toi, fais moi signe.
Par Di Folco - Publié dans : De mes apparitions - Communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Lundi 8 septembre 2008
Cétipasmignon ???????





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Écrivain & Éditeur.
Marie-Laure Dagoit
Derrière la Salle de Bains
9, rue Forfait
76100 Rouen
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Par Di Folco - Publié dans : De mes apparitions - Communauté : Littérature
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Dimanche 31 août 2008

Encore quelques semaines pour dénicher DEdiCate, magazine culturel qui consacre son numéro d'été "Rebelles" aux déboulonneurs activistes anti-pubs et à l'écrivain américain qui dérange, Dennis Cooper, soit deux articles signés par Bricolo.






Par Di Folco - Publié dans : De mes apparitions - Communauté : Vive le désordre !
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Lundi 11 août 2008

Du toit de l’immeuble, proviennent de stridents cris de corbeaux – tout dépend du nombre d’oiseaux : "trois c’est bien, huit c’est la mort" [dixit ma grand-mère]. Sept heures trente deux, ce matin d’août. Le corps de Mahmoud Darwich vole vers Ramallah. Hier soir, je regardais pour la troisième fois, Marnie d’Alfred Hitchcock (1964, DVD), dont le titre français – Pas de printemps pour Marnie – exprime assez bien l’idée générale du propos : au-delà de la diégèse, Marnie, qui échappe à la prison, à l’incarcération, à l’asile, prend, à Baltimore, le chemin portuaire d’une autre prison, celle du couple. D’une prison l’autre, d’un hôpital l’autre, d’une chambre d’hôtel l’autre, Marnie, consœur mais non martyr, enfance souillée, sans caresse mais cavalière, se résigne au couple. « Il faut prendre soin de nos enfants… ». Parfois, souvent à vrai dire, j’entends cette phrase que je confie à la mémoire de Golda Meir ; ou bien est-ce : « Nous devons prendre soin de nos enfants… », elle-même faisant écho à l’avertissement final de M le maudit (F. Lang, 1931) : « Et vous, faites très très attention à vos enfants ! ». Ce matin, l’écrivain Jean-Charles Masséra inaugure sa semaine de revue de presse sur France Culture avec toute la finesse que je lui ai connue en 1997 : il parle des femmes patronnes, et conclue sur « rien encore ce matin décidément sur la division et la répartition des sexes dans le milieu patronal ». Tout ça, les cris de corbeaux, Hitch, Darwich, les enfants, les patronnes se mélange dans ma tête et me ramène au hitchkoaléisdoscope : que veut nous dire cette œuvre aujourd’hui ? Ou plutôt, que puis-je en extraire, afin d’exprimer quelque peu cette sorte d’angoisse qui m’étreint alors que le soleil reste obstinément coincé sous une chape de nuage gris en plein mois d’août sur Paris France ? « Echappe-toi quand tu doutes ». Belle réponse, merci les phonèmes. Parfait. Je reviens à Marnie : ci-dessous, deux captures d’images extraites de ce film constitue comme un indice puisque rien n’appartient au hasard dans l’œuvre d’Alfred ni dans le choix qui m’a guidé vers ces photogrammes ; sur ces deux images (à 18’26 et 18’33), je ne vois que le journal replié tenu par la main gauche de Marnie, et ce titre en gras qui se détache sur la manchette : « Crash Kills 118…». Une question : comme ce genre d’accessoire, la quotidien de Philadelphie, provient du monde tel qu’il était au moment du tournage [cf. Hitchcock-Truffaut, 1994], de quelle catastrophe (avion écrasé ? train ? bateau ?...) s’agit-il ? Le tournage commence fin novembre 1963, endeuillé par l’assassinat de J.F.K., non pas par l’accident, mais par l’attentat, paradigme aujourd’hui pratique pour justifier « l’attentif, ensemble » et le contrôle renforcé de nos mouvements. L’autre question, plus lourde de sens : où est la porte de sortie ? Ni la psy, ni le sexe, ni le cinéma, pas plus que la littérature et les ONG, n’y pourront rien : avion et corbeau continueront de se poser sur nos constructions, nos habitus, et nous boirons du chasse-spleen, rêveront au désastre obscur, au naufrage, au hasard, au sentiment du rien, aux rencontres. Nous rêverons de ce qu’un film ne peut nous offrir en réparation d’outrages, qu’ils soient fantasmés ou réels. Inventerions-nous des prisons aux murs transparents, cesserions-nous de vouloir tenir aux bouts de nos bras l’insoutenable pesanteur du monde, que les signes de mauvais augures, toujours, obscurciront les points de vue, les idéaux, les projections. Faut pas se leurrer, c’est fragile un bonhomme et ce n’est même pas grand-chose. Aussi, la vacance se veut plutôt qu’elle ne se convoque : je pars, donc, déterminé, vers la piscine, à tout oublier dans l’effort, fut-il d’une durée de 45 minutes en regrettant que l’eau chlorée ne soit pas un solvant, un bouillon primordial, un acide amniotique. Car… vraiment, cette histoire de manchette, ces 7 secondes, elles m’inquiètent…



Par Di Folco - Publié dans : De mes apparitions - Communauté : Cinéma
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