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Vendredi 2 juin 2006

Di Folco - Histoires d’un nom

IL Y A PEU de temps je me suis posé la question : « D’où vient mon nom ? ». Qu’a-t-il signifié, si jamais, en Italie – ici ou ailleurs ? Qu’est-ce que « ça  dit », son nom ? On se pose tous ce genre de questions.

Lorsque l’on se lance pour de bon dans la fiction, on en vient à travailler (beaucoup, pour pas grand-chose, laissez tomber, jouez plutôt en bourse si vous le pouvez), à réfléchir les noms propres. Je pense à la musique des noms chez celle qui portait un pseudonyme, Marguerite Duras, des noms hantants (en temps ?). On trouve des fusées analytiques sublimes chez Beckett, Derrida, et bien sûr chez Lacan (on donne tous dans le lacanien, vous avez remarqué ?). Ces dernières années, Marie Redonnet (Tir et Lir, Rose Mellie Rose…) insuffla à ses fictions, par ses choix de noms de personnages, cette petite musique à la fois comique, distante, énigmatique presque étrange (le nom de l’Autre, un drôle de nom ?). Bien entendu, Patrick Modiano remporte au titre des noms à puissance obsessionnelle, la palme (Dora Bruder, etc.).

Le sien de nom, donc, semble d’abord devoir passer aux oubliettes, parce qu’il n’est pas question ici de parler de soi, on va mentir quand on prend le partie de la fiction, même quand on écrit « Di Folco tua son père », on va s’oublier un peu, se réinventer, etc., mais souvent, quoi que l’on fasse ou tente, c’est son nom propre qui transparaît à travers les différents plans de lecture. Serait-il difficile, même par le truchement de la mise en scène ou du scénario, de fuir son nom ?


En la bouche de l’autre, il sonne

L’appel en classe, à l’école, je ne sais plus quand ça claque dans la tête comme une question qui serait : « Ce nom est le tien, réponds, approuve, dit-le : pourquoi hésites-tu ? ». Il y a l’index des maîtresses, du professeur, qui descend le long de la liste, le tien se trouve souvent, statistiquement « au milieu ». Médiocre, donc. Je ne me souviens pas de : « tu es un sale rital ! » ou d’un « c’est la mafia ce nom là ! »… Mais Di Folco c’est pas Beauregard, Martin ou Quinton, c’est pas France, clairement, très tôt, je le sais. Un nom étranger ça se remarque, donc je suis souvent remarqué, or je suis un être rougissant, je n’ai pas hérité de la complexion de mon père, son hâle naturel, sa peau méditerranéenne. Il faut ensuite remplir des fiches, au collège. On trouve soit « Patronyme : » soit « Nom de famille : ». Je n’aime pas « patronyme », ça sonne « patron », on pense à modèle, moule, autorité donc. Encore. D’ailleurs, il faut suivre la règle : mon nom doit s’écrire comme ça et pas autrement.

 

Peut-on parler d’étymologie pour un patronyme ?

Mon père me transmit la règle suivante énoncée sous forme de « légende familiale n°01 » : « Mon père Marco, ton grand-père donc, est arrivé en France en 1936, il a fait la guerre, il a obtenu ses papiers d’identité français, mais l’employé de la mairie de Choisy-le-Roi s’est trompé : il a écrit « Di-Folco », avec un trait d’union. Mon père a mis des années à le faire sauter… ».

Donc voilà comment mon nom doit s’écrire : d’abord « Di » puis une espace, puis « Folco ». De mon côté, j’ai du depuis plus de vingt-cinq ans, intervenir pour ne pas me retrouver sur divers papiers officiels, fiches de paye, etc. avec le nom « Di Falco ». Les gens entendent « Di Falco » quand bien même j’épelle « dé  i  plus loin effe  OOOOOOOOOOOO elle cé o ».

Avec le temps, j'ai pu conclure sur 4 points essentiels :

- "Di Folco" n’est pas un nom aristocratique, car en Italie, il n’y a pas vraiment de particule, sauf dans le cas des noms composés comme « Pozzo di Borgo » et encore, ce patronyme-là est corse (les Pozzo du village de Borgo). Exemple : Medici, Visconti, Buonaparte sont des noms de familles princières, ducales, militaires, etc. mais sans particule.

- en Italie, il existe des Difolco, des Difalco, des Di Falco, mais qui proviennent de villages différents des « Di Folco » : la région qui comptabilise le plus de Di Folco en Italie est le Lazzio (Rome). Au sud de cette région centrale, le « pays » qui foisonne de Di Folco est le Frosinone, exactement situé à mi-chemin entre Rome et Naples, avec des villes comme Arpino, Latina, etc. Sur la place d’Arpino (la ville où est né Cicéron, où est né l’Arpin de Dumas, etc.), on trouve une pizzeria Di Folco ! Plus loin, j’ai tenté d’établir une liste de personnages contemporains célèbres (enfin, répertoriés par le net) portant ce patronyme.

- ce « Di » s’explique de deux manières :

1/ soit il indique une filiation : untel est issu « de la branche Folco » ;

2/ soit il indique une provenance : untel vient du « folco », c’est-à-dire du peuple, du « volken », le patois de cette région étant marqué par des archaïsmes germaniques (on trouve cette explication chez Derrida !).

Donc, quand on m’affuble du joli sobriquet « Di Volken », on ne se trompe peut-être qu’à moitié…

- signalons enfin que si « fAlco » provient du mot latin pour dire « faucon » , "folco" en réalité semblerait plutôt à relier au « foulc », l’instrument servant à battre le blé.

En conclusion, des origines paysannes, terriennes, populaires. Banales en somme et c'est rassurant.

 

Les Di Folco dans le monde….

Sur la Terre, ils sont là, porteurs d’histoires : quand on cherche son nom de famille sur Google (d’abord pour flatter son ego, puis pour essayer de retrouver de la famille, enfin pour connaître les histoires des autres Di Folco), on tombe sur les statistiques suivantes :

- « Di Folco » : 103 000 entrées. Le problème est que Google cherche aussi bien « di Folco » que « Di Folco », la majuscule prend ici toute sa valeur, ainsi je me retrouve avec des occurrences proposant des Michel Folco, des Folco Quilicci, des écrivains certes, mais qui n’ont rien à voir avec le Frosinone, avec les émigrés des années 1920-30.

- « DiFolco » : 12 300 occurrences en collant le « di » au « folco ». On peut retrouver là toutes les personnes vivants dans les pays anglo-saxons. L’espace n’est pas respectée par les bases de données identitaires angosaxonnes : sinon, tu te retrouves classer à la lettre « F ».


Voici quelques « Di Folco » des plus spectaculaires (c’est le cas de le dire) :

 

Cette bombe s'appelle Claudia DiFolco. Son métier ? Présentatrice à la télé canadienne, la branche anglo-saxonne NBC. Elle est classée n°1 en 2005 des présentatrices les plus sexy d'Amérique du Nord ! Contactée il y a peu, elle m'a dit venir par son grand-père d'Arpino. C'est donc une cousine très éloignée.

Elle a démissionnée en août 2005 de la télé. Elle se veut actrice et réalisatrice. Elle a joué dans "Twenty Four Hours". Elle parle italien, espagnol, français et bien sûr anglais.

Très secrète sur son âge... Disons 35 ans ?





Voici maintenant Marcella Di Folco. Avant de s'appeler Marcella, elle s'appelait Marcello, né à Rome en 1943. "Il" fut dans les années 1960 très proches des milieux artistiques marginaux, tourna avec il maestro Federico Fellini (Satyricon, Amarcord...). L'opération a lieu en 1980, à Casablanca. Marcella s'occupe depuis de défendre la cause politique et sociale des transexuels en Italie. Elle a créé le Movimento italiano transessuali (MIT) en 1981. Elle finit par déposer une loi reconnaissant les droits des transexuels, loi qui fut approuvée en 1982 ! En 1990, elle est élue conseillère régionale (Bologna). En 2000, elle devient vice-présidente de l'Observatoire national de l'Identité et des Genres. Elle est aussi membre de la Harry Benjamin Identiy Gender Disphoria Association, un lobby américain très puissant, lié aux populations LGTB (Lesbian, Gay, Trans, Bi). Elle lutte pour le remboursement des frais maladies liées au HIV et contre l'homophobie et la transphobie. Elle pèse 150 kilos. La presse l'appelle "La Dame de poids". C'est élégant.


Cet adonis delonien s'appelle Marco Di Folco.

Son métier ? Danseur, musicien, chanteur-soliste mais revendique souvent qu'il est autodidacte !

A quinze ans, il est remarqué par une troupe classique et le voilà embarqué. Né en 1963, il s'est produit à l'Opéra de Rome, au San Carlo de Naples, à la Comunale de Florence et de Bologne, a joué pour Marco Bellochio (1996), dans divers ballets et comédie musicales.

Il passe souvent sur la RAI dans des émissions musicales télévisuelles.


 

 


Ce charmant accordéoniste (fisarmonica) s'appelle Gianni Di Folco, il est d'Arpino, le berceau de ma famille paternel. Il habite Rome. Depuis que son père lui a dit : "Moi j'ai fait la guerre, tu as pas besoin de faire des études, apprend plutôt l'accordéon". Il a créé en 1998 le groupe Ned Ludd, style combat folk-rock, plutôt engagé donc. Il m'a contacté plusieurs fois spontanément, et m'a envoyé ses disques. Le groupe Java chez nous ça ressemblerait un peu à son style mais Gianni est un authentique prolétaire, lui, et fier de l'être. Il revendique le "travail dans la dignité". J'adore ! Voici son site Myspace (avec samples).

 

 

D'autres portraits sont à venir...

et si vous connaissez des Di Folco famosi,

n'hésitez pas à mes les signaler !

par Phillipe Di Folco publié dans : Quelques inédits
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Jeudi 1 juin 2006
31 mai 2006
Ce soir dans la salle des fêtes de la Mairie du Ve, la belle harpiste I. a interprété Sad Song, une ballade anglaise de haute tenue. Au programme également : Britten, John Williams (oui oui, Star Wars !) et le Boléro, "cerveau-coeur rythmant la désintégration du XXe s.". Nous manquons d'oxygène, de grands espaces, de sourires, de tendresse, d'allant, de soleil. Jouer et faire semblant. Petite musique accompagnatrice, dissipatrice d'ennui, chasse mots névrotiques...

27 mai 2006
Allez lire dans "Biographie" mon article sur les histoires du nom "Di Folco", c'est amusant, mais très sérieux aussi...

26 mai 2006
Ce matin avec Richard : "Mes disques se vendent dix fois plus à l'étranger, que ce soit aux Etats-Unis, au Canada, ou au Japon... C'est mieux comme ça..." De mon côté, même constat : Le Dictionnaire de la pornographie sortira donc sous peu chez de très bons éditeurs en roumain, grec, italien, américain, espagnol, pour l'instant, et ce n'est pas fini. En même temps, fin des Sciences humaines format livre, fin d'une époque. Tant pis, passons à d'autres formats, d'autres modes.

25 mai 2006
"L'artiste est celui qui a été, enfant, blessé par un artiste : toute sa vie il cherchera à panser sa plaie mais sans y parvenir. De même, il ne saura identifier l'auteur de cette blessure." Propos entendu dans un café ce matin, 9h10. Hier, en un autre café : "Alors comme ça, tu écris des romans, eh bein moi, j'ai envie depuis longtemps de raconter mon parcours professionnel, tu ne peux pas savoir les trucs que j'ai vécu..." En vérité : peu de romans parlent sensiblement du salariat, des 8/10 h par jour que s'avalent des millions d'individus et ce, pendant plusieurs années, très longues années mêmes. Tout le monde ne peut pas inventer un "Bartleby" ou un "Patrick Bateman", étonnant cependant de constater combien l'Entreprise n'éveille pas plus de "caractères" fictionnels dignes d'un Vautrin, Rastignac ou d'un Salavin (Ah, Duhamel !, mais qui lit encore ce type ?).

20 mai 2006
Et si vous alliez faire un tour sur ce site :  Lilathen Films ?

19 mai 2006
Le cher Poincard m'envoie cette photo du "Di Mitterrando" retravaillée avec le fond adéquat (cf. 15 mai). Jusqu'où irons-nous ? A l'Elysée ? Ce matin, au Verre à pieds (Paris 5e), il semblait évident que le prochain patron de France SA (RL ?) devra désintégrer le mamouth éducationnel, à commencer par l'ENA, Sciences Po, HEC et compagnie, privatiser une partie des universités, permettre des enseignements courts (ouverts à ceux que les études rebutent), pour que nous n'ayons plus à rougir devant les Anglo-saxons. C'est comme ça, il fallait l'écrire.


16 mai 2006
La revue Talkie-Walkie d'Arras (Hortense et Juliette) m'a invité parmi d'autres créateurs à lire un texte samedi 20 mai, Galerie EOF, 15 rue Saint Fiacre (Paris, M°Grands Boulevards). C'est à 16 h ! Plus de détails dans l'onglet "Agenda".

15 mai 2006
Une épouvantable photo de moi en François Mitterrand prise par Pierre-Michel sur le stand Gallimard du salon de Genève (cf. infra) !!!

Poincard voulait collationner toutes les mimiques de Feu François en un film gonzo que l'on aurait intitulé "Les Mitterrandes", seulement plus le temps passe, moins les gens se souviennent de lui, ou plutôt, on n'en garde que des clichés, des postures idiotes.


8 mai 2006
Samedi soir vers 22h15, une jeune fille de 28 ans s'est défenestrée rue Rochechouart (Paris 9e), son corps est tombé devant moi, dans la rue, en un claquement effroyable. Cette chute de corps ne cesse de repasser dans ma tête depuis. Ces choses là n'arrivent pas souvent. On peut se prendre un corps sur la tête. Un corps pèse 60 kilos en moyenne, non ? Il subit une accélération depuis l'étage d'où il tombe. Ici du 6e, soit treize mètres environ. On peut estimer à 220 kg la masse finale à l'aterrissage. Elle n'est pas morte sur le coup. Ses yeux papillonaient. Elle a hurlé sa douleur. Les pompiers sont arrivés à 22h30. Elle est décédée vers 23h30 je crois. Le médecin de la brigade a suspendu la respiration artificielle. Sa famille a défilé pour lui dire "au revoir". Le corps est parti pour le quai de la Rapée. J'ai du témoigner. De quoi ? De la chute du corps d'une jeune fille. L'officier de la PJ me dit : "Il y a rarement du sang dans les défenestrations, de la cervelle parfois... Le corps se brise en mille morceaux à l'intérieur, le coeur éclate, on en réchappe rarement ; d'ailleurs, ajoute-t-elle, c'est tant mieux en un sens... Au fait, avez-vous besoin d'un soutien psychologique, après ce que vous avez vu ?".
Chute en forme de petite moralimiseria : "From The Cure to SelfCare" i.e. il eût mieux FALLu pour la Jeune Fille se retrouver au Club rue Saint-Denis et danser sur du batcave & Gothic Rythms ("10:15 on A Saturday Night "/ Wisperssss... Murmours... / "Suicide..." in Tree Imaginary Boys - trois témoins porteurs du dernier cri).


1er mai 2006
"Ici, je fis réflexion que le peuple suisse, à qui je m'étais adressé, ressemblait probablement aux autres peuples qui n'écoutent pas la radio. Cette idée me fit grand bien. Hélas, je n'en avais pas fini avec moi." Jean Paulhan,
Guide d'un petit voyage en Suisse (1947)

Genève. TGV, je lis l'inédit "journal de Genève à Vaduz" de Valery Larbaud. Arrivée sous le signe solaire des pâtes al dente. Quelques rares français présents sur le salon du livre évoque la mort de Vincent de Swarte (Requiem pour un sauvage, Elle est moi). Générosité, tolérance, placidité et naïveté des genevois. Prix élévés. Ambiance onusienne et oèngienne ("Tu gagnes 20 000 FS par mois ?"). Cuisine assez moyenne mais vins rouges locaux surprenants. Cigares cubains bon marché (TVA 7.5 %) et cigarettes du Che (les Sobranies ont disparues). Des filles pré-ados dans le bus 5 (Palexpo) hurlent des insanités, balancent des papiers usagés sous les regards amusés des vieilles. Soleil pendant trois jours. En bas de la rue du Mont-Blanc, le Rhône et l'île Rousseau (y imaginer JJR délivrant aux passants les billets écrits de sa main : "Je ne suis pas méchant"...)  ; derrière sa statue par Pradier (1834), un homme de cinquante ans se pique. En face l'île du Temps, entourée de buildings surmontés de publicités pour les mont(s)res. Je pense à Besançon (Doub, Hugo, les automates... Frankenstein au Lac ?), plus calme, est aussi la ville du temps : tous deux nés en 1964, De Swarte et moi nous y étions invités au salon du livre, il y a deux ans déjà, souvenirs émus de son sourire, sa sensibilité, ses projets (nombreux) de vies. Sur le stand Gallimard, Baptiste, Dominique, Olivier, Pierre Michel totalement d'accord pour organiser des cabarets littéraires en 2007 (Karl Valentin joué à Genève en mai). Ah, Genève qui aime rire ! Rires de Schifano, Pancrazi, Mabanckou, Lambert, Benoziglio, Friedmann...  Horreur ! "Journal atrabilaire" est un titre de Jean Clair (ça fait aussi référence à Guy Debord !) : on change le caliquot illico (Aragon, from Lucas Violin le Sublime).

par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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Samedi 20 mai 2006
Catalogues, livres d'artistes, livres-objets

1989 : "The Little Big Book Anthology", collectif, éd. Mikel Horl, Londres
1990 :  "Aller-retour", collectif, catalogue d’exposition avec Agnès b. et Michel Bouvet
1991 :  "Lumières du Soleil Noir", gal. Lecointre-Ozanne, Paris
1992 :  "Les Alliés substantiels", actes du coll.,  2e biennale du Livre d’artiste d’Uzerches
1993 :  "Le Soleil Noir éditeur", catalogue raisonné, 1er expo., Carré d’Art de Nîmes
1993 :  "Le mois du graphisme d'Echirolles" (texte : "Identification")
1994 :  "Dans la boîte", sur des esquisses d’Anita Gallego, livre-objet, De visu - L’image
2005 :  "Dreams are my Reality" (mai-juin, présentation d’un artiste)
2006 :  "En raison d'un manque..." Franck David
2007 : "(Dé)faire des livres", exposition Atelier Bouvet, Ecole des Gobelins (préface)



Conférences, colloques, lectures














1993 :
"Graphisme, enjeux pour une profession", Centre Beaubourg, Paris
1997 :  Colloque Bataille-Leiris (nov.), Orléans (chargé de communication)
1998 : "Lire en fête sur internet", Centre national du Livre, Paris (mission)
          "Jean-Pierre Duprey, poète" Le Passe Théâtre, Rouen
2000 : "Galaxie Gutenberg et révolution numérique", Villa Gillet, Lyon
          "La critique littéraire existe-t-elle ?", Salon de la Revue, Paris
          "Le Livre objet depuis 1945", Le Livre sur la Place, Nancy
2001 : "Colloque hommage à Gilles Châtelet", ENS, Paris (org. Charles Alunni)
2002 : "L’invention de soi, la fiction comme réponse", Saint-Brieuc (mars)
2003 : "Festival littéraire international Northrop Frye" (mars, Moncton, Canada)
          
"Bouvard et Pécuchet, ou l’illusion du savoir", Germs – Univ. Paris VIII (déc.)
2004 : "Festival Terranova", Lorraine (nov., performance "Chantier")
           "Pornographie et érotisme", Salon du Livre, Paris (mars)
          "Travers", performance au Centre Noroît d'Arras (mars)
2005 : "Rencontres typographiques internationales de Lure" (août, feuilleton)
2005-06 : "Qu'est-ce que la pornographie ?" Hôpital St-Louis, Univ. Paris 7 /Sexologie
2006 : Débat sur le Dictionnaire de la pornographie, c/o Lili et Marcel, avec la Mairie du XIIIe
          "Leurres", lectures poétiques et musiques, Galerie Eof, Paris 2e (Trames Ouest)
          Lecture de "Chantiers", Nuit Derrière la salle de Bains, Mona Lisait, Paris
2007 : "L'érotisme littéraire a-t-il besoin d'un masque ?", Expressions d'Amour, Tours
          "Ghérasim Luca", Cité Philo, Lille

          "Hommage à Burroughs", Mona Lisait, Paris
            


Le Politburo

Bar situé 25 rue du Roi de Sicile (Paris 4e), le Politburo a ouvert en septembre 2003 et est géré par Thomas Chaumont. Ce dernier, gloire à lui, permit d'accueillir pendant un an et demi une dizaine de débats de haute tenue philosophique, avec entre autres invités, Dominique Lecourt, Ariel Kyrou, Henri Atlan, Ruwen Ogien, Elie Ohayon, Collectif Anti Pub, Multitudes, Florent Latrive, etc. 

 

par Phillipe Di Folco publié dans : Mes écrits en librairie
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Jeudi 20 avril 2006

Le vieillard de 40 ans et les DVD

 

 

La chaise jaune du café mouffe branle sous ses fesses

Elle l’appelle bitenberne (See Line Woman)

Ou bien tamalou – elle, c’est Nina

Il tente de ne plus regarder les arrières

De ne plus éprouver la douleur sucrée des tubes

Souvenir de l’enfance (Mother I Hate U)

Il croise ce qu’il aurait pu être du être était ne sera plus

La mode expliquée aux incultes

Elle lui rappelle sa bite roide

Chaque soir chaque matin

Abraham engendre milles monstres

Il tente de prétexter des maux (encore, le Verbe !)

Les feintes sonnent creux au fond du ventre mou

Elle est parfois (re) belle – le désir le suspend !

Il sent le vieux chien (sous ses bras)

Ses poils blancs envahissent des terres lasses

Ses dents foutent le camp (son pouls s’emballe)

Il boite parfois sa bite sous le crâne (boum boum)

Certaines places érigent des colonnes il se sent agressé

Chauve sourit au printemps rouge (tâche de sperme)

Les filles n’ont jamais… insolentes raies des culs énormes !

Les mectons si cons (rien à foutre)

Elle le spell on you (See Line Woman)

Il la maudit aussi

Assurer reste sa mission dernière Guy L’Eclair

Défaillir l’interdit majeur

Ne plus pleurer ne plus devoir s’émouvoir

Sans passer pour un minable dans la rue bleue

Soon take to the Water (Closet)

Souvent tout paraît plus simple

Les objets revendus en masse

Il reste seul alors au milieu d’une pièce vide

Saisi le silence se fait mais Paris rétrécit

Poker menteur

Bandant pour rien il s’exécute

Danse au milieu des morts mnésiques

Loth engendre des Anges

Aux rythmes des années 80

Soft Cell Triangle isocèle

Electro choc

Il se réveille plus tôt pour l’IRM

Se gratte les couilles toujours plus basses

Ne lui dit pas je t’aime

Courir nager suer ?

Elle ronfle à ses côtés endoloris

Le lit défoncé un moustique l’été

Ils s’éprenaient s’éperonnaient jouissaient criaient

Une dernière fois ?

Demain elle exigera sinon la pension la passion mettra la pression

Lui brandira la démission la débandade

Les cafés l’accueillent de plus en plus souriant

Amer le fond de tasse le fixe

Saul de Tarse engendre la Verge et le Vagin

Tourne indexe les minutes restantes

La caresse d’un bras une cuisse nue la commissure

Tout recommence

Redevenir une légende

Avant la dernière seconde

La chaise jaune du café mouffe branle sous ses fesses

Dégage tu te dégoûtes !

Vite !

 

21/04/06

par Phillipe Di Folco publié dans : Quelques inédits
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Jeudi 13 avril 2006

"Vous n'avez pas fait d'enquête sur un problème, et on est trop brutal ? Non, pas du tout. Du moment que vous ignorez le fond du problème, faute de vous être enquis de son état actuel et de son historique, vous n'en sauriez dire que des sottises."
Mao Ze-Toung, in Contre le culte du livre, mai 1930


Livre 1
LQR : La propagande du quotidien
Eric Hazan dirige une petite maison d'édition militante appelée La Fabrique, il était l'héritier de Fernand Hazan mais un jour, on l'a mis à la porte. Il a donc édité L'Edition sans éditeur, puis Le Contrôle de la parole d'André Schiffrin (2005), un auteur éditeur qui a subi aux Etats-Unis le même sort qu'Hazan. Ce n'est pas un hasard si Raison d'Agir, la maison d'édition créée par Pierre Bourdieu (1930-2002) qui publia Serge Halimi (Les Nouveaux chiens de garde) permet à Hazan de développer une étude non seulement sur la concentration en quelques mains de tout l'appareil médiatique français mais aussi de forger une thèse originale : la LQR. C'est quoi ? La Lingua quintae respublicae est un jargon qui nous bassine l'esprit depuis en gros la fin des années 1960. Elle est constituée d'euphémismes, de dénégations, c'est-à-dire de modérateurs, de faux-amis, de mots globalisants, soporiphiques qui ne disent pas le réel mais impriment des masques sur l'ensemble des vrais problèmes socio-économiques afin de mieux  "contrôler le quotidien" et ses dérives possibles (les manifs anti CPE mais aussi les révoltes de 1995, de 1987,etc.). En réalité, on risque tous l'uniformisation de l'économie de nos désirs, la pérénité des inégalités, une sorte d'apartheid rampant entre riches toujours plus riches et moins nombreux et pauvres innombrables. Ouvrage salutaire, non jargonant, très documenté, implacable. Et ça se passe en France !

Eric Hazan, LQR, La propagande du quotidien, Raisons d'Agir, février 2006, 6 euros


Livre 2
Au-delà de Blade runner Une note dit : "Mike Davis s’était fait connaître il y a quelques année avec la publication d’une étude stupéfiante (City of quartz, La Découverte, 2000), où l’auteur analysait le devenir sécuritaire et la ségrégation sociale et raciale à l’oeuvre dans le déploiement sans fin de la métropole de Los Angeles. Ici, voici un texte court et incisif (en réalité un long chapitre tiré d’une vaste étude sur « l’écologie de la peur » - Ecology of fear, Metropolitan Books, 1998)" intitulé Au-delà de Blade Runner Los angeles et l'imagination du désastre qui constitue le pendant dillusoire de l'expo en cours au Centre Pompidou. Davis revient sur les émeutes de 1995 (pré et post Rodney King) et bien sûr démonte le délire sécuritaire des habitants nantis des zones périphériques. Les visionnaires de l'urbanité future tels Wells, ou Dick étaient largement en deça de la réalité à venir ! L.A. sera sans doute le modèle urbain de toutes les grandes mégapoles futures. Ce livre constitue donc à l'heure où le héros de Terminator 3 gouverne la Californie, une bénédiction.

Mike Davis, Au-delà de Blade Runner Los angeles et l'imagination du désastre, Allia, 2006, 6.10 euros


Livre 3
Très court poème en prose de PPP écrit à New York en 1966, marqué par les expériences textuelles de la Beat Generation et intitulé en italien "Poeta delle ceneri" : Poète des cendres. Un texte inédit retrouvé dans les archives du poète-cinéaste, traduit et annoté par Jean-Pierre Milelli (remarquable boulôt). On y découvre des phrases bouleversantes : "A Rome, de 1950 à aujourd'hui, août 1966, je n'ai fait que souffrir et travailler voracement." PPP va partir pour l'Inde, il vient de terminer le fameux Comice d'amore, premier documentaire réaliste sur la sexualité italienne... Ce texte restera inachevé.

PPP, Qui je suis, Arléa, 2006, 4 euros

Livre 4

Visuel Pascin monovolume On parle beaucoup de Joann Sfar, alors je vais surtout dire un mot sur Pascin (Julius Pinkas dit, 1885-1930, se dit "Paskine"). Un regret d'abord : de ne pas avoir écouté mon ami Stéphan Lévy-Kuentz qui souhaitait consacrer à ce peintre une notice dans le Dictionnaire de la pornographie. Je lis les aventures "imaginaires" de Pascin par Sfar (obsédé sexuel comme moi, et alors ?), on est un peu comme chez Pajak lorsqu'il illustre les rencontres Joyce, Nietzsche, Pavese... Pascin ne pensait qu'à baiser et à dessiner ou plutôt quant il dessinait des femmes nues, il devait immédiatement les prendre. On se rappelera la série de gravures de Picasso illustrant Raphaël et son modèle, pour mémoire, pour savoir que ce désir là n'est pas nouveau. Pascin fut élevé dans une maison de passe. Dégoûté, il a commencé à baiser avec des hommes mais ensuite les femmes l'ont entièrement reconquis (quoi que). Ce livre de Sfar est la compilation de tous ses dessins sur le sujet. A signaler aussi La Java bleue (L'Association, 2005), où Sfar pastiche le style de Pascin. C'est beau !!!!!

J. Sfar, Pascin, L'Association, déc 2005, 23 euros



Resto

Le Marsa n'a rien d'un restaurant tunisien : son nom provient de "Marseille" c'est donc un resto à poissons ouvert il y a 5 mois dans le 5e à Paris. Dans un décor kitsch et très original, la cuisine servie là mérite le détour. Menu à 23 euros pour des entrées et des plats inventifs, pas trop salés. Mon choix : Timballe de rizzoto, dos de cabilleau, crème brûlée à la noix de coco. Sinon, ne manquez pas le mille feuille minute, c'est à mourir ! On sert tard il suffit d'appeler. Mieux vaut réserver le WE. Accueil exceptionnel par un ancien du Ritz et du Crillon, c'est dire ! A la cuisine, Laurent, un chef qui sait y faire.

Le Marsa, 47 rue Gay Lussac, 75005 Paris. Tél : 01 46 33 11 85


par Phillipe Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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