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Mercredi 19 mars 2008

Caf--Le-Nicot-rue-Vanneau.JPG


Salle du Café-bar-tabac-jeux "Le Nicot", angle rue Vanneau / rue de Babylone, Paris 7e
Le Nicot est dirigé par Marcelle depuis 1979 et a été revendu depuis peu.

Attention, ce décor se désintégrera dans quelques jours...

par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Mardi 18 mars 2008

Steiner-11-02-08-copie-1.JPG

A bientôt 80 ans, le parisien de naissance George Steiner, navigue depuis plus de quarante ans, entre les chaires d’Oxford, Princeton, Cambridge et Genève, préférant la compagnie des scientifiques à celles des littéraires. L’auteur d’une cinquantaine d’essais jubilatoires, nous convie cette fois à traverser un semainier confit de savoirs, sept mots d’excuse en forme de contes philosophiques, d’une admirable portée morale où l’insolence le dispute avec l’exigence, toujours modeste, de la Vérité. De ces livres jamais écrits, sur lesquels plane l’ombre d’un Borges, on ressort comblé, l’on voudrait dire merci, merci pour ces anecdotes bondissantes, voire croustillantes : ainsi cette question, « qu’est-ce que la vie sexuelle d’un sourd-muet ? » – ou bien encore : « à quoi bon passer toute une vie [ici celle de Joseph Needham] à écrire l’histoire des sciences et de la civilisation chinoises sans tomber dans une sorte de fiction générale du monde ? » ou encore : « comment peut-on être un poète épique animé d’ambition philosophique quand Dante est […] dans les parages ? » Steiner questionne aussi bien son identité, son rapport à l’éducation, aux animaux, au politique ; dans la foulée des jours qui s’enroulent en autant de points de rencontres (et s’il fallait écrire un livre pour chaque homme croisé dans sa vie ?), le penseur se pose en prince de l’échec, en croyant du désastre, en défenseur de la cause des pèlerins, des vagabonds qui collectionnent les passeports comme d’autres les timbres poste. Comment Steiner a-t-il pu écrire après Erasme, Montaigne et son cher Proust ? Réponses, dans ces sept péchés du connaître, parce que « nous sommes les invités de la Vie ». N’oubliez pas de refermer la porte en douceur…
 
George Steiner : Les livres que je n’ai pas écrits,
essai,tr. de l’anglais : M. Groulez, éd. Gallimard

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Photos prises à la Lib. Compagnie, 11 février 2008 
par Di Folco publié dans : Rapports de lectures communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Lundi 17 mars 2008

Un grand merci à Jean Croc et Nicolas Erréra pour m'avoir accueilli dans le Pudding, leur superbe talk-show diffusé sur Radio Nova tous les dimanches (19-20h).

Pour écouter cette "mise à nu en ondes sonores", cliquez sur le podcast :

http://www.novaplanet.com/radio-nova/podcast/?id=16

et cherchez l'émission du dimanche 9 mars.

On y parle de : l'enfance et l'adolescence à Créteil, mon premier roman, d'un certain dictionnaire qui permet le questionnement, combat, la pérennité du livre et bien d'autres choses...

Le tout sur une suites de musiques jouissives et ponctuées par de vraies questions : une rareté, en ce qui me concerne, oui, une véritable expérience qui renoue avec les grandes heures de Jacques Chancel, les sarabandes de Rostropovitch en moins.

par Di Folco publié dans : Mes apparitions communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Dimanche 2 mars 2008
Un "resto de stars" (pour préciser) c'est un endroit fondé, financé et parfois animé par une personnalité du show bizz où l'on peut bouffer. C'est clair ? Ne pas confondre ici resto de cuisinier star, resto à stars et donc resto ouvert par une star (ou starlette, pipoles, etc.). De ce dernier genre, petite synthèse...

Première erreur à ne pas commettre : le patronyme inscrit sur le caliquot est souvent trompeur ! Faites gaffe : la supercherie sera vite découverte, vous serez la risée de votre bande, ou pire de votre conquête ! C'est ainsi que Dave (Paris 1er, dirigé par le chef Dave Chung) n'a rien à voir avec le chanteur néerlandais proustien ; que le diabolique Pétula Café (Paris 6e) n'est pas l'oeuvre de Petula Clark (qui n'est pas non plus la mère de Pascale) ; le restaurant arménien Vartan (Paris 5e) ouvert dans les années 1980 à quelques mètres de la maison Mitterrand ne serait pas lié à Sylvie (dont l'ex, Johnny a bien ouvert un resto mais à Genève) ; et qu'enfin, le Wajda (Paris 6e) n'a aucun rapport avec l'ex 1er ministre ex syndicaliste polonais Andrej.

Deuxième erreur : confondre "resto de stars" avec "resto à stars". Immédiatement, voici l'exemple parfait de lieu qu'il faut éviter sous peine de tomber dans le ridicule :  Marc Mitonne (Paris 1er), oui, la galerie est pathétique, même sous les poutres du XVIIe s., j'en conviens... Pour assurer, il faut sans doute tenter de pénétrer le fameux Mathis Bar (Paris 8e), dirigé par Gérald et Jacques (lire le denier opus de Miss Quin, garder le livre en main qui servira de viatique...).

Non, non, ici, les bien nommés "vrais restos appartenants à des stars" sont :

Le plus ancien, ouvert aux débuts des années 1990 est celui de
Fairouze Smaïn, appelé le 404 (Paris 3e), voir aussi le 108 (Paris11e). Ambiance couscous marocain classieux.

Dans la série "comique en cuisine", a ouvert en 2007, La Grange Batelière (Paris 9e) sous la férule de Mimi Maty et surtout de son mari, véritable cuisinier. Ecouter à ce propos sur Paris-Première la critique réservée de François Simon (recherchez vidéo).

Du comique à l'acteur, rien qu'un pas. Franchi par le barrillesque Gérard Depardieu avec La Fontaine Gaillon (Paris 2e) où il n'est là qu'associé d'un authentique chef, Laurent Audiot.

L'acteur voyagiste Mouss Diouf a ouvert Le Réservoir (Paris 11e).

Moins cher et sans doute plus convivial, le dernier né de la série s'appelle Les Parisiennes (Paris 12e) conçu par Edouard Bear et quelques très belles amies. Une cuisine tournée avec la Méditerranée, entre Espagne assumée et Maroc revendiqué, avec crochet vers Toulouse (j'avais écris "Marseille" !!, le personnel vient en partie du Sud-Ouest). On est bien, Edouard est souvent là : ne pas manquer, une terrine en entrée que je conseille d'accompagner d'un cairanne à prix modique, qui ira bien ensuite avec la pastilla. Comptez 60 euros en couple.

Mais les stars c'est aussi le foot et les Champs, ce n'est d'ailleurs plus que ça :

Boosté par le Chelsea Football Club, Claude Makélélé a lancé le Royce (Paris 8e) ;

Adriana Karembeu, délaissant l'opération
Ticket Restaurant® a ouvert le Déli Café (Paris 8e) où elle semble prendre très au sérieux son rôle de concepteur en salades.

Voilà, c'est tout. N'oubliez pas le bon Pierre Cardin, génie de la haute-couture et de la finance qui ouvrit le bal avec Maxim's et puis notre cher Gérard Klein, retiré en Auvergne, on ne sait plus où (déjà revendu ?).

Au finale, choisissez un mix équilibré entre (dans l'ordre) :  "bonne bouffe", prix correct et présence de la star (ça c'est pas gagné).
Article corrigé 02 03 08 - 23:30
par Di Folco publié dans : Le goût du goût communauté : L'écriture comme antidote !!!
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Mardi 26 février 2008

undefinedLe Lac d’or

 Jacques-Pierre Amette
(Éditions Albin Michel)
 

« Le soir, pour décompresser, Ferragus et moi nous avions l’habitude de dîner au Lac d’or, un modeste restaurant chinois (…). Sous les lumières tamisées et dans les chuchotis des rares couples d’habitués, on commentait nos enquêtes. » Ainsi parle Barbey, commissaire en charge des affaires criminelles du 13e arrdt. de Paris, un flic qui totalise pas mal de casseroles à son tableau de chasse : ex-amoureux contrarié de la belle Chloé (une prostituée en appartement), obsédé par une hypothétique filière de terroristes Birmans, et enfin, une propension à aimer les cafés et à trop parler au « peuple ». D’ailleurs, précise-t-il lui-même au début de cette histoire qu’il nous raconte, alors qu’il vient de passer une nuit en observation, planquée dans sa vieille Volvo : le temps des Maigret est révolu depuis longtemps. Voici donc un faux-vrai polar à la Simenon ou plutôt une véritable introspection dans les soubassements d’un Chinatown très terrain, voire terroir, loin des clichés et des bonnes petites remarques politiquement correctes. Très mal aimé, solitaire, replié sur lui-même, Barbey, cinquantenaire fatigué, débordé par les nouvelles méthodes d’investigation qui, à coup d’ADN et d’analyse biométriques, condamnent à court terme ses propres méthodes (grâce auxquelles l’instinct, l’intuition, l’audace et la ruse confinent parfois à la vérité), se voit rattrapé par son amour estival, la surprenante et insaisissable Chloë, retrouvée morte sur les rails d’Austerlitz. L’immeuble où logeait la fille, délabré, remplis de locataires, véritable source d’énigmes croisées, donne lieu à de cocasses interrogatoires et à des face-à-face avec un couple d’Helvètes sentant le vieux fromage. Barbey sera-t-il bientôt mis au placard, ringardisé ou trahi par Ferragus lui-même ? Ferragus, voilà un drôle de nom, n’est-ce pas chez Balzac, dans l’Histoire des Treize, qu’il est question de ce fourbe et rusé personnage ? Et ce Lac d’or, s’il existe réellement un restaurant à ce nom, avenue des Gobelins, pourquoi celui-ci provoque-t-il en Barbey quiétude, calme et paix de l’âme ? On pourrait s’amuser à revenir sur tous les lieux, les rues, les échoppes mentionnés dans ce roman, antiguide inspiré du 13e, révélateur assurément d’une magie contemporaine souvent à peine esquissée par les nouveaux auteurs de polar, comme le rappelait Franck Evrard (Le Treizième au noir, E/dito, 2005). Tout au long de son texte, Amette, qui semble définitivement « remis » du syndrome Goncourt (2003), prête à Barbey de merveilleuses saillies dont celle-ci, qui boucle l’épopée d’un flic ordinaire malade de son époque : « Je quittai le bureau, je quittai le commissariat en laissant les clés de la voiture, mes affaires en pensant que je ne reviendrais jamais dans cet endroit. Je pensais aux rues qui mènent à la mer, aux aérodromes, aux femmes si nombreuses et si belles qui sont partout, à tous ces espaces désolés, aux avenues désertes, à tous ces endroits où on ne juge personne, aux murailles de Rome, roses, aux voitures qui vont et viennent jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pétrole, un jour. Je pensais aux chemins pleins d’insectes, en Italie ou en Grèce, et je me laissai gagner par la fatigue dans un bar-tabac de la rue Monge. » Si Barbey n’as rien d’un décadent ou d’un réac, il possède l’élégance d’une époque qui n’est plus, une époque où l’on savait tirer sa révérence, s’en aller à pas menus, redevenir piéton de Paris pour en extirper la poésie première.

par Di Folco publié dans : Rapports de lectures
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