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Dimanche 29 avril 2007

Je vous assure qu'il s'agit de Marc Dorcel !!! Il était présent à cette fête organisée par les éditions Parigramme mercredi soir au Magic, bvd de Clichy. On a parlé un peu du "dictionnaire de vous savez quoi", il a pas eu l'air de se rendre compte... que c'était un truc sérieux quoi ! Le mec a pas arrêté de rire, de séduire et de boire toute la soirée. Ah, ces vieux héros des années du "paradis perdu"...
(Merci à Sandrine, François et Napias !).
par Di Folco publié dans : Le goût du goût
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Vendredi 27 avril 2007

J'aime éperdument cette photo (qui a été utilisée par les organisateurs des lectures musicales de la 1ère "Soirée du Tonnerre" au café Zindem) qui doit dater de la fin des années 1950 (1958 !). On est à New York (non mais à Pittsburg !). John Cassavetes tourne Shadows. Nina chantait :

I want a little sugar
In my bowl
I want a little sweetness
Down in my soul
I could stand some lovin
Oh so bad
Feel so lonely and I feel so sad

I want a little steam
On my clothes
Maybe I could fix things up
So theyll go
Whatsa matter daddy
Come on, save my soul
Drop a little sugar in my bowl
I aint foolin
Drop a little sugar in my bowl

Well I want a little sugar
In my bowl
Well I want a little sweetness
Down in my soul
You been acting strangely
Ive been told
Move me daddy
I want some sugar in my bowl
I want a little steam
On my clothes
Maybe I can fix things up so theyll go
Whatsa matter daddy
Come on save my soul
Drop a little sugar in my bowl
I aint foolin
Drop some sugar - yeah - in my bowl.
par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Mercredi 25 avril 2007

Le film Très bien, merci d'Emmanuelle Cuau (2007) m'a bien remué.

Je me suis souvenu de la brillante analyse du sentiment d'imposture opérée par Belinda Cannone dans son essai paru en 2005 (id., Calmann-Lévy).

Ce sentiment qui peut surgir inopinément en chacune et chacun, n'a toujours pas de nom.

On ne sait pas bien si les Anciens l'avaient identifié.


Gilbert Melki est comptable et son patron lui demande de lui trouver
chez quelques salariés des éléments de faute dans le but de pouvoir les licencier, qu’ils soient bon ou mauvais importe peu, « la boîte enregistre des pertes, il faut dégraisser… ».

Les psychologues parlent de "burning-out" quand un individu connaît en lui une montée de l'épuisement, une incapacité à agir, une perte des repères, un àquoibonisme irréductible... mais Gilbert Melki dans le film de Cuau ne peut pas seulement être réduit à ça.

Un soir, après avoir rangé son bureau plutôt deux fois qu’une, il est témoin d’un contrôle de police : un jeune couple doit justifier de son identité et Melki est là, il observe, et nous avec, nous observons et l’on se dit : pourquoi la police fait-elle peur ? Où est passée la police de proximité ?  


Mais ce n'est pas simplement ça non plus, car là on entre dans le cliché de la campagne, a posteriori, et le film vaut bien plus qu'un épisode de la vie publique française.


Les Romains parlaient aussi de l'acédie : "Dépression se manifestant par un dégoût de vivre, une indifférence affective, de l'inhibition, et même de la torpeur."


J’aime bien la fin du film qui mise sur l’amitié.


Dans la vie réelle [ici plutôt écrire : "Dans la vie à côté des fictions..."], où nous agissons parfois en nous inspirant des représentations, des mythes, des actes des autres, on a souvent besoin de l’amitié, d’une aide, d’être deux plutôt que seul, de se sentir entouré, choyé, reconnu, de vivre non pas pour soi mais aussi pour sentir qu'on est avec les autres (cette illusion permet de garder le "goût de faire semblant de vivre").


Au cours du film, j’ai aussi pensé à cette nouvelle de Philip K. Dick citée par Ariel Kyrou dans son dernier essai, Paranofictions (Climats), une nouvelle qui m’avait littéralement traumatisé, simplement intitulée Là où il y a de l’hygiène (The Chromium Experience, 1955, Folio SF n°164).


Dans cette nouvelle, Don Walsh habite la banlieue, utilise les moyens de transports, met des pièces dans des distributeurs, lit des journaux. Sur l’un d’eux, une manchette : « L’amendement Horney provoque une émeute ».


Don Walsh se rend compte qu’il ne supporte plus cette société qui se résume au contrôle de l’haleine, au blanchiment des dents et à l’ablation des glandes sudoripares : « L’indécision n’est pas nécessairement un état d’esprit négatif. Ne pas gober les slogans, les partis organisés, les croyances et le sacrifice, ce peut être en soi une croyance digne du sacrifice de soi. Je pensais être sans credo… mais je me rends compte à présent que j’ai de très fortes convictions », dit Don. Et ce credo [rappelle Kyrou, auquel je pensai en regardant Melki fumer dans le métro puis prévenir Salinger quelques semaines plus tard du DANGER qu’il y a à fumer dans le métro ], va causer sa perte. Walsh déchire son certificat qui justifiait de son « comportement névrotique ». Il refuse de céder à la police de l’Hygiénisme et termine dans un fourgon dont le dispositif de recyclage se met en marche dès ses portes fermées, incinérant son corps pour le décomposer en minéraux simples.


Pendant ce temps là, où étaient les amis, les proches de Don ?

Depuis mes treize ans, je me répète cette phrase : "Tu es le gardien de l'ombre de ton frère..."

Pierre Vassiliu chantait en 1974 : "Voyant que sur cette Terre tout n'était que vice, et que pour faire des affaires je manquais de malice, je montais dans mon engin interplanétaire et je ne remis jamais les pieds sur la Terre..." (Qui c'est celui-là, sur un air de Sergio Mendez).

P.S. : Le Monde de mercredi 25 avril signale sous la plume de Rauger la sortie d'un film tiré d'un texte de Dick, Next de Lee Tamahori, avec le trop rare Nicolas Cage. On en reparlera ici.

par Di Folco publié dans : Troubles in Mind
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Mardi 24 avril 2007
De très proches amis me faisaient part, peu avant le 1er tour, de leurs intentions de vote ; ils se disaient séduits par le 3e homme.

Ils rejoignent donc à ce jour les 7 millions de centristes et, s'ils persistent dans cette voie lors des législatives, verrons leurs représentants occuper de nombreux sièges à l'Assemblée nationale. Le "marais" est de retour. Le Poitevin s'en contrefiche. La Poitevine ferait mieux pendant ces deux semaines d'essayer de séduire le petit Nico.

Car après le terrible cauchemar décrit dans la chronique précédente, j'ai fait un autre rêve.

Ségolaine et Nicolas dans un même lit.

C'était simple et beau. C'était évident. Ils s'assemblaient. (J'aime ce verbe. Sade l'utilise souvent, dans des élans quasi kantiens qui caractérisent sa logique : les corps doivent s'assembler, ou du moins, s'accommoder.)

Au fond d'un lit, au creux des draps, j'étais certain que ce couple trouverait un véritable terrain d'entente.

Au réveil, j'apprends "de source sûre, que Nico aurait frappé Cécilia et que celle-ci serait allée déposer une main courante. Puis elle aurait fuit à Londres aux bras de Marc Lévy".

Non non, il s'agit d'une phrase prononcée en plein jour, je ne dormais pas, j'avais les sens en éveil.

Au cours du débat annoncé pour mercredi soir "où-vous-savez", Nico giflera-t-il Ségo ?

par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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Lundi 16 avril 2007
La grande crainte que j'ai c'est qu'au soir du 1er tour on se retrouve avec Sarkozy et Le Pen.

Que le taux de participation soit très élevé.

Qu'on ait donc à réinventer plus tard l'opposition, d'où qu'elle vienne.

J'ai sous les yeux le "leaflet" de Ségolène Royal qui commence par un bandeau rouge au blanc : Familles, éducation, emploi, écologie.

Dans le film 300, la reine de Sparte plonge la lame d'une épée dans le ventre d'un conseiller corrompu.

Est-ce qu'on aura droit à de nouveaux visages au sein du prochain gouvernement ?

Page 4 du dit Royal leaflet, on trouve cet encadré (toujours rouge au blanc)
titré : Les 7 piliers du pacte présidentiel...

Charles Martel arrêta en 732 les Sarrasins avec à leurs têtes Abd-al Rahman, au sud de Poitiers.

Etonnant Royal leaflet où toutes les photos de membres du PS "venus témoigner leur fidélité" ont un faciès et des noms bien de chez nous.

"L'ordre juste" ; "Agir pour une France plus forte" ; "Agir juste"... L'un des grands  épigones des lois de Lycurge fut en son temps Marat, qu'une femme assassina.

Sparte était une cité raciste, xénophobe, terriblement matchiste. Les populations sous sa domination n'étaient que du matériau humain, on en disposait selon son bon plaisir, on organisait des chasses à l'homme avec le premier ilote croisé dans la campagne lacadémonienne, c'est ce que les Anciens racontent.

Je ne sais pas ce qu'est un ordre juste, je me fiche d'une France plus forte, et ce que j'attends d'une présidente potentielle c'est justement qu'elle agisse, oui, voilà la moindre des choses, en effet, et la justesse, le juste, le vrai, n'ont rien à voir avec le politique : est-on naïf d'avaler de telles couleuvres ?

Pas un mot sur l'Europe mais toujours ce titillement des concepts puants tels que la Nation, la cocarde, nos terres, nos patois, nos campagnes.

On ratisse large et une fois au pouvoir, la sclérose, les compromis, l'argent des partis, les privilèges, l'attentisme, la démagogie, le népotisme...

Accordera-t-on à Ségolène Royal le temps nécessaire de tuer nos démons ?
par Di Folco publié dans : Baffes qui se perdent
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