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Des images

Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /2008 11:55




Toute les villes s'illuminent mais ta drôle de mine m'a miné longtemps. Tu pleurais et tu pleures encore, ce souvenir ne peut s'oublier. Comme durant toutes ces années tu riais je repense à nos jeunes années. Cynthia me dit : "J'ai l'âge que j'ai puisque je leur plais, eux qui ont vingt ans". Lacrimale Laurie dans les bras de Tanger serrée, menue comme brûlée, que de mots vipérins ! Couleuvre noire, Book Mistress, que ta Joie demeure avant que ne meurent nos corps d'amitié.
Par Di Folco - Publié dans : Des images - Communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /2008 13:44
"On ne voit presque rien de cette danse-là. Seule la photographie rend visible ce mouvement incessant des spectres en elle, ces allers et retours vers l'autre, ces reprises, ces sauts, en faisant paraître ce que certains chorégraphes nomment la fantasmata. C'est un maître ancien, un certain Domenico de Pacienza, qui en parle le premier vers 1425 dans son De arte saltandi et choreas ducendi. Le corps doit danser, dit-il, par fantasmata. Qu'est-ce que c'est ? C'est la manière avec laquelle, une fois le mouvement achevé, on immobilise le geste comme si on avait vu la tête de Méduse. Pour accomplir le mouvement, il faut figer un instant l'esprit du corps, fixer sa manière, sa mesure et sa mémoire, écrit-il, être tout de pierre à cet instant ; l'esprit de la danse est dans cette immobilisation de la figure, dans cet arrêt sur image qui donne seul le sens du mouvement. La photographie permet de saisir, dans la danse incessante de la femme sous le regard de l'autre, cet état de pierre qui révèle l'instantané d'un secret." Nathalie Léger, L'Exposition, POL, pp. 146-47

L'appareil est complexe : "Il suffit d'appuyer" disait le vendeur. Sans pied, sans mode d'emploi et sans lumière supplémentaire, comment fixer le modèle ? La lumière venait d'une liseuse et de la fenêtre (lumière du jour tombant, lumière automnale des cinq heures du soir quand les arènes pleurent le torrero absent), tu appuis, surprise, le diaphragme s'ouvre pendant plusieurs secondes, alors tu balayes la scène.  Tu bouges quand tu souhaitais rester immobile pour immobiliser. Tu confonds instantané et séquence. Tu balayes le rectangle, quelle drôle d'idée. L'animal ciblé, son téléphone portable à l'oreille, ne se doute de rien, absorbé. Sur l'écran de contrôle, un incident, un incendie en bleu avec gazinière électrique, chauffeuse et liseuse, cosy corner et black walls screens, spectres. Un rétrécissement, une condensation : tous les objets fusionnent et se concentrent en l'animal. Plutôt que de fantasmata, disons qu'il s'agit là d'une fantasmagorie accidentelle qui doit donc beaucoup au hasard et sur laquelle il est très facile d'en rajouter pour se la jouer post-moderne à la noix. La photographie non préparée comme support fictionnel constitue une véritable imposture : il faut apprendre à capturer les poses, à fixer celle-ci, mais je n'ai ni la patience, ni le courage, ni l'envie.

Par Di Folco - Publié dans : Des images - Communauté : images du monde
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /2008 18:15
Thomas, photographe, veste en velour vert, jeans blancs, découvre un club londonien où joue un groupe pourri. Le couple qui danse ici (pour faire genre : "We hate you, static Monkeys !") : la fille porte une veste trois-quart en lamé vinyl aluminium, un pantalon clown bichrome orange et rouge, des repetos ; le gars une chemise coton blanc, un levis bordeaux (étiquette visible). Ils dansent super mal.


La caméra panote de droite à gauche : le 1er gars, coupe de cheveux Brian Jones, veste Royal Guard ; Thomas flippé ; la fille au 1er plan porte une robe acheté aux puces de Nothing Hill (1930 ?), son make-up incite à croire qu'elle se drogue ; enfin, le skinhead au regard de Pascal Brutal qui porte un étrange teeshirt...


La fille se fait toujours aussi chier ; le skin n'est pas un skin mais un gay du Marais des années 2000 téléporté dans le film grâce à une machine inventée dans la série Star Stek (épisode ?) ; en arrière plan, une étrange chose...


D'autant plus étrange que l'on note sur la bande un "décrochage", ça raccorde sur le couple que l'on voit ici. Thomas est toujours aussi flippé en arrière plan, on notera la présence de Ian Curtis adossé au mur, à gauche, chemise grise, coupe de cheveux, tout y est. La fille qui pose la main sur l'épaule du poupon plastifié est l'exacte copie d'une Supreme période "Baby Love".

Désolé pour la qualité des images, mon DVD de Blow up  (Antonioni, 1966) a disparu, emprunté par une gamine de 14 ans qui sait tout l'intérêt que je porte aux films qui encryptent et capturent une époque dans une mystérieuse bulle infratemporelle. D'autres remarques ? Je peux me tromper...


Stop this F... Music !

Par Di Folco - Publié dans : Des images - Communauté : Cinéma
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 10:54

Nous ne vivons que dans un des mondes, le nôtre. Ceux qui en sont, s’y meuvent aisément, puisque partout où ils vont, dans la lune aussi bien que sur la terre, ils sauront faire de la géométrie, compter les minutes et discuter les causes. C’est bien simple : ils tirent partout leur montre, et mesurent les lieux. Mais quand nous voulons aborder quelqu’autre monde, tout se brouille et nous respirons mal. A cela rien d’étonnant puisque, comme on nous l’a appris, nous ne saurions voir et penser qu’à la façon du nôtre. Et puisqu’il nous fait penser et voir, il est évidemment angoissant de ne pas savoir comment s’y prendre. Aussi est-il sage de rester chez soi et de nombrer et mesurer l’inconnu sans vouloir dépasser les limites d’un monde qui est assez vaste pour qu’on y trouve toujours quelque chose à faire. […] Ainsi en est-il de Kafka, qui demeura toute sa vie absent parmi nous et nous parla d’un monde qui doit nous paraître fort obscur puisque nous ne saurions y voir et penser à notre façon. Mais qu’y a-t-il aperçu ? L’infini ? Dieu ? Des monstres ? Rien de tout cela. Des êtres comme vous et moi, parlant notre langue. […] On se dirait à Paris ou à New-York. Et pourtant tout est autre. C’est que les montres ne marchent plus – ou peut-être marchent-elles autrement – et que les distances ont changé et ne peuvent plus se mesurer à notre façon. Et quand à savoir le pourquoi de ce qui se passe, il ne faut pas y compter. Ce n’est pas qu’on manque de raison, mais tout se raisonne en quelque sorte à l’envers, et les raisonnements se poussent sans arrêt et sans conclusion possible. Aussi a-t-on peur de se réveiller et fait-on le mort. Car en se réveillant, il faudrait questionner quelqu’un ; il faudrait questionner tout le monde, et c’est précisément ce dont on a peur. Ah ! si on pouvait vivre simplement, sachant où l’on va, sans devoir aborder le passant ! Mais il y a l’angoisse de la question qu’on ne sait pas poser et qu’on craint de n’avoir pas posée à temps.

Bernard Groethuysen, début 1933
Préface au Procès de Franz Kafka, 1ère édition

 

Deux ou trois secrétions fondatrices qui tenteraient, à leurs tours, dans chacun de tes travaux, de crier : elles sont là, dans ce film, qui fut le premier rire familial, le premier concert, les premières questions [Il faut imaginer le noël 1969, la Nièvre comme une buche d’acier glacée à perte de vue, un ennui cuit à la cheminée. Tu dormais dans la chambre de tes parents].

Et puis le Guignolet des Champs-Elysées. Depuis que les archives ont restitué les agfachromes couleurs pris entre 1940 et 1944 par les soldats allemands touristes, l’Occupation cinématographiée a été rattrapée par le réel. Ces images nous tirent l’oreille, mieux, l’âme : tirailler, déchirer, lézardée, lazardée même de pointes d’acier, ça torture. Qu’est-ce qui suinte ? Le Paris de 1965 filmé pour la circonstance ressemblait encore à celui de 1942. Tu confondais l'uniforme SS avec celui de la Wehrmacht...

« C’est pourtant vrai qu’elle me regarde ! »


[Je lui réponds quoi ? Quand elle me dit : « Mais moi je me serais révoltée, je me fiche de savoir si pour un SS tué on fusillait 100 civils, ça ne m’aurait pas arrêté ! Ils faisaient quoi les parents de tes parents ? »]

 

 Les enfants ne sont pas des enfants, ils entendent, scrutent, analysent, comprennent tout, absolument tout. Aujourd’hui, les enfants du Pirée ou de Darkos ont peur de perdre toute illusion, c’est-à-dire l’Espoir. Sur un écran de ciel bleu, il n’y a pas de différence entre un feu d’artifice et un tir de roquette, sur un écran de ciel couvert, les nuages épais se confondent avec les panaches et les retombées de cordite. Ça va très vite un enfant, comme un shaman, le doigt en l’air, ça invente dans l’espace le rectangle de nos pages à venir, une géométrie qui nous dépasse. Un gosse de 15, 16 ou 17 ans ne joue pas avec l’argent des banques, les fonds de placements des retraités, ne glande pas devant son écran connecté à Boursorama mais devant des jeux inventés pour faire taire, abrutir et aussi entraîner au tir urbain et au vol aéroporté. C’est bien vrai qu’ils nous regardent les enfants. Ils nous voient. Baissez les armes. Changez les règles du jeu. Désactivez l’Imaginaire. Alors ils partent en vadrouille : la ligne de démarcation n’est qu’à quelques mètres… ah, la Belle échappée ! Vite vite, petite Alice-Nausicaa-Stein, la porte de sortie va peut-être disparaître…

Par Di Folco - Publié dans : Des images - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Mercredi 24 décembre 2008 3 24 /12 /2008 09:30
Par Di Folco - Publié dans : Des images - Communauté : Cinéma
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