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Dimanche 8 octobre 2006
"La civilisation boutiquière s'obstinait. On disait qu'elle craquait. Mais tout en craquant elle s'obstinait." Henri Michaux, Labyrinthes, 1944



Yaourts Mamie Nova Neue Güstativ Explosionen !
Oubliez Chantal Goya et les cacochymes pastiches réclames donnant envie de vomir...  En une véritable débauche de parfums, de saveurs et de couleurs, la vieille marque "Mamie Nova" réussit depuis presque deux ans à bousculer le marché pourtant très innovant du yaourt français. J'ai donc essayé toute la gamme "insolites", après mes mauvaises expériences au contact du pistache cru 2001 (un flan genre Francorusse immonde !), découvrant que le nouveau pot pistache contenait une crème pas trop sucrée (c'est rare), de vraies pistaches entières et surtout, il ne sentait pas le "paic citron glace à la plage année 1970" (couleur pomme verte !). Exit les pseudo-goûts Danette (on se couche), bienvenu à l'authentique bien fichu (oui c'est de l'indus, et alors ?). La chose est si rare, qu'elle devait être signalée à vos papilles affamées de VRAI, de PUR et d'ARTISANAT. Autres parfums "one shot" à rendre dingue : griottes, chocolat blanc (belgissime !), noix de coco (foire du trône), cassis (acide et doux), rhubarbe rose (du jardin !), figue (mare nostrum), litchi (meilleur que les yoplaits) et le récent violette (de la pub métro !). Ce dernier intègre les fameux bonbons violette fabriqués dans le Sud Ouest. On trouve aussi de sublimes mélanges : ananas/passion, poire/coing (morceaux de pâtes de fruit). J'arrête là. Je veux croire à Mamie Nova. Ich bin Hysterik. On attend un saveur macaron, Versailles, héliotrope, réglisse, pâte d'amande/orgeat, noisette & banane/datte, etc. Ach, ses valeurs sont bien les miennes ! Son site web est à la hauteur : allusions au XVIIIe s., Marie-Antoinette et Sade sur un plateau d'argent pour le tea-time, tellement club libertin tout ça... Qui dirige quoi là-dedans ? On croise sur les paquets la marque "Bonne Maman" (très nappe vichy BCBG). Sauf erreur c'est Andros-Novandie qui a racheté en 2004 Mamie (ex. goupe Abdennadher, milliardaire sfaxien du bâtiment et de l'agro). En Tunisie, c'est vrai, les yaourts sont sublimes. Au fait, Dannon venait de Tunis.

NB : effet retombée, après le shoot lactique, je crois deviner qu'en réalité, Mamie Nova / Andros c'est le mariage du lait normand et de la confiture, donc exit le mythe du FRAIS, du petit lapin blanc couvert de rosée...

Site des yahourts > mamie-nova <


Cigarettes Heupink & Bloemen
Déjà évoquée sur ce site (article disparu en fumée), je veux surtout dire un mot sur les cigarettes aromatisées et colorées. Ma première expérience fut écoeurante : menée avec la Royale Anis (qui contient de microbilles suspectes !), puis Pèche (disparue), au bout de 5 tiges, ça coupait le sifflet. J'aimai bien aussi les Kool Menthe (et son côté sixties), mais ça filait le mal de gorge, comme les Dunnhil Menthol (très Bizot Style). Je me souviens des Sobrani Russian Multicolores, que des rombières parfumaient d'un doigt de Shalimar dans le hall du Negresco (Nice, 1988) mais cette marque a disparu (les noires, so class). Rappel ConsoRéac : toute cigarette peut être parfumée à l'extrait de ce que vous voulez. Les Black Devil (à fumer dans les soirées gothic du Club ou du St Sabin) fabriquées par le néerlandais Heupink & Bloemen infiltre le marché "fun" et cible jeune et/ou décalé et/ou bobo & trash by night, comme Lucky Strike et ses paquets collector à la con (la mode du pack relooké démarre fort !). Parfums convoqués : chocolat, vanille, caramel (Ô cigarettes fantaisie en chocolat ou Globo, où êtes-vous ?). On a aussi les Pink Elephant roses fluo, tellement fashion au Pulp ! Ah, j'oubliai : les cigarettes au clou de girofle (à fumer après un bon pot au feu) que nos amis indonésiens exportent (kretek Djarum), très bonnes pour les poumons et les dents, antigermes (sans blague). Comment ne pas citer les MB, vendues en pharmacie, tiges de substitution, à base de foin ! Et à quand les clopes au cannabis sans THX ? Sinon, roulez du thé et de la menthe en feuille avec un peu de salvia divinorum, vertiges et gerbe garantis...

PS : Je viens de voir des cigarettes à la mangue ! Restera-t-il un jour des cigarettes composées de vrai tabac ? Si ça se trouve le tabac n'existe pas... n'a jamais existé... un coup des Amérindiens, Thanksgiving, etc.
PS 2 : Oublié les Vogue à la rose, pas bonnes du tout. Préférons la chicha ou les tabacs de pipe (scotch, vanille, fleurs, miel).

Black Devil, 5 € - Pink Elephant, 4.50 €



par Phillipe Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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Jeudi 13 avril 2006

"Vous n'avez pas fait d'enquête sur un problème, et on est trop brutal ? Non, pas du tout. Du moment que vous ignorez le fond du problème, faute de vous être enquis de son état actuel et de son historique, vous n'en sauriez dire que des sottises."
Mao Ze-Toung, in Contre le culte du livre, mai 1930


Livre 1
LQR : La propagande du quotidien
Eric Hazan dirige une petite maison d'édition militante appelée La Fabrique, il était l'héritier de Fernand Hazan mais un jour, on l'a mis à la porte. Il a donc édité L'Edition sans éditeur, puis Le Contrôle de la parole d'André Schiffrin (2005), un auteur éditeur qui a subi aux Etats-Unis le même sort qu'Hazan. Ce n'est pas un hasard si Raison d'Agir, la maison d'édition créée par Pierre Bourdieu (1930-2002) qui publia Serge Halimi (Les Nouveaux chiens de garde) permet à Hazan de développer une étude non seulement sur la concentration en quelques mains de tout l'appareil médiatique français mais aussi de forger une thèse originale : la LQR. C'est quoi ? La Lingua quintae respublicae est un jargon qui nous bassine l'esprit depuis en gros la fin des années 1960. Elle est constituée d'euphémismes, de dénégations, c'est-à-dire de modérateurs, de faux-amis, de mots globalisants, soporiphiques qui ne disent pas le réel mais impriment des masques sur l'ensemble des vrais problèmes socio-économiques afin de mieux  "contrôler le quotidien" et ses dérives possibles (les manifs anti CPE mais aussi les révoltes de 1995, de 1987,etc.). En réalité, on risque tous l'uniformisation de l'économie de nos désirs, la pérénité des inégalités, une sorte d'apartheid rampant entre riches toujours plus riches et moins nombreux et pauvres innombrables. Ouvrage salutaire, non jargonant, très documenté, implacable. Et ça se passe en France !

Eric Hazan, LQR, La propagande du quotidien, Raisons d'Agir, février 2006, 6 euros


Livre 2
Au-delà de Blade runner Une note dit : "Mike Davis s’était fait connaître il y a quelques année avec la publication d’une étude stupéfiante (City of quartz, La Découverte, 2000), où l’auteur analysait le devenir sécuritaire et la ségrégation sociale et raciale à l’oeuvre dans le déploiement sans fin de la métropole de Los Angeles. Ici, voici un texte court et incisif (en réalité un long chapitre tiré d’une vaste étude sur « l’écologie de la peur » - Ecology of fear, Metropolitan Books, 1998)" intitulé Au-delà de Blade Runner Los angeles et l'imagination du désastre qui constitue le pendant dillusoire de l'expo en cours au Centre Pompidou. Davis revient sur les émeutes de 1995 (pré et post Rodney King) et bien sûr démonte le délire sécuritaire des habitants nantis des zones périphériques. Les visionnaires de l'urbanité future tels Wells, ou Dick étaient largement en deça de la réalité à venir ! L.A. sera sans doute le modèle urbain de toutes les grandes mégapoles futures. Ce livre constitue donc à l'heure où le héros de Terminator 3 gouverne la Californie, une bénédiction.

Mike Davis, Au-delà de Blade Runner Los angeles et l'imagination du désastre, Allia, 2006, 6.10 euros


Livre 3
Très court poème en prose de PPP écrit à New York en 1966, marqué par les expériences textuelles de la Beat Generation et intitulé en italien "Poeta delle ceneri" : Poète des cendres. Un texte inédit retrouvé dans les archives du poète-cinéaste, traduit et annoté par Jean-Pierre Milelli (remarquable boulôt). On y découvre des phrases bouleversantes : "A Rome, de 1950 à aujourd'hui, août 1966, je n'ai fait que souffrir et travailler voracement." PPP va partir pour l'Inde, il vient de terminer le fameux Comice d'amore, premier documentaire réaliste sur la sexualité italienne... Ce texte restera inachevé.

PPP, Qui je suis, Arléa, 2006, 4 euros

Livre 4

Visuel Pascin monovolume On parle beaucoup de Joann Sfar, alors je vais surtout dire un mot sur Pascin (Julius Pinkas dit, 1885-1930, se dit "Paskine"). Un regret d'abord : de ne pas avoir écouté mon ami Stéphan Lévy-Kuentz qui souhaitait consacrer à ce peintre une notice dans le Dictionnaire de la pornographie. Je lis les aventures "imaginaires" de Pascin par Sfar (obsédé sexuel comme moi, et alors ?), on est un peu comme chez Pajak lorsqu'il illustre les rencontres Joyce, Nietzsche, Pavese... Pascin ne pensait qu'à baiser et à dessiner ou plutôt quant il dessinait des femmes nues, il devait immédiatement les prendre. On se rappelera la série de gravures de Picasso illustrant Raphaël et son modèle, pour mémoire, pour savoir que ce désir là n'est pas nouveau. Pascin fut élevé dans une maison de passe. Dégoûté, il a commencé à baiser avec des hommes mais ensuite les femmes l'ont entièrement reconquis (quoi que). Ce livre de Sfar est la compilation de tous ses dessins sur le sujet. A signaler aussi La Java bleue (L'Association, 2005), où Sfar pastiche le style de Pascin. C'est beau !!!!!

J. Sfar, Pascin, L'Association, déc 2005, 23 euros



Resto

Le Marsa n'a rien d'un restaurant tunisien : son nom provient de "Marseille" c'est donc un resto à poissons ouvert il y a 5 mois dans le 5e à Paris. Dans un décor kitsch et très original, la cuisine servie là mérite le détour. Menu à 23 euros pour des entrées et des plats inventifs, pas trop salés. Mon choix : Timballe de rizzoto, dos de cabilleau, crème brûlée à la noix de coco. Sinon, ne manquez pas le mille feuille minute, c'est à mourir ! On sert tard il suffit d'appeler. Mieux vaut réserver le WE. Accueil exceptionnel par un ancien du Ritz et du Crillon, c'est dire ! A la cuisine, Laurent, un chef qui sait y faire.

Le Marsa, 47 rue Gay Lussac, 75005 Paris. Tél : 01 46 33 11 85


par Phillipe Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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Jeudi 23 février 2006
La Foncedé du Consoréac février 2006 : livres, TV, CD, DVD, sucres lentes et rapides, drogues... et SEX !!!! (tout faire pour avoir des clics, tout !)

"Tu devrais continuer la Fondedé, c'est ce que tu fais de mieux..." Jean-Christophe N.


DVD 1


L'image « http://www.filmkultura.hu/2005/articles/films/images/bemu0502/14-aviator.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.


   
Aviator, Martin Scorcese, 2004
Seul intérêt de ce film pour moi : une représentation assez fidèle de ce que fut la vie d'Howard Hughes (1905-1976) entre 1928 et 1950, entre Hell's Angels et la guerre TWA / Pan'Am. Je ne crois pas trop à la folie d'un type qui devint en 1966 l'homme le plus riche du monde, qui interviendra dans l'affaire du Watergate, qui déjoue le faussaire Irving Clifford en 1972, et qui noue avec l'Armée et la CIA des liens ténus jusqu'à sa mort. Belle comédie que celle-là ! Un texan, jamais oublier ça ! Comme la famille Bush ! Et d'ailleurs les Bush viennent de Hughes Industries, c'est le même blé au départ ! La trinitad : puits de pétrole, guerre sainte et jolis missiles ! Bon le film : sublimes crash d'avion, ne pas rater ça, et bien sûr la métamorphose de De Caprio en Howard, même gueule tordue, même voix : ah Stanislavski, y'a encore du bon dans tes méthodes !


DVD 2

L'image « http://www.sncci.it/img/upload/Manhattan%20allen.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.     Manhattan, Woody Allen, 1979
Pourquoi cette certitude avec certains films d'Allen d'une vision totale ? D'une perspective lucide sur les vingt, trente prochaines années ? Je n'ai pas vu ce film à sa sortie, trop jeune ado con j'étais, mais bien après, cinémathèque en 1983 sans doute, et puis maintenant, je me dis mais qu'est-ce qu'on peut radoter de nos jours. Y'en a pas un qui ferait un Paris du même calibre sans tomber dans le neuneu germanoprattin ou le panam faussement ouvrier, pas un... Au fait : Allen ne filme pas le World Trade une seule fois et puis ce feu d'artifice à la fin du 1er plan d'exposition monté en shorts cuts... Troublant, non ?  Ma scène préférée : vers la fin Allen allongé sur le canapé avec son micro, la liste et puis le prénom de Mariel Hemingway (qui a dans le film 17 ans en vrai !!). Que c'est beau ! Un truc aussi terrible, un moment Isaac/Allen dit à Tracy/Mariel : "Mais quand tu auras 36 ans, j'en aurais 63 !" C'est l'âge qu'avait le bel Ernest quand il s'est flingué en 1961 : Mariel n'a jamais connu son père.


Livre 1



Roman policier     Roman policier, Imre Kertész,  Actes Sud, 2006
Court texte du prix Nobel 2002 écrit en 1977, décidément pas grand chose de lui n'est traduit du hongrois (pas facile la langue !). Comment dire ? Super flippant ce récit, déchirant même : on s'attache fort à ce jeune activiste sud-américain (Chilie, Bolivie, Argentine ? impossible de savoir où on est dans ce texte crypté pour raison de censure à l'époque) qui va mal finir, mais chut... Une confession implacable d'un homme ordinaire qui trouve sa place dans une société devenue totalitaire. Ecriture précise comme un coup de rasoir sur la carotide, là, juste au moment où vous alliez vous endormir...
  


Livre 2

Ravel    Ravel, Jean Echenoz,  Minuit, 2006
Ouais je sais, pas très réac comme consolecture ! Mais bon, j'aime la musak classique, le personnage de Ravel, si discret, et pas vraiment l'écriture d'Echenoz, je veux dire : c'est pas un modèle pour moi, j'admire les trucs, y'en a pleins, mais je serai pas capable si je le voulais, d'imiter ça, c'est pervers comme écriture, avec des changements à 180° de points de vue, des incises personnelles du genre "vous voyez là, il va mourir dans 2 ans 3 heures 30 minutes et 2 secondes...". Sinon,  pas de problème vous lisez ça en une heure, la scène de croisière est belle, une façon pour Echenoz de nous donner un digest des deux bio chiantes déjà parues sur Maurice le Trépané (mais pas le "Trois fois né" : pas très dionysiaque en fait, un peu asexuel, de la réserve, de la pudeur, paraît-il, de la viande crue certes, mais d'un vétilleux, etc.). On meurre d'envie ensuite de réécouter tout sauf le Boléro (ça me fait penser à Lelouch, Les uns et les autres !!!)


Cinéma    ("Ah, le chinéma, ch'est quand même mieux que la télé, ch'est chûr...")

L'image « http://www.maregion.tv/illust/infos/cinema/ivresse_pouvoir.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.    L'Ivresse du pouvoir, Claude Chabrol, 2005
Non mais même si c'est fichu comme un téléfilm je vais pas rater la Huppert, pas question ! Conseil : ne jamais avoir mangé avant un Chabrol car il a le don de donner faim ce type, il filme toujours ses acteurs en bectance, et ça marche, tu es là gargouillant, c'est génant pour les voisins, y'a presqu'une odeur de persillade et de pomard qui monte... Où en étais-je ? Ah oui, les gants rouges d'Eva Joly ! Je crois que c'est le seul point commun entre la juge Charmand et Joly. Ensuite libre à nous de retrouver ici Dumas, là Le Floch-Eczema et Mme Levier-Longcours... Un plaisir rare : revoir Robin Renucci ! Mais qu'est-ce qu'il fait, il tourne plus que des merdes TV ? Il a un côté Bacri en fait, je me souviens d'un film en 1985, il jouait le méchant conspuant l'art moderne des années 80... Escalier C ! Quoi d'autre ? Et justement, Huppert prend tout et ne laisse rien. Tant mieux, pourvu qu'on ait l'ivresse ! "Zu Elf, zu Elf !" (Huppert dans  La Flutte enchantée, bientôt sur TF1 !)

Bouffe

 Hot Dog, pur syle, pas chez Colette, mais à Paris
Non loin de la Seine, y'a une petite échoppe qui vend des chiens chauds qui sont ni grippés ni piqués des hannetons mais tout simplement un truc de goinfre. Mon reccord : 6 en dix minutes à 2 euros pièce. Tu ne peux pas résister ! Après, tu sens tes doigts et l'oignon est ton ami, collant comme un ami...
par Phillipe Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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Lundi 28 novembre 2005
Ecrire à Philippe Di Folco : phdifolco@yahoo.com

"Locus solus."

Musik :

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Beethoven, Symphonie n°9 en ré mineur, op. 125, DG (Fnac, 17 €)
Nombreux les compositeurs venant après cette "chose", Mahler entre autres (mais aussi MC5, Public Enemy, ou Joy Division !), qui auront du mal à se défaire des influences radicalement novatrices de cette bombe musicale : codes explosés, adjonction d'une partie chantée, etc. La 2e partie (Molto vivace), Kubrick bien sûr, mais notez surtout l'incroyable richesse de tons, "de la pensée en ébullition" (Verdi). Le père Karajan (ici en 1984) connu pour son tempo prestississimo sait aussi pour l'Adagio central calmé le jeu, nous offrant le prototype des airs planants. Le Finale (l'hymne de l'Europe : faut-il siffler ?), un poème de Schiller (1786), on est loin de Dieu là-dedans, l'esprit universel des Lumières y souffle encore (Education, Libertés, Révolution), ça donne pas envie d'envahir la Pologne, c'est autre chose, on se dit alors Ludwig t'es fou, t'es sourd (1822), tu t'entends pas là, personne ne te comprendras mon pauvre Ami ("O Freunde, nicht diese Töne !")... Il faut re-écouter Ludwig von. La Joie, absolument.

DVD :
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eXistenZ, Cronenberg, Fox Pathé (5.90 €, DVD Montparnasse)
Sorti en 1999, vu à l'époque, troublé assurément, moins par la construction basée sur une mise en abîme tirée de la littérature (Dick, Calvino, Sterne, etc.) que par cette capacité à représenter ce qui pourrait bien être le futur de nos vies où l'omniprésence des jeux immersifs triompherait de notre volonté à vivre le Réel, le monde, tel qu'il se présente. A la même époque, des centaines de faits divers rapportaient que des jeunes surgissaient en des lieux publics et tiraient sur des gens. Lisez aussi les analyses du jeune philosophe Medhi Belhaj Kacem parues chez Tristram (9.50 €).

Livre (s) :

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Philip K. Dick, Dernière conversation avant les étoiles, L'Eclat (14 €, offert par MV)
Faisant suite à Si le monde vous déplait... (l'Eclat), encore des entretiens inédits donnés par Dick, ici quelques semaines avant sa mort en 1982, à l'âge de 54 ans, à une copine. Il s'y exprime de façon très digressive, amusante, libre. Il est encore plus proche. Il répond rarement à la question mais plutôt au-delà et suit les fils de la vierge inédits que l'Aube, sorte d'inframondes qu'il nous restituait sous forme de récits, offrait à son cerveau. On découvre le script oral du Hibou ébloui, roman jamais écrit, des allusions à Parménide, Beethoven et à la suite de Fibonacci. On est très au dessus du pauvre Da Vinci Code...

Livre (s) :
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François Weyergans, Trois jours chez ma mère, Grasset (17€50, L'Arbre à Lettres 5e)
Livre acheté par H. et lu en quelques heures. Je l'imite. Pas déçu du tout. Le long monologue qui occupe les 200 premières pages montre en esprit libre, logique, on sent un peu le montage : "je ne peux plus écrire de roman à la con, mais je peux écrire que je ne peux plus écrire de roman à la con", et on le remercie de tenter d'inventer encore de nouvelles façons de le dire aussi tragiquement. En tous cas, au moins un qui n'écrit pas pour faire plaisir à tout le monde.

Télé
:
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Rugby : France-Afrique du Sud, samedi 26 nov., France 2, 20h30

Pas de télé à la maison mais j'adore voir ça dans un café et boire des bières et hurler.
(Et en plus, ils ont gagné !! Mais que devient le capitaine, victime d'un raffut du coude à la gorge ?)

Calories :

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Restaurant Le Souflé, 28 rue du Mont-Thabor,  Paris 1er (23 € par pers.)
01.42.96.28.19.
Découvert la semaine dernière, grâce à Annie B. : choisir  la salle du fond non fumeur, le souflé ne tolère par les miasmes. Entrée, plat, dessert, que des souflés. Le patron va vendre le lieu sous peu. On regrettera celui au foie gras, aux écrevisses, au chocolat. Et l'accueil souriant. Et le prix assez cool.
par Phillipe Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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Mercredi 16 novembre 2005
Ecrire à Philippe Di Folco : phdifolco@yahoo.com

"Tout ce que je m'efforce de lire, écouter, voir, manger modifie les possibles de mon imagination."

Musik :


http://onirophage.musicblog.fr/images/mn/1132533336.jpg

Jérôme Attal,
Comme elle se donne (offert par l'artiste)

Elegance oui, des morceaux bien écrits

"Chassé-croisé par petits groupes

Tes amis plus beaux que les miens

Et ton copain nul sans doute (nul s'en doute)

De t’avoir trouvé bien malin."

voilà, poétiques comme j'aime (pas du Delerm, merci), chantés et écrits par un garçon ma foi très cultivé, avec qui on peut parler sans rougir de Deleuze et de rêves. Son site : http://argonaut.club.fr/index.htm, où l'on découvre son journal intime. Faut le faire !

DVD :


La vie est un long fleuve tranquille, Chatiliez (19.50 euros, Fnac Montparnasse)
Sorti en 1988 (comme Do The Right Thing), ça s'ouvre par l'explosion d'une épicerie arabe située dans une zone, "Le moulin de la vierge". Les clichés publicitaires détournés par un orfèvre du genre, le côté ange exterminateur, théorême si l'on veut, c'est une parodie, on est pas chez Paso ou Bunuel, mais quand on le revoit, y'a comme un malaise, l'affaire de Clichy-sous-Bois sans doute, on a pu envie d'en rire, et pourtant... Mireille Mathieu qui chante à la fin "Dès qu'on touche à la liberté, y'a Paris qui se met en colère", 1988, 1968, 2008, bof bof bof, la révolte c'est pas une publicité, ni de la fiction, quoiqu'on peut en rêver, non ? Alors : "Que faire ?" (Lénine)

Livre (s) :
Jimi Hendrix

Jimi Hendrix, Laurence Sharon, Flammarion (21 €, service de presse)
Témoignage essentiel d'une reporter qui croise Jimi une première fois le 9 février 1968, Jimi, qui dit-elle, fut superstar avec seulement un album et des centaines de concerts,  il est épuisé, il a besoin de parler à quelqu'un, d'une amie à qui se confier, elle dit qu'il est timide, modeste, elle dit tout ça mais nous on sait qu'il va crever, putain, il aura 27 ans, complètement crâmé, on ne peut rien y changer, pas même le cloner, juste le réécouter en boucle, c'est ce que je fais depuis que j'ai 13 ans. L'autre jour, Jacques B. me parle de Yazid Manou, attaché de presse post mortem de Jimi, un nantais, un black, qui possèderait l'exclu sur certains documents inédits concernant Jimi (info rectifiée, NDA.).

Poche : Lila, Lila








Lila, Lila
, Martin Suter  (Poche Seuil, 7€50, L'Arbre à Lettres 5e)

Une histoire de manuscrit trouvé dans un meuble, une imposture doublée d'un amour frustré. On lit ça d'une seule traite. Après Un ami parfait, force est de constater que Zurich produit toujours des écrivains bien étranges, très pervers, encore plus pervers que la grammaire allemande.

Calories :
http://www.comebiking.com/images/3.jpg

Restaurant Lao Lane Xang, 105 ave. d'Ivry Paris 13e (15 € par pers.)
Découvert la semaine dernière, invité par G., la salle est toute petite, la réputation du lieu c'est "le meilleur des restos laotiens" et ma foi, je reviendrai pour le riz sauté et craquant à la saucisse que tu roules toi-même dans des feuilles de salade, le steack émincé aux sauces piquantes, tout ça est très bon, l'ambiance était familiale, des enfants qui tiraient des coups de pistolet star war qui disaient "You are dead", "You are dead"...
par Phillipe Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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