"Tu devrais chanter la comptine stupide de Supertramp et nous ficher la paix ! Vieux râleur !" En fait de trempe, je veux en coller une à Joël Collado, le collabo du système médiatico-météorologique. Ce type DOIT ÊTRE LICENCIE SUR LE CHAMP ! Il bosse pour le groupe Radio France et tous les jours, régulièrement, nous assène sur un ton suave et roucoulant ses prédictions de sous-batracien schizophréneux. Je l’ai pris en flagrant délit, vendredi soir, si si, en train de proférer : « Ce week-end il fera enfin beau, décidément, il était temps, alors la pluie va cesser… » avec un petit air chafouin (ou un ton, oui, thon, poisson…) de celui qui va partir en fin de semaine accompagné d’une sublime réalisatrice radio. Quel amateur ! La pluie tombe en ce moment même sur mes géraniums. Sur Mouffetard. Et pas sur sa tronche, j’en suis certain. Une amie, E., qui vit en banlieue ouest, et possède un petit jardin (une jungle, rapport aux eaux de pluie incessantes), me disait ce matin l’avoir surpris en train d’user d’expressions qui trahissaient le mécontement des auditeurs : « Temps pourri » aurait-il lâché, ce fumier ! Ah ! non, pas de cadeau. Le mec est payé pour dire la météo, pas pour mentir, pas pour nous bercer d’illusions. La radio c’est pas la télé. Tu imagines E., si miss Météo Marine déclarait : « Avis de temps calme sur tout le littoral » ? Les marins sont pas si cons, mais tout de même. Du temps des Romains, ce genre de type, on leur coupait la langue pour fausse prédiction. C’est dans Astérix et le devin. « Collado, aruspice de mes couilles, tu finiras à l’auspice ta tambouille » (j’entends déjà les cris des auditeurs sous les fenêtres de la grande maison ronde, avenue Kennedy, dès ce soir, la meute est là, elle veut ta peau…).

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Avec le bon petit cinéma français, on caricature rarement, de façon efficace s’entend, notre « propre » patronat et le système managérial qui en découle, produit du complexe X-HEC-ENA, forcément parfait. Même si c’est un remake, le film Fun With Dick & Jane (2006) produit par Jim Carrey, fonce dans le tas et fait mouche. La cible : l’argent facile au début des années 2000, les faillites de grands comptes et le sort désastreux réservé aux employés. A sa sortie sur notre sol, je veux dire le pays des Le Plope-Prigent, Messier et Fourtoudanslapocket, seuls les Cahiers du cinéma saluèrent ce petit chef d’œuvre d’insolence et de justesse, montrant un couple de cadres drogué de travail qui s’extasie à l’idée de faire l’amour « samedi prochain ». Enorme société de fonds de pensions californienne dirigée par Jack McCallister, héritier vulgaire et grotesque, Globodyne a trafiqué les comptes, passant les pertes en profits. Après une fuite, elle dépose son bilan en 24 heures (chrono), Jack, lui, s'envole en hélico vers sa villa de Malibu. Viré comme 6000 autres employés, Dick Harper (Carrey, toujours aussi fou mais pour une fois dans les limites du réalisme) et son épouse Jane (Téa Leoni) se retrouvent en trois mois au bord de la faillite. Jack avait tout placé en actions Globodyne qui ne valent plus un cent. Seuls les murs de leur maison sont encore là mais une lettre annonce que la banque s’apprête à les saisir. Jane et Dick tentent de sauver les apparences et puis s’en fichent. Mais bientôt ils en viennent à commettre des délits : les scènes, très burlesques, sont à mourir de rire – on retiendra un défilé de postiches comme ce mémorable Sonny (Carrey) & Cher (Leoni). Produit par la Paramount, ce film ne prend aucune pincette avec les crimes en principe invisibles commis par la haute finance, le consumérisme outrancier et l’absence de morale inhérente à l’argent : si on est bien en Californie du Sud, ça ressemble à de par chez nous. Étonnement, ça fonctionne. Même si on termine avec un « overall donation funds grand tour », la dernière image nous montre une famille heureuse roulant dans sa vieille Panda sur Sunset croisant un ex-employé Globodyne au volant d’une Bentley. Il a retrouvé un job : chez Enron. Au générique de fin, sont remerciés les défuntes Arthur Andersen, Enron, Adelphia, HealthSouth, WorldCom et tous leurs ex-dirigeants. On se demande bien ce que deviennent leurs ex-centaines de milliers d’employé(e). A la rentrée, sortira sur nos écrans La Question humaine (Nicolas Klotz, d'après le bouleversant récit de
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