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Vendredi 9 février 2007
Ou comment j'ai compris par son dernier essai qu'il était salutaire de survoler les livres pour rester fréquentable

Quand j’ai ouvert ce site, j’ai mis en ligne des listes de livres cultes : la mienne mais aussi celles de quelques amis (je parle de livres !). Je me suis pris dans la tronche quelques commentaires verts et amers, du style « ouais, c’est comme prétendre avoir la plus longue » et autres joyeusetés. Les bougres, ils avaient pas tort, remarque ! Mais ces listes ne disaient rien d’autres que des noms d’écrivains et d’œuvres, ne citaient que des classiques, ou des livres classes, des tentations, des plaisirs et ne renvoyaient qu’au style (ou aux modes : c’est pas stylé de dire j’ai rien lu, c’est une posture), et pas du tout au fait d’avoir lu ou pas, d’avoir compris ou pas. Car, après tout, et surtout après avoir parcouru (on notera la prudence) Comment parler de livres que l’on n’a pas lus ? du sieur Bayard (Minuit), j’ai envie d’avouer ce que je viens de comprendre sur mes lectures et leurs états de service (combien d’années déjà ? on se sent usé tout à coup, non ? c’est encombrant les livres, et la mémoire aussi, non, elle s’encombre, de scènes, de situations, de petites phrases à la con écrites par des pervers qui savent « parler à notre place », un comble !) : alors voilà, je suis un lecteur indigne. Bayard n’est pas un père la morale mais il fait mouche quand il semble découvrir les motivations qui nous poussent à « parler ensemble » de livres non lus, juste effeuillés, pas même acheté, des livres « entendus ». J’ai cru comprendre qu’il parlait d’amitié, de « vivre ensemble », de lieux de conversation, de peurs et d’angoisses (« Tu l’as pas lu ???!!! mais qu’est-ce que tu fous !!! ») mais je me trompe sans doute (hélas, plus de doute possible !). Méthodiste Bayard qui déploie sa logique imparable entre sarcasme, bon sens et aveux de faiblesses autoproclamées.  Ainsi, on apprend que quand on fait dans le professeur de Lettres (lui et ses collègues), en nos universités, on n’aurait tendance à mentir sur les grands classiques : avoir lu Shakespeare c’est avoir vu certains films de Welles par exemple.  Ils s’en gargarisent pourtant tous en amphi à grands renforts de citations, se disputant figures et tournures les plus « impressionnantes ». Si un étudiant trouvait à redire ? Il a de toutes façons « mal lu » voire « peu lu » donc peu de risque. Et puis personne n’a jamais eu le temps de tout lire. Et puis, en général, qu’est-ce que ça veut dire « j’ai lu tout Sarraute ; tout Duras ; tout Proust… » ? Cette volonté doublée d’une belle anadiplose, que cache-t-elle ? Rassure-t-elle ? Mais qui ? Pourquoi ? Est-ce pour paraître normal, à la norme ou normée ? Bayard doit être un super psychanalyste, en tous cas, il sait analyser nos effets de miroir, nos petites perversions culturelles. On dit déjà en lisant ici et là des questions qui rejoignent sa problématique, « tiens, il fait son Bayard ! ». L’antonomase est la rançon de la splendeur. Et moi je suis content car j’ai réussi à placer deux mots compliqués. Mais ça va pas chercher plus loin. On cache ses misères comme on peut. Quelle honte pourrait-il y avoir à s’avouer vaincu face aux milliers de livres à lire ? Avouer préférer regarder sa télé plutôt que lire ce que tout le monde dit avoir lu ? Quand Bayard restaure le concept de « livre intérieur », ça me séduit. « C’est ça ». On a chacun son petit récit en soi, on se bâtit peu à peu avec ici une figure imaginaire, là une inclinaison pour la poésie javanaise, le porto blanc ou le maki radis noir avocat champignon. Et des centaines de références : les récits d’autres vies réelles ou non. Dans l’espoir que ce tout composé, provoque ou amène une coïncidence, une belle rencontre, un coup de foudre. Faut pas trop faire l’idiot en fait pour être bien avec les autres (ou « être » avec les autres ? car c’est déjà beaucoup d’efforts que d’être) mais juste laisser voir ou entendre qu’on est ni trop singulier ni peu cultivé, faut ruser comme une bête en fait pour être saisissable et comme un malade pour rester dans l’illusion que le savoir permet l’échappée. Drôle de voyage… Drôle de jeu.

par Sénéchal publié dans : Rapports de lectures communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Jeudi 1 février 2007
Une bien belle brochette


Qu’il est bon parfois d’être hors saison, hors mode, et disons-le, hors du temps. Ainsi raisonne Vieux garçon, le nouveau roman de Bernard Chapuis (Stock) où nous suivons le périple estival d’un jeune-homme de dix-sept ans qui, se découvrant un peu trop sage, ni tout à fait capable d’échapper à son milieu, ni complètement prêt à se laisser glisser dans la « vie facile », se voit propulser aux sources de ses origines comme dans un Simenon. Adrien Flahault face à son destin ? On en redemande…

D’abord les nuits d’août à Paris ne sentent pas toujours l’ennui entre célibataires, fussent-il lycéens. Adrien, oreilles décollées, grand nez, grosses loupes et un tantinet claudiquant, que ses amis (Furtif le Loquace, Agnès, Adham) surnomme « Paulo Newman » (un atonyme ?), garde l’espoir d’une conquête. La bande des quatre en exil investit l’appartement de la mère, où s’improvisera une série de petites parties fines : on est pas sérieux à cet âge-là, mais aussi, faut comprendre, il a de qui tenir l'Adrien. Le père, un certain Denis, amateur de grands vins (tout le roman en déborde, l’auteur s’y connaît !), trop transparent pour être sain(t), a jadis mystérieusement quitté le nid sans laisser d’adresse. Un soir, Agnès, éconduite pas le trop studieux Adham, imagine une petite vengeance : mettre ce dernier dans les bras de Tong Tong la jolie Chinoise, de passage à Paris. Re-appartement : tout colle ! Ah, qu’il est bon d’avoir des racines provinciales et de bénéficier d’un joli pied-à-terre, hauts plafonds, large canapé, cuisine aux placards débordants de pâtes… Seulement voilà, au réveil, passé midi, la Chinoise a joué le papillon… le tableau de la chambre des parents repose sur l’épais tapis… un coffre est là, ouvert, sur du vide. Consternation, questions, enquête… On part se mettre au vert dans le Sud-Ouest. Mais on ne dira pas la fin ! Elégance et précision, ô combien, dialogues ciselés et cocasses, rebondissements, idées savoureuses, le quatrième roman de Bernard Chapuis (Prix Nimier 2005) en est rempli. A propos d’idées, en voici une bien bonne balancée par Adrien : transformer le bar du TGV en double wagon-bar (un « double bee »), avec salons spacieux fumeurs et alcools « qui fusent » ! On a le droit de rêver, de se transporter ici et ailleurs : l'imaginaire foisonnant, le regard malicieux et gourmand de cet écrivain trop rare métamorphose ainsi le nôtre et ça fait beaucoup de bien.

Bernard Chapuis, Vieux Garçon, roman, 260 p., Stock


(c) TGV Mag.


Les Chapuis sont-ils en voie de disparition ?

Le Bernard vit près du Palais-Royal où il aime à se balader, non sans avoir saluer les vendeuses de chez Chanel, rue Cambon. C'est dans ce quartier qu'il se fait photographier en angora ou pashmina, torpillards aux pieds, chemise sur mesure et jeans vintage. On ne plaisante pas avec le style, après avoir été quinze ans à la tête de Vogue Hommes. Chapuis appartient à une secte mystérieuse, les "Kangourous", où l'on croise des peintres, des cinéastes, et autres écrivains, tous honnêtes hommes, saints buveurs et bons coups de fourchette. Jean-Dominique Bauby, auteur du Scaphandre et le papillon, décédé en 1997, ancien rédac'chef de Elle, en était. Le Bernard possède un sens aigu de l'Amitié et en plus il écrit bien mieux que moi. Salaud ! Je t'aime.


par Sénéchal publié dans : Rapports de lectures communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Samedi 13 janvier 2007

La littérature est mauvaise fille, anthologie critique (Atelier du Gué, déc. 2006)

 

 

Je dois confesser que je n’ai jamais rencontré Dussert (le Charles Monselet de notre époque ? un rat de bibliothèque qui refuse la scène ?), ni chercher à devenir un ami, un proche : j’ai toujours su respecter les « sectes livresques », me tenir à distance, en « spectateur permanent » (en consommateur éberlué aussi, il faut bien des gens pour acheter des livres), surtout quand le spectacle se veut discret, faute de moyens. Cependant, j’aime fortement l’esprit curieux et vif de Dussert : il prodigue depuis 1992 aux lectrices et lecteurs attentifs (et j’ai l’audace de croire que j’en suis), nombre de notices, de commentaires critiques, parfois énervés, sur des auteurs oubliés (égarés ?), ici, des francophones ayant écrits grosso modo entre 1850 et 1944 (à l’exception de ce cher François Valorbe, l’ami d’Eric Losfeld dont on attend la réédition de ses souvenirs, Endetté comme une mule, par sa fille).

 

Avant d’aborder le petit compte-rendu proprement dit de son dernier ouvrage, une anthologie critique qui met à jour 15 auteurs, qu’il me soit permis aussi d’avouer ma passion pour le « culte des auteurs rares ». Celles et ceux qui connaissent My Love Supreme, mon premier roman (Denoël, 2001), se souviennent du chapitre où trois amis fondent « l’escouade de la rare lecture » en circonvolutionnant autour du lac de Créteil : ils se croyaient, comme l’auteur, un lointain descendant des membres de l’Abbaye – ils se trompaient, mais c’est une autre histoire. Ou plutôt non, car, nous plongeons-là tête baissée dans les eaux ombrageuses du sujet même du livre de Dussert : dans l’introduction, n’écrit-il pas, façon cri d’amour repenti, « éponges que nous sommes, perméables sujets de la manipulation, victimes volontaires de la mercatique, de la frime et du toc –, dès que l’on a remisé les GRANDS NOMS […], il reste la COHORTE FABULEUSE des seconds couteaux. »

 

Parmi les 15 notices biographiques écrites par Dussert, 8 auront été de véritables découvertes – de la remise donc passons au séjour solaire. J’ai pu enrichir mes fichiers bibliographiques (des carnets accumulés depuis vingt ans) des noms suivants :

  • Charles de Coynard (1863- ?) qui reste « un beau morceau de mystère » 
  • Léo Lespès (1815-1875)
  • Jean Richepin (1849-1926)
  • Charles Fegdal (1880-1944)
  • Alexandre Mercereau (1884-1945)
  • Gabriel de Lautrec (1867-1938)
  • Pierre Coutras (1889-19… ?), le plus énigmatique
  • Joseph Méry (1797-1866)

 

En excluant cette salutaire et éclairante anthologie (l’ordre du classement m’échappe, mais à chaque notice d’auteur, une nouvelle est accolée, le choix est parfait), Lespès, Fegdal, Paysan, Mercereau, Coutras demeurent à ce jour non réédités. Gageons que Dussert s’emploiera, comme il le fait souvent depuis quinze ans, à inviter quelques éditeurs (les rares, les « petits », ceux qui prennent des risques comme l’Atelié du Gué, L’Archange minotaure, Des barbares, Stalker, etc.) à rééditer de façon critique ces « seconds couteaux », que j’adopte derechef comme membres actifs de mes services, où je mets petits plats dans les grands, relisant Proust ou Perec, non sans oublier, sans qu’un ne jour ne se passe sans, de revenir à Marcel Cohen, Georges Lambrichs ou Pierre Herbart, par exemple. Les négliger serait « comme un jour sans pain » pour citer Dussert.

 

Ma nouvelle préférée reste L’Expiation de Gabriel de Lautrec, sombre et implacable, mettant en scène entre deux écrivains une vengeance meurtrière aux surprenants démêlés. Dans le Paris de 2007, il me semble que l’on côtoie encore des auteurs (ou libraires) amers, indélicats, abusifs, ou irrévérencieux. Mais je peux me tromper. Je me trompe sûrement en fait. Seul le temps fera son froid travail de tri. Et le livre de Dussert donne beaucoup d’espoir : l’on se dit qu’un jour, un curieux (ah, l’expression de Paul Léautaud : « qui prend soin de tout ce qu’il considère ») redonnera un peu de vie à quelques livres oubliés – ceux des Autres. Comme un pied de nez à la mort.

 

202 pages – illustrées par Michel Nedjar – 19 €

par Sénéchal publié dans : Rapports de lectures communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Mardi 9 janvier 2007

Idiotics

Ai passé ces derniers jours avec Lenny Bruce (1925-1966), en voyant pour la première fois le film de Bob Fosse (Lenny, 1974 avec Dustin Hoffman) sur une vieille cassette VHS. Tons lessivés du noir et blanc comme le visage de Valerie Perrine qui interprète la stripteaseuse dont Lenny tombe fou amoureux (scène du self). Elle joue à raconter leur descente dans l’enfer de la drogue, la naissance de leur fille, leur séparation, le bannissement progressif de Lenny des cabarets, ses diverses condamnations pour « acte de langage obscène », sa mort.

 

Voici un extrait du film :

 


Il disait, entre mille autres choses qui continuent à frapper juste là où ça fait mal, "I'd rather take a child to a porn movie than to King of Kings" [la vie de Jésus selon Hollywood, Nick Ray ayant été réduit en esclavage par le système].

 

Il me semble qu'approche une période en France, les "présidentielles", où les mots d'un Lenny seraient salvateurs, mais je me dis aussi qu'un tel type pourrait être liquidé tout autant, du moins récupéré. Et transposer et croiser des époques est inapproprié, non ?


Ci-dessous, sa voix, sur fond d'une photo d'arrestation. Il faut l'imaginer dans un club, jouer aux enchères avec les faciès. I would have been a real fan.

 


 

par Sénéchal publié dans : Rapports de lectures communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Vendredi 22 décembre 2006

Lecture de Quelque chose de pourri au Royaume-Uni

 

Sorti à Londres et New York fin 2005 sous le titre Rough Music, Blair, Baghdad, London, Terror, traduit fin 2006 par Jean-Luc Fidel (qui porte bien son nom) et publié chez Raisons d’agir (maison fondée par P. Bourdieu), cet essai met en lumières de façon implacable, les dérives bellicistes et anti-sociales, en apparence paradoxales, du gouvernement de Tony Blair. C’est signé Tariq Ali, historien formé sur les bancs d’Oxford, pacifiste convaincu, souvent consulté sur les questions du Moyen Orient, et qui collabore à la New Left Review.

 

 

 

 

 

 

Blair est-il un apostat ?

Le Premier ministre Tony Blair, fondateur du New Labour, un courant émanent du Parti travailliste, affiche dès le début son intention de faire table rase du Welfare, de continuer les privatisations de certains biens publics, par là d’encourager la City en rassurant les actionnaires. Surtout, Blair débute son règne en 1997 en s’alignant sur les mesures anti-Saddam Hussein inaugurées, faut-il le rappeler, par Bill Clinton lui-même (opération « Renard du Désert »). Il prolonge ainsi l’accord historique existant entre les Etats-Unis et son pays, accord  jusqu’à lors entériné par John Major et Margaret Thatcher. Jusqu’en 2006, et contrairement à Hugh Grant dans Love, Actually, Blair ne dira jamais non une seule fois à Bush Junior. On le verra d’ailleurs souvent serrer la main du Texan.

 

Blair est-il un criminel ?

Ali avance le concept d’un Blair criminel qu’il faut traduire devant le Tribunal de La Haye pour avoir entraîné l’Armée britannique dans une guerre absurde parce qu’infondée, une guerre qui a déclenché une vague de terrorisme sur l’Occident et des scènes comme Abu Grahib (la contre-enquête fut une mascarade). Le meurtre « accidentel » de l’étudiant brésilien Jean Charles de Menezes le 23 juillet 2005 perpétué par les services secrets n’a conduit à aucune excuse de Blair.

 

Blair est-il un néo-libéral convaincu ?

En 1997, selon les organismes statistiques internes et le FMI, 1% de la population britannique détenait 40% des richesses calculées. Il est à craindre qu’en 2006, ce dernier chiffre dépasse les 50% ! Autre point inquiétant : après les attentats du 7 juillet 2005, Blair signe l’arrêt de mort de l’habeas corpus et de bon nombres de libertés publiques, fait sans précédent dans l’histoire britannique de ces deux cents dernières années. Ali rappelle p. 106 une liste de hauts faits en matière de décisions visant à limiter les libertés individuelles et les avantages sociaux, citant Helena Kennedy, juriste réputée outre-Manche. On trouve : l’internement sans procès des ressortissants étrangers soupçonnés de liens avec le terrorisme ; le couvre-feu pour les jeunes (rétablissant en fin de compte le Riot Act qui fut aboli en 1973 !) ; etc.

 

Blair rougit-il quand il se regarde en face ?

Non. Il utilise systématiquement l’expression : « Je crois sincèrement… », qu’il a sans doute répété devant son miroir matutinal. Il simule, dissimule, ne dit pas la vérité, mais s’entoure de nombreux amis comme lui apostats du Labour défunt. Lorsqu’il se retirera enfin du pouvoir, il deviendra un ponte du Carlyle Group, consortium définit ainsi par Le Monde (30/04/2004) : « Le plus grand investisseur privé du monde, bien implanté dans le secteur de l'armement, […] un groupe discret, qui cultive les accointances avec les hommes influents, dont les Bush, père et fils. » Autres hauts faits rapportés par Tariq Ali : conditionnement de toute la presse et mise au pas de la BBC (inédit dans son histoire). La seule vraie question : "La Grande-Bretagne sera-t-elle différente après Blair ?" (p.118).

 

Sur l'explication du terrorisme des années 1990-2000

On peut ne pas être d'accord avec les arguments avancés par Ali. Mais il réussit à bien discerner islam d'un côté, endoctrinement de l'autre, action de sensibilisation pour marquer l'Occident contre refus de négocier des Etats-Unis et ses alliés, peur panique chez les gros bonnets du libéralisme occidental (pléonasme ?) de disparaître face à un Orient puissant et un Sud rebelle. Les Etats-Unis préfèreraient-ils couler le navire plutôt que d'ouvrir certains ponts à des populations "jugées inférieures" ? A voir... BHL s'oppose à un tel jugement, même si dans American Vertigo, on découvre effrayé mais nullement surpris, l'impossibilité d'un peuple (mais surtout de ses élites) à modifier ses comportements lénifiants et mortifères.

Dieu merci, ça se passe de l’autre côté de la Manche. Par chez nous, deux magnifiques Dom Quichotte se préparent aux élections du 10 mai. La France, c’est bien connu, n’a pas de pétrole, mais elle possède de formidables moulins… à paroles !

 

Tariq Ali, Quelque chose de pourri au Royaume-Uni. Libéralisme et terrorisme. Raisons d’agir, 148 p., 6 euros.

A lire aussi du même : Un sultan à Palerme, roman, tr. de l'ang. par D. Meur, Sabine Wespieser, janv. 2007.

 

NB : Sur le terme « rough music» du titre original, Ali fait référence à une figure de style de la fin du XVIIe s. : à l’époque de la révolution anglaise, on entendait par là une manière de critiquer les politiques qui s’étaient rendus coupables « de violer certaines normes publiques ».

par Sénéchal publié dans : Rapports de lectures communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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