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Dimanche 1 octobre 2006
30 octobre 2006
Changement de rythme dès le 1er novembre sur ce site : chaque chronique journalière sera ouverte aux commentaires éventuels (!), ouverture d'une rubrique "Trop c'est trop", plus de compte-rendu sur mes lectures et mes visites sur d'autres sites. Au bout d'un an, changement de formule : oh oui, la micro-démocratie égocentrique, c'est tellement mieux !

29 octobre 2006
" Bienvenu [MERINO >>] est bien réel, il est aussi cinéaste, peintre et sculpteur, et quand tu voudras boire un verre au Canon de la Bastille en sa compagnie, dis le moi, je payerai la tournée. Amicalement. Daniel Delort" Bon bon, mea culpa ! C'est le syndrome de Quérard ! Ah, ce faire offrir un verre par les gars du Matricules des Anges ! Maintenant que je ne suis plus à Nova Mag, je suis redevenu fréquentable, cool ! Qu'on me paye un verre ça m'arrange fort, j'en ai offert plein, jadis, et maintenant que je pointe à la Mairie, ça me va !

28 octobre 2006
Une sorte d'écrivain (?), inconnu (ou inconsistant), vient de se voir accorder une publicité obscène (pléonasme) par Farrar Straus & Giroux, énorme éditeur basé à New York, sous la forme d'un "trailer", (i.e. un "mini film" qui sert de lancement pour tout type d'objet) ici bien conçu (pastiche d'Allen ?), qui annonce donc la sortie du livre (The Mystery Guest) en oubliant de citer l'auteur ! (et pour cause, si peu prolifique, primé par la rue St Benoît, etc.). Dans divers articles de la presse américaine East-Coast (tellement plus branchée, et si rebelle !) sur ce livre (sur lequel pleuvent les adjectifs superlatifs que s'en est ridicule pour un opuscule d'à peine 100 pages), on ne signale pas qu'il fut d'abord écrit en français. Certaines fois, une photo surgit, on montre un portrait façon années 1950, à la Camus (ou à la Situ ?), clope au bec... On retient juste une bonne idée, ce trailer donc, hébergé par YouTube et que voici. A propos, pour concevoir un trailer, pas besoin d'être écrivain ou cinéaste ou même un rien connu, juste posséder un bon savoir faire "tchache  people" (pas "pop" ou "volk", mais élitaro-mondain ou faire comme si, faire croire que vous êtes l'unique "en quelque chose" sur Paris, l'héritier, l'Elu, le dernier), ce qui n'a convenons-en, aucun rapport avec la question du talent littéraire et encore moins avec l'invention d'un style.

26 octobre 2006
Je vois des impostures et des supercheries littéraires jaillirent de partout... Mark Crick et sa débauche de moyens (merci Flammarion et Rizzoli), Marco Polo (beau carnet de voyage en images), Corneille/Molière (reçu ce jour une fausse lettre amicale qui dit "Bravo, votre livre est plein d'éruditions mais concernant le cas Molière, vous n'écrivez que des idioties. Il est clair depuis longtemps que c'est Corneille et lui seul l'auteur des comédies.").

23 octobre 2006
Petite recette qui ne mange pas de pain pour se réveiller dans la joie alors qu'il pleut vente et news : 1/ musique brésilienne période Carlos Jobim et/ou Mina & Adriano Celentano à fond 2/ un'espresso 3/ saisir la tasse de la main droite 4/ chanter avec Mina, Jobim, Celentano, les Gilberto, Caetano Veloso, etc. 5/ battre la mesure avec la main gauche frénétiquement 6/ faire une pirouette sur soi-même 7/ essuyer le café répandu sur le sol de la cuisine 8/ en profiter pour décaper le sol 9/ passer l'aspirateur dans les autres coins de l'appart' 10/ jeter l'aspirateur aux ordures. LA JOURNEE PEUT COMMENCER DANS LA JOIE !

21 octobre 2006
Magnifique le site de la revue indépendante "Le Nouvel Attila" : "voué à l’exploration et à la réhabilitation des auteurs maudits, mineurs, pirates, oubliés ou mésestimés". Consultez la "petite anthologie portative", que des textes rares (Jean Lorrain, Maurice Raphaël, Ramon Gomez de la Serna...). Tuteurs dans l'ombre : Jean Paulhan, Alberto Manguel, Jean Ray... "Les soleils noirs" ont donc de belles aurores à venir.
 
 
 
 

17 octobre 2006

Ce matin, une jolie femme de 45 ans ramassait non sans délicatesse la merde de son chien, un huski, tout en fusillant d'un regard en coin le SDF assis sur le bord du trottoir et marmonant : "C'est la journée des pauvres, vous feriez mieux de me ramasser aussi...". Hier au soir, sur France Culture, début de la semaine de reportages sur Bobigny dans "Les pieds sur terre", avec Jean-Pierre Léaud en générique... Le misère du monde n'est pas de dimension humaine ?

16 octobre 2006
Un site que je consulte souvent, celui de Jean-Christophe Grellety, Action littéraire - oui, oui, y'en a qui ne se contente pas des apparences...

15 octobre 2006
Surprise du mail : ai reçu un texte de Sherman Alexie, un poète amérindien étonnant : lire ici un poème inédit...

13 octobre 2006
Le 3e opus de la revue Talkie-Walkie est sorti. Voir ici.

10 octobre 2006
Corée du Nord, 9e puissance nucléaire... Relire Le Secret de l'Espadon d'E. P. Jacobs (et le début de SOS Météores).  Lumières paradoxales de l'Est, entre Bouddha, Mahomet et Mao : Pakistan, Inde, Chine, et le petit dernier... Gros pétard virtuel pour signifier aux ploutocrates de l'Ouest : "On n'a pas dit notre dernier mot !" On en a encore pour combien d'années ou de mois à croire notre Verbe immortel, là ? Solipsisme des voyants ! Bêtises des foules ! Nostalgie de Baudelaire !

5 octobre 2006
"Allo, t'as vu, tu as une page dans le Figaro littéraire sur ton dernier essai !" Non, je ne connais personne au Figaro. Je suis un chat. Non, je ne couche pas avec Jean d'O. Je suis un chat. Fichez-moi la paix !

4 octobre 2006
Mon animal fétiche depuis cette nuit passée avec Alice et Lewis : le "Chat de Cheshire", qui peut tour à tour se décomposer, se désintégrer, devenir transparent, et toujours garder le sourire. Mais, parfois j'oublie de redevenir visible de façon opportune... En revanche, je ne cesse de me croire voyant : d'où ces chutes de tensions, ces hypothèses invraisemblables (que penser ? qu'en dire ? qu'en faire ? comment par/aître au monde ? ou juste "aître" ?) et cet épouvantable effroi qui doit, seconde après seconde, se dessiner sur mes traits : "Pourvu que personne ne devine à quoi je suis en train de penser ! Ce vide en moi est tellement abyssal !" Comment devenir alors le chat de Schrödinger, situé à l'étape suivante dans les degrés de ma métempsychose contingente ? Qui connaît les secrets, en ce monde de comiques barbares, de l'autokynésie lipofaciale ? Castor & Pollux Clarins ? Déesse Jane Fonda du panthéon L'Oréal ? Guy "Hercule" Carlier ?

4 octobre 2006
Quand on cherche des anecdotes un peu originales, généreuses, amusantes et décalées sur Paris, on ne pense pas assez au site de Richard Erickson, Métropole Paris, en ligne depuis 1996 (avec toutes ses archives !): Happy Birthday ! Américain vivant à Paris, Ric est un dessinateur de cartoons de talent et possède un regard et une plume sur la ville lumière à nul autre pareil. Long life à lui et à sa petite équipe ! Adhérez au Club Café !

3 octobre 2006
Eric Dussert, découvert jadis pour ses remarquables analyses littéraires sur d'étranges écrivains, écrit sur son blog :
"Il reste un problème au royaume de Littérature. Franchement... les éditeurs vivraient des écrivains, leurs propres fournisseurs ? Non ? allez ? Tu déconnes ? [...] Si le système n'est pas juste, on devrait tout de même se poser une question avant de tenter de pénétrer le monde des lettres, aussi truqué et mafieux que le monde du jeu :
    * Ecrire : pourquoi ? pour quoi faire ? dans quel but ?
    * Publier : pour qui ? pour atteindre quoi ?
Je crains que trop souvent les réponses intimement vraies soient :
- pour devenir quelqu'un qu'on respecte
- pour être célèbre
- pour passer à la télé
- pour être riche
- pour tomber les mecs (et/ou les filles)
- pour cesser d'être prof (ça va les gars, ça, on avait pigé).
En somme, être écrivain pour faire son/sa faffiot(te) : notez tout de même au passage que c'est l'exacte motivation des jeunes décérébrés qui se montrent chez les producteurs minables de Star Academy."
Et v'lan ! J'espère que cette rentrée littéraire sera toujours rouspétante au printemps (ou, quand, mais c'est peu probable, Eric Dussert sera enfin consacré par France Télévision). Pour ma part, je ne me fais plus aucune illusion. Je suis sorti du jeu. Qu'en penses-tu, Marc ?
 
> Pour lire les news et chroniques antérieures, cliquer dans "Archives"
par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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Vendredi 1 septembre 2006
30 sept. 2006
Mon ami Marc Villemain vient de créer son blog : il y prodigue des chroniques (parfois acerbes, souvent justes, en tous cas, sans compromis) sur quelques ouvrages avec grâce et courage. Merci de lui rendre visite...

26 sept. 2006

Voici enfin l'invitation pour la soirée du 6 octobre... C'est à 20 h, au 3 rue Aumont-Thiéville, Paris XVIIe. Confirmez votre présence sur :
e-dito.com, merci !



11 sept. 2006
Quelques semaines avant la parution officielle de mon nouveau livre Les Grandes impostures littéraires, 21 euros, 350 pages, je mets en ligne la couverture et le résumé. Sympa de faire tourner l'info, d'en discuter aussi, non ? Soirées de lancement à venir vers le 20 octobre, on se dit tout sur ce site, voilà, voilà.

"Apollinaire a-t-il endossé la paternité de manuscrits qui n’étaient pas de lui ? Qui a vraiment écrit Histoire d’O ? Corneille est-il réellement l’auteur des comédies de Molière ? Comment le journal d’Adolf Hitler, un faux grossier, a-t-il pu abuser la presse internationale ? Qui est vraiment Jack-Alain Léger ? Les Mémoires de Napoléon ont-elles été trafiquées ? Les pièces de Shakespeare sont-elle l’œuvre d’un autre ? D’Alphonse Allais au Da Vinci Code, en passant par B. Traven, Rimbaud, James Frey, J.T. LeRoy ou Wilkomirski, la littérature, art du faux-semblant, est indissociable du mensonge, du canular, du dédoublement... Et si chacun se souvient du cas « Gary-Ajar », il en est d’autres moins connus, tout aussi surprenants, voire machiavéliques. Fabuleuses, pitoyables, drôles ou tragiques, ce livre rassemble une centaine de ces « affaires » de manipulations, de supercheries ou de trafics de mots en tous genres. Un abécédaire mondial de l’imposture qui donne le vertige ! L’écrivain novice, séduit par cette perspective, trouvera en prime un « Petit guide à l’usage des futurs imposteurs », qui, non sans humour, offrira toutes les recettes pour fabriquer une œuvre aussi brillante que factice…"

8 sept. 2006

"Oyez, oyez la bonne nouvelle, celle de la naissance de la revue Canal historique, avec à l'intérieur des textes de Claire Lacombe, Endy Machin, Philippe Di Folco, Thomas Chaumont, Theremin Dada, Adrien Deume et Nikita Limite. Entièrement plié, agrafé et non-massicoté à la main, comme au bon vieux temps, et vendu à perte, comme il se doit. Numéro 1, 48 pages, format A5." (news transmise par Thomas C.)
par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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Mardi 1 août 2006
6 septembre 2006

"Comme il faisait une chaleur de 33 degrés..." Métavision, rétrovision, SuperRéac n'a pas l'habitude des écrans plasma. Il y avait une télévision et je n'ai pas la télévision et dehors il y avait le soleil très haut et très chaud et la plage à vingt mètres mais sur l'écran, eh bien, sur l'écran, le dernier clip de Beyonce Sergio Mendes Mas Que Nada feat Black Eyed Peas Sex in the City avec le WTC au générique les 18 candidats tous très beaux et bons de la Star Ac 6 avec le générique de Bob Sinclar le président iranien sur Al Jazira la réponse de Bush le fils sur Rai Uno les débats politiques proprets sur mbc Londres le reportage sur les Imbas feat Muriel Robin et Frédéric Lopez un film avec Lino Ventura et Richard Burton qui fait s'écraser un avion en le fixant un reportage sur Miriam Makeba et un autre sur l'Afrique du Sud To Day sur France 5 et c'est Sans Aucun Doute sur TF1 où des avocats vrai/faux ? de l'Ordre ? se prêtant au jeu de la Télé Justice avec Julien Courbet qui ressemble à Goebbles et Sarkoland (- 250 jours) et Crazy des Gnarls Barkley (papa ça fait six mois qu'ils sont n°1 en UK) et Walker le Justicier sur TF1 qui aime la Justice comme Nicolas Sarko CellarDoor Time Travel voici le Secret d'une mère sur Arte et Monk le Détective loufoque et puis une Famille presque parfaite et Prison Break avec Gueule d'ange et puis SuperSexy Jane Fonda 68 ans parce que L'Oréal (et l'argent de son mari qu'on aime, on aime aussi Bill Gates, tous ces riches loués par Courrier International qui donnent du fric aux sans le sou pour dérégler la marche du temps vers le chaos, vers Los Angeles 2008 : Iran 1 USA 0). Grand-Mère La Mort, Go and Check Out your mail ! Coup de boule, va !
 

2 octobre 1988
Ce jour-là, Richard Kelly, 13 ans, se vit en rêve réalisateur de films. Il vit que la peur viendrait du ciel. Il vit Los Angeles en 2008.

19 août 2006
Un visiteur que je ne connais pas me laisse ce mail : "Sur votre page d'accueil, vous avez un air méchant...". Est-ce que je suis ce que j'ai l'air d'être ? Pendant ces 15 jours soussiens, je vais relire du W.S. et le Tristram Shandy retraduit par Jouvet : histoires de mélanger "human nature", dé-soucis, roman-vie, oubli de soi, abandon, al'Khôl - "soleil coup coupé".

17 août 2006
By a strange coincidence... Just before my lift to Tunisia, a friend of mine called The Mage Ferrand, gave me the superb DVD Orson Welles' Othello Restored (1992) which I very much enjoyed. Le jour d'avant, j'étais allé voir un navet, Superman Returns : la seule scène amusante pour moi c'est au début, quand Lex revient dans la maison spoliée et découvre, qu'en son absence, l'un des deux chiens de la vieille a bouffé l'autre. Que feriez-vous prisonnier de vous-même sur une île ? Dévorez vos frères ? Tuez votre amour ? Ci-dessous, les murs de Sousse ne sont-ils pas aussi beaux que ceux de Mogador ? Ne valent-ils pas les ruines des fortins de Chypre, l'île d'Aphrodite ? Coincidence... Ce DVD contenait un court métrage inédit, Return  to Glennascaul, une histoire dublinoise de fantômes. Of course, I heard "Glenn has called". Chaque homme a son Iago. Imago, psyché, reflets, apparences, illusions, vilénie... Let's try to forget all about this. "Remember me my friend, remember me as I am, and NOT as I look like". Please farewell...

16 août 2006
Médina de Sousse (DR)Médina de Sousse>>>>

6 août 2006

Refonte de mon site : nouveau nom, rubrique VIDEOS active, on dit merci à Julien, à SuperRéac et au Triestin... Envoyez des vidéos d'écrivains ou traitant du monde (comique et délirant) de l'édition, merci.

2 août 2006


BUENOS AIRES>>>>>>>>>>
                                                                   NAPOLI  >>>>>>>>>>>>>>>>>
                                                                                                                                            NEW YORK>>>>>>>>
par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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Samedi 1 juillet 2006
28 juillet 2006
Viens de terminer la réécriture de mon prochain essai, intitulé pour l'instant Les grandes impostures littéraires, mais je préfèrerai Trafic de livres. Il sort le 1er octobre. Personne n'en parlera, c'est comme ça. La chaleur donne des idées et la force d'écrire, voilà que vient de m'apparaître aussi un nouveau projet de dictionnaire inédit, après une semaine de tergiversations, faut se lancer. Au moins ça qui pousse dans mon désert... Je vais devenir la Bernadette Soubiroux de nos misérables lettres gauloises, le François d'Assise du Quartier latin, le connard de service quoi...


25 juillet 2006

J'ai mis en ligne ma première nouvelle inédite de SF... Les avis sont bienvenus. Pas évident comme genre. Demain sort un film avec Al Pacino !!!!

19 juillet 2006
Encore un "peu ou prou" (car on est jamais sûr de rien avec ces figures-là !) de métalepse : A Cock & a Bull Story (M. Winterbottom, 2005), film inspiré du "roman" du révérend Lawrence Sterne, La Vie et les opinions de Tristram Shandy. Film sur le tournage d'un film qui adapte délibérément "à côté ou dans les marges" un monstre littéraire assurément inscrit dans le paratexte (page noire, éclairs, zigzags, ellipses bizarres, double voire triple sous-entendu à caractère sexuel, etc.). Il semblerait qu'aucun cinéaste n'ait jamais osé se filmer soi-même en train de tourner un film de fiction : Truffaut s'appelle Ferrand dans La Nuit américaine, Fellini est Marcello/Guido dans Otto Mezzo, Vincent Dieutre est juste "Vincent" dans Mon Voyage d'hiver... Comme si se filmer soi-même confinait juste au documentaire et non à la fiction avec des morceaux de sa vraie vie dedans. Un genre épuisé (et épuisant) en littérature, mais peu exploré au cinéma, non ? Un grand cinéaste français d'aujourd'hui comme Baffie saura y venir...

18 juillet 2006
En attendant de lire enfin Bardadrac, l'inattendu (le bonhomme a 76 ans) récit fragmenté "à caractère autobiographique et fourre-tout" (mais, sait-on jamais avec lui...) de Gérard Genette, ai englouti avec une jouissance textuelle rare (je veux dire, en quelques heures, crayon en main), Métalepse (Seuil, 2004), son dernier essai. Une métalepse est une figure narrative qui consiste à renverser les liens de causes à effets pour produire un nouveau sens : une permutation proche de la métonymie, de la mise en abyme, de l'enchâssement difficile à distinguer sans exemple. Or l'ouvrage en fourmille et des plus inattendus, empruntés au cinéma, au théâtre, bref nous voilà un peu loin du littéraire poussiéreux. Comme pour tout trope issu de l'analyse rhétorique du Texte, ça a l'air compliqué, mais avec Genette, fin limier et esprit frappeur, ça prend l'allure d'un jeu vivifiant pour nos neurones engourdis par la canicule. En fait de chien-chien, on est avec GG tour à tour lecteur-suiveur puis lecteur-acteur et enfin lecteur-actant. Je ne demande pas grand chose à un essai ou à une fiction, juste de me remuer, de m'ekciter. Pas grand chose... A ce (rare et beau) jeu là, on découvre qu'il y a donc des conduites métaleptiques, une illusion "consistant à recevoir la fiction comme une réalité, et pour contenu le franchissement illusoire de la frontière qui les sépare" (et des pensées métaleptiques ? du genre de celles qui nous traversent circulant dans Buenos Aires, se prenant tour à tour pour Borges, ou Cortazar, qui se prendrait pour un guerrier aztèque qui se prendrait pour un motard ??). On aura pensé à Woody Allen (La Rose pourpre du Caire...) mais voilà que la Sublime Inès me recommande de regarder le DVD d'Yvan Attal, Ma femme est une actrice (2001). On se souvient qu'Yvan Attal y est un Yvan journaliste sportif, et Charlotte Gainsbourg "as herself", enfin son nom propre restant caché : nous voici sans doute pas totalement mais presque dans la métalepse, le tout au service d'un film juste, fin et généreux. Donc, pendant l'été, lisez des pépés, c'est plus frais.

12 juillet 2006
Il Maestro ZZ... On aura tout dit sur le coup de tête, l'ultima gestiura, il sublimo, etc. Donc on peut être un peu chauve, retenu, voire timide, rarement emporté, suant comme dix, et être sacré champion du monde malgré tout : TANT MIEUX ! Méditons là-dessus, amoureux du calcio ou pas. Vue de Bon Air, la finale permet de relativiser l'enjeu. On y était. On en était. Sursaut, rupture. On a manqué de foi au début. L'équipe métissée, plus brésilienne que le Brésil au fond, why not. Notre image à l'étranger : ouverture, tolérance, dynamisme. Mais nos politiques qui merdassent comme partout. Et toujours El Pueplo qui parle à travers ses jeux de jambes, ses coup de têtes, ses "chuutttt" face aux cris racistes, le peuple qui manque et qui soudain devant le poste PARLE. Je ne connais rien au foot mais j'ai eu mal au ventre le 9 juillet. Il était 15 heures à Bon Air, le temps là bas aussi était suspendu au regard vert de ZZ. Au fait, ai visité le stade situé derrière la Boca, là où Maradona (ci-contre >>) a débuté... J'y suis allé à pieds, quittant el Caminito, les échoppes multicolores à touristes. En chemin, une prostituée édentée m'a demandé l'heure. Je lui ai offert une cibiche, ça coûte 5 cents ce machin-là. Sur un mur blanc, la liste d'une vingtaine de disparus, enlevés pendant la dictature. On aurait dit les noms d'une équipe de foot contemporaine : des Levy, des Battista, des Di Patria, des Sanchez, des Norstein...

11 juillet 2006
Retour d'un court voyage de 5 jours à Buenos Aires. Intraduisible sentiment (partir, respirer, revenir, trouver Paris tout petit...). En attendant, voici deux peintres argentins que j'aime, le premier est exposé au Tiendamalba (un musée d'art comtemporain privé imaginé par deux personnes âgées chacune de 25 ans) et le second est assez méconnu par ici, il me semble :

  • Xul Solar :


















De son vrai nom Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari (1887-1963), loué par J. L. Borges (l'un des rares peintres aimés par le Divin Aveugle). Rétrospective en ce moment même à Mexico. On en reparle ici plus tard. 
  • Florencio Molina Campos :

















Ici pour une publicité des calendriers Alpargatas, les espadrilles de notre sud-ouest qui donna tant à l'Argentine. Un artiste étrange (1891-1959), assez inclassable, au style pseudo naïf, possédant un univers unique, jadis courtisé par Walt Disney (un projet intitulé "Los Tres Caballeros" ?), obsédé par l'univers Gaucho et Pampa, acide, comique, recréant des ciels vertigineux.

04 juillet 2006

Une rose a fané et dans l’aéroport

quelque larmes versées sur le mauvais sort

nos corps séparés malgré tout nos efforts

nos rêves retardés par ce curieux envol

par ce curieux envol

 

où es-tu, mon amour ?

à Tunis où il pleut

que fais-tu, mon amour ?

tu promènes tes yeux

tu promènes tes yeux...

(c) Barbara Carlotti


02 juillet 2006
Il existe des solutions pour tout, même contre les bruits urbains. Paris en juillet et les touristes et la chaleur et la poussière et les fenêtres ouvertes et la télé à fond et... puis quoi encore ? La fuite ? Quelques solutions bien pesées sont offertes par Jean-Christophe Napias, mystérieux promeneur parisien, dont on dit qu'il ne se rase que tous les trois jours : c'est dire l'économie du bonhomme ! Son cadeau bartlebyen : Paris au calme (Ed. Parigramme, 12 euros seulement !). Une centaine de petits coins tranquilles révélés ici : parcs reculés, îlots de verdure, arrière-cours, ruelles désertes... Seuls hic : quand on offre au tout venant de tels diamants de silence, il faut s'attendre à les voir dérober par des cohortes de chercheurs ayant les mêmes besoins. On dit que Napias aurait garder par devers lui quelques adresses sécrètes. On a chacun son Paris désert. D'abord celui de notre enfance. Et puis en grandissant, quelques espaces miraculeusement épargnés. On n'ose même plus s'y attarder, de peur d'en bousculer les équilibres, les lois secrètes. Sémiologie et grammaire de la Capitale trouvent ici l'un de leurs meilleurs analystes. Sachons en faire bon usage.
par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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Vendredi 30 juin 2006
28 juin 2006
Mais qu'est-ce que j'ai avec le Mundial, je détestai pourtant ces jeux de ballons et me voilà pris dans les rêtres de la gesticulations, des pintes, des hurlements, des commentaires, des paris, et que j'te relance d'un autre cliché sur "la remise en forme de notre pays", du "besoin de confiance et de solidarité nationale", etc. Quel comédien ! Se fondre dans la masse devenue docile, joyeuse bande menée par le bout du museau par un joueur de flûte par delà le Rhin, on va se choper la coupe d'or ou pas ? le graal ? et au retour, on défonce les murailles pour les accueillir ? on les couvre de roses et de myrrhe ? Ribéry le balafré suivi de sa cohorte de colosses, revenu des jeux du cirque ? Germanicus kapput ? Gladiateurs, nous avons eu nos jeux, nos petits pains et nos émotions, je vais donc fermer ma sale gueule d'intello supersnob. Le Nombre a gagné, reste la variable discrète, un nombre d'or forcément irrationnel...

27 juin 2006
Aaaachhhhhhh ! La rentrée littéraire cacaboudin a débarqué sur nos paillassons : débauche de jeux d'épreuves (!!), fausses couvertures, prières d'insérer, photos d'écrivains chevelus et diplômé de sciences popo,
mama mia, que des minitextes, qualibrés sujet-verbe-complément (sans objet), des centaines de livres qui trouveront hélas quelques contempteurs pour être injustement promus (juste des images pour des textes à la télé, où comment illustrer d'insipides histoires sinon en mettant en scène l'auteur dans sa cuisine VOGICA), de plus, tous les faux promolecteurs extatiques ont été débarqués ailleurs, c-à-d. sur le TNT / cable. La question sans réponse : peut-on encore se vouloir écrivain quand de telles fêtes (sans masque) mènent à la disparition des mots arrachés au poids de l'ombre ? (Piste : Ecrire comme un devoir et non pour un du. Je me dois d'écrire et non je me vois écrire.)

26 juin 2006

Une nouvelle communiquée par Laurence K. : allez voir sur le site ami de Bella Ciao, en cliquant ici, et découvrez comment depuis 5 semaines, les media européennes édulcorent l'ampleur des révoltes estudiantines grecques. Comment des milliers de jeunes gens montrent leur colère à l'égard d'un gouvernement bruxellisé (et dans les choux) qui veut faire adopter un loi de privatisation progressive des universités. Bientôt chez nous, en direct live !

21 juin 2006

Oublié l'ESSENCE-CIEL : il y a l'Eté. Avoir l'Eté. Etre au soleil. Comme un cancrelat oui, un pigeon gris pourri oui, un touriste allemand sur la Costa del Sol oui, la Montagne Sainte-Victoire oui, un Nietzsche vérolé oui, une fraise des bois après la rosée oui, un mur de granit en Corse ou en Bosnie oui, un grain de quartz oui, une vieille canette de coca sur les galets de Dieppe oui je dis oui... Je suis triste de ne pas être à Trieste mais penser y avoir été l'Eté, voilà mes cent ciels, mes souvenirs, rien que des petites miettes pour les parasites... Tu me donnes la becquée, dis ? Oui dis oui.


21 juin 2006

Ridicules les déclarations de Donnadieu de Jacques Vabres (le Légal, le dé-goût) ce matin sur Inter : j'ai entendu qu'auditrices et auditeurs (des CONsultant(es) aussi ??) étaient invités à s'obliger d'apprécier du hip-hop ! Pourquoi pas du Ligeti ? L'Etat se mêle de nos ouïes, de nos sens, de nos intimités ! Alerte, bientôt la Police des passions, le Kontrol des Affekts, faut faire gaffe !!!! Faites de la musique, ça ne regarde que vous, mettez un casque, la feutrine, le modérateur sonore, ou pas, c'est VOTRE truc, point final. A propos, que serait le "faîte" de la musique si vraiment tout le monde, je dis bien TOUT le monde tintamarrait, tintinnabulait (Milou jappant à mort) et capharnaümait (je ne parle pas des bamboula, du ramdam de nos origines mais de ces fausses fêtes antiPANiques, des rituels falsifiés qui tue le Sauvage, le Fauve en nous) ? Nous épuisons le monde, non l'inverse. La nature produit-elle des déchets ? Mettez-vous un coup de pieds au cul, vous sentez bien le problème ? Alors, GROUND CONTROL TO MAJOR TOM 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 Lift offfffffffffffffffff (la plus belle musique c'est celle que t'as dans ta tête, mais chut, c'est un secret !).

20 juin 2006
42 ans. Rien à signaler. On s'en balance. Ligeti est mort : ça change un truc ?

9 juin 2006
Vu le dernier Almodovar, Volver. Le lendemain, découverte dans Libération (qui ressemble de plus en plus à France Soir ou Direct Soir, on ne sait plus...) d'un crime commis "de sang froid", labellisé par ses trois auteurs, des garçons âgés de vingt ans, originaires du Gard ( "un endroit ennuyeux, où l'on s'abrutit devant la télé et les jeux vidéos") - d'opération "merci Père Noël" : on donne rendez-vous à une fille, on l'a tue, on la met dans un congélo, on lui prend son chéquier, on dégotte une autre fille qui signe les chèques et on repart avec une dizaine de produits (crèmes de beauté, lecteurs DVD, etc. : "choper la fille pour du chopping, hoter la vie pour remplir la hotte, c'est hot"). Le CONGELATEUR c'est moins ici l'écho de la malle dans La Corde (Alfred H.) qu'un moyen pratique dans les régions chaudes (Provence, Espagne) de conserver un corps mort en attendant de l'enterrer (au bord d'une rivière, de nuit, le corps laissé dans le congélo noué de cordes et de ruban adhésif). Qu'en pense cette jeunesse palestinienne ? On nous montre les bébés cadavres retrouvés sur la plage de Gaza, des bébés morts sortis d'un congélo de morgue. Où est le lien ? Nous faut-il encore longtemps tresser les cordes avec lesquelles les médias nous emprisonnent ? "Larguez les amarres !..." (pas facile pour un pirate d'inventer une île sans maître).

5 juin 2006
Petits aménagements de territoire sur ce site. Merci à Julien. Mais on peut mieux faire...

3 juin 2006
Samedi soir, vu Marie Antoinette au Majestic de la Bastille. 1er constat : on y est bien. Heureux. C'est cool. Sofia Coppola y est elle-même, car c'est son bébé, stylé, généreux. Au début, je suis inquiet, y'a du clip dans l'air, générique rock'n roll, on a ça chez Van Sant ou Araki, un bon tube 80's et une belle carte postale en plan fixe pendant une minute... mais non, ça s'emballe, ça ne veut pas dire "je vais vous raconter l'Histoire de France, empessée, crinolines, bons mots, clichés à Castellot", mais plutôt "voilà comment je la vois : branchée, émotive, jouisseuse, dispendieuse, folle". Du coup, pas de La Fayette, pas d'Etats généraux, pas de Necker, ni de Mirabeau mais une cour suffocante, toujours en chaleur (une saison, l'été), de la crème, et un beau défilé de mode (ci-contre, Madonna, en MA, dejà !), une cérémonie joyeuse, un rêve éphémère, un vrai gâchis : la Dépense sublime ! Pertinant : Asia Argento aveuglantes pour quelques futurs en du Barry top sexy, prostituée à la Cour, laissant le dauphin sans éducation sexuelle : mystères des Lumières, trop tamisées d'un côté, éblouissantes de l'autre, bourgeois vaniteux qui, bientôt, perdant tout contrôle, tueront le père (et 100 000 citoyens avec). Un oubli : ce sont les femmes de Paris (6 000) qui ramènent le roi, la reine et les enfants à la capitale. Les femmes, grandes perdantes dans tous les textes révolutionnaires... En sortant : achat de chocolat 75% et de fraises des bois. 2e constat : j'avais faim.
par Phillipe Di Folco publié dans : Dust is Dust
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