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Lundi 16 avril 2007
La grande crainte que j'ai c'est qu'au soir du 1er tour on se retrouve avec Sarkozy et Le Pen.

Que le taux de participation soit très élevé.

Qu'on ait donc à réinventer plus tard l'opposition, d'où qu'elle vienne.

J'ai sous les yeux le "leaflet" de Ségolène Royal qui commence par un bandeau rouge au blanc : Familles, éducation, emploi, écologie.

Dans le film 300, la reine de Sparte plonge la lame d'une épée dans le ventre d'un conseiller corrompu.

Est-ce qu'on aura droit à de nouveaux visages au sein du prochain gouvernement ?

Page 4 du dit Royal leaflet, on trouve cet encadré (toujours rouge au blanc)
titré : Les 7 piliers du pacte présidentiel...

Charles Martel arrêta en 732 les Sarrasins avec à leurs têtes Abd-al Rahman, au sud de Poitiers.

Etonnant Royal leaflet où toutes les photos de membres du PS "venus témoigner leur fidélité" ont un faciès et des noms bien de chez nous.

"L'ordre juste" ; "Agir pour une France plus forte" ; "Agir juste"... L'un des grands  épigones des lois de Lycurge fut en son temps Marat, qu'une femme assassina.

Sparte était une cité raciste, xénophobe, terriblement matchiste. Les populations sous sa domination n'étaient que du matériau humain, on en disposait selon son bon plaisir, on organisait des chasses à l'homme avec le premier ilote croisé dans la campagne lacadémonienne, c'est ce que les Anciens racontent.

Je ne sais pas ce qu'est un ordre juste, je me fiche d'une France plus forte, et ce que j'attends d'une présidente potentielle c'est justement qu'elle agisse, oui, voilà la moindre des choses, en effet, et la justesse, le juste, le vrai, n'ont rien à voir avec le politique : est-on naïf d'avaler de telles couleuvres ?

Pas un mot sur l'Europe mais toujours ce titillement des concepts puants tels que la Nation, la cocarde, nos terres, nos patois, nos campagnes.

On ratisse large et une fois au pouvoir, la sclérose, les compromis, l'argent des partis, les privilèges, l'attentisme, la démagogie, le népotisme...

Accordera-t-on à Ségolène Royal le temps nécessaire de tuer nos démons ?
par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Dimanche 24 décembre 2006

De la nécessaire mise en scène de l’obscène

(texte transmis pas Jean-Paul Curnier, philosophe)

L’œuvre des Enfants de Don Quichotte autour de la situation dramatique des SDF en France doit poursuivre le chemin de la déraison spectaculaire pour avoir raison de ses détracteurs.


Des dizaines de tentes rouges en enfilade sur les quais du canal Saint-Martin. Des « bien-logés » viennent passer la nuit ici même, de leur plein grès, aux côtés de « mal-logés » qui connaissent de force la douleur de ces nuits assassines. Absurdité du principe d’hospitalité appliqué à l’envers alors qu’il serait bien plus approprié (« courageux » tempêtent certains) d’offrir à ces femmes et ces hommes en détresse un asile dans son bourgeois et tempéré domicile ? « Poudre aux yeux » (paroles d’État) agitée par de doux rêveurs n’offrant qu’un vain et « dangereux » (idem) spectacle alors que d’aucuns, sérieusement, tentent de proposer des solutions concrètes ? Quichotte est ce héros moderne qui ne sait pas ce qu’il fait mais qui, par la lumière de ses actes fous, nous renvoie en pleine figure l’image de notre déraison collective, nous conduisant sur le chemin de la prise de conscience insupportable, antichambre des nécessaires solutions politiques à apporter aux maux qui nous rongent secrètement.

 

Beaucoup ricanent : l’impudeur et l’imprudence de ces « bien-logés » témoignent d’une compassion bien soudaine, d’un sursaut de bonne conscience avant retour au bercail pour gabegies familiales de fin d’année. Ces considérations pâtissent quoi qu’il en soit d’une focale bien mal ajustée. Certes, je n’ai moi-même pas rejoint les rives du canal pour me faire, l’espace de quelques nuits, « SDF volontaire » (qui est et reste un oxymore), et ce pour une raison principale. Je ne crois pas pouvoir, moi « bien-logé », traverser dans son incommensurable violence la douleur de ces femmes et de ces hommes qui ressentent la morsure du froid comme les prémices d’une mort aux aguets. Ces femmes et ces hommes ne « campent » pas, ils subissent une condition vécue comme définitive et sans issue ; ils ont, chevillée au corps, l’intime conviction qu’un jour ils ne s’en relèveront pas. Cela, je ne peux le concevoir, et quelques nuits passées auprès d’eux n’y feront rien ; et pourtant cela il me faut le comprendre. Alors, certains des Enfants de Don Quichotte se trompent sans doute, voulant payer de leur personne jusqu’à tenter de partager la souffrance et l’humiliation de ces SDF pour mieux en rendre compte. Pourtant, leur geste s’avère exemplaire et absolument nécessaire, précisément d’abord en raison de la folie qu’il trahit, de l’absurde qu’il expose.

 

Je n’accorde aucun crédit aux moralistes qui pourfendent la dimension spectaculaire de l’entreprise car, précisément, c’est là je crois la clé de la portée et du devenir de l’action des Enfants de Don Quichotte. Ces activistes forcenés, dont le plus médiatisé est un comédien, ont surtout produit un spectacle et ce par le biais de l’intervention consistant en la multiplication de ces tentes rouges, par une stratégie de surexposition fort bien conduite. Ce spectacle s’avère d’une importance cruciale en ceci que, au delà du signe de la présence de « campeurs », les tentes rouges sont en passe de devenir un seul objet collectif, inimaginable instrument de signalétique urbaine, monument effroyable exposant non pas la solidarité de certains, éventuellement passagère, mais la douleur de tous demeurée jusque là dans les marges de nos espaces urbains, dans les confins de notre conscience aveugle. L’enjeu premier doit demeurer de nature spectaculaire afin que s’élabore sous nos yeux un monstre (cette monstration de la douleur qu’expose la multitude de tentes rouges) jusqu'à ce que personne ne puisse y voir autre chose que l’humiliation de tous et la honte de chacun, le drame de la condition inhumaine des SDF dont nous sommes responsables de fait, si tant est que nous demeurions en République. Je ne saurais donc que suggérer aux Enfants de Don Quichotte de poursuivre l’opération en en décuplant sa monstruosité, en invitant la population non plus à dormir mais à ajouter à foison des tentes rouges aux tentes rouges, jusqu’au nombre tristement symbolique de 100000, nombre présumé de sans-abri en France. Je ne saurais que les encourager à défendre cette proposition comme un acte de folie aux vertus démonstratives cinglantes en ceci que, si rien ne se passe, très vite ces milliers de tentes se verront habitées par des SDF non volontaires, produits de la politique sociale et économique insupportable qui a cours de nos jours. Je ne saurais que leur proposer de travailler à garantir l’inviolabilité de cet objet, en inventant des mécanismes politiques –  rituels de veille auprès de ce monstre afin de tenter de contrecarrer les éventuelles opérations de nettoyage qui tenteraient la puissance publique – voire juridiques –  de protection de cette œuvre d’art collective participative, installation monumentale in situ, monument vivant de la honte. Je ne saurais que leur conseiller de ne faire disparaître cette « bonne œuvre » que le jour où de véritables dispositifs législatifs et réglementaires auront été adoptés pour rendre à ces femmes et ces hommes la dignité que la République leur doit.

 

L’absurdité réside ici, à l’endroit d’un objet inhospitalier qui parlera d’une société qui marche à l’envers et qu’il est urgent de remettre sur ses pieds afin, dans le même mouvement, de remettre l’hospitalité à l’endroit. Il n’est pas scandaleux de ne pas instituer le gîte ouvert aux SDF comme geste politique plus juste que l’action délirante des Enfants de Don Quichotte, et ce pour deux raisons. D’une part, comme le rappellent obstinément les membres de l’association, la Constitution de la Ve République, à l’endroit de son préambule renvoyant au préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, dispose entre autres que « tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ». Autrement dit, c’est là un droit que la Nation, par l’intermédiaire de ses représentants, doit garantir à chacun, à l’égal de la protection de la santé par exemple. D’autre part, la justesse du geste politique des Enfants de Don Quichotte réside précisément dans la manière dont ils projettent sur la scène publique l’obscène réalité, et ce en particulier au moyen de leurs corps exposés réfléchissant ce que nous ne voulons pas voir, ce qu’il ne faut pas cacher. Par suite, gageons que cette mise en scène de l’obscène nous engage vers des solutions politiques qui, de fait, institueront l’hospitalité comme valeur cardinale de notre République. Alors, et seulement à ce moment là, l’œuvre de la honte devra-t-elle disparaître, et la garantie de « moyens convenables d’existence » aura rendu la raison à ce pays dit civilisé qui, aujourd’hui même, contraint des femmes et des hommes à mourir de froid à ses pieds. Le spectacle de ces tentes rouges devient insoutenable et trahit combien ce sont précisément les grandes prétentions civilisatrices de la France qui apparaissent pour l’heure comme de « la poudre aux yeux ».

 

Auteur : Sébastien Thiery, Docteur en sciences politiques, Chargé de recherches auprès de  l’Institut de Design de Zürich (design2context)
Image : trouvée sur le site 20minutes par moi, et s'engage pas l'auteur du présent texte.
Retrouvez ce texte dans les pages Débats de Libération datées 26/12/06.
par Sénéchal publié dans : Baffes qui se perdent
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Vendredi 22 décembre 2006

Lecture de Quelque chose de pourri au Royaume-Uni

 

Sorti à Londres et New York fin 2005 sous le titre Rough Music, Blair, Baghdad, London, Terror, traduit fin 2006 par Jean-Luc Fidel (qui porte bien son nom) et publié chez Raisons d’agir (maison fondée par P. Bourdieu), cet essai met en lumières de façon implacable, les dérives bellicistes et anti-sociales, en apparence paradoxales, du gouvernement de Tony Blair. C’est signé Tariq Ali, historien formé sur les bancs d’Oxford, pacifiste convaincu, souvent consulté sur les questions du Moyen Orient, et qui collabore à la New Left Review.



Blair est-il un apostat ?

Le Premier ministre Tony Blair, fondateur du New Labour, un courant émanent du Parti travailliste, affiche dès le début son intention de faire table rase du Welfare, de continuer les privatisations de certains biens publics, par là d’encourager la City en rassurant les actionnaires. Surtout, Blair débute son règne en 1997 en s’alignant sur les mesures anti-Saddam Hussein inaugurées, faut-il le rappeler, par Bill Clinton lui-même (opération « Renard du Désert »). Il prolonge ainsi l’accord historique existant entre les Etats-Unis et son pays, accord  jusqu’à lors entériné par John Major et Margaret Thatcher. Jusqu’en 2006, et contrairement à Hugh Grant dans Love, Actually, Blair ne dira jamais non une seule fois à Bush Junior. On le verra d’ailleurs souvent serrer la main du Texan.

 

Blair est-il un criminel ?

Ali avance le concept d’un Blair criminel qu’il faut traduire devant le Tribunal de La Haye pour avoir entraîné l’Armée britannique dans une guerre absurde parce qu’infondée, une guerre qui a déclenché une vague de terrorisme sur l’Occident et des scènes comme Abu Grahib (la contre-enquête fut une mascarade). Le meurtre « accidentel » de l’étudiant brésilien Jean Charles de Menezes le 23 juillet 2005 perpétué par les services secrets n’a conduit à aucune excuse de Blair.

 

Blair est-il un néo-libéral convaincu ?

En 1997, selon les organismes statistiques internes et le FMI, 1% de la population britannique détenait 40% des richesses calculées. Il est à craindre qu’en 2006, ce dernier chiffre dépasse les 50% ! Autre point inquiétant : après les attentats du 7 juillet 2005, Blair signe l’arrêt de mort de l’habeas corpus et de bon nombres de libertés publiques, fait sans précédent dans l’histoire britannique de ces deux cents dernières années. Ali rappelle p. 106 une liste de hauts faits en matière de décisions visant à limiter les libertés individuelles et les avantages sociaux, citant Helena Kennedy, juriste réputée outre-Manche. On trouve : l’internement sans procès des ressortissants étrangers soupçonnés de liens avec le terrorisme ; le couvre-feu pour les jeunes (rétablissant en fin de compte le Riot Act qui fut aboli en 1973 !) ; etc.

 

Blair rougit-il quand il se regarde en face ?

Non. Il utilise systématiquement l’expression : « Je crois sincèrement… », qu’il a sans doute répété devant son miroir matutinal. Il simule, dissimule, ne dit pas la vérité, mais s’entoure de nombreux amis comme lui apostats du Labour défunt. Lorsqu’il se retirera enfin du pouvoir, il deviendra un ponte du Carlyle Group, consortium définit ainsi par Le Monde (30/04/2004) : « Le plus grand investisseur privé du monde, bien implanté dans le secteur de l'armement, […] un groupe discret, qui cultive les accointances avec les hommes influents, dont les Bush, père et fils. » Autres hauts faits rapportés par Tariq Ali : conditionnement de toute la presse et mise au pas de la BBC (inédit dans son histoire). La seule vraie question : "La Grande-Bretagne sera-t-elle différente après Blair ?" (p.118).


Sur l'explication du terrorisme des années 1990-2000

On peut ne pas être d'accord avec les arguments avancés par Ali. Mais il réussit à bien discerner islam d'un côté, endoctrinement de l'autre, action de sensibilisation pour marquer l'Occident contre refus de négocier des Etats-Unis et ses alliés, peur panique chez les gros bonnets du libéralisme occidental (pléonasme ?) de disparaître face à un Orient puissant et un Sud rebelle. Les Etats-Unis préfèreraient-ils couler le navire plutôt que d'ouvrir certains ponts à des populations "jugées inférieures" ? A voir... BHL s'oppose à un tel jugement, même si dans American Vertigo, on découvre effrayé mais nullement surpris, l'impossibilité d'un peuple (mais surtout de ses élites) à modifier ses comportements lénifiants et mortifères.

Dieu merci, ça se passe de l’autre côté de la Manche. Par chez nous, deux magnifiques Dom Quichotte se préparent aux élections du 10 mai. La France, c’est bien connu, n’a pas de pétrole, mais elle possède de formidables moulins… à paroles !

 

Tariq Ali, Quelque chose de pourri au Royaume-Uni. Libéralisme et terrorisme. Raisons d’agir, 148 p., 6 euros.

A lire aussi du même : Un sultan à Palerme, roman, tr. de l'ang. par D. Meur, Sabine Wespieser, janv. 2007.

 

NB : Sur le terme « rough music» du titre original, Ali fait référence à une figure de style de la fin du XVIIe s. : à l’époque de la révolution anglaise, on entendait par là une manière de critiquer les politiques qui s’étaient rendus coupables « de violer certaines normes publiques ».

par Sénéchal publié dans : Baffes qui se perdent
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Mardi 14 novembre 2006
Dans la série "Y'en a marre..." :
DE LA CRITIQUE LITTERAIRE DE PACOTILLE !

Regardons et écoutons : Pivot recevait en 1976 le plus grand boxeur de l'histoire, Mohamed Ali (aka Cassius Clay)...



Ah, les archives INA ! Heureuse mémoire ! Si la vidéo avait existé plus tôt, nous aurions les images d'un Félix Fénéon lançant ses bombes, Léautaud pissant à la raie des cons, Paulhan coupant en deux les coquins, Queneau assassinant par le rire les imposteurs... Et puis ils ont tué (ou neutralisé) les Rinaldi, Edern Halliez, Brenner, Bory, Pollack (pauvre vieux), etc. Restent les amateurs de chevaux à Deauville le Dimanche et les gros chèques. Et surtout : AVEC LE LIVRE PLUS PERSONNE NE PREND AUCUN RISQUE !!!

Pour rappel, un "critique littéraire" n'est pas un chroniqueur qui passe son temps dans les cocktails ou sur les plateaux TV (ou à troncher des gens). Un critique littéraire est une personne qui lit EN EFFET les livres, les analyse et tente d'en transmettre et restituer l'essentiel à des lecteurs avec le risque de perturber les idées reçues, de remettre en cause le système établi, ou alors de conforter celui-ci. Peu importe la bonne ou mauvaise foi, ce qui fait qu'un critique littéraire a droit à ce titre se mesure à son degré d'implication, la façon dont il se met en péril (à l'instar de l'écrivain qui se brûle les ailes à mesure qu'il tente d'approcher une forme de vérité).

"Il se peut après tout que la littérature soit gouvernée par des forces où les figures individuelles viennent s'anéantir."   Gaëtan Picon, 1945


par Phillipe Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Lundi 13 novembre 2006
Dans la série : "Y'en a marre"
LA REMISE DU PRIX FEMINA COMME SI VOUS Y ETIEZ !

Hôtel Crillon, Paris, 02.11.06





Et dire que Madeleine Chapsal vient de perdre JJSS ! Là voilà toute abandonnée aux griffes des méchantes pestes du féminisme germano-pratin ! Elle s'en est retournée dans son Île... Régine lui dirait : "Allons, vengeons-nous ! Déballons notre linge sâle !" Nous, on se réjouit pour Nancy Huston (qui n'est pas la fille de Reagan !), ça fait des années qu'elle EST écrivain et c'est pas un prix de cinéma qui y changera quelque chose. Cette vidéo de Julien Ferrand (Lilathen Films) démontre qu'il faut en finir avec les prix. A la guillotine ! (Notez que cette peste de Diane de Margerie ressemble vraiment à l'épouvantable directrice d'école de notre enfance !).


(Pas mal le cul de lampe, hein  ?)


par Phillipe Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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