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Jeudi 3 mai 2007

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* *

-         Écoute, je voulais te demander… C’est un peu pour ça que je suis venu… je voudrais savoir… que s’est-il passé ? Qu’est-ce que tu as contre moi ?<!--[endif]-->

<!--[if !supportLists]-->-         Mais rien… Pourquoi ?<!--[endif]-->

<!--[if !supportLists]-->-         Oh, je ne sais pas… Il me semble que tu t’éloignes… tu ne fais plus jamais signe… il faut toujours que ce soit moi…<!--[endif]-->

<!--[if !supportLists]-->-         Tu sais bien : je prends rarement l’initiative, j’ai peur de déranger.<!--[endif]-->

<!--[if !supportLists]-->-         Mais pas avec moi ? Tu sais que je te le dirais… Nous n’en sommes tout de même pas là… Non, je sens qu’il y a quelque chose…<!--[endif]-->

<!--[if !supportLists]-->-         Mais qu’est-ce que tu veux qu’il y ait ?<!--[endif]-->

<!--[if !supportLists]-->-         C’est justement ce que je me demande. J’ai beau chercher… jamais… depuis tant d’années… il n’y a jamais eu entre nous…. rien dont je me souvienne…

 

Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non

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par Di Folco publié dans : Rapports de lectures communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Mercredi 2 mai 2007
Ah la nostalgie camarade... Ce matin, nos deux Catherine déboulaient au Verre à pied pour acheter des timbres afin de confectionner quelques mailings urgentissimes entre les deux tours... "Tu comprends Philippe, toi qui à l'air cultivé... il faut que tu nous soutiennes, on a besoin de toi, mais tu dois te positionner... mais oui, tu peux pas rester simple observateur... On doit structurer l'orga... oh, eh puis tu m'énerves... Tiens, ce soir, au lieu de te faire chier davant ta lélé... Tu en as pas ? Bon, bein, viens à la Clef, on organise avec Gatti un front de soutien pour la réhabilitation des époux Rosemberg... Mais non ils étaient pas coupables... des conneries tout ça, de la manip'... et puis c'est pas une raison pour les griller... et puis on a bien réhabilité Sacco & Vanzetti... allez, je comptes sur toi pour ce soir... Ciao... ouais ! on les aura !"
par Di Folco publié dans : Trier - penser - classer
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Dimanche 29 avril 2007

Je vous assure qu'il s'agit de Marc Dorcel !!! Il était présent à cette fête organisée par les éditions Parigramme mercredi soir au Magic, bvd de Clichy. On a parlé un peu du "dictionnaire de vous savez quoi", il a pas eu l'air de se rendre compte... que c'était un truc sérieux quoi ! Le mec a pas arrêté de rire, de séduire et de boire toute la soirée. Ah, ces vieux héros des années du "paradis perdu"...
(Merci à Sandrine, François et Napias !).
par Di Folco publié dans : Le goût du goût
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Vendredi 27 avril 2007

J'aime éperdument cette photo (qui a été utilisée par les organisateurs des lectures musicales de la 1ère "Soirée du Tonnerre" au café Zindem) qui doit dater de la fin des années 1950 (1958 !). On est à New York (non mais à Pittsburg !). John Cassavetes tourne Shadows. Nina chantait :

I want a little sugar
In my bowl
I want a little sweetness
Down in my soul
I could stand some lovin
Oh so bad
Feel so lonely and I feel so sad

I want a little steam
On my clothes
Maybe I could fix things up
So theyll go
Whatsa matter daddy
Come on, save my soul
Drop a little sugar in my bowl
I aint foolin
Drop a little sugar in my bowl

Well I want a little sugar
In my bowl
Well I want a little sweetness
Down in my soul
You been acting strangely
Ive been told
Move me daddy
I want some sugar in my bowl
I want a little steam
On my clothes
Maybe I can fix things up so theyll go
Whatsa matter daddy
Come on save my soul
Drop a little sugar in my bowl
I aint foolin
Drop some sugar - yeah - in my bowl.
par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Mercredi 25 avril 2007

Le film Très bien, merci d'Emmanuelle Cuau (2007) m'a bien remué.

Je me suis souvenu de la brillante analyse du sentiment d'imposture opérée par Belinda Cannone dans son essai paru en 2005 (id., Calmann-Lévy).

Ce sentiment qui peut surgir inopinément en chacune et chacun, n'a toujours pas de nom.

On ne sait pas bien si les Anciens l'avaient identifié.


Gilbert Melki est comptable et son patron lui demande de lui trouver
chez quelques salariés des éléments de faute dans le but de pouvoir les licencier, qu’ils soient bon ou mauvais importe peu, « la boîte enregistre des pertes, il faut dégraisser… ».

Les psychologues parlent de "burning-out" quand un individu connaît en lui une montée de l'épuisement, une incapacité à agir, une perte des repères, un àquoibonisme irréductible... mais Gilbert Melki dans le film de Cuau ne peut pas seulement être réduit à ça.

Un soir, après avoir rangé son bureau plutôt deux fois qu’une, il est témoin d’un contrôle de police : un jeune couple doit justifier de son identité et Melki est là, il observe, et nous avec, nous observons et l’on se dit : pourquoi la police fait-elle peur ? Où est passée la police de proximité ?  


Mais ce n'est pas simplement ça non plus, car là on entre dans le cliché de la campagne, a posteriori, et le film vaut bien plus qu'un épisode de la vie publique française.


Les Romains parlaient aussi de l'acédie : "Dépression se manifestant par un dégoût de vivre, une indifférence affective, de l'inhibition, et même de la torpeur."


J’aime bien la fin du film qui mise sur l’amitié.


Dans la vie réelle [ici plutôt écrire : "Dans la vie à côté des fictions..."], où nous agissons parfois en nous inspirant des représentations, des mythes, des actes des autres, on a souvent besoin de l’amitié, d’une aide, d’être deux plutôt que seul, de se sentir entouré, choyé, reconnu, de vivre non pas pour soi mais aussi pour sentir qu'on est avec les autres (cette illusion permet de garder le "goût de faire semblant de vivre").


Au cours du film, j’ai aussi pensé à cette nouvelle de Philip K. Dick citée par Ariel Kyrou dans son dernier essai, Paranofictions (Climats), une nouvelle qui m’avait littéralement traumatisé, simplement intitulée Là où il y a de l’hygiène (The Chromium Experience, 1955, Folio SF n°164).


Dans cette nouvelle, Don Walsh habite la banlieue, utilise les moyens de transports, met des pièces dans des distributeurs, lit des journaux. Sur l’un d’eux, une manchette : « L’amendement Horney provoque une émeute ».


Don Walsh se rend compte qu’il ne supporte plus cette société qui se résume au contrôle de l’haleine, au blanchiment des dents et à l’ablation des glandes sudoripares : « L’indécision n’est pas nécessairement un état d’esprit négatif. Ne pas gober les slogans, les partis organisés, les croyances et le sacrifice, ce peut être en soi une croyance digne du sacrifice de soi. Je pensais être sans credo… mais je me rends compte à présent que j’ai de très fortes convictions », dit Don. Et ce credo [rappelle Kyrou, auquel je pensai en regardant Melki fumer dans le métro puis prévenir Salinger quelques semaines plus tard du DANGER qu’il y a à fumer dans le métro ], va causer sa perte. Walsh déchire son certificat qui justifiait de son « comportement névrotique ». Il refuse de céder à la police de l’Hygiénisme et termine dans un fourgon dont le dispositif de recyclage se met en marche dès ses portes fermées, incinérant son corps pour le décomposer en minéraux simples.


Pendant ce temps là, où étaient les amis, les proches de Don ?

Depuis mes treize ans, je me répète cette phrase : "Tu es le gardien de l'ombre de ton frère..."

Pierre Vassiliu chantait en 1974 : "Voyant que sur cette Terre tout n'était que vice, et que pour faire des affaires je manquais de malice, je montais dans mon engin interplanétaire et je ne remis jamais les pieds sur la Terre..." (Qui c'est celui-là, sur un air de Sergio Mendez).

P.S. : Le Monde de mercredi 25 avril signale sous la plume de Rauger la sortie d'un film tiré d'un texte de Dick, Next de Lee Tamahori, avec le trop rare Nicolas Cage. On en reparlera ici.

par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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