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Mardi 9 octobre 2007
Désormais, ici, on va se la jouer débats super super accessibles, c'est vrai y'en a marre des sites qui se la racontent Master Capello.

Attention, ça commence :

- Je trouve que Benjamin Biolaid c'est super et toi ?

- Jamais je pourrais m'abiller en fluo, j'uarai trop la honte, tu crois pas ?

- la nuit dernière, c'était énorme, j'ai bu 42 bières, ouah, ça déchirai grave ! L'alcool c'est bien mais quand même faut pas abuser, non ?

- bonjour, je suis timide et je n'ose pas parler à ma voisine qui est super belle et tout, comment je peux faire ? Merci de me donner un tuyau...

- t'as vu les mecs des cités ils aiment pas le rugby cé mon père qu'as dit ça dans le journal et bein moi je suis d'acord...

- "Il faut changer les mentalités" (François Hollande)

- Tu trouves pas que Byolait il a des lèvres super lipposucées ?

- Je suis conne j'ai embrassé un tableau ultra moderne et tout quoi un pari devant mes copines et les gardiens du musée hi hi m'ont prise en garde à vue... c'est vraiment nul Sarko hein ?

- ki connais la différence entre "Etre pour le monde" et "Etre-là" ? J'suis largué, thks pour la help.

- GLURP : "La volonté de s'en sortir dans ce monde de multitudes agglomérées réside dans notre propension à comprendre l'Autre" (traduction maison).
Oauich, j'suis d'accord avec Glurp man, mais en même temps Enrico Micho disait dans "Hablar la Mescalina" un truc comme "Soupèse ton corps à la fin il se grise", je cite de mémoire, mais bon le spirit il est là... Tu piges ?

par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Dimanche 7 octobre 2007
Un, personne et plusieurs

[Après Roussel, nous poursuivons ici les récits de quelques fuyants destins de créateurs morts dans l’anonymat, l’oubli, l'isolement -- belles leçons pour nos vanités présentes]

Le plus grand écrivain portugais du siècle dernier (et de notre actualité), Fernando António Nogueira Pessoa naquit à Lisbonne le 13 juin 1888. En portugais, pessoa signifie on le sait sans doute : « personne ». L’écrivain, né sous le signe des gémeaux, devait s’éteindre le 30 novembre 1935, persuadé de rester à jamais un inconnu. Pour contrecarrer cette destinée, il se réinventa en plusieurs personnalités, qui, à leur tour, échappèrent à leur créateur…

Fernando Pessoa ne quitta Lisbonne qu’une seule fois et ce, sur les instances de sa mère, Magdalena Pinheiro Nogueira, qui devenue veuve de Seabra Pessoa en 1893, se remaria avec le consul du Portugal en Afrique du Sud basé à Durban (cf. la photo ci-contre, Pessoa a 18 ans !). La maladie devait donc très tôt frapper la famille du jeune Pessoa : un père, critique musical, mort de tuberculose, une grand-mère, Dionisia, atteinte d’une forme de folie et morte dans un asile… Il fit à Durban toute sa scolarité en anglais : double nationalité, double langue. Les liens qui unissent le Portugal au Royaume-Uni remontent au pacte que signa Jean 1er avec la flotte anglaise en 1453, afin, dit-on, que les deux pays se partagent les océans et leurs conquêtes. On sait ce qu’il advint de celles du Portugal. Pessoa, au contact des fastes de l’Empire britannique, pouvait sans doute revivre non sans nostalgie, ceux inaugurés, et à jamais envolés, par un Vasco de Gama.

Un voyageur immobile

Pessoa revint au Portugal en 1906 pour s’inscrire à l’université de Lisbonne mais ne poursuivit pas ses études. Dès lors, il ne quittera plus la capitale, habitant entre autres dans les modestes pensions du quartier Campo de Ourique situé entre le jardin botanique, le cimetière anglais, et la toute blanche basilique de l’Estrela du dôme de laquelle on a la plus belle vue sur le Tage. Pessoa fut avant tout le marcheur infatigable de la « ville blanche » (Tanner) : il laissa de nombreux textes sur Lisbonne, sur ses échoppes, ses rues, ses sept collines (comme Rome), suivit tous les jours le même trajet pour descendre au Chiado, le vieux quartier intellectuel et ses deux cent librairies, quittant sur le coup des dix-sept heures trente son modeste emploi d’agent import-export pour une table à l’O Brasileiro, « le meilleur café du monde » ouvert en 1888 (se visite encore, cf; la photo à dr.), afin d’y boire seul un verre de ghingina, la fameuse liqueur de cerises. C’est là, entre solitude et ébriété (il mourra d’une crise hépatique), que Pessoa rencontre le 8 mars 1914 son premier hétéronyme, Alberto Caeiro. Un hétéronyme c’était un « autre que lui », une voix qui parlait en lui et qui possédait une vie autonome, qui voyageait de par le monde (Brésil, Etats-Unis, Inde), possédait une biographie autonome qui pouvait même lui survivre.

Un être diaphane et multiple
Le seul amour féminin de Pessoa fut Ophélia Queiroz, employée comme dactylo dans la société où tous deux travaillaient. Ce fut intense et court. Comme un rêve. Il ne publia qu’une seule plaquette de son vivant sous son nom : Message, une histoire ésotérique du Portugal. On peut ajouter les nombreux textes en revues. Et bien sûr, la «fameuse » malle de capitaine de navire bourrée de manuscrits et signés de ses divers hétéronymes :

Alberto Caeiro (1889-1915)
Il est le maître de Pessoa et mourut tuberculeux, passant toute sa brève existence dans le village de Ribatejo. Il est blond, pâle, aux yeux bleus et de taille moyenne. On sait qu’il publia des poèmes élégiaques. En réalité, il précède la phénoménologie qui surgit en Europe vingt ans plus tard.

Alvaro de Campos (1890-1935)
Né à Tavira, grand, brun, portant monocle. Il vécut à Lisbonne mais reçut à Glasgow le diplôme d’ingénieur naval et ne se consacra qu’à la poésie et publia : Opiarium et Bureau de Tabac. Il fut décadentiste, nihiliste, futuriste, avant-gardiste, opiomane et tout ça, avant l’heure. « Homosexuel », il fit rompre les fiançailles entre Ophelia et Pessoa.

Ricardo Reis (1887- ?)
Né à Oporto et élevé chez les Jésuites, ce médecin se retira au Brésil dès l’avènement de la république portugaise en 1912. Monarchiste, matérialiste, il est le reflet d’un certain néopositivisme. Il aurait là-bas une nombreuse descendance.

Bernardo Soares
Date de naissance et de mort inconnue, certains disent qu’il vivrait encore. Aide comptable à Lisbonne, il rêva comme De Campos à l’Orient, Samarcande, l’Inde. Il écrivit Le Livre de l’Intranquillité, journal métaphysique et lyrique. Pessoa le rencontra au restaurant « Chez Pessoa » qui existe toujours.

António Mora
Philosophe, auteur du Retour des dieux, il inaugure le néopaganisme mais finit sa vie dans l’hôpital psychiatrique de Cascais. C’est là que le rencontre Pessoa qui prend note de ce que lui révèle ce vieux sage à la barbe blanche.

Voilà : la plupart des lieux lisboètes que fréquenta Pessoa existent encore. Les vieux tramways, les pavements blancs, les cafés, les librairies, les restaurants, les visages et les fantômes perdurent toujours dans cette lenteur nimbée de « saudade », inexplicable mélange de nostalgie, de candeur et de mystique pélagique qui fait croire que chaque coin de rue recèle un génie qui s’adressera à vous en récitant des passages entiers de Pessoa. Mais quand vous rouvrirez les yeux, vous percevrez entre deux coups de sirènes portuaires juste un soupir, juste personne. C’est comme ça. Il y a rien et il y a tout.

Philippe Di Folco (2002)

Repères :
Films :
Dans la ville blanche d’Alain Tanner
Nocture indien d’Alain Corneau
Lisbon's Story de Wim Wenders
Voir aussi certains films produits par Paolo Branco
de Manoel de Oliveira, de Raul Ruiz...


Essai incontournable :
Antonio Tabucchi : Les trois derniers jours de Pessoa, un délire (Seuil)

Guide littéraire :
Le goût de Lisbonne, Mercure de France

Revue :
Sigila, la revue portugaise d’études sur le secret (et la libraire Chandaigne, Paris 5e)

Liens :
Association française des amis de Pessoa

Pessoa, un Titan de la littérature ?

Le Magazine Littéraire - N° 147, avril 79


Idem - "Sa-Carneiro / Pessoa : les exigences de l'amitié" par Urbano Tavares Rodrigues,
n° 291, septembre 1991

par Di Folco publié dans : Rapports de lectures
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Vendredi 5 octobre 2007
Oula ! Le site qui fait parler de lui parce qu'il parle des dessous de l'édition coincée du VIe arrondissement parisien vient de tirer sa révérence façon chanteur des années 70's (je pars au sommet de ma gloire pour mieux revenir : Métro a parlé de nous, trop c'est trop !). Après un dernier post excellent inspiré, bouillonnant... dont cette perle : Pourquoi Raphaël Meltz est-il aussi talentueux que prétentieux alors qu’il ne vend pas un livre ?

J'adore ça. Je me pose la même question sur RM (qui ne répond jamais à mes mails) ou sur plein d'autres auteur(e)s qui autrefois me contactaient quand je scriboullais chez Bizot, on s'en fiche d'ailleurs : vive l'avenir ! Place aux soutiers du Livre ! 

Les trois pieds nickelés de l'édition reviendront. Les mystifications sont si rares par ici. Surtout quand elles ont pour cible les impostures commerciales comme Orban, PPDA et autres négriers.


par Di Folco publié dans : Fuck WallMart
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Jeudi 4 octobre 2007
De l'angoisse à l'extase

[Je dois la rédécouverte de ce texte établi en 2001, à Michel-Ange Seretti, de la librairie Nicaise, Paris - merci à lui !]


Voici pour moi l'un des plus mystérieux poètes, avec Rimbaud et Lautréamont, et je commencerai par une anecdote personnelle, que l'on me pardonne mais, cela ne fait qu'ajouter à la multisingularité de ce personnage : un jour, l'été de nos vingt ans, que je me promenais dans les puces de Montreuil, j'approchais de l'étal d'un marchand, mon pied buta dans une boîte à chaussure qui vomît immédiatement des centaines de "vieux papiers". Me penchant pour les ramasser, qu'elle ne fut pas ma surprise de constater que tous étaient au nom de Raymond Roussel : carte postale représentant la fameuse Rolls Royce caravane, des cartes de visite à son nom, des lettres avec en-tête mais aucun manuscrit ni paraphe. J'acquis le tout pour une bouchée de pain et n'eut de cesse de rechercher depuis lors, des renseignements sur ledit Roussel. Or, nombreux sont les admirateurs de Roussel confrontés à telles coïncidences : rencontres fortuites d'objets, de lieux, de personnes. Et de lui, les documents et traces sont pourtant rares : une seule photo officielle, la dernière, comme un arrêt de temps, celle prise à Milan en 1896. Pour un homme qui passa son temps et ce, dès sa 16e année, à tout réglementer, prévoir, testimonialiser même, cette absence de document semble être un fait exprès.  Poète écorché vif, Raymond Roussel (1877-1933) croyait aux coïncidences, ne délivrait aucun message, ne dévoilait rien, et se suffisait absolument. Il avait conçu un "système de vie" intriquant ses textes et sa biographie, et ce depuis son plus jeune âge.

Un soleil noir mélancolique
Qualifié en 1939 par André Breton dans son Anthologie de l'Humour noir, de "Soleil noir", Raymond Roussel n'eut de cesse de magnétiser notre contemporanéité, d'agréger à à son oeuvre et à sa biographie (à jamais trouée ?) des fanatiques parce qu'il synthétise à lui seul tous les mystères, le mystère orphique et plus encore. Tout commence le 17 juin 1896 : Raymond Roussel entame la rédaction d'un long poème intitulé "La Doublure" et ressent "une sensation de gloire universelle". Quelques cinq ans auparavant, il était photographié en tenue de Louis XV, dans le vestibule de l'hôtel particulier familial situé à Neuilly-sur-Seine (détruit depuis), son père était encore en vie, tout était encore possible, voilà ce que semble dire cette image où sur le visage du jeune homme s'esquisse une sorte de sourire mélancolique. Il n'aura de cesse de poursuivre cette gloire, continuant "L'étoile au front", s'entretenant avec lui-même, à la poursuite de fantômes. Cinq ans après "la Doublure", "la Vue" est publiée dans un journal qui lui appartenait, Le Gaulois. En 1909, y paraissent en feuilleton les Impressions d'Afrique (continent que Roussel ne visitera jamais) portées à la scène en 1912, représentation à laquelle assistera Marcel Duchamp pour qui Roussel est "un maître absolu". Et puis vînt la guerre, et au contraire du capitaine "Destouches" Céline, il n'eut pas à faire front au feu. A son grand regret ?


Un auteur béni sans succès
Il était le fils d'un agent de change et d'une riche héritière. Il commencera par habiter un hôtel particulier cossu situé donc à Neuilly-sur-Seine pour terminer quelque temps avant sa mort, dans une chambre d'hôtel de passe à Pigalle. Publié par Arthur Meyer, ami de son père, directeur du Parisien de l'époque, Le Gaulois, et par l'éditeur Alphonse Lemerre (l'ami des Symbolistes), à l'âge de vingt ans, il mourra le 14 juillet 1933 sans avoir pu se décider à rejoindre l'écurie de Gaston Gallimard, sans avoir pu vendre plus de 500 exemplaires de tous ces textes publiés. On le dit "auteur difficile". Une sorte de Marcel Proust "inversé" (Freud devait se réjouir d'un tel attribut). Des fées se penchèrent pourtant sur son berceau. Non pas pour faire de lui l'héritier et le gestionnaire d'une fortune dont il héritera très tôt, évaluée en 1912, lors de la liquidation de ses biens (vente restée célèbre, le catalogue fait plus de 1000 pages) à plusieurs millions de francs-or, mais pour écrire le monde suivant une nouvelle métrique, pour l'épuiser en quelque sorte, lui, le monde et l'argent de ce monde et ses lecteurs avec. Les rencontres de Roussel comptent plus que tout : à 22 ans, il passe quelques jours avec Jules Verne, et c'est le ravissement d'un élève pour le maître. Locus Solus, qui se déroule dans la villa d'un millionnaire excentrique appelé Martial Canterel [RR était musicien], qui paraîtra en 1923, emprunte énormément à l'auteur nantais. C'est mon roman préféré. On n'en sort pas indemne (la tête coupée de Danton, animée et parlant sans fin dans son bocal électrique, deviendra un topos pour beaucoup).

Les parents de Roussel étaient aussi amis de la famille Leiris, riches négociants et antiquaires : il rencontre ainsi très tôt le fils, Michel Leiris (ce dernier n'a pas 18 ans) qui tente de le rapprocher des Surréalistes mais Roussel ne s'intéresse qu'à l'Afrique et accepte de financer une exposition orchestrée par Marcel Griaule, futur co-fondateur des Sciences de l'Homme. En 1924 éclate le scandale de la représentation de "L'Étoile au front" au cours de laquelle Robert Desnos, défenseur de la pièce de Roussel, s'écria en pointant ses adversaires : "Nous sommes la claque et vous êtes la joue !". A sa mort, tous les Surréalistes de la première heure et leurs proches ainsi qu'Edmond Jaloux, seront nommés héritiers de son unique fortune : deux manuscrits, Comment j'ai écrit certains de mes livres et Documents pour servir de canevas.

 
Techniques rousselliennes

L'une des techniques opérées par Roussel pour écrire ses "drames" ou longs poèmes en prose consiste à se servir du dictionnaire Bescherelle en deux volumes, celui de 1866, la même édition qui semble-t-il servit à Lautréamont et Rimbaud. Un mot donne une idée et réciproquement, créant ainsi une chaîne de micro-événements, donc une anecdote, puis une histoire. Un mot appelle une suite d'autres mots, soit par homophonie, soit par contexte proxime, soit les deux à la fois. Nous sommes par delà les correspondances mais déjà dans l'approche oulipienne de la littérature (il est "oulipien par anticipation" pour citer Marcel Bénabou). D'ailleurs, l'un des plus bel hommage écrit fut celui de George Perec avec La Vie mode d'emploi : dans l'ombre de l'immeuble de la rue Cuvelier, Bartlebooth/Winkler est l'un des multiples avatars de Roussel, un temps l'ami de Valery Larbaud. Il fut donc un inventeur de procédés en plus d'être l'inventeur de sa vie même. Inventeur et joueur aussi, puisque sur le tard, deux ans avant sa mort (volontaire ou non), il se remet aux échecs, invente une formule saluée par Tartakower et Duchamp. Pour revenir sur sa mort, il faut noter qu'en 1931, il fait dessiner un mausolée pour sa concession acquise au Père-Lachaise, restée inachevée. Aucune invention ne peut être le fruit du hasard. Son extraordinaire capacité intellectuelle, qui raisonnait sur les métamorphoses des formes, donnait naissance aux produits les plus irrationnels et imprévisibles qu'un écrivain ait jamais conçus. Son oeuvre sera perpétuellement en devenir de lectures et non définitivement abrogée par la critique.

 
Un voyageur singulier
De son vivant, sa réputation d'exentrique masque l'essentiel : son oeuvre. Après l'échec au théâtre, Roussel commence vers 1925 à voyager avec sa Rolls roulotte, conçue par lui et assemblée à grands frais par un carrossier et un décorateur, comprenant un cabinet de toilette, un salon avec lit amovible, un secrétaire, un bar, une cuisinière, une bibliothèque... Roussel devient le premier auteur nomade, le capitaine Némo des causes littéraires perdues. Le succès le fuyant, il décide de parcourir l'Europe, passe par l'Alsace et la Suisse en compagnie de Charlotte Dufrêne, sa maîtresse officielle depuis 1910, à la poursuite des "poussières de soleil" et autres chimères. En Italie, Mussolini, le Pape, des nombreuses personnalités lui rendent visite dans sa roulotte. Il devient une attraction, un freak, comme dans certains de ses textes. En 1927, il visite toute l'Asie mineure, dépose des roses à Ispahan en souvenir de Pierre Loti, son écrivain préféré après Verne. Ce périple se termine, on le sait, à Palerme, porte de l'Afrique. Le grand écrivain sicilien Leonardo Sciascia mais aussi Michel Foucault reviendront sur cette "mort éloignée", survenue le 14 juillet 1933, dans la chambre 224 du Grand Hôtel et des Palmes. Charlotte était à ses côtés. Elle notait  les doses de barbituriques qui augmentait avec l'angoisse. En 1928, Roussel avait suivi une cure de désintoxication dans une clinique de Saint-Cloud où se croisaient Gide, Cocteau et tant d'autres "shootés" de la vie.

[Mon ami B., grand admirateur de RR, me signalait il y a peu qu'une connexion avait été établie entre la mise en scène de sa mort à Palerme et Etant donnés de Duchamp.]

Patrick Mauriès, fondateur des éditions Le Promeneur (Gallimard) a découvert en 2001 les 370 pages accumulées par Michel Leiris, notes portant sur la vie mystérieuse et l'oeuvre énigmatique de Raymond Roussel, son ami de toujours, un livre à jamais inachevé. Mauriès écrit : "Je me découvre désormais l'objet de coïncidences rousselliennes, prêt à croire au jeu de ces influences mystérieuses qui régissent la vie des hommes."

Philippe Di Folco (2001, revu en 2007)


Livres de R. R. disponibles (choix sélectif)


1/ Nombreux inédits chez l'éditeur Jean-Jacques Pauvert :

L'Etoile au front - La Vue et poèmes inédits (?uvres) -

La Tonsure, la Seine - Impressions d'Afrique -

Nouvelles impressions d'Afrique ; suivies de L'âme de Victor Hugo - Epaves

OEuvres complètes, tomes V & VI : Les Noces


2/ Dans la collection "Imaginaire", Gallimard :

Locus Solus  (signalons aussi l'édition chez GF-Flammarion commentée par Tiphaine Samoyault)

Comment j'ai écrit certains de mes livres


3/ Un bijou :

Nouvelles impressions d'Afrique, mis en lumières par le poète Jacques Sivan

Edition Al Dante, 2004


4/ En revue :

n°6 de la revue Mélusine (L'Age d'homme)

n°74 de la revue Europe (oct.1988)


5/ Essais précurseurs

Raymond Roussel par Michel Foucault, Le Chemin, Gallimard

Raymond Roussel par François Caradec, Fayard

Portraits d'écrivains par Leonardo Sciascia, Fayard

6/ Etude remarquable

Comment lire Raymond Roussel de Philippe G. Kerbellec, "cryptanalyse", JJ Pauvert, 1988

7/ Liens

* Une édition hypertextuelle du roman Locus Solus

établie par Harald Winkler  (un pseudonyme ?, en écho à Perec ?)
par Di Folco publié dans : Rapports de lectures
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Mercredi 3 octobre 2007
La lettre W est pénible en lexicographie, non seulement on y rencontre les entrées "wagon" et "W.C.", lieux fermés aux répugnantes effluves, mais aussi des noms "propres" pas très sympathiques. "Wittgenstein" n'est pas, ici, à l'entendre, l'ami de Gilles Deleuze et cette énigme (pourquoi pas Wittgenstein ET Deleuze ?) prendrait naissance pour le plus grand nombre d'entre nous dans l'Abécédaire : un moment d'égarement ? un accord passé avec Parnet ? Où ne faut-il entendre là qu'un "simple" bon mot du philosophe, condamné par la caméra de la future rédactrice en chef de L'Appartement (Canal+) à jouer au con, à donner dans le popu, dans la pseudo pensée superficielle (ou dans le faux vrai profond, la parole du maître qui n'est que "mots jetés en pâture") ? Comme si Gilles en arrière fond disait : "Elle me fait chier avec ses clopes, son "tu" et ses lettres celle-là, W W W... y'a rien à W... bien sûr y'aurait bien Whitehead mais là, elle va me dire que c'est trop prise de tête, pourtant moi je l'aime bien Alfred North, il a du bon sens...".

Saloperie de caméra quand même.... (On pense à Beckett, à sa pudeur et à sa peur, et on se dit : là, restons vigilant, oui là, face à la possible caméra fouineuse, scruteuse, balayeuse et effa(r)çeuse et retournons écrire).


 
par Di Folco publié dans : Photos & Vidéos
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