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Dimanche 8 juillet 2007

"Tu devrais chanter la comptine stupide de Supertramp et nous ficher la paix ! Vieux râleur !" En fait de trempe, je veux en coller une à Joël Collado, le collabo du système médiatico-météorologique. Ce type DOIT ÊTRE LICENCIE SUR LE CHAMP ! Il bosse pour le groupe Radio France et tous les jours, régulièrement, nous assène sur un ton suave et roucoulant ses prédictions de sous-batracien schizophréneux. Je l’ai pris en flagrant délit, vendredi soir, si si, en train de proférer : « Ce week-end il fera enfin beau, décidément, il était temps, alors la pluie va cesser… » avec un petit air chafouin (ou un ton, oui, thon, poisson…) de celui qui va partir en fin de semaine accompagné d’une sublime réalisatrice radio. Quel amateur ! La pluie tombe en ce moment même sur mes géraniums. Sur Mouffetard. Et pas sur sa tronche, j’en suis certain. Une amie, E., qui vit en banlieue ouest, et possède un petit jardin (une jungle, rapport aux eaux de pluie incessantes), me disait ce matin l’avoir surpris en train d’user d’expressions qui trahissaient le mécontement des auditeurs : « Temps pourri » aurait-il lâché, ce fumier ! Ah ! non, pas de cadeau. Le mec est payé pour dire la météo, pas pour mentir, pas pour nous bercer d’illusions. La radio c’est pas la télé. Tu imagines E., si miss Météo Marine déclarait : « Avis de temps calme sur tout le littoral » ? Les marins sont pas si cons, mais tout de même. Du temps des Romains, ce genre de type, on leur coupait la langue pour fausse prédiction. C’est dans Astérix et le devin. « Collado, aruspice de mes couilles, tu finiras à l’auspice ta tambouille » (j’entends déjà les cris des auditeurs sous les fenêtres de la grande maison ronde, avenue Kennedy, dès ce soir, la meute est là, elle veut ta peau…).

 


par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Mardi 26 juin 2007

Avec le bon petit cinéma français, on caricature rarement, de façon efficace s’entend, notre « propre » patronat et le système managérial qui en découle, produit du complexe X-HEC-ENA, forcément parfait. Même si c’est un remake, le film Fun With Dick & Jane (2006) produit par Jim Carrey, fonce dans le tas et fait mouche. La cible : l’argent facile au début des années 2000, les faillites de grands comptes et le sort désastreux réservé aux employés. A sa sortie sur notre sol, je veux dire le pays des Le Plope-Prigent, Messier et Fourtoudanslapocket, seuls les Cahiers du cinéma saluèrent ce petit chef d’œuvre d’insolence et de justesse, montrant un couple de cadres drogué de travail qui s’extasie à l’idée de faire l’amour « samedi prochain ». Enorme société de fonds de pensions californienne dirigée par Jack McCallister, héritier vulgaire et grotesque, Globodyne a trafiqué les comptes, passant les pertes en profits. Après une fuite, elle dépose son bilan en 24 heures (chrono), Jack, lui, s'envole en hélico vers sa villa de Malibu. Viré comme 6000 autres employés, Dick Harper (Carrey, toujours aussi fou mais pour une fois dans les limites du réalisme) et son épouse Jane (Téa Leoni) se retrouvent en trois mois au bord de la faillite. Jack avait tout placé en actions Globodyne qui ne valent plus un cent. Seuls les murs de leur maison sont encore là mais une lettre annonce que la banque s’apprête à les saisir. Jane et Dick tentent de sauver les apparences et puis s’en fichent. Mais bientôt ils en viennent à commettre des délits : les scènes, très burlesques, sont à mourir de rire – on retiendra un défilé de postiches comme ce mémorable Sonny (Carrey) & Cher (Leoni). Produit par la Paramount, ce film ne prend aucune pincette avec les crimes en principe invisibles commis par la haute finance, le consumérisme outrancier et l’absence de morale inhérente à l’argent : si on est bien en Californie du Sud, ça ressemble à de par chez nous. Étonnement, ça fonctionne. Même si on termine avec un « overall donation funds grand tour », la dernière image nous montre une famille heureuse roulant dans sa vieille Panda sur Sunset croisant un ex-employé Globodyne au volant d’une Bentley. Il a retrouvé un job : chez Enron. Au générique de fin, sont remerciés les défuntes Arthur Andersen, Enron, Adelphia, HealthSouth, WorldCom et tous leurs ex-dirigeants. On se demande bien ce que deviennent leurs ex-centaines de milliers d’employé(e). A la rentrée, sortira sur nos écrans La Question humaine (Nicolas Klotz, d'après le bouleversant récit de François Emmanuel), un scénario très sombre, sans aucun doute moins drôle (on ne rie pas de ces choses-là mister Sellières) mais assez inédit : il est utile de notifier qu’il abordera le problème de la gestion des matériaux humains – sans complaisance aucune.

 

Fun With Dick & Jane (2006) de Dean Parisot

Produit par Jim Carrey

Avec Jim Carrey (Dick Harper), Téa Leoni (Jane)

par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Lundi 21 mai 2007
Dans la série "conseils des morts aux vivants", Mazarin s'adresserait à Sarkozy en quels termes ? Le réponse se trouve peut-être dans la réédition du Bréviaire des politiciens (Arléa, 2007), un mémoire écrit en latin par le cardinal de Mazarin (Giulio Mazarino, 1602-1661), et  tout particulièrement avec les préceptes suivants qui me semblent coller aux futures fonctions de notre "jeune" président :


1/ Simule.

2/ Dissimule.
3/ Ne te fie à personne.
4/ Dis du bien de tout le monde.
5/ Prévois avant d'agir.

Qu'il "aie donc toujours présents à l'esprit ces cinq préceptes" !

Mazarin développe finement le 5e item :

Et aussi de parler. Car il y a peu de chances qu'on déforme en bien ce que tuas dit ou fait, sois convaincu en revanche qu'on le déformera en mal. Attention : en ce moment même, quelqu'un - que tu ne vois pas ! - est peut-être en train de t'observer, ou de t'écouter.

A sa mort, Mazarin a laissé une fortune estimée à plus de 30 millions de livres de l'époque (10 milliards d'euros selon son biographe Claude Dulong), ce qui le plaçait parmi les 10 hommes les plus riches d'Europe.
par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Lundi 7 mai 2007
""I AM WHAT I AM." C'est la dernière offrande du marketing au monde, le stade ultime de l'évolution publicitaire, en avant, tellement en avant de toutes les exhortations à être différent, à être soi-même et à boire Pepsi. Des decennies de concepts pour en arriver là, à la pure tautologie. JE = JE. Il court sur un tapis roulant devant le miroir de son club de gym. Elle revient du boulot au volant de sa Smart. Vont-ils se rencontrer ?

"JE SUIS CE QUE JE SUIS." Mon corps m'appartient. Je suis moi, toi t'es toi, et ça va mal. Personnalisation de masse. Individualisation de toutes les conditions
de vie, de travail, de malheur. Schizophrénie diffuse. Dépression rampante. Atomisation en fines particules paranoïaques. Hystérisation du contact. Plus je veux être Moi, plus j'ai le sentiment d'un vide. Plus je m'exprime, plus je me taris. Plus je me cours après, plus je suis fatigué. Je tiens, tu tiens, nous tenons notre Moi comme un guichet fastidieux. Nous sommes devenus les représentants de nous-mêmes cet étrange commerce, les garants d'une personnalisation qui a tout l'air, à la fin, d'une amputation. Nous assurons jusqu'à la ruine avec une maladresse plus ou moins déguisée.

En attendant, je gère. La quête de soi, mon blog, mon appart, les dernières conneries à la mode, les histoires de couple, de cul... ce qu'il faut de prothèses pour tenir un Moi ! "

Comité invisible, "Premier cercle" in : L'insurrection qui vient (La Fabrique, 2007)
par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Mardi 24 avril 2007
De très proches amis me faisaient part, peu avant le 1er tour, de leurs intentions de vote ; ils se disaient séduits par le 3e homme.

Ils rejoignent donc à ce jour les 7 millions de centristes et, s'ils persistent dans cette voie lors des législatives, verrons leurs représentants occuper de nombreux sièges à l'Assemblée nationale. Le "marais" est de retour. Le Poitevin s'en contrefiche. La Poitevine ferait mieux pendant ces deux semaines d'essayer de séduire le petit Nico.

Car après le terrible cauchemar décrit dans la chronique précédente, j'ai fait un autre rêve.

Ségolaine et Nicolas dans un même lit.

C'était simple et beau. C'était évident. Ils s'assemblaient. (J'aime ce verbe. Sade l'utilise souvent, dans des élans quasi kantiens qui caractérisent sa logique : les corps doivent s'assembler, ou du moins, s'accommoder.)

Au fond d'un lit, au creux des draps, j'étais certain que ce couple trouverait un véritable terrain d'entente.

Au réveil, j'apprends "de source sûre, que Nico aurait frappé Cécilia et que celle-ci serait allée déposer une main courante. Puis elle aurait fuit à Londres aux bras de Marc Lévy".

Non non, il s'agit d'une phrase prononcée en plein jour, je ne dormais pas, j'avais les sens en éveil.

Au cours du débat annoncé pour mercredi soir "où-vous-savez", Nico giflera-t-il Ségo ?

par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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