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Lundi 6 novembre 2006

QUAND TROP C'EST TROP il faut le dire, l'écrire, le faire savoir...
Je vais donc le faire ici mon gros caca, si si, vous l'attendiez : "Ah, il s'énerve !"

Cette semaine :

 >>C'est trop... le GONCOURT !!!!<<
 
 J'adore cette réaction du père putatif de SuperRéac :
 
"Bon, il l'a eu. SuperRéac n'a pas encore lu la chose. Il attend un peu. Mais mais mais mais mais... toute cette histoire a quelque chose d'étrange. Le buzz, cet auteur prodige sorti de nulle part qui n'écrit  pas dans sa langue maternelle - et un pavé de chez pavé, de surcroît -, les sommes astronomiques proposées par les éditeurs USA (on parle d'un million de dollars) et allemands (on parle de la moitié), ce petit sourire du type sur les photos, le papa, etc.  Quand on a lu ton livre sur les impostures, on ne peut pas s'empêcher de penser qu'il y a ici quelques motifs qui rappellent des histoires passées. Je verrais bien le fils, le père ou l'éditeur (il est bizarrement discret, le Millet) - voire quelqu'un d'autre - avouer que tout le monde a marché dans la première belle imposture du millénaire. Mais sans doute est-ce une secrète jalousie qui m'égare..."


Je suis pas loin de partager l'avis de mon esprit frappeur en chef. Je tiens à lui apporter un témoignage de première main (de vue, devrai-je dire) : chez Drouant, ce jour, à 13 h, on a vu Antoine Gallimard, faire front tout seul devant la presse (chose assez rare) ET LIRE UNE LETTRE VENANT COMME PAR HASARD DE SON POULAIN QUI DISAIT : "Je suis très content d'avoir eu le prix, etc." DONC C'ETAIT PAS UNE LETTRE MAIS UN MAIL ou UN TEXTO, bon, on s'en fiche, mais Antoine est très touchant parce que rougissant (et surtout confus de l'absence de son cher miraculé des Lettres franco-américaines, c'est la 1ère fois  qu'un auteur n'est pas là ! Deus ex machination !), ensuite ai entendu quelques lazzis ("Et si on allait manger une bonne choucroute après ça ?" et autres "Ouuuuhhhh !") et aussi des piques (aye ! les mouches !), on a vu aussi Baptiste L. le petit doigt en l'air (tant que c'est pas dans le nez ou dans le cul) déguster une soupe jaunâtre servie par Drouant dans des tasses à consommé, tandis que, côté jardin, sortait presqu'en cachette, rasant les murs, le lauréat du Renaudot, Alain Mabanckou, entouré de trois attachées de presse (mais point de La Martinière qui a des comptes très lourds à rendre à ses actionnaires, plutôt que de s'occuper d'un Nègre lauréat, "enseignant à Los Angeles" [sic]). Manquait plus qu'un certain comique "DIEUDONNE" POUR LE NOMMER déguisé en SS et la tartufferie était bouclée mais, mais, c'était sans compter le Beigbeger, qui n'est pas le SS des lettres, lui, à son grand regret ("Je suis toujours gentil avec tout le monde", dixit, ET LE PIRE C'EST QUE C'EST VRAI) annonçant à l'encan le 1er lauréat du "Prix 15 minutes" (remis en face, un quart d'heure après les deux prix de chez Drouant) qui est allé à Rhésus (POL), Beigbeder qui venait aussi de rejouer la scène de VGE (souvenez-vous, en 1974, face aux caméras venues saluer son élection : "Keep quiêt, keep quiêt, I want to talque tou theu Foreign Precheu".) Mais on lui a rien demandé (ni à moi, d'ailleurs, hein : qu'est-ce que tu faisais là ???).

Et vous, ça vous fait quoi c'te cake qui a toutes les apparences, l'odeur même de la supercherie ?


REAC 01 : Albert Cohen a écrit en 1979 un opuscule intitulé Ô vous, frères humains ! Ce titre étant très proche de la première phrase des Bienveillantes, et aussi de la petite bande rouge qui était proposée sur ce livre (avant les mentions Goncourt et Acad. Fr.), on ne résiste pas au rapprochement des deux auteurs, mais justement, la comparaison passe très mal : en 1968, l'Acad. Fr. donne son fameux prix au pavé Belle du Seigneur. Près de 40 ans plus tard, nous avons là un livre qui compte parmi les 100 meilleurs du siècle. Quid du Littell ? Trop tôt pour juger ? Relisez les journalistes empressés se ruant sur Littell de peur de rater un événement qu'ils contribuent largement à grossir eux-mêmes : "le plus grand livre du siècle !", "un tournant dans l'histoire littéraire !", etc. Eric Naulleau (sur Direct8 ce jeudi 9.11) a 100 fois raison : SUPPRIMONS TOUS CES PRIX DEVENUS DESORMAIS INSIGNIFIANTS ! Et laissons Littell respirer en paix et savourer sa victoire : s'il a écrit tout ça, il mérite les honneurs et son blé. Sinon, on s'en fou. On l'oubliera. D'ailleurs, tout le monde oublie tout ces dernières années : tiens, on trouve de plus en plus de livres abandonnés dans les trains, les parcs, sur les bancs publics, dans les sanisettes, dans les bars...

 

REAC 02 : La saison des prix étant ENFIN terminée, je signalerai la sortie de "La mélancolie de Zidane" par Jean-Philippe Toussaint, au prix de 5 euros, chez Minuit. Ouf, un peu d'air frais, un peu de puissance, de sens, d'essentiel dans ce monde des spectres.

 

REAC 03 : Et voici une vidéo qui résume 100 ans de prix !


 


 



Prout !
 Hummmm !Boeurk !



(Rubrique sponsorisée par le Politburo qui possède des chiottes immondes !!!
et aussi en hommage à Bienvenu MERINO, le seul poète des fèces)

par Phillipe Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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